Secret d’état

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Summary

Jade Jackson, 26 ans, fille du Sénateur Jackson, est Sniper dans les forces spéciales des Etats-Unis d'Amérique, se retrouve malgré elle dans une situation imprévue dans sa carrière qui s'arrête net à l'annonce de la future élection présidentielle de son père. N'ayant pas le choix, elle est de retour au pays après quatre années sur le terrain. Mais rien ne se passe comme prévu à son arrivée à Washington. Attentat à la voiture piégée, elle est confrontée à plusieurs dilemmes, reprendre sa vie en main et laisser son père prendre la tête du pays. Ou se battre pour des valeurs auxquelles elle tient le plus. Liberté et le bonheur de sa famille. Aidée par Tucker son frère jumeau et Dark son chef énigmatique, ils se lancent dans la course contre la montre afin de neutraliser leur père. Leur vendetta ne sera pas de tout repos. Le vrai visage du Sénateur apparaît au prix du sacrifice des hommes et femmes du pays. Que vont-ils découvrir dans cette aventure hors du commun ?

Status
Ongoing
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

Jade, Juin deux mille un.

Perdu dans mes pensées, je demeure assise devant ma coiffeuse, brossant mes cheveux bruns avec délicatesse et ennui. Aujourd'hui devrait être un jour heureux, celui de ma majorité avec mon frère jumeau Tucker. Vingt-et-un an je ne pensais pas que les événements des dernières semaines, ou devrais-je dire mois, auraient autant de répercussions sur notre quotidien. Notre père, Donald Jackson, continue son ascension vers les plus hautes sphères politiques du pays. Son but ultime : prendre la tête du pays. Hélas ! Au fils des années à ses côtés, il y a bien une seule chose que nous avons appris. Rien ne l'arrêtera, même pas nous, ses enfants. Depuis toujours, nous devons montrer l’image parfaite de notre famille atypique.

“ Père célibataire, Donald Jackson a su monter un empire dans ce monde. Tout cela en partant de rien ”.

Ces mots ne sont pas les miens, mais bel et bien ceux d’articles écrits par des journalistes payés gracieusement par les pots devins.


Chut, c'est un secret …


Pourtant c’est la vérité, la seule et l’unique. Quand nous sommes nées, nous avons perdu notre mère, morte en couche, ce fut une tragédie pour notre père. C’est le récit que nous entendons depuis de nombreuses années. En grandissant, je me suis rendu compte que ses paroles sont quelque peu mensongères, voire déformées pour en tirer son avantage. A la disparition de son épouse, notre paternel a reçu une grande partie de son patrimoine immobilier et financier. Celui-là même que nous devons recevoir avec mon frère en ce jour. C’est grâce au nom prestigieux de notre génitrice, qu'il a pu monter petit à petit un empire. En créant des alliances avec des juges, des policiers et d'autres personnalités publiques de notre beau continent. Durant ses dernières années, il a entrepris de gravir les échelons du monde politique, jusqu'au titre qu’il détient actuellement. Celui de maire de Washington D.C. Pourtant, je sais qu'il n'a pas encore atteint son objectif, loin de là.

Un bruit dans le couloir me ramène au présent. Mes yeux se fixent sur le miroir de ma coiffeuse. J’entreprends de finir de me préparer, mes gestes sont réalisés avec automatismes. Abandonnant mes affaires de toilette sur le meuble. Je me lève, lisse ma tenue parfaite de mes mains moites et sors de ma chambre. Ne prenant pas la peine de fermer la porte, car cette dernière a été supprimée à l'aube de mes seize ans. Selon notre père, c'était dans le but de ne pas commettre d'impair durant l’adolescence. Ici, dans cette maison d'un quartier très luxueux de la capitale des Etats-Unis, nous sommes sans droit vis-à-vis de notre géniteur. Il impose les règles sans nous laisser argumenter un mot.

Depuis notre plus jeune âge, mon frère et moi, avons appris à vivre dans l'ombre de ce dernier. A nos seize ans, nous avons été envoyés dans les plus grandes écoles, il a souhaité que nous soyons formés pour devenir ses dignes héritiers. Surtout Tucker, en tant qu'homme de la maison qui est le seul capable de prendre sa relève. Ma destinée est tout autre, je dois devenir une épouse convenable, selon les standards de cette société huppée.

Mes pas me guident dans le salon familial, où je suis censé retrouver mon père et mon frère pour la traditionnelle photo de famille. Chaque année, il nous impose ce cliché afin de nous rappeler que nous sommes unis. Enfin pour ma part, je pense que cette mascarade est juste là pour que la presse et que les Américains se souviennent du drame qu'est notre vie. Il faut faire pleurer les chaumières, phrase typique de mon père. Le but ultime de cette « tradition » est de s’assurer les votes de différents foyers américains. Grâce à cette image que nous renvoyons, nous jouons la carte de la famille détruite par la mort de la figure maternelle.

J’arrive dans cette pièce aménagée avec goût par une célèbre décoratrice d'intérieur. Où se trouve un grand canapé blanc donnant sur la baie vitrée avec vue au loin sur le Capitole. Lieu sacré pour tout Américain qui se respecte. Quelques tableaux de grands artistes habillent nos murs de couleur crème, un tapis noir est au sol entre le meuble et la fenêtre, afin de donner de la chaleur à la pièce. Un grand écran plat est installé sur la droite du salon, juste présent pour faire défiler en boucle les chaînes d'informations du monde. Jamais nous n'avons eu le droit de nous installer dans ce lieu pour regarder des films ou bien une série.


La politique ou rien.


Je me glisse sans bruit à la gauche de l'entrée, et attends sagement debout les consignes. Mon père est bel et bien présent dans la pièce, criant des ordres aux petits personnels. Il est nécessaire que tout soit parfait.

— La photo se fera devant le canapé, avec pour vue le Capitole, afin de rappeler les objectifs de notre famille. Ensuite, nous aurons les gâteaux d'anniversaire, spécialement préparés pour l'occasion. Vingt-et-un an, l'âge de la raison et de grandes décisions, indique mon père de sa voix grave, celle qui nous incite à ne pas le contredire.

Toutes les personnes présentes sont pendues à ses lèvres, ne disant rien, acquiesçant de temps en temps.

— Jade, où se trouve ton frère ? me questionne-t-il sans me regarder.

— Il devrait arriver père, indiqué-je sans conviction.

Il jette un regard sur sa montre. Pour ma part, j'ai mes yeux fixés sur l'horloge au-dessus de la télévision. Neuf heures pétantes, Tucker devrait déjà être présent à mes côtés. Au fond de mes tripes, je sens qu’il ne se représentera pas. Dans la périphérie de mon champ de vision, je remarque que mon père lâche un soupir de mécontentement.

— Que quelqu'un aille le chercher rapidement, s'énerve-t-il.

Le bruit de talon de notre gouvernante se fait entendre, elle part en direction de la chambre de mon jumeau. Personne ne dit un mot, le silence est lourd. Rapidement nous entendons de nouveau ses sons caractéristiques de ses chaussures. La femme entre dans le salon, tenant dans ses mains, un simple papier. Tremblant de tous ses membres, n'osant rien déclarer de vive voix. Je m'approche d’un pas léger d'elle, suspicieuse, dans le but de récupérer ce qu'elle tient dans ses mains.

« Je m'en vais, j'en peux plus de cette vie. Tu devrais en faire autant pendant qu'il est encore temps. Je t'aime T. »

— Quoi ! hurle mon père.

— Il est parti, annoncé-je sans lui lire ce qu’il y a d’inscrit sur la note.

— Parti où ? s'énerve-t-il.

— Il ne l'a pas indiqué père… répliqué-je.

Un élan de colère surgit de son visage. Tous les bibelots et autres décorations qui se trouvent à portée de main volent. Cet éclat de rage, je ne le connaissais pas. Des cris de panique s’échappent des bouches des personnes présentes, qui ne cherchent pas à rester plus longtemps dans la pièce. Le fracas des objets qui continue de tomber au sol me fait sursauter plus d’une fois. Lorsque le calme revient, le regard fou de mon père se fixe sur moi.

— Si je retrouve ce merdeux je le tue, grogne-t-il

Un long silence se fait, je n'ose plus bouger, mes mains tremblantes sont cachées dans mon dos. Mon regard se pose sur un point imaginaire derrière mon père, dans le but de ne pas le regarder dans les yeux. Je ne souhaite pas alimenter encore plus sa fureur. De mémoire, c'est la première fois que je le vois perdre les pédales dans une situation conflictuelle avec des témoins présent dans la pièce.

—Va dans ta chambre, je n'ai plus besoin de ta misérable carcasse, déclare-t-il en partant dans son bureau.

Sans rien ajouter, je quitte la pièce en essayant d'être la plus discrète possible. Quand mes pieds passent l'entrée de ma chambre, je remarque une femme de de ménage en pleine préparation d’un sac à dos.

— Vous ne pouvez pas rester ici plus longtemps Mademoiselle. Ce n'est pas une vie pour vous, chuchote-t-elle

— Mais ...

— Votre père n'est pas une personne bonne pour vous. Partez comme votre frère l'a déjà fait, continue-t-elle.

Son regard navigue dans ma chambre, comme pour s’assurer que rien ne manque. Elle me donne le paquetage entre mes mains. Dedans, il y a des affaires pour plusieurs jours, ainsi que du liquide. Rien qui ne permettrait à mon père de me suivre à la trace. Mon instinct me dit de faire ce qu'elle me demande, je sais que si Tucker est parti ce n'est pas anodin. J'aurais juste aimé qu'il m'en parle avant. Je prends une grande inspiration et sort de ma chambre. Sans bruit, j’avance dans le couloir en direction des garages.

— Où vas-tu comme ça ? me questionne mon père du bout du couloir.

Zut ! Moi qui pensais être discrète c'est raté, mais je n'ose pas me retourner vers lui, préférant le savoir dans mon dos, ne pas avoir son regard sur mon visage presque coupable. Crotte, je le croyais dans son bureau et non dans la cuisine. Je ne prononce pas un mot, toujours dos à lui je l’écoute me menacer de sa voix grave.

— Si tu quittes cette maison, je te ferai rechercher. Ensuite, je te ferais enfermer en déclarant que tu es folle ... C'est ça la vie que tu veux Jade ? m’interroge-t-il avec froideur.

Je bouge la tête de droite à gauche, tremblant de tous mes membres. Hélas je sais que si je reste encore entre ses murs, ma vie sera un enfer dans tous les cas. Dans un élan de courage, je prends la fuite aussi vite que mes jambes me portent sous les hurlements de mon père.