Pose Ton Sac à L'entrée. by Tillynea at Inkitt
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Pose ton sac à l'entrée.

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Summary

Envie d'écrire, sur moi, sur ce que je vis... Une sorte de "lettre ouverte" pour remplir un défi d'écrire tous les jours pendant deux semaines et de faire, au moins, 15 000 mots. Je vide mon sac, tout simplement. Je ne vous demande pas de partager mon fardeau, j'écris pour moi. T.W. : Le texte peut parfois être difficile à lire si vous avez déjà des soucis personnels à gérer.

Genre
Other
Author
Tillynea
Status
Complete
Chapters
14
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 - Bon anniversaire

J’avoue que je ne sais pas vraiment par quoi commencer. Ce texte n’a pas pour vocation d’être un roman, ni une nouvelle. Ce sera peut-être décousu, peut-être sans réelle consistance ou alors il sera si complet qu’il en deviendra effrayant, même pour moi. À vrai dire, j’avais juste besoin d’écrire.

Cela fait un petit moment que je n’écris plus sur Poussière Grise et un plus long moment encore que je n’ai pas touché à l’autre roman. Mon excuse pour ce dernier : ”Je ne me suis pas encore décidée pour la fin“. C’est une demi-vérité. En fait, si quelqu’un me connaissait assez bien, moi et ma façon d’écrire, il pourrait me répondre que je me laisse toujours guider par mon texte, donc je n’ai pas à décider vraiment de la fin. Il me suffit de prendre le temps d’écrire et de laisser le texte venir, comme je le fais pour celui-là depuis le début. C’est peut-être ça, l’autre partie du problème, je n’ai jamais vraiment laissé quelqu’un s’approcher assez de cette partie de moi.

En tout cas, écrire me manquait, et je ne savais pas trop vers quel texte me tourner. J’ai plein d’options, quelques textes non terminés qui traînent et qui sont assez intéressants. Ce que je n’ai pas, c’est l’attrait pour eux, pour le moment. En fait, c’est comme si je sentais qu’il fallait d’abord que je fasse un peu de ménage dans mon esprit pour pouvoir retrouver le vrai goût de mes écrits. L’authenticité qui y vibre dans chacune de mes lignes. Le plaisir d’écrire pour moi avant tout, parce que j’ai quelque chose à raconter. Je pense que tu connais ça, on en a parlé quelques fois. Je vais plutôt dire que ça fait partie de la motivation de toute personne qui souhaite raconter quelque chose, d’une façon ou d’une autre.

J’ai envie de tutoyer la personne qui lira ce texte, je ne sais pas encore si je vise une personne en particulier ou si je vais rester vague. Comme je l’ai dit, ou sous-entendu, je veux simplement écrire. Écrire pour vider mon sac, et le laisser à l’entrée une bonne fois pour toutes. Je veux parler de moi, sans honte ni peur, parce que les sujets que je veux aborder sont assez simples et réels, ils peuvent parler à certaines personnes, faire écho à des instants, des pensées, des idées… Et je ne suis pas certaine que cela soit une catégorie d’articles comme je peux en poster sur mon site. C’est plutôt comme une lettre ouverte à qui veut la lire. Comme si je m’adressais à une personne proche de moi qui a partagé ma vie de bout en bout, ou à qui j’ai tellement tout raconté que je n’ai pas besoin de mentir pour parler d’un moment ou d’un autre. L’espace d’un moment, donc, tu seras cette personne.

Je ne te demande pas de me répondre, ni de prendre sur ton dos la charge de ce que tu vas lire. Ce n’est le rôle de personne. Mon sac m’appartient et je le dépose seulement à l’entrée. Il est rempli, trente-cinq ans de vie, ça en fait des babioles ! J’ai simplement besoin de parler, et de raconter. Je ne sais pas encore tout ce que je vais partager, ni ce que je vais garder pour moi. En tout cas, cela ne fera pas de nous des ami(e)s, lire ce texte ne te fais adhérer à aucune forme de contrat social ou de co-partage. Je le répète, mais c’est important à comprendre. Je me dévoile, oui, en partie, car on ne connait jamais vraiment quelqu’un. C’est juste ici un petit bout de route que tu fais en ma compagnie. Tu peux partir quand tu le souhaites et je peux, de mon côté, ne jamais terminer ce texte.

Ce n’est pas autobiographique, ou pas totalement, dans son sens conventionnel du terme. Imaginons plutôt ça comme un monologue que je fais au coin du feu, un soir, quelque part dans la nature, quand plus personne n’a envie de parler ou qu’il n’y a plus grand-chose à dire. Je suis la timide silencieuse qui a passé la soirée à observer un peu tout le monde, sans mettre mal à l’aise, mais qui intrigue un peu quand même (je peux bien me donner un rôle intéressant, c’est mon texte après tout). Je vois que la plupart des gens somnolent ou profitent simplement et, le cœur lourd, le souffle un peu court, je me lance dans ma tirade.

Ce qui a déclenché cet instant-là, c’est un besoin d’écrire, une invitation à un défi, et une journée particulière. Ce défi, c’est sur Inkitt : ”Quatorze jours pour écrire Quinze mille mots en écrivant tous les jours“. J’ai reçu ce mail il y a quelques jours, car j’y ai mis Poussière Grise et Il Suffit d’Un Mot. Je me suis demandée sur quoi je pourrais bien écrire tous les jours et je me suis rendu compte que mon esprit est un peu embrouillé, surchargé et emmêlé. Les jours passants, j’ai rempli mes journées de ce que je devais faire, sans prendre le temps d’alléger ce fardeau-là. Il faut dire que je le fais trop peu souvent pour moi-même.

L’année dernière, je répondais “ça va” en toute sincérité. Cette année, c’est à moitié vrai. C’est pour ça que j’ai besoin de poser ce sac. J’ai besoin d’éclaircir mon mental et de retrouver cette impression de légèreté en arrêtant de jouer l’autruche avec ce qui ne va pas forcément si bien que ça. C’est une sorte de contrat que je pose entre moi et moi (et peut-être toi, tout en oubliant pas que rien ne t’engage !) : Vider ce sac et exprimer les choses.

Est-ce que j’irais jusqu’au bout ? Je ne sais pas. Est-ce que ça fonctionnera ? Je te le dirais selon ce que ça donne de bon ou de moins bon. Est-ce que ça marche pour tout le monde ? Ce n’est pas une recherche scientifique, je ne fais ça que pour moi. Si tu tentes le coup aussi, parce que ce texte t’y as motivé, n’hésite pas à me faire signe, je viendrais t’écouter en retour.

Je me suis fait une infusion tilleul-menthe avant de poursuivre cette “lettre ouverte”. Le plus dur est l’explication de cette ”journée particulière”. Toi qui lis ceci le jour où je l’écris en live, ou quand je le poste sur les divers endroits où je partage mes écrits, tu sais que nous sommes le 1er Octobre 2025. Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’un ami qui a coupé les ponts et avec qui j’ai partagé presque douze ans de ma vie. Disons plutôt environ dix ans, car nous avons déjà eu une coupure de deux ans sans aucun contact à une époque.

Pour être totalement sincère, je n’aurais pas vraiment fait attention à cette date si je n’avais pas mis de rappel sur mon calendrier. Ces temps-ci, j’ai l’esprit tellement embourbé que je ne pense plus à lui. J’ai eu quelques moments où je me demandais ce qu’il devient et si ce serait une bonne idée de tenter une reprise de contact. Je te spoil tout de suite : ça ne l’est pas. J’aimerais beaucoup pouvoir dire que ça devrait être à lui de faire ce pas, mais je doute énormément que cela redevienne, un jour, bénéfique, pour l’un comme pour l’autre. Nos vies sont trop différentes et, par-delà, nos attentes aussi en ce qui concerne les relations amicales. Je crois même que cela a toujours été ainsi et qu’il a fallu tout ce temps pour le comprendre vraiment, avec beaucoup d’échanges douloureux, cela va sans dire.

Je me suis quand même demandé si je devais lui souhaiter. Une petite partie de moi le voudrait, parce que je suis comme ça. Une autre sait qu’il m’a bloqué et que, de toute façon, ça ne changerait clairement rien à la situation. À la place, j’ai choisi d’écrire ceci, pour moi, pour me libérer de tout ça et, surtout, dans l’espoir d’avancer en étant comprise.

Je crois que, dans ce monde, c’est la plus grande difficulté que j’ai pu rencontrer. Et crois-moi, j’en ai traversé pas mal ! Je t’en parlerais peut-être dans d’autres parties de ce texte, on verra. En tout cas, j’ai beaucoup de mal à gérer lorsque je vois que les personnes à qui je m’adresse ne comprennent vraiment pas ce que je dis, ni pourquoi je le dis. C’est vrai qu’il y a une différence entre ce que l’on pense, ce que l’on dit, ce que l’autre entend et ce qu’il comprend. Je le remarque surtout lorsque je vais moins bien que d’habitude.

J’ai cette impression étrange que certaines personnes sélectionnent ce que je dis et ne regardent jamais plus loin. Comme s’il existait une sorte de filtre qui les empêcherait de comprendre la réalité pour ne pas avoir à la subir. C’est forcément plus facile de limiter les mots à ce qui permet de fuir le moment où la vérité est dévoilée. Et le pire, c’est quand j’essaie d’expliquer les choses dans un conflit. Alors là, les raccourcis, j’en vois à la pelle ! Ces gens prennent le métro avec un pass illimité en fermant les yeux sur le chaos qu’ils ont mis et foncent vers la case “J’y suis pour rien, c’est toi qui te trompes” à grande vitesse.

Hé, je ne dis pas que je suis tout le temps parfaite, loin de là ! Mais quand les gens disparaissent, ou se taisent, pendant des semaines, des mois, voire des années, et parviennent à me tenir pour responsable, y a quand même un culot digne de mon ancienne voisine ! (C’est méchant de les comparer à elle, mais parfois ça fait du bien).

Je suis une personne à part entière, qui évolue avec la vie qu’elle mène, comme tout le monde. Je me remets même en question à force de voir des schémas se répéter (c’est ce qu’il faut faire à la longue, sinon on ne retient jamais la leçon). Je ne mérite tout de même pas un tel manque de considération au point que je devrais accepter tous les tords lorsque les gens décident de disparaître. Si, à un moment, je les avais laissés en “vu”, comme on dit, sans jamais répondre, je voudrais bien comprendre le retour de bâton. Mais je te le dis, je n’ai jamais agi ainsi avec les personnes auxquelles je tiens.

C’est sans doute ça mon défaut, trop tenir aux gens. Ce n’est plus de la dépendance affective, car j’ai déjà travaillé dessus. Je reste quand même blessée quand on me met à l’écart de certaines choses, juste parce que je suis loin ou que je ne viens pas quémander des nouvelles tout le temps. J’entends par là, être la seule qui le fait dans l’échange. Parce qu’à un moment de ma vie, j’ai compris que seuls les vrais proches viennent aussi prendre de mes nouvelles. Ceux qui ne le font pas, s’en fichent simplement. C’est dur à entendre hein, je sais.

Et que l’on ne me sorte pas l’excuse du ”La vie, c’est prenant, tu sais…" Parce que, même si je ne suis pas mère, en contrat temps plein ou que sais-je, je vis aussi pas mal de choses de mon côté. Je prends quand même des nouvelles auprès de ceux qui sont présents. J’ai même tenté, avant, pour ceux qui ne le sont plus. Tout en ayant reçu de leur part ce fameux “Tu ne prends pas de nouvelles non plus alors…” Allons bon. D’accord.

À cela, j’ai quand même envie de répondre : “Et oui, ma vie a été très mouvementée, tu sais, la vie c’est prenant…” Mais je ne le fais pas. Je ne le fais jamais. Je ne renvoie pas la balle, parce que je ne suis pas comme ça. Parce que je connais le poids des mots et que je les choisis. Parce que ça servirait à quoi de leur faire comprendre que j’ai eu tellement de soucis que j’avais comme seule priorité de tenir bon jusqu’au lendemain. Qu’à partir de là, il m’était forcément difficile de venir prendre de leurs nouvelles et de devoir faire semblant que mon quotidien est léger pour ne pas leur faire porter mon fardeau. C’est pas mon objectif. Ni maintenant, pour toi qui lis ceci, en écrivant simplement.

Je te rassure, la santé ça va, le quotidien aussi, c’est le mental qui n’est pas forcément au plus haut. Le pire est passé, c’est pour ça que je peux en parler et que je me dis que l’écrire ici sera bénéfique. Je tiens à dire aussi que mon quotidien n’a pas tout le temps été aussi horrible que cela peut paraître dans le paragraphe au-dessus. Seulement, j’ai enchaîné beaucoup de coups durs pendant de longues années et c’est mon renfermement à ce moment-là qui provoque un genre de remous qui se passe actuellement.

C’est aussi, sans doute, ces événements qui ont marqué cette ancienne amitié de dix ans et qui, forcément, n’a plus tenue car tout allait bien. Quand je n’ai plus eu à tenir à bout de bras un semblant de relation tout en surnageant pour tenir la tête hors de l’eau dans mes problèmes. Je crois même que de me libérer de ce devoir-là m’a fait énormément de bien. J’arrive à me détacher plus vite des échanges qui semblent être à sens unique. Car, même s’il se voile la face encore beaucoup à ce sujet, c’était le cas la majorité du temps. Ça ne m’empêche pas d’admettre qu’il y a eu des moments sympas et des échanges constructifs, ça n’aurait pas tenu dix ans sinon, mais ça ne devrait pas être une simple pincée d’or dans une mer de sel. C’est pour cela que je n’y reviendrais pas.

N’empêche que ces petits instants prouvent qu’il peut, aussi, être un ami génial. S’il parvenait à multiplier par cent ces moments avec d’autres personnes, tout en réduisant l’influence de ses peurs par quatre-vingt-dix, il sera sans nul doute un ami idéal. Il le fait sans doute déjà, et cela me rassurerait vraiment. C’est quelqu’un qui a beaucoup de potentiel et qui mérite de réussir ses projets, autant personnels que professionnels. C’est pour cette petite parcelle-là que j’ai connu, entre tout le reste des événements, que j’ai nommé le chapitre ainsi. Une sorte de souhait de bonheur, même si elle ne lui arrivera potentiellement jamais aux oreilles. Peu m’importe.

De mon côté, je franchis cette journée le cœur un peu plus léger. L’esprit sans doute encore bien embrouillé, mais plus serein. Le défi, c’est d’écrire tous les jours pendant deux semaines, alors, entre mes sessions de cours et ma vie personnelle, je vais tenter de le tenir et voir où cela me mène. Je ne vais pas me relire, car cela n’aurait plus rien d’authentique après. J’espère que cela n’est pas trop décousu, ni trop sombre ou totalement perché (ça, sans doute…).

Merci à toi si tu as lu jusqu’ici. À demain pour un nouveau chapitre !

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