Chapter 1
Athena
— Non, ai-je marmonné, en faisant les cent pas dans notre cuisine et en secouant la tête. Le parquet en acajou était froid sous mes pieds et le faible bourdonnement de notre chauffage central ne faisait rien pour calmer mon cœur qui s’emballait. J’ai croisé les bras sur ma poitrine pour cacher mes tétons durs. — Ça ne peut pas être Charlie. Je… je n’arrive pas à y croire.
Pas possible que mon meilleur ami soit un acteur de films pour adultes.
Une chaleur a déferlé au creux de mon ventre, et je me suis agrippée à l’îlot de cuisine jusqu’à ce que mes jointures blanchissent. Avec ses grands yeux bleus, il était l’incarnation de l’adorable toutou : l’homme le plus gentil, le plus doux que j’aie jamais rencontré. Il m’aidait pour tout ce que je lui demandais, et ce n’était pas un de ces riches snobinards, même s’il venait d’une famille aisée de la côte Est.
J’ai fermé les yeux très fort, revivant le moment de la veille où j’avais réalisé que l’homme que je reluquais depuis des mois n’était pas seulement mon meilleur ami, mais aussi mon colocataire.
Mais à quoi est-ce que je pensais ?!
Quand j’avais reconnu sa chambre en arrière-plan, j’aurais dû fermer l’onglet immédiatement. Mais au lieu de ça, j’ai revisionné absolument toutes ses vidéos pour être sûre que c’était bien lui. Charlie ne montrait jamais son visage, mais je ne connaissais que trop bien son corps. Ces tatouages, et sa cicatrice.
La veille au soir, je l’avais même payé pour l’entendre grogner et gronder mon nom, tellement j’en avais envie. Il avait prononcé mon nom de nombreuses fois en personne, d’une voix si douce, mais la nuit dernière, c’était carrément sauvage, brutal.
— Salut, a bâillé Charlie depuis l’embrasure de la porte, sa peau hâlée, ses cheveux blond clair presque blancs et ses muscles sculptés me narguant.
Après avoir sursauté, je me suis retournée d’un coup et j’ai reculé contre le plan de travail. Il s’est frotté les yeux comme il le faisait chaque matin au réveil, fatigué d’être resté debout toute la nuit.
— Salut, ai-je couiné en me dépêchant de passer devant lui.
— Qu’est-ce qui ne va pas ? a-t-il demandé presque aussitôt, attrapant mon poignet avant que je ne puisse m’enfuir.
Lorsqu’il m’a fait pivoter, un autre couinement m’a échappé. J’ai plaqué mes mains sur ma poitrine pour cacher mes tétons douloureux et j’ai tenté de trouver une excuse. N’importe laquelle. Quelque chose qui serait un tant soit peu crédible !
— Euh… rien. Pourquoi ?
Son regard est descendu sur ma poitrine couverte par mes mains, puis il l’a relevé vers le mien, sa mâchoire se contractant. Mon Dieu, ce matin, il était la tentation incarnée !
Il a resserré doucement sa prise sur mon poignet. — Qu’est-ce qui ne va pas, Athena ?
Il fallait que je sorte d’ici. Maintenant !
— Rien ! me suis-je exclamée en me précipitant vers la porte. — Absolument rien.
— Allez, Athie. Avant que j’aie pu faire un mètre, il a passé sa main autour de ma nuque et m’a doucement tirée en arrière contre son corps musclé. — Je te connais. Tu peux me dire si quelque chose…
— Je crois que j’ai oublié quelque chose, euh… Mon regard a balayé le couloir. — Dans ma chambre !
Après m’être définitivement échappée de son emprise, j’ai sprinté devant lui et dévalé le couloir jusqu’à ma chambre. Qu’est-ce qui n’allait pas avec moi ce matin ? Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à me ressaisir en sa présence ? Je m’étais touchée un peu trop de fois devant ses vidéos, mais je n’avais jamais réagi comme ça…
Peut-être que c’était parce qu’il avait dit mon nom la nuit dernière. Ou parce que maintenant, je savais que c’était lui.
Une fois arrivée dans ma chambre, j’ai claqué la porte et j’ai couru vers mon ordinateur. Dans ma stupidité, je m’étais endormie devant ses vidéos et je venais de réaliser que je n’avais jamais fermé les onglets. J’ai fait glisser mes doigts à toute vitesse sur mon pavé tactile pour l’allumer.
L’écran s’est illuminé, et ma vidéo préférée de Charlie est apparue.
Putain, mais qu’est-ce qui cloche chez moi ?! Pourquoi je n’ai pas fermé tous ces onglets ?!
— Je peux entrer ? a demandé Charlie en ouvrant la porte de ma chambre, ses yeux bleus immenses.
J’ai refermé mon ordinateur portable d’un coup sec et je me suis plantée devant. — E-euh… ou-non.
Il est entré dans la pièce quand même, avec un sourire si doux que je n’arrivais pas à croire que l’homme que j’avais regardé la nuit dernière était bien lui. C’était absolument impossible. L’homme dans la vidéo était vicieux, sombre, vulgaire et… adorait étrangler.
Le Charlie que je connaissais s’excusait s’il me bousculait accidentellement.
— Merde, ai-je murmuré, les tétons endoloris.
— Qu’est-ce qu’il y a, Athena ? a-t-il demandé en se rapprochant de moi. — Sierra, Heather et Sun ne sont pas censées arriver avant une heure, non ? On a le temps. Tu peux me dire ce qui s’est passé. Pourquoi agis-tu si bizarrement ?
— Je ne peux pas, ai-je chuchoté, le cœur battant à mesure qu’il se rapprochait.
— Pourquoi pas ? Il s’est passé quelque chose au bar hier soir ?
— Non.
Il a fait une grimace et a regardé par-dessus mon épaule vers l’ordinateur portable. — C’est quelque chose sur ton ordinateur ?
— Non !
Ma réponse rapide et précipitée n’a rien fait pour le convaincre. En fait, c’est le contraire qui s’est produit : il m’a contournée et a attrapé l’ordinateur derrière mon dos. — Je te jure que si quelqu’un te harcèle…
— Attends ! N’ouvre pas c…
Avant que je ne puisse l’attraper, il a ouvert mon ordinateur portable. La vidéo de lui enfonçant sa bite dans la gorge d’une autre femme, lui giflant les seins et lui crachant au visage s’est lancée à plein volume, parce que mes écouteurs n’étaient plus connectés et que je n’avais pas eu le temps de fermer tous ces foutus onglets !
— Ce n’est pas ce que tu crois ! ai-je hurlé en refermant brutalement l’ordinateur. — Je suis désolée ! Je suis tellement désolée !
On était meilleurs amis, putain, et je m’étais touchée en pensant à lui, en imaginant ce que ça ferait si c’était moi qu’il prenait en pleine gorge comme ça. C’était exactement ce que ça avait l’air d’être, et je me sentais tellement coupable.
J’ai tourné la tête et détourné le regard, sentant soudain le feu me monter à la poitrine et aux joues.
— Je suis vraiment désolée. Je l’ai trouvée en ligne, et je… Je savais que c’était toi. Tu as les mêmes tatouages, la même cicatrice sur le doigt. Et je…
Oh mon Dieu ! Ça allait gâcher toute notre amitié !
Sept ans partis en fumée.
Soudain, il a enroulé sa main autour de ma gorge et m’a plaquée contre le mur le plus proche. J’ai aspiré une bouffée d’air et j’ai levé les yeux vers ses iris sombres, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine et ma chatte se contractant.
— Tu quoi ? a-t-il grondé. Tu as découvert que c’était moi et tu as décidé de te toucher dessus ?
Alors que j’ouvrais la bouche pour protester, seul un gémissement s’est échappé de ma gorge.
Un rire bas et profond a grondé dans sa poitrine, puis il a fait glisser la pulpe de son pouce sur ma lèvre inférieure. La soumise en moi a aspiré une autre bouffée d’air et l’a regardé, attendant, anticipant son prochain geste.
— Si tu voulais que je te traite comme une sale petite poupée à baiser depuis tout ce temps, tu aurais pu le dire, a-t-il dit, glissant son pouce entre mes lèvres et me regardant le sucer. Il a juré à voix basse, le regard trouble.
— Je suis désolée, ai-je murmuré en le suçant plus fort. Je suis désolée. Je ne pouvais pas m’en empêcher.
— Putain de merde, a-t-il aboyé en me poussant brutalement.
Je suis tombée à genoux, la chatte douloureuse et en manque, et je l’ai regardé avec des yeux écarquillés. Il s’est penché et a pincé mes tétons durcis à travers mon débardeur, tirant dessus aussi fort qu’il le pouvait.
— C’est toi qui m’as payé pour que je gémisse ton nom, hier soir, n’est-ce pas ?
— N-non.
Il a tiré plus fort sur mes tétons.
— Ne me mens pas, putain.
— Si, c’était moi, ai-je crié. C’était moi !
Il a relâché mes seins et a fait glisser ses mains jusqu’à ma mâchoire, enfonçant ses doigts dans ma bouche pour les mouiller, puis les a promenés sur tout mon visage, me tapotant légèrement la joue, comme pour tester ce que j’aimais vraiment, jusqu’où je voulais vraiment aller avec lui.
— C’est bien ce que je pensais. Maintenant, sois une gentille fille pour moi et ouvre la bouche.