Fatima… Une fleur à l’époque colonialeRésumé : Fa

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Summary

Résumé : Fatima, née dans une modeste famille durant l’ère coloniale, voit son enfance brisée par la guerre. À dix ans, elle perd son père parti au maquis ; à douze ans, sa mère est emprisonnée. Elle assume alors seule ses frères et sœurs, malgré sa beauté qui attire les regards, même ceux des soldats. Pour la protéger, on noircit son visage de suie, mais rien n’éteint son éclat. Mariée de force à quinze ans, elle devient mère en 1962, l’année de l’indépendance. Ainsi commence une nouvelle vie, marquée à jamais par les épreuves de son passé.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1Fatima – L’éclat sous les cendres


Le village s’éveillait chaque matin sous le joug du colonisateur, comme si la peur était le seul compagnon des habitants. Les bottes des soldats résonnaient sur les chemins de terre, le claquement des fusils et les ordres sévères troublaient le silence des maisons, tandis que les drapeaux étrangers flottaient au vent, symbole d’une autorité oppressante.

C’est dans ce décor difficile que naquit Fatima, l’aînée d’une famille de six enfants. Leur maison n’était qu’une construction de terre et de branches, mais elle abritait une vie pleine de chaleur : un père engagé dans la lutte, une mère courageuse, trois garçons et trois filles.

Dès son enfance, le charme de Fatima se distinguait. Ses cheveux noirs tombaient en cascade sur ses épaules, ses grands yeux noirs semblaient contenir des mondes de rêves encore inexplorés, et sa peau blanche brillait comme un rayon de lune dans l’obscurité du village. Mais la vie n’était pas tendre avec elle.

À dix ans, son père partit rejoindre les maquisards. Fatima se souvient encore de ce matin-là : il lui caressa la tête, lui sourit et dit :

– « Sois forte, ma fille… la nuit, si longue soit-elle, finira toujours par se dissiper. »

Puis il disparut, laissant à sa fille le fardeau de responsabilités trop lourdes pour son âge.

Dès lors, Fatima devint l’aide principale de sa mère. Elle se levait à l’aube, allait aux champs, trayait les vaches, gardait les moutons, et revenait le soir avec le poids de la maison sur ses frêles épaules.

La plus grande épreuve survint lorsque sa mère fut arrêtée. Les soldats firent irruption, brutaux, leurs yeux durs et leurs mains impitoyables empoignant sa mère tandis que les enfants s’accrochaient à elle. Fatima ne put prendre qu’un bébé encore allaité, car le reste de sa famille devait rester derrière. Les cris et les pleurs résonnèrent longtemps dans sa mémoire.

À douze ans, elle devint mère pour ses frères et sœurs. Chaque jour, elle portait de la nourriture à sa mère en prison. Sur le chemin, elle attirait les regards. Parmi eux, un jeune soldat français, Mike, la suivait parfois en silence, fasciné mais inquiétant. Fatima baissait les yeux, le cœur battant à chaque rencontre.

Un soir, un compagnon de son père vint frapper à la porte. Ses yeux, remplis d’inquiétude, évitaient de croiser ceux de Fatima.

– « Fatima… ne porte plus de repas aux combattants. Ton père n’est plus là, et je crains que les soldats ne te piègent. »

Elle acquiesça, les larmes aux yeux.

Quand sa mère revint enfin, ce n’était plus la même femme. Brisée par la torture électrique, elle était presque sourde. Fatima dut tout assumer : ramasser le bois, cuisiner, veiller sur ses frères et sœurs.

Une voisine murmura un jour à sa mère :

– « Fatima attire tous les regards… son visage est dangereux dans ces temps. Tu dois la protéger. »

Pour la cacher, sa mère noircit son visage avec la suie des marmites, comme le faisaient d’autres femmes du village pour protéger leurs filles. Fatima contempla son reflet dans le miroir fissuré, une larme roulant sur sa joue. Mais même sous cette couche de suie, sa beauté continuait de rayonner.

À quinze ans, sa mère décida de la marier. Fatima protesta, pleura, supplia, mais le mariage eut lieu. Elle partit dans un autre village, où elle donna naissance à son premier fils.

En 1962, l’année de l’indépendance, Fatima mit au monde son premier enfant. Les colonisateurs quittèrent le pays, laissant leurs maisons derrière eux. Son père lui offrit alors une maison pour vivre avec son mari. Peu après, elle eut une fille, commençant ainsi un nouveau chapitre de sa vie.

Pourtant, les souvenirs restaient : une enfance volée, une mère emprisonnée, un père au maquis, une beauté masquée par la suie, mais qui brillait toujours malgré tout.