PROLOGUE
Les néons de la ville crépitaient au-dessus de moi, projetant des ombres tordues sur l’asphalte encore mouillé. L’odeur du tabac froid et de l’essence flottait dans l’air, se mêlant à l’adrénaline qui battait dans mes veines comme un tambour.
Je passai une main sur ma mâchoire. Mes muscles étaient tendus à s’en rompre. J’aurais jamais dû la remarquer.
April Caldwell.
Un problème. Une obsession. Une erreur qui n’avait rien à faire dans ma vie.
Elle n’était pas faite pour mon monde. Elle n’aurait jamais dû croiser ma route.
Mais c’était trop tard.
Le premier jour où elle est entrée dans l’amphithéâtre, avec ses cheveux blonds tirés en un chignon trop sage et ce regard mélancolique qui m’a transpercé, j’ai su.
Su qu’elle deviendrait mon enfer.
Et moi... moi, je serais sa malédiction.
Elle était trop droite, trop pure. Le genre de fille qui ne frôle même pas les types comme moi. Les types qui passent leurs nuits à cogner et leurs journées à survivre. April appartenait à un monde que je ne comprenais pas. Un monde que j’avais pourtant envie de briser.
J’ai essayé de lutter contre ce truc malsain qui grandissait en moi. Ce besoin viscéral de la provoquer, de la pousser à sortir de son silence, de sa petite bulle parfaite. Mais plus je l’observais, plus elle m’obsédait. Je la voulais. Pas comme celles qui passent dans mes draps et dont j’oublie le prénom au matin. Non. Je voulais la posséder, la consumer, la sortir de sa vie bien rangée, la forcer à se salir rien qu’un peu. Rien que pour moi.
Mais ce n’était pas un jeu.
Pas pour moi.
Et le jour où elle a croisé mon regard, avec cette lueur de défi dans ses prunelles claires... j’ai su une chose :
Je ne la lâcherais plus.