Entre nos lignes

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Summary

Sydney, jeune femme allègre rencontrant des écarts fréquents de ponctualité, s'applique en tant que librairie dans la boutique de son frère. Rien ne se passe comme prévu lorsque qu'une nouvelle employée au charme électrisant fait son entrée dans sa envie.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1

HIVER

Bip-Bip-Bip

Le son criard du réveil trouble mes tympans, je l'éteins frénétiquement d'un mouvement sec. L'abat jour laisse passer quelques rayons de soleil qui baignent mon visage de leur chaleureuse douceur.

Je me lève avec peine, mon débardeur grisâtre tout froissé et les cheveux en bataille. Je regarde une dernière fois le réveil avant de quitter la pièce.

9:00

Neuf heures ?! Je suis censée être devant la librairie à huit heures pétante ! J'engloutis mon déjeuner, le goût du café de mêle à celui du dentifrice, infâme.

Je dévale les escaliers quatre à quatre, les clés de ma voiture dans entre les dents. Je croise le chien du propriétaire, fais une halte pour le caresser puis repars. Je cours jusqu'à ma sombre automobile noire, met le contact et roule en direction de la librairie. Comme par miracle, je finis dans les embouteillages. La poisse.

Le traffic se fluidifie enfin. J'ai à peine le temps de redémarrer qu'une auto rouge vif me double la main sur le klaxon. Ça se passe si vite, cependant, je parviens à entrevoir sa silhouette : Une femme, carré plongeant, un chemisier sans doute blanc et un regard perçant. Quelle conne celle-là.

Je parviens enfin à démarrer tranquillement malgré le boîtier de vitesse capricieux. Je fonce jusqu'au centre-ville, stationne mon auto sur une place réservée et file en direction de la boutique. Je trottine sur le trottoir moucheté par la pluie glaciale et passe la finalement la porte, les clochettes annonçant mon arrivée tardive.

-"Encore en retard ma grande"

-"Je t'ai dis un million de fois d'arrêter ce surnom ridicule Josh !"

Josh est mon grand frère, le gérant de la librairie. J'aurai été renvoyée depuis bien longtemps si ce n'était pas le cas, c'est certain. Cependant, il le prend avec humour, même si en vérité, il arrive au bout de sa patience.

-"Pas la peine de te mettre en Rogne Syd'."

-"Désolé pour le retard d'ailleurs."

-"Ohf, l'habitude." Dit-il d'un ton moqueur et paternel, tandis qu'il repart mettre en place les arrivées de la semaine.

Je grimace légèrement en guise de riposte, il m'interpelle, tournant la tête en ma direction.

-"On a une nouvelle, j't'ai pas dit !"

-"Ah ouais ? Elle commence quand ?"

-"Aujourd'hui mais elle est aussi ponctuelle que toi apparemment."

Je marmonne et gromele tout en accrochant mon trench grisâtre sur le porte manteau en chêne. Soudain, je vois une auto rouge pétant se garer dans la rue d'en face, une femme en sort avec élégance. C'est la conne de tout à l'heure !

Elle s'avance de plus en plus vers la boutique, la probabilité qu'elle vienne ici est vraiment infime, et pourtant, au même instant, elle passe la porte délicatement. Les clochettes ne font pas le même son que d'habitude, c'est une véritable melodie enchanteresse qui berce mes oreilles et mon âme. Se dévoile alors sous un manteau sombre, une ravissante femme aux lèvres écarlates, un carré plongeant ondulé brun clair et des yeux azurs aussi profond que l'océan lui même. Son nez est fin, sa mâchoire finement tracée et ses lèvres, bien que fines, feraient craquer n'importe quel homme ou même femme en ce monde. Son chemisier blanc contraste avec son regard sombre et sa longue jupe noire s'accorde parfaitement avec le reste de sa tenue. Elle est canon.

Au loin, j'entends Josh se hâter vers le comptoir.

-"Marcie je présume, je suis Josh et voici ma sœur, Sydney, on est super content d'avoir un peu d'aide supplémentaire ." Dit-il d'un air joyeux et paradoxalement nerveux.

La jeune femme au regarde bleuté le toise un sourire chaleureux mais professionnel.

-"Enchantée !" Dit-elle légèrement gênée en lui serrant la main maladroitement.

Se pourrait-il que la chauffarde soit en réalité une jeune femme des plus timides et introverties ? Je décide de lui souhaiter la bienvenue également.

-"J'ai hâte de travailler avec toi." Dis-je avec bienveillance.

-"On se tutoie ? Au fait, ta caisse, elle a un problème au niveau du boîtier ?" Répond -t-elle calmement avec un soupçon de sarcasme.

Ne sachant plus ou me mettre ni quoi répondre, je regarde au loin et lâche, l'air hautain: "Oui"

Elle s'approche lentement de moi et me dit d'un ton sec: "Je peux y jeter un œil après le taff si tu veux."

J'accepte hésitante, néanmoins contente qu'elle ne m'ai pas catalogué en raison de mon lien de parenté avec le gérant. Nous nous mettons à exposer les best-sellers de la semaine en vitrine. Les minutes passent et une chose est sûre: Elle est efficace.

J'ignore pourquoi mais j'ai la vague impression qu'elle m'observe de temps à autres, je fais mine de regarder l'horloge en bois dès que nos regards se croisent. Les heures passent assez rapidement, sans vraiment échanger un mot. On entendrait les mouches voler.

En réorganisant la section romance, j'observe que son attention est attisée par l'étagère "romance pour adulte".

Je décide de lancer la conversation quand elle me devance.

-"Josh est pris, fin, si tu sais ?" Dit elle spontanément.

-"Euh, j-je ne crois pas, pourquoi ?" Répondé-je perdue.

-"Il est mignon, je trouve". Dit-elle doucement.

Je la toise d'un regard sérieux malgré moi, dans l'incompréhension. Ce à quoi elle répond, tentant de dissimuler la panique: "Toi aussi t'es jolie t'inquiète pas.."

Je la regarde d'un air perdu, l'air froid sans le vouloir. Elle redirige son regard vers son étagère favorite et se met à classer les ouvrages par ordre alphabétique. S'en suit un long silence pesant jusqu'à dix-neuf heures. T'es jolie t'inquiète pas ? La dernière demi-heure est plus légère, nous sommes si efficace que nous réalisons le travail de deux jours consécutifs en une seule journée.

Josh a passé chaque heure dans la réserve, passant commande et organisant sa paperasse barbante. Il sort enfin, c'est comme si il n'avait pas vu la lumière du jour depuis des semaines, ses yeux sont cernés d'une manière probablement jamais atteinte par l'Homme. Il nous annonce. "Vous pouvez y aller, merci les gars, fin les filles, pardon."

Comme prévu, Marcie s'installe dans mon auto et analyse chaque bruit, chaque vibration du moteur. Elle est encore plus enchanteresse lorsqu'elle est concentrée. Je rêvasse quand elle me lâche d'un seul coup: "C'est le levier qui déconne, panique pas." Je la remercie maladroitement et, dans un élan de courage, lui propose d'aller boire un café, à vingt-heures, avant le repas. Bien joué Syd.

Étonnement, elle accepte avec grâce et nous nous rendons au café du coin, à pied. Alors que nous marchons lentement sur le trottoir dallé de granit, nous échangeons sur nôtre vie de tout les jours, je lui explique mon problème de ponctualité et plaisante sur le fait que c'est probablement dû au fait que je suis extrêmement occupée par mes pensées révolutionnaires en terme de séries en streaming. Nous rions, tentant de dissimuler notre amusement quant à l'absurdité de nos excuses bancales. Nous arrivons finalement au café. Elle commande un Américano et moi un Macchiato à la noisette. Elle me raconte comment elle en est venue à travailler dans une librairie et je lui raconte comment mon auto est tombée en panne trois fois d'affilée sur l'autoroute l'hiver dernier. Elle est plutôt agréable en fin de compte.

-"Et sinon, c'est quoi ton péché mignon ?" lance-t-elle d'un ton mi-désinteressé.

-"Mon quoi ?"

-"Un truc qui te met en joie..." Répond-elle avec patience.

En vérité, son élégance et sa fermeté me troublent, elle est ferme tout en restant très...maternelle. Une bienveillance à toute épreuve dissimulée entre les parois d'une coquille impénétrable. Sans parler de son parfum, elle sent divinement bon, c'est floral, je ne sais le décrire. Finalement, je répond: "Les séries romantiques". Elle me toise d'un regard curieux mêlé d'incompréhension. Elle doit lire la gêne dans mon regard, car aussitôt, elle me lâche: "C'est cool d'avoir des intérêts variés.". À ce moment là, j'ignore comment et pourquoi, mais je le sens beaucoup plus à l'aise. Elle a le don de mettre à l'aise n'importe qui j'imagine. Marcie la dure est sans aucun doute un vrai caramel sous sa carapace.

Les semaines passent et nous nous autorisons une "sortie café" chaque vendredi après le boulot. Un vendredi d'hiver, par un jour de neige intense, une fois installées à une table de notre café habituel. Je lui demande curieuse: "Ça te viens d'où cette passion pour les romans hum hum ?". Elle réfléchit un court instant, me fixe d'un air attentif, redirige son regard vers un lustre au dessus de la table et balance: "Fantasmes.".

J'ai remarqué que quand elle se sent mal-à-l'aise, elle répond de manière sèche, la voix grave. Je m'excuse de lui avoir posé cette question si indiscrète, elle m'arrête : "Y'a pas de mal.".

Elle ajoute légèrement gênée: "Tu comprendrais pas." Elle pique ma curiosité sur ce coup là. Entre deux gorgées de Macchiato je lui demande ce qu'elle entend par là. Étrangement, la jolie libraire fait mine que son regard est attiré par le menu. "Et toi alors, ta passion pour les séries à l'eau de rose ?" Me lance-t-elle, l'air légèrement hautain.

Je me tais, comme elle, je préfère taire le sujet.

-"Tu contemple ce que tu ne peux atteindre." Grommele-t-elle.

-"Je-pardon ?" Rétorqué-je.

-"Me regarde pas comme ça, c'est juste une citation."

-"Et toi avec tes romans érotiques !"

Soudain, le silence s'abat dans la salle, même le barista cesse de bouger. Je suppose qu'il y a toujours un moment gênant lors d'un rendez-vous. Une idée me traverse l'esprit, nous nous voyons régulièrement en dehors du travail à heure fixe. Peut-on qualifier ça de rendez-vous professionnel, amical ? De date ?!

-" Marcie, dis moi, on est amis n'est-ce-pas ?" Lui demandé-je

-"Bah oui, ça va ? T'es super rouge"

-"Nan, je demande car, on se voit souvent et voilà..."

-"Je vais te commander un vers d'eau fraîche, attend moi là". Se préoccupe-t-elle.

Je la vois se lever rapidement. Elle revient avec un grand verre d'eau à l'allure cristaline, se penche vers mon visage avant de m'apporter ce dernier à la bouche avec délicatesse. "Bois, ça va aller." Dit-elle d'un ton rassurant. Elle est si attentionnée, et je n'avais jamais remarqué à quel point elle était jolie, ses yeux sont si profonds, si envoûtants, je me perd dans les abysses de son regard océanique. La réalité le rattrape, lorsque le barista annonce la fermeture imminente de l'établissement. J'avale mon verre d'eau et nous réglons l'addition. Sur le trottoir, je propose à Marcie, cordialement: "Si tu veux, on peut se mater une série, une soirée entre filles ça te dis ?"

Je ne sais pas ce qui me prend mais après tout, ce sera une occasion de lui démontrer la qualité émotionnelle des mes séries "à l'eau de rose". Elle accepte volontier, tentant de cacher son enthousiasme. "Je suppose que je peux venir pour m'assurer que tout va bien, t'es toujours rouge." Approuve-t-elle. "Mais on prend ma caisse."

Nous roulons donc jusqu'à mon appartement, le trajet est silencieux, elle me jette un ou deux regards discrets par moment, probablement par inquiétude. Je ne suis pas rouge à cause de la chaleur, nous sommes en hiver, elle ne comprend pas que c'est elle qui me fait cet effet, enfin, j'ignore moi même pourquoi c'est le cas. Son odeur me transcende. L'auto s'arrête, nous sommes arrivées. De la voiture à l'ascenseur, elle tient son bras derrière mon dos dans l'éventualité où je tomberai. Quelle gentlewoman, si ce mot existe.

Les portes de l'ascenseur se referment et les lumières semblent nous encercler. Le silence est plus léger cette fois, elle m'est bien plus agréable que quelques semaines auparavant, plus intéressante également, et même... attirante. Je me tourne vers le miroir pour replacer ma frange et j'aperçois son fessier dans le reflet. Il est finement dessiné, rond sans être de taille trop exagérée. Elle se retourne, je fais mine de prêter attention à ma barrette.

7ème étage

Les portes s'ouvrent dans un crissement, nous avançons dans le couloir peu éclairé. En peu de temps, nous voilà devant ma porte. "Passe tes clés." Exige-elle avec calme. "Je peux ouvrir, ça va, vraiment t'en fais pas."

À ces mots, elle recule afin que j'ouvre la porte, j'espère ne pas l'avoir froissé. Je dépose mon trench sur le porte manteau à l'entrée, elle reproduit mes mouvements, elle semble gênée. "Fais comme chez toi" annoncé-je.

- "Je te sers un truc à boire, de l'eau, un soda sans sucre ?"

-"Euh, non merci, c'est adorable" répond-t-elle partagée entre la gêne et la fermeté.

Nous nous installons alors sur le sofa, d'avant la télévision, prêtes à choisir le programme de la soirée. Elle prend place à mes côtés, doucement.

22h24

-"Un amour parfait, mon mari est un vampire, jusqu'à l'aube, un jour sans toi..."

-"C'est gnangnan ces titres" Lâche-t-elle.

-"Orfh, on a même pas commencé, râle pas..". Rétorqué-je nonchalante.

-"T'as du répondant quand tu veux dis donc...". Marmone-t-elle.

Je la vois me fixer tout en lançant: "T'es pas crédible quand t'es contrariée d'ailleurs.". Je me tourne et me retrouve nez-à-nez avec elle, je recule aussitôt. Ses yeux scintillent tels un lac sur lequel se reflète le ciel nocturne. Ses lèvres sont plus écarlates que jamais. Qu'est-ce qui me prend ? J'ai qu'à essayer.

Je m'avance vers elle doucement, et, dans un élan de courage parsemé de curiosité, je l'embrasse hésitante. Pendant un instant, tout semble léger, nos lèvres humides se rapprochent passionnément. Elle m'embrasse en retour.

Sous la lumière jaunâtre du salon, elle me fait basculer sur le canapé tout en l'embrassant langoureusement, ses mains agrippant mes épaules. Elle laisse échapper un soupir de plaisir tandis que je sens son cœur, ou le miens, battre la chamade. Je me relève, la saisissant par la taille:" La chambre.". Soupiré-je entre deux baisers. Nous ôtons nos accoutrements, alternant baisers salivant et pas maladroits. À tâtons, nous entrons dans la suite, ma vaste chambre d'employée de librairie. Marcie me susure: "Tu me demandais pourquoi...". La coupant, je l'embrasse à nouveau, avec passion. Je n'ai jamais réellement expérimenté l'amour, en particulier avec une femme. Fort heureusement, bien que ce ne soit pas là solution idéale, j'ai quelques heures de lecture à mon actif. Vive la Dark romance

1h25

La suite est plongée dans l'obscurité, baignée de rouge. À genoux et pendant qu'elle agrippe ma tresse de plus en plus fermement, je parcours ses désirs de ma délicate langue rosée, je sens sa main se refermer sur le haut de mon crâne. Je lève les yeux et je vois sa mâchoire serrée, mordillant sa lèvre écarlate, la tête basculée en arrière. Encouragée par son désir, j'explore les limites de son plaisir davantage. Avec force, elle me repousse sur le lit tout en relâchant mes cheveux. Elle monte sur le sommier et place une main de chaque côté de ma tête, ses genoux frôlent mes cuisses dévoilées. Ses seins flattent les miens, nos sueurs se mélangent en un ruissellement d'amour. Elle s'approche lentement de mon visage, ses cheveux capitulant. Son regard annonce l'orage, une véritable averse de sentiments entremêlés dans des yeux azurs. Mon esprit disfonctione, son effluve florale envoûte mes envies, me transporte dans une véritable prairie d'idées prohibées.

-"Je suis désolée ! J-je t'ai fais mal ?" Balbutie-je toute penaude.

-"Détends toi Syd', t'as géré ma beauté..." Répond-t-elle d'une voix grave, presque murmurée.

Je pensais être le prédateur, je me révèle être la proie, sa proie.

Sa langue amarante est désormais visible. Elle la passe sur ma bouche, le rouge semble soudainement inonder la pièce, un rouge synonyme d'avidité. Elle se penche de plus belle sur mon visage rougit par son charme. Soudain, elle se blottit contre moi avant de se laisser tomber sur le côté du lit. Ses doigts parcourent mon bassin. Une sentation de chaleur m'envahit, c'est réconfortant. Mes yeux ne savent plus où se poser, tout est rouge et noir. Sa main descend délicatement, bientôt, elle franchit la porte qui était jusqu'à présent verrouillée. Si bien que mes lèvres se séparent pour mieux se réunir en un pincement. J'entrevois un désert encore flou, il y fait de plus en plus chaud, si bien que le désert se change, en un battement en prairie fleurie de lys pourpre et de roses rouges. La flamboyante lumière se confond avec ses cheveux ondulés. Tout est trouble

Les mouvements s'emplissent de vigueur. Les draps en lin sont désormais trempés. De temps à autres, par mégarde, mes doigts se joignent sur mon clitoris, me procurant une sentation de plaisir si douce que mon âme voyage dans des contrées merveilleuses et éphémères. J'ai l'impression qu'elle est dans ma tête. Aussitôt, je sens mon bassin se contracter, suivi de mon abdomen puis le reste de mon corps, comme une onde enflammée. Je suis la clairière, elle est l'incendie ravageur. Tout est en pause, le temps s'est arrêté et je me sens en plénitude totale. Nos mains jointes s'entrelacent de plus belle tandis que, lentement, nous revenons à la réalité.

En un roulement d'yeux, en un gémissement que je tente de retenir, je me relâche et en un soupir, je me resserre sur ses doigts.

C'est vraiment l'extase