Orphans

All Rights Reserved ©

Summary

Huit jeunes passionnés de paranormal décident de nourrir leur chaîne en explorant un orphelinat abandonné, perdu dans l’oubli depuis des décennies. L’endroit, rongé par le silence et les ruines, semble au départ n’être qu’un décor idéal pour leurs caméras. Mais bientôt, les choses se troublent : des voix chuchotées résonnent dans les couloirs vides, des ombres se déplacent là où personne ne marche, et des visages apparaissent dans l’obscurité comme des échos d’une autre époque. Ce qui devait être une simple enquête pour divertir leur public se transforme en descente vers l’inconcevable. Plus ils s’enfoncent dans l’orphelinat, plus ils découvrent qu’il n’est pas seulement hanté… il garde enfermé un secret, une vérité si macabre qu’elle dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Et cette fois, leurs caméras pourraient bien devenir les témoins de leur propre cauchemar.

Genre
Horror
Author
Anne
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
13+

Prologue

Nuit d’été, 1894.

On dit que la mort est un sanctuaire qu’il ne faut jamais profaner. Elle est le dernier refuge des âmes égarées, le seul asile pour les cœurs brisés. Elle est ce seuil fragile où les âmes rejoignent les âmes, où les plaintes des vivants s’éteignent pour laisser place au silence éternel. Mais lorsque ce sanctuaire est violé, ce n’est plus le repos qui s’installe… c’est l’ombre, la corruption, et le mal sans visage qui s’infiltre dans chaque pierre.

Au milieu de la nef obscurcie, Élisabeth contemple ses mains tremblantes. Ses paumes, couvertes d’un rouge poisseux, paraissent porter l’empreinte même du péché. Ce n’est pas son sang… mais celui des innocents qu’elle devait protéger. Celui des âmes confiées à sa garde, et qu’elle a trahies. Ses doigts tachés semblent brûler comme si le poids de sa faute les marquait au fer.

Elle sait, désormais, qu’elle ne pourra plus jamais lever les yeux vers le Seigneur sans honte. Sa foi s’est fissurée comme le vitrail éclaté qui gît derrière elle. Ses larmes se mêlent au sang qui éclabousse encore ses vêtements. Son regard se détourne des cadavres étendus à ses pieds, ces corps froids figés dans la stupeur de leur dernier instant. Alors, d’un mouvement lourd, elle se redresse.

Chaque pas résonne dans l’église vide comme un glas. Derrière elle, le sol se macule d’une traînée sanglante — un sang qui n’est pas le sien, mais qu’elle porte comme une croix. Le chemin est court, mais il lui semble interminable, tant la honte alourdit son corps et ronge son esprit.

Arrivée devant l’autel, Élisabeth s’effondre à genoux. Ses mains souillées se lèvent vers le ciel noirci, comme pour implorer une clémence qu’elle sait perdue. Ses yeux noyés de larmes cherchent une lumière qui ne vient pas. Alors, dans un souffle brisé, elle laisse s’échapper les mots de sa confession :

« Peccavi, Pater… hoc templum pollutum est, hoc loco malum regnat. »

Le silence lui répond, profond, écrasant. Seuls ses sanglots résonnent contre les pierres froides. Et dans cette église profanée, Élisabeth comprend qu’aucune prière ne parviendra jusqu’au ciel.