Pas comme les autres | [Le secret de l’héritière]

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Summary

Kayssone, fille d'un puissant entrepreneur, quitte la richesse et son nom pour s'offrir une vie simple et anonyme dans une nouvelle ville. Elle n'imaginait pas croiser le chemin d'un groupe d'amis chaleureux, et encore moins celui de Tyler, un garçon qui a le pouvoir de lui faire oublier ses problèmes. Mais derrière les rires et la complicité naissante, les secrets de Kayssone menacent d'éclater. Peut-on bâtir une relation sincère lorsque l'on cache une partie de soi ?

Status
Complete
Chapters
34
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1 : Un nouveau départ

Coucou à tous !

J’espère que vous allez bien et que vous êtes prêts à m’accompagner dans cette nouvelle aventure ❤️

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J’espère de tout cœur que vous prendrez autant de plaisir à me lire que j’en ai à écrire 🥰

📚Bonne lecture ‼️





KAYSSONE

Je suis dans le dressing de ma chambre, désormais entièrement vide, mis à part les dizaines de valises sur le côté en train d’être amenées petit à petit par le personnel de maison.

« Mademoiselle, votre chauffeur est arrivé », me dit la douce voix de la gouvernante.

Je me tourne vers elle avant de m’approcher pour la prendre dans mes bras.

Elle a été comme une mère pour moi pendant tant d’années. Je me confiais à elle chaque fois que ça n’allait pas. Elle arrivait toujours à me remonter le moral. Je n’ai jamais connu ma mère, et mon père n’était jamais là. En fin de compte, elle comblait le manque de mes parents en se comportant comme une mère pour moi.

Elle était toujours là lorsque j’en avais besoin. À défaut d’avoir mes parents ou des amitiés sincères, je l’avais elle.

« Au revoir, Caroline. Tu vas me manquer », lui dis-je en la serrant dans mes bras.

Elle me serra elle aussi dans ses bras, et je sens une larme couler de sa joue, puis tomber sur mon épaule.

« Vous allez aussi me manquer, mademoiselle. J’espère que vous reviendrez souvent ! » me dit-elle en me lâchant pour essuyer ses larmes.

« Oh Caroline, je t’ai déjà dit que tu n’as pas besoin de me vouvoyer. Je te promets de venir lorsque j’en aurai le temps », lui dis-je tandis qu’on descend les marches pour rejoindre le hall de la maison.

Mon père a récemment été nommé l’homme le plus riche du pays. Depuis toute petite, j’ai vécu dans cette maison immense, nécessitant une dizaine d’employés. Et maintenant, je m’apprête à vivre dans un appartement lambda, seule comme une personne normale.

J’arrive dans le hall avec Caroline. Mon père me prend dans ses bras. Même s’il n’était pas souvent présent, lui aussi va me manquer.

« Si tu veux être à l’heure pour la remise des clés de ton premier appartement, il va falloir y aller ! » me dit-il en m’accompagnant jusqu’à la grande allée de la propriété. « C’est un nouveau départ qui s’offre à toi. Je me suis arrangé pour que le secret soit bien gardé. Seul le gérant de l’université est au courant de ton identité. Adresse-toi à lui si tu as un problème », me dit-il en ouvrant la porte de la voiture.

« Merci, papa. Je reviendrai, c’est promis », lui dis-je en l’embrassant une dernière fois.

Je m’installe dans la voiture, puis fais un dernier signe d’au revoir lorsque la voiture s’éloigne de la maison, en même temps que le camion transportant mes nombreuses valises fait de même.

Plus la voiture avance, plus le stress monte en moi. J’ai toujours eu tellement de personnel pour s’occuper de moi que je ne suis même pas sûre de pouvoir survivre sans eux. Et puis j’ai peur de l’appartement que mon père a pu me prendre. J’ai demandé un appartement lambda, mais, et si finalement je n’arrivais pas à m’y faire ?

« Voulez-vous que je baisse le chauffage, mademoiselle ? » me demande le chauffeur en voyant les grosses gouttes de sueur qui font leur apparition sur mon front à cause du stress.

Je rigole, gênée, en secouant la tête, « Non merci, ça va aller, c’est juste le stress. »

Après plusieurs heures de voiture, nous nous arrêtons devant un énorme building.

« Nous sommes arrivés, mademoiselle », me dit le chauffeur en sortant de la voiture pour m’ouvrir la portière.

Je regarde l’énorme building en fronçant les sourcils. J’aurais dû deviner que pour mon père, un appartement “lambda” n’était pas ma propre vision d’un appartement lambda...

« S’il vous plaît, dites-moi que vous me faites une blague, mon appartement ne se trouve pas ici, n’est-ce pas ? » je demande au chauffeur, déroutée.

Il vérifie sur son téléphone avant de me répondre, « Si, votre appartement se trouve dans ce bâtiment, vous avez juste à entrer, vous présenter et ils vous donneront les clés. »

Je secoue la tête en pensant à mon père. Comment a-t-il pu penser qu’un seul des appartements dans cette énorme tour pourrait être considéré comme un appartement “lambda” ? Sérieusement, quel étudiant normal pourrait s’offrir un appartement ici ? Il est clair que pour passer inaperçue, ce nouveau départ commence mal...

Finalement, j’entre dans le bâtiment en saluant et remerciant le portier, puis je me présente à l’accueil.

« Bonjour, je suis Kayssone Johnsson. J’ai des clés à récupérer, je viens d’emménager », dis-je à la dame.

« Bonjour, mademoiselle Johnsson », elle me donne les clés en souriant. « Voici les clés. Vous êtes au dernier étage. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à demander à la conciergerie. »

Je prends les clés puis la remercie avant de prendre l’ascenseur. Il est incroyablement beau, fait de marbre avec un petit banc pour s’asseoir. Et je comprends, parce que le temps paraît interminable. En même temps, mon appartement se trouve au 85e étage.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent, donnant directement sur le magnifique appartement. Il y a des vitres du sol au plafond, donnant vue sur l’ensemble de la ville animée en contrebas. C’est juste magnifique.

Heureusement que l’appartement est déjà meublé. Honnêtement, je ne saurais pas quoi faire d’un si grand espace.

Je me balade dans l’appartement pour y découvrir les pièces. Il y a un petit cinéma, plusieurs chambres avec salle de bains et dressing, un bureau, une immense cuisine faite en marbre, ainsi que le salon, la salle à manger et un petit sauna.

Après avoir tout visité, je refais un tour dans les chambres pour choisir la mienne. Finalement, je choisis une chambre avec un magnifique lustre suspendu au-dessus du lit et une magnifique salle de bains avec une douche et une baignoire à remous. Même si mon objectif était de passer le plus inaperçu en vivant comme chaque étudiant, niveau appartement, c’est déjà foutu... alors autant en profiter.

Quelques minutes plus tard, on vient me déposer mes valises et ranger mes habits dans le dressing.

Pendant que les employés les rangent, je décide d’aller découvrir la ville.

Je sors et arpente les rues, regardant les passants et l’architecture. Il y a des buildings partout et on reconnaît facilement ceux qui abritent certainement les personnes les plus riches du pays.

Heureusement pour ma couverture, je n’ai rencontré que rarement les amis ou les associés de mon père, alors mon secret devrait être bien gardé. Bien que je doive faire attention à mes habits. Même si je n’ai jamais été du style à m’afficher avec des habits arborant fièrement des marques de luxe, la plupart de mes habits sont des marques de luxe. Simplement, le logo est minuscule ou presque inaperçu, me permettant de me fondre dans la masse.

« Bonjour, mademoiselle ! J’adore votre manteau ! » me dit une femme en passant près de moi.

« Merci ! » lui dis-je en souriant, avant qu’elle ne s’éloigne.

Cette ville est pleine de monde. On arrive facilement à distinguer les différentes classes sociales rien qu’à leur posture et leurs vêtements, mais cela n’empêche pas la cohabitation.

Finalement, après une longue balade, je m’arrête dans un café un peu éloigné de l’agitation de l’allée principale. Il est petit, et lorsque j’y entre, l’odeur du chocolat chaud emplit mes narines. La décoration est simple et minimaliste, créant une atmosphère conviviale.

« Bonjour, bienvenue chez ValityCoffee ! » me dit une femme derrière le comptoir. « Avez-vous choisi ce que vous allez prendre ? » demande-t-elle avec un sourire contagieux.

Je regarde le menu ; tout a l’air appétissant.

« Je vais prendre un pain suisse et un cappuccino, s’il vous plaît », lui dis-je en lui rendant son sourire éclatant.

Tout en préparant ma commande, elle me demande : « Je ne vous ai jamais vue dans le coin. Vous êtes nouvelle ? »

« Oui, je viens d’emménager pour intégrer l’université d’à côté » lui dis-je en hochant la tête.

« Super ! Je suis aussi dans cette université, on se croisera sûrement ! » dit-elle avec enthousiasme. « Tu loges sur le campus ? »

Étant donné que je ne veux pas éveiller les soupçons sur ma véritable identité, je me retrouve obligée de mentir.

« Non, dans un quartier un peu plus éloigné de la ville » dis-je sans donner plus de détails. Si j’en donnais, elle pourrait facilement se rendre compte de mon mensonge étant donné que je ne connais rien de cette ville.

« Ouf ! » dit-elle. « J’ai cru un instant que tu allais me dire que tu habites dans les tours d’à côté ! La plupart des filles insupportables vivent là-bas ! »

Je ris et la taquine un peu : « Oh, donc j’ai l’air d’une fille insupportable ? » dis-je en riant.

« Oh non, désolée, » répond-elle en riant aussi. « Je disais ça pour toi justement. Tu as l’air cool. »

« Merci, toi aussi, tu as l’air cool. »

Après avoir pris mon pain suisse, elle me le donne sur un petit plateau, accompagné de mon cappuccino.

Les deux sont excellents. Je les termine en moins de cinq minutes !

« Merci, c’était délicieux ! » lui dis-je en lui laissant un pourboire.

« Oh ! Tu n’es vraiment pas obligée de donner autant ! » dit-elle en comptant les billets.

Mince, j’avais oublié que les gens ordinaires ne laissent pas des pourboires si généreux.

Gênée, je hausse les épaules. « Désolée, c’était involontaire » dis-je tandis qu’elle me rend le pourboire.

Je recompte les billets et finis par lui donner seulement 20 $.

« Désolée, je t’ai peut-être donné un faux espoir... » dis-je, vraiment navrée.

« Ne t’inquiète pas, il n’y a pas de mal à ne pas pouvoir donner un gros pourboire ! Je travaille ici pour financer le traitement de ma mère malade, alors je comprends l’importance de bien gérer l’argent, » dit-elle en balayant mes craintes d’un geste.

« Je suis vraiment désolée pour ta mère. Je reviendrai aussi souvent que possible ici alors ! » lui dis-je en la saluant.

« D’accord ! » me répond-elle en me saluant également.

Je sors du café et rentre chez moi. À mon arrivée, tout le personnel est parti après avoir terminé de trier mes vêtements dans le dressing. Je dois admettre que je n’aurais pas fait mieux. Les vêtements sont triés par saison et par couleur. Autant dire que je n’ai pas envie de tout déplacer, bien qu’il est évident que je devrai le faire à un moment donné.

Impatiente de retourner à l’université demain, je regarde mes vêtements pour choisir ma tenue. La dernière chose que je voudrais, c’est me faire remarquer. Alors, même si j’ai de magnifiques tenues, je décide de porter un col roulé noir simple avec une jupe en cuir et des collants.

Je choisis ensuite mon sac à main, en prenant soin d’en choisir un qui s’accorde à ma tenue et de ne pas prendre d’affaire avec une marque visible.

Je vais ensuite dans mon bureau et fouille dans les tiroirs pour voir où ils ont rangé mes affaires. Une fois mon ordinateur trouvé, je le glisse dans le sac et le dépose à côté du mannequin sur mesure qui porte mes vêtements pour demain.

Après avoir préparé tout ce qu’il me faut pour la rentrée, je vais à la cuisine pour me trouver à manger.

J’ouvre le frigo et me tape la tête avec ma main en découvrant qu’il est vide.

« Quelle idiote ! » me dis-je à moi-même.

Depuis toute petite, je suis habituée à ce que l’on m’apporte ce que je veux. Je n’ai donc jamais fait les courses ni cuisiné. Ma seule expérience dans ce domaine se résume à discuter avec Caroline pendant qu’elle faisait à manger lorsque le cuisinier n’était pas là.

Sans me décourager, je prends les clés pour aller chercher de quoi me préparer un repas.

Arrivée au supermarché, je parcours les rayons à la recherche de quelque chose à cuisiner lorsque j’entends une voix familière.

« Vous êtes fou ?! On n’aura jamais le temps de faire autant de pizzas pour ce soir ! Prenons-en des toutes prêtes ! » dit une voix que je reconnais.

Je m’approche de la voix et aperçois la femme du café. Nos regards se croisent et un sourire illumine son visage.

« Oh, rebonjour ! » me dit-elle en m’embrassant amicalement. « Je suis désolée, je ne t’avais pas demandé ton prénom, comment t’appelles-tu ? »

« Kayssone. Et toi ? »

« Ava ! Kayssone, je te présente mes amis, » me dit-elle en les désignant. « Voici Lilia, Rose et Tyler. »

« Enchantée ! »

Mon regard se pose sur Tyler, dont les muscles ressortent dans chaque partie de son corps.

Ava me donne un coup de coude en riant. « Essuie-toi la bouche, tu baves ! »

Je détourne le regard, tentant de cacher mes rougeurs. Du coin de l’œil, je vois Tyler esquisser un sourire en coin.

« Ne t’inquiète pas, Tyler a l’habitude. Ce dont tu devrais vraiment t’inquiéter, c’est si les garces dont je t’ai parlé te voient baver sur lui ! »

Rose s’avance vers moi en regardant mes chaussures, puis les pointe du doigt.

« Oh mon dieu ! Ce sont les sandales à talons de Versace ?! » me demande-t-elle, ahurie.

Les trois autres, Tyler, Lilia et Ava, tournent tous leur regard vers mes chaussures, ce qui me fait paniquer.

« Je... Non. Enfin, oui. » dis-je en balbutiant.

« Oh mon dieu ! Elles coûtent une fortune ! Comment tu as réussi à te les procurer ? Même avec de l’argent, elles sont en rupture partout ! » demande-t-elle.

« C’est... des fausses ? » dis-je, incertaine. Mon excuse ressemble à une question, mais ils semblent tous convaincus puisqu’ils éclatent de rire, sauf Rose qui continue de les examiner.

« Tu es sûre ? » me demande-t-elle en tournant autour de moi, examinant chaque détail.

« Oui ! » dis-je un peu trop fort.

Elle arrête de douter et joint ses mains en guise de supplication. « S’il te plaît ! Donne-moi ton contact ! Elles ont l’air tellement vraies ! »

« Eh bien... j’imagine que je pourrais faire l’intermédiaire. » dis-je en abaissant doucement ses mains jointes. « Tu n’as pas besoin de me supplier pour ça. »

Lilia s’approche de moi et me propose, « On organise une soirée ce soir avec des gens de l’université. Tu peux venir si tu veux. »

Rose sautille à côté d’elle en tapant dans ses mains. « Oh oui ! J’adore ton style ! Tu peux même venir pour préparer la soirée avec nous ! On pourra parler de mode ensemble ! » me dit-elle, toute excitée.

Ava rit en s’excusant : « Désolée, ça fait un bail qu’elle cherche une fille sympa avec qui discuter mode. Comme tu peux le voir... » dit-elle en désignant ses vêtements, « nous, on n’est pas vraiment dans le truc. »

« Je n’ai rien d’autre de prévu, alors... ça pourrait être une bonne idée. » dis-je, pour le plus grand bonheur de Rose.

« Mes parents vont nous tuer, » marmonne Tyler.

Mon visage s’assombrit à ce commentaire.

« Oh, je ne savais pas. Désolée ! Je ne viendrai pas si ça pose problème. » dis-je, déçue.

Je vois la panique dans les yeux de Tyler, qui se précipite pour répliquer : « Non ! Non ! Viens ! Ce n’était pas pour toi spécialement ! C’est juste que mon oncle me loue l’appartement, et je suis censé éviter d’y faire des soirées. C’est tout ! »

Ava et les autres échangent un regard entre moi et Tyler, les sourcils froncés. Je décide de ne pas chercher à comprendre davantage.

« Bon ! Avec deux bras en plus, je pense que faire des pizzas maison est réalisable. » dit Ava.

Nous parcourons les rayons à la recherche de chaque ingrédient, discutons tout le long, passons à la caisse et marchons jusqu’à un immeuble un peu plus petit que le mien, mais toujours imposant.

Lilia se tourne vers moi.

« Tyler a un oncle plein aux as. Il lui loue un appartement dans ce bâtiment. » me dit-elle.

« Arrête ! » dit Tyler d’un ton irrité. « Ne l’écoute pas. Je ne suis pas comme tous ces riches. » dit-il en marchant à côté de moi.

Mon sourire se fige, mais je fais de mon mieux pour cacher ma déception face à sa façon de catégoriser les gens riches.

Nous arrivons finalement à l’appartement, spacieux et luxueux. Nous posons les courses sur le comptoir et nous nous lavons les mains.

« Tu as déjà fait des pizzas ? » me demande Ava.

Mes joues rougissent à cette question. Comment leur dire que je n’ai jamais cuisiné ? Que tout ce que je mangeais avant venait de chefs expérimentés ? Ce serait trop étrange pour une étudiante comme les autres...

Tyler et les autres continuent à me regarder, attendant ma réponse.

« On dirait qu’elle n’a jamais cuisiné, vu sa tête ! » plaisante Rose en pointant mon visage.

« Je... Eh bien... Non. Je n’ai jamais cuisiné. » dis-je, gênée.

Rose et les autres cessent aussitôt de rire et me regardent, intrigués.

« Même des pâtes ? » demande Lilia.

Mentir serait inutile puisqu’ils finiraient par s’en rendre compte très facilement, alors j’acquiesce.

« Oui, même des pâtes... » dis-je, embarrassée.

Après quelques secondes de silence, Tyler s’approche de moi et pose ses mains sur mes hanches, ce qui fait s’envoler des papillons dans mon ventre.

Son toucher est doux et apaisant. J’aimerais qu’il ne retire jamais ses mains.

Il presse doucement mes hanches et me rassure en brisant le silence.

« Ce n’est pas grave, » dit-il doucement derrière moi. « On va t’apprendre. Ça va être amusant. »

Ava, Rose et Lilia sortent les courses et étalent les ingrédients sur le comptoir, oubliant vite ma réponse déconcertante.

« On va faire des pizzas ! » déclare fièrement Lilia. « Prépare-toi, il en faut au moins une vingtaine pour nourrir tout le monde ! »

Les mains de Tyler quittent malheureusement mes hanches, et il retrousse ses manches pour se laver les mains.

Tyler me montre chaque ingrédient et les quantités nécessaires. Mais, n’ayant jamais fait ce genre de tâche de ma vie, mes gestes sont vraiment maladroits.

Tyler m’observe tout en préparant sa propre pizza.

« Wow ! Tu ne mentais pas quand tu disais que tu n’avais jamais cuisiné ! » dit-il en riant.

Bien que la situation semble comique à leurs yeux, mon cœur se serre.

Sérieusement ? Ne suis-je vraiment pas capable de faire une simple pizza ?!

Mes gestes deviennent brusques, énervée de ne pas réussir.

Tyler remarque mon désarroi et me donne sa pâte.

« Tiens, prends la mienne. Tu n’as qu’à l’étaler doucement avec tes mains et ajouter la garniture. » me propose-t-il.

J’essuie une larme de frustration sur ma joue avant de prendre sa pâte et de le remercier.

« Ce n’est pas grave, chacun a ses atouts, il n’y a pas de quoi en faire un drame, » dit-il en passant une main réconfortante sur mon dos.

Comment lui dire que j’ai toujours rêvé d’être indépendante, mais que je suis littéralement incapable de me nourrir seule ? Surtout que si mon père l’apprend, il voudra que je rentre pour m’entourer de domestiques jusqu’à ma mort !

TYLER

Je la vois pleurer en silence pour une simple tâche qu’elle n’a pas réussie. Même si ce n’était pas très compliqué, je ne comprends pas pourquoi elle en pleure...

Je repense à ce qu’elle a dit plus tôt, qu’elle n’a jamais cuisiné. Comment est-ce possible ? Tout le monde a déjà cuisiné au moins une fois dans sa vie, pourquoi pas elle ?

Remarquant que je la fixe sans rien faire alors qu’elle pleure, je m’approche et prends sa main, l’enveloppant entre les miennes.

« Eh, ne pleure pas. Si tu veux, je pourrais te donner des cours de cuisine. » dis-je, espérant lui remonter le moral.

La voir pleurer me brise le cœur. Son beau visage est marqué par ses larmes et une légère rougeur au bout de son nez. Elle est adorable, même en pleurant.

Elle renifle, essuie ses larmes et secoue la tête. « Je ne voudrais pas te faire perdre ton temps. » dit-elle, baissant les yeux toujours aussi triste.

Elle lève les yeux et, en voyant mon visage tendu, semble effrayée. Mes problèmes de colère n’avaient pas fait surface depuis un moment.

Elle continue de me fixer, l’air apeuré, accentuant ma colère. Pourquoi suis-je incapable d’apaiser cette fille ?!

Je lâche brutalement sa main et frappe mon poing sur le comptoir. Le marbre se fissure et je sens une douleur percer ma main.

Tout le monde me regarde, choqué, sauf Kayssone qui semble triste et compatissante.

Elle s’approche de moi, prête à prendre ma main blessée, mais Ava la retient. « Ne fais pas ça, Kayssone. Il a des problèmes de colère, quand il est en crise, il ne faut pas l’approcher. » dit Ava en tentant de l’éloigner.

Mais Kayssone ne bouge pas. Elle se dégage de l’emprise d’Ava et, malgré l’avertissement, pose doucement sa main sur la mienne.

Contre toute attente, son contact apaise ma colère.

Elle s’approche de moi et retourne mon poing, découvrant du sang qui coule des plaies causées par le marbre cassé.

« Pourquoi as-tu fait cette chose stupide ? Ne sais-tu pas que les murs gagnent toujours ? » me dit-elle en secouant la tête. « Où est la salle de bain ? » me demande-t-elle.

Sans enlever ma main de la sienne, je l’amène dans la salle de bain sous le regard des autres, leurs bouches grandes ouvertes, stupéfaits de la scène qui s’est produite. Ou plutôt, de ce qu’il ne s’est pas produit, puisque j’aurais dû réagir à son contact.

Une fois dans la salle de bain, elle fait couler de l’eau, vérifiant la température avant de plonger ma main sous l’eau pour enlever tout le sang.

« Tu aurais pu te faire encore plus mal, Tyler ! Pourquoi as-tu fait ça ?! Es-tu bipolaire ? » me demande-t-elle tout en fouillant dans les placards pour sortir du coton et du désinfectant.

Même si cette fille est la première personne à pouvoir me toucher lors d’une crise, je viens de la rencontrer, alors je ne réponds pas à sa question. La raison de mes colères est bien trop personnelle pour être révélée à n’importe qui. Seul mon père connaît la raison. Même mes plus proches amis n’en savent rien, à part les dégâts que mes colères peuvent causer.

Je l’entends soupirer avant de désinfecter ma main et de poser un pansement.

« D’accord, tu n’as pas besoin de répondre, on a tous des secrets. Mais fais attention à toi, Tyler, » me dit-elle d’une voix adorable.

Une fois le bandage terminé, nous rejoignons les autres dans le salon pour continuer les préparations.

Kayssone est adorablement à mes côtés, surveillant le moindre de mes faits et gestes et m’aidant pour certaines tâches pour éviter de risquer d’infecter mes blessures.

Après quelques heures, nous avons enfin terminé.

Ava sautille de joie en balançant ses mains. « Que la fête commence ! » nous dit-elle, toute excitée.