Chapter 1
Je n’ai pas décidé de vivre, quelqu’un a pris cette décision pour moi. J’ai grandi avec l’idée que ma vie n’était pas définie par mes choix, mais par l’idée que je m’en faisais. On croit avoir l’opportunité d’arbitrer les rouages qui font avancer le temps rattaché à chacun de nous.
On a tous un compteur au-dessus de la tête avec un nombre différent. Certains sourient aujourd’hui, tousseront demain, fermeront les yeux la semaine d’après. Et ça, personne n’y peut rien. Un sablier brisé, vide, une mare de sable au sol, ne se recolle jamais.
Nos pas piétinent les débris jusqu’aux éclats de verre de la victime suivante. La vie est la première meurtrière et c’est triste de se dire qu’elle ne verra jamais la couleur des barreaux.
C’est pour cela que j’existe. Que j’existe vraiment. Pour rétablir une justice. Ma justice.
A mon humble avis, il y a des vies qui ne méritent pas de voir la lumière du soleil. Des souffles polluent l’atmosphère de leurs effluves chargés d’alcool, chargés de mépris, chargés d’allégresse.
Les hommes ont toujours envié le positif, harcelé le négatif, dénigré le malheur.
Pourtant, sans lui, le pic du bonheur n’existerait pas. Alors, pour contenter tout le monde, je soulage. Je soulage ma conscience et je plante mes crocs pour satisfaire mes pulsions, égorger le bonheur, le faire couler, et poser un voile sombre sur le visage de ceux qui le voient disparaître.
Ils me remercieront plus tard.