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Mano Rossa

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Summary

Enara n’a plus de père, seulement un géniteur violent. Entre les coups, les humiliations et le harcèlement quotidien, elle n’a qu’un seul refuge : les livres, ses études de psychologie et quelques heures de travail qui paient sa survie. Mais dans l’ombre des ruelles italiennes, où les gangs dictent leurs lois, la moindre lueur d’espoir peut s’éteindre en un instant. Jusqu’au jour où une rencontre inattendue pourrait tout bouleverser… ou la plonger plus profondément encore dans la nuit.

Status
1yr ago
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

Italie

Florence

Je m'en sortais encore une fois sous les coups atroces de mon géniteur. Oui, à ce stade, je ne pouvais plus l'appeler mon père, mais simplement mon géniteur. Je rentrais dans ma petite chambre et noyais mon chagrin en me couchant sur mon lit, les larmes dévalant sur mes joues encore meurtries. Je me rappelais ce qu'était ma vie lorsque ma mère était encore de ce monde. Une femme exceptionnelle... Mais depuis qu'elle est morte, ma vie est devenue un désastre. Mes larmes coulaient à n'en plus finir.

Je me levai, me déshabillai et entrai dans ma minuscule salle de bains. Je me regardai un instant dans le miroir : je ne ressemblais à rien, juste à l'ombre de moi-même, une âme brisée. Après mon bain, je me recouchai sur mon lit. Au moins, j'avais eu la chance de manger un morceau avant de rentrer. Je m'endormis la peur au ventre, espérant ne pas retomber dans ces cauchemars horribles.

Je me réveillai en sursaut : encore des cauchemars. Je me frottai les yeux, puis regardai l'alarme. Il sonnait 4 heures du matin. Si je ne pouvais pas me rendormir, autant me préparer. Je me levai, entrai dans la salle de bains et pris une bonne douche, puis m'habillai de ces gros vêtements. Je ne voulais pas qu'on voie mes hématomes. Et puis, de toute manière, je m'en fichais : qui se préoccupait de moi ?

J'attrapai mes longs cheveux noirs que j'attachai en une queue de cheval. Une fois finie, je me rassis sur mon lit. J'espérais que mon géniteur n'était pas là, ou qu'il dormait encore. Je regardai à nouveau l'alarme. Bon, il était l'heure de sortir. Je pris mon sac à dos, puis sortis sur la pointe des pieds de la maison.

Je vivais dans un quartier mal famé d'Italie. Vous voyez, il y avait souvent des gangs, des règlements de comptes, des trucs illégaux. Je m'assurais de ne jamais tomber sur eux. Je marchai jusqu'à l'arrêt de bus. Une fois le bus arrivé, je montai, payai mon ticket et m'assis au fond. J'avais l'impression que chaque regard me jugeait dans ce bus.

Après quelques instants, le bus s'arrêta. Je descendis : quelque part se trouvait mon université. Oui, j'étais en deuxième année de psychologie. Je me hâtai de rejoindre ma salle et m'assis à ma place habituelle, c'est-à-dire au fond, là où je pouvais passer inaperçue. Le professeur entra dans la salle, puis le cours commença.

Après plusieurs heures de cours, vint enfin la pause, et mon ventre criait famine. Je décidai d'aller à la cafétéria prendre un sandwich et une bouteille d'eau, puis m'assis sur un banc où il n'y avait personne, pour manger tranquillement. Une fois mon sandwich terminé, je décidai d'aller suivre mon deuxième cours.

C'est alors que j'aperçus Nikita et sa bande d'amies... ou plutôt mes harceleuses, devrais-je dire. J'espérais de tout cœur qu'elles ne m'avaient pas vue. Mais décidément, la chance n'était pas de mon côté.

- Eh bien, qui avons-nous là ? Notre chère Enara.

J'aurais aimé la gifler à ce moment-là, puisqu'elle me faisait perdre mon temps. Dios...

- Ah oui, la souillon qui ne change jamais de vêtements ! Oups, j'avais oublié que tu étais pauvre.

Je ne répondis pas, car je n'étais personne. Elle, elle avait de l'influence en tant que fille du directeur. Qui étais-je, moi, pour lui parler ? Et puis, je ne voulais pas me faire expulser. Je voulais finir mon année à tout prix.

- Regarde comme tu es laide, n'est-ce pas les filles ? Pas étonnant que tu n'intéresses aucun jeune homme... Ah, pauvre de toi !

Elles rigolèrent, puis me bousculèrent avant de reprendre leur chemin. Sur l'instant, je rigolai intérieurement. Qu'est-ce que j'irais foutre avec un jeune homme idiot ? Je me débattais déjà pour ma propre survie, alors ajouter un autre boulet à mon calvaire ? Mio Dios... Ces filles m'avaient fait endurer des choses pas possibles durant ma première année : des coups foireux, des humiliations...

Après avoir terminé mon deuxième cours, je décidai d'aller à la bibliothèque. Mon refuge préféré m'appelait. Là-bas, au milieu des rayons poussiéreux et des livres aux couvertures usées, je trouvais un semblant de paix. Entre ces murs silencieux, personne ne me jugeait, personne ne m'insultait. J'étais invisible, et pour une fois, c'était un soulagement.

Je choisis une table isolée, loin des regards indiscrets, et sortis mes cahiers. J'avais besoin d'échapper à mes pensées sombres, alors je me plongeai dans mes notes de psychologie. Étudier me donnait l'impression de reprendre un peu de contrôle sur ma vie, comme si chaque mot retenu, chaque définition apprise me rapprochait d'un avenir meilleur.

Autour de moi, les chuchotements d'étudiants se perdaient entre les étagères. Le froissement des pages qu'on tournait me berçait presque. Pour un instant, je me sentais en sécurité, loin de mon géniteur, loin des humiliations de Nikita et de sa bande.

Il fut un temps où j'avais réussi à m'acheter un portable. Je voulais m'en servir pour faire mes recherches et ne pas être obligée de venir tout le temps à la bibliothèque. Mais mon géniteur l'avait découvert... et cela m'avait valu une pluie de coups. Depuis ce jour, je n'avais plus jamais osé ramener quoi que ce soit de valeur à la maison. Mon seul refuge restait cette bibliothèque, ces livres muets qui ne me faisaient pas de mal et qui, au contraire, m'offraient un semblant de liberté.

Après cela, je sortis pour aller à mon boulot, celui qui me permettait de payer mes frais d'université puisque je ne pouvais compter que sur moi-même. Cela faisait déjà des années que je me débrouillais seule pour survivre et assumer mes petits besoins.

À mon arrivée, je me dirigeai vers les vestiaires pour me changer. Je travaillais comme serveuse. Je n'étais pas seule : il y avait aussi Mia, une belle brune qui, comparée à moi, attirait tous les regards. À côté d'elle, j'avais toujours l'impression d'être invisible.

Une fois prête, je quittai les vestiaires et me rendis dans le bureau de mon patron pour le saluer, comme à mon habitude.

Chapters
1. Chapitre 1
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