Chapter 1
La pluie tombait doucement sur le bâtiment F, et l’air froid faisait frissonner Mortel. Son père gisait dans ses bras, sans vie. Ses yeux grands ouverts semblaient l’accuser de ne pas avoir pu le protéger.
— Papa… je te jure… je retrouverai celui qui t’a fait ça ! Et je lui brûlerai les yeux, comme tu m’as appris ! hurla-t-elle, la voix tremblante de rage. Je ferai en sorte qu’il me supplie de me laisser en vie !
Son téléphone vibra dans sa main.
— Allô, tonton ? Tu m’entends ?
— Oui, je t’entends… calme-toi, Mortel.
— Mon père… ils l’ont tué ! Je l’ai trouvé… mort… sans vie… sanglota-t-elle.
Le silence pesa quelques secondes. Puis la voix grave de son oncle résonna :
— On trouvera la personne qui a fait ça… mais si tu veux rejoindre notre gang, ça ne sera pas facile.
— Pourquoi ce serait compliqué ? Mon père était le chef ! Moi, je suis sa fille… sa seule et unique fille ! Je prendrai sa place !
— Le problème, c’est ton âge… tu as quatorze ans. Si tu te fais tuer, ton père se lèvera de sa tombe et viendra me tuer !
— Tu exagères ! Je veux juste venger mon père… c’est lui qui a fait ça ! Je vais le faire payer, et celui qui l’a tué me suppliera de m’épargner !
— Très bien… mais à une condition. Tu devras t’entraîner dur. Quand nous verrons que tu es prête, tu pourras devenir notre chef.
— D’accord ! Je suis prête !
Elle raccrocha. Une colère brûlante dévorait son cœur. Elle se leva, le corps tremblant, et se dirigea vers le bâtiment F. Ce soir, elle allait prouver qu’elle avait la force de devenir le nouveau chef du gang du Soleil.
Derrière le bâtiment, l’ombre de cinquante membres du gang se détachait. Leurs regards pesants l’observaient.
— Salut, Mortel… ça va ? demanda l’un d’eux.
— Ça va… et vous, tonton ?
— Ça va. Prépare-toi… on va commencer ton entraînement.
Mortel prit une profonde inspiration. Son corps était tendu comme un arc. Elle savait que cette nuit, rien ne serait comme avant. Chaque tir, chaque course, chaque effort allait décider de son avenir… et de sa vengeance.
— Pour commencer, on va voir tes tirs ! Personne ne nous entendra.
— Effectivement… personne ne nous entendra. Les murs sont faits exprès pour ça… mais on est derrière le bâtiment… comment on fait ?
— On va rentrer à l’intérieur. Ne t’inquiète pas.
Ils entrèrent tous les deux. Dès qu’ils franchirent la porte, elle vit au moins cinquante personnes qui attendaient là, silencieuses, observant chaque geste.
— Mais attendez… on est combien, là ?
— On est 50.
— Quoi ? 50 ?! Ce n’est pas beaucoup pour un gang aussi fort !
— Effectivement… mais il y en a encore 200 et plus !
— Et ils sont où ?
— À l’étage. Tu sais combien le bâtiment est grand ?
— Ah ouais… à ce point-là !
— Tout le monde fait ses tâches ménagères, comme ça… nickel.
— Ah, OK… et du coup, là, je m’entraîne seulement avec ces 50 personnes ?
— Oui, c’est ça.
— Ah… OK. Qu’est-ce que je suis censée faire maintenant ?
— On va voir. On va faire des tests… Si tu échoues direct, c’est fini pour toi.
— Je n’aurai pas droit à une chance ?!
— Non. Tu n’auras pas le droit à une chance… parce que l’échec, ici, est inacceptable !
— Ah ouais… à ce point ? OK.
— On commence maintenant ! On va voir ton niveau de tir.
— Enfin un truc bien !
— Pourquoi ça ?
— Parce que mon père m’a appris à bien tirer !
— OK… on va voir. Tu devras tirer sur cette canette… elle est à 200 mètres de toi.
Elle visa. Et tira.
— Je suis impressionné… Je ne savais pas que tu étais douée à ce point !
— Et oui… je vous l’ai dit.
— OK, ce n’est pas fini ! Maintenant, on va voir combien de temps tu pourras courir sans t’arrêter. On va dehors.
Ils sortirent. Le terrain était immense… presque comme un stade de foot.
— Tu devras faire au moins cinq tours sans t’arrêter.
— Mais… c’est possible, ça ?!
— Oui… c’est possible. Ton père m’a dit que tu étais très forte à la course.
— Oui… je suis forte… mais pas pour cinq tours !
— Arrête de parler et cours ! Ça me fera des vacances !
— OK… je vais courir, là ?
— Non ! Je vais compter jusqu’à trois et tu pars ! 1… 2… 3 ! C’est parti !
Mortel commença à courir… sans s’arrêter. Son souffle était rapide, ses jambes brûlaient, mais elle continua. Elle réussit ce défi aussi.
Son tonton était choqué et impressionné par ses capacités. Puis elle eut d’autres défis… et elle les réussit tous.