Chroniques d'une fille de la nuit

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Summary

Tout allait bien dans le royaume de Nyhéris jusqu'à ce qu'un homme de la famille Sentinelle pactise avec le Baron Gris et complote pour le libérer, mettant ainsi la vie de tous en péril. Nouveau chapitre tous les mercredis à 18h. © IrisLeLoup — Tous droits réservés https://ko-fi.com/irisleloup

Status
Ongoing
Chapters
13
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

— J’ai commis une erreur…

L’ambiance était morbide dans le grand salon. Les membres les plus importants de la famille avaient été conviés. Oncles et tantes, grands-parents, cousins par alliance, enfants bâtards et autres enfants illégitimes qui avaient su gagner leur place. Tous siégeaient dans des fauteuils et chaises aux différentes couleurs selon leur branche et leur proximité avec la famille principale. Les tentures aux murs coulaient du plafond derrière les couples dirigeants, leurs noms et emblèmes brodés fièrement.

Il n’avait pas commis d’erreur. Il avait fait bien pire que cela. C’était une trahison. Personne n’osait parler, attendant que mon grand-père s’exprime. Les mains croisées devant lui, le regard droit fixant mon père comme s’il s’imaginait le mettre à mort encore et encore. Nous étions tous à genoux derrière cet imbécile. Ce fichu héritier. Ma grand-mère s’éventait avec mépris debout au côté de son mari. Ma belle-mère, Sapphira, était allongée encore plus bas que mon père alors qu’elle n’avait commis aucune faute. Elle ne pouvait s’empêcher de craindre les répercussions, elle qui était étrangère à la famille. Elle serait en danger si mon père venait à être banni, tout comme tous ses enfants.

—Une erreur ? Une erreur ? s’emporta mon oncle Nabal. Ses trois fils derrière lui, aussi raides que les lances qu’ils portaient et aux regards plus acérés que des couteaux.

D’un seul geste de son éventail, ma grand-mère fit taire son deuxième fils. Il valait mieux qu’il la boucle s’il ne voulait pas lui aussi s’attirer les foudres du patriarche.

— Tu nous as tous condamnés, se contenta de dire calmement mon grand-père sans jeter un œil à son aîné, son regard dérivant sur les membres de la famille. Un avertissement pour quiconque pensait à faire de même à l’avenir.

Des coups d’œil lourds de sens envahirent la pièce. Les rayons du soleil qui passaient timidement à travers les fines fenêtres s’évanouirent derrière les nuages. Il y avait une chance que nous soyons tous exécutés sur-le-champ, que mon père soit le fils héritier de la famille principale ou pas. J’entendis ma grande sœur commencer à sangloter juste à côté de moi. Dans mon champ de vision, je la voyais elle aussi inclinée alors que son mari tentait de lui attraper la main sans trop oser bouger de sa position. Mon neveu et ma nièce essayaient de rester immobiles pour ne pas faire honte à la famille, malgré leurs jeunes âges. Les regards accusateurs pesaient sur nous. Tout autour de l’immense salle, il n’y avait que mépris et haine. La table d’un blanc immaculé, croulant sous l’argenterie ne tarderait peut-être pas à être tâchée de rouge au point d’en dégouliner. Je ne pouvais empêcher mon esprit de se remplir d’idées et d’images plus tordues les unes que les autres alors que le pardon me semblait hors d’atteinte.

— Relevez-vous, ordonna la sœur de mon grand-père après un regard avec celui-ci. Aussi, nous nous sommes exécutés un par un, lentement.

— Pas vous, commanda ma grand-mère lorsque mon père leva la tête pour faire de même.

Il se plaqua de nouveau contre le vieux parquet. Tous regardaient le sol, pas moi. J’affrontais leurs yeux un par un. Ce n’était pas mon erreur, je n’avais rien à me reprocher.

Ma grand-tante Amaryllis me fit signe de faire profil bas à l’aide de sa coupe en argent qu’elle tenait entre ses doigts fins. Respect. Elle forma le mot à l’aide de sa gestuelle et de sa posture. Je rechignais à me plier à cette injonction, mais l’idée d’aggraver la situation me déplaisait d’autant plus.

Aussi, je me contentais de baisser le regard, sans pour autant baisser la tête.

— Sortez tous à l’exception de mon fils, ordonna le grand patriarche.

D’ordinaire, nous aurions dû être les premiers à quitter les lieux, mais pas cette fois, comme si notre statut avait été effacé. La grande pièce de réunion se vida et bientôt, il ne resta plus que mon père face à ses parents. La dernière chose que je vis fut les motifs inspirés de la mort, peints sur les dalles du plafond, avant que les portes ne se referment. Au loin dans les jardins, je vis les branches les plus éloignées de la famille rentrer dans leurs quartiers. Sans doute certains se réjouissaient-ils déjà, imaginant mes proches et moi sous terre et sachant pertinemment que le frère de mon père ne prendrait jamais sa place d’héritier de la famille.

Nous fûmes amenés dans le salon qui servait de sas d’entrée. L’attente était insupportable tant le verdict était redouté. Ma sœur, qui n’en pouvait plus de se retenir, laissa s’échapper un gros sanglot avant de fondre en larmes. Je savais pertinemment qu’elle ne craignait pas pour sa vie, mais s’inquiétait au plus profond de l’avenir de ses enfants.

— Que va-t-il advenir de nous ? Elle s’effondra dans un fauteuil alors que des domestiques se pressaient autour d’elle. Ma belle-mère, à peine plus vieille qu’elle, s’agenouilla à ses côtés pour la rassurer.

Son mari fit sortir leurs enfants ainsi que mon jeune demi-frère. Les pauvres petits ne méritaient pas d’assister à une telle scène.

— Allons, allons madame… ne vous en faites pas… Notre nourrice, celle qui avait été notre mère lui caressait la main, pressant d’autres employés à lui essuyer le maquillage qui dégoulinait au fil des larmes, le long de ses joues.

— Votre famille est connue pour ses jugements justes… dit notre belle-mère en lui tenant l’autre main et en lui frottant le dos gentiment.

Elle tentait de se rassurer elle aussi. La peur se lisait au fond de ses grands yeux. Elle tentait de se livrer à son rôle de seconde épouse du mieux qu’elle pouvait, elle l’avait toujours fait, mais elle était trop gentille, voire naïve. Une autre victime des croisements et mariages de ce clan. Elle avait été vendue par les siens qui espéraient sans aucun doute qu’elle aurait des enfants et qu’ils puissent prétendre à siéger au sein de la famille. Leur plan avait marché, la pauvre à peine sortie de l’enfance s’était retrouvée mère… Cependant, ils avaient été anéantis et leurs territoires réduits en cendres avant de pouvoir rencontrer mon demi-frère.

— Leur jugement, c’est bien ce que je crains ! Ma sœur était prise d’hystérie. Leurs décisions sont toujours justes, et quelle sentence plus juste que la mort pour la trahison de notre père !

Elle enfouit sa tête dans un coussin pleurant à chaudes larmes.

— Le choix ne nous revient plus véritablement désormais, déclarais-je.

Il ne servait à rien de s’étaler dans de tels comportements alors que les issues nous dépassaient tous, et de loin.

— Mademoiselle Judith ! Ne soyez pas insensible ! Tenta de me réprimander Sapphira qui tenait de plus en plus fermement la main de ma sœur.

— Comment peux-tu dire ça ? N’as-tu donc pas de cœur pour prendre si légèrement la situation ? Essaya de prononcer cette dernière entre deux sanglots. Le col rose pastel de sa longue robe verte était trempé et son visage maculé du maquillage d’un léger doré qui illuminait encore son regard il n’y a pas si longtemps.

— Malgré tout son pouvoir, notre vénérable grand-père n’a aucune emprise sur cette situation. Notre anéantissement n’annulera pas ce qui a été dit, ni ne défera ce qui a été fait. Il est trop tard.

La pauvre Sapphira parut horrifiée, et ma sœur Liz encore plus désemparée. Si désemparée qu’elle fut prise d’une violente quinte de toux qui la pliait désormais en deux sur son fauteuil. Son visage se déformant dans l’effort alors qu’elle essayait de retrouver une respiration stable.

— Madame, calmez-vous. Voilà, prenez vos médicaments.

Les domestiques la redressèrent tant bien que mal avant de lui remettre au creux de la paume de nombreuses petites pilules ainsi qu’une coupe d’eau fraîche. Sa toux disparut, mais l’attente dans le salon était toujours si oppressante, chaque minute semblait étirer l’angoisse qui nous étreignait. Ma sœur, déboussolée, continuait de pleurer, son chagrin inondant la pièce tandis que ma belle-mère tentait de la réconforter du mieux qu’elle le pouvait.

Pendant ce temps, je cherchais à apaiser les esprits agités, tentant de leur offrir un peu de clarté dans cette obscurité écrasante. Mais mes mots logiques et sérieux semblaient se perdre dans le vide, étouffés par le poids de l’incertitude qui pesait sur elles.

Soudain, la porte s’ouvrit, révélant notre père qui s’avançait vers nous, le visage sombre et les épaules affaissées. Derrière lui, les domestiques s’activaient discrètement, rangeant le thé et les rafraîchissements comme pour faire disparaître la tension qui régnait dans la grande salle.

Ma sœur se redressa, les yeux rougis et le regard empli d’appréhension, tandis que ma belle-mère tentait en vain de masquer sa propre anxiété. Mon père s’assit près d’elle et apparut peu de temps après, ma grand-mère avec sa suite.

— Liz, toi et ton époux pouvez partir.

Ma sœur soupira de soulagement avant de s’incliner et de la remercier puis elle et notre nourrice sortirent, non sans me jeter un dernier regard.

— Quant à toi… Ses yeux noirs profonds comme le vide me fixèrent et je fis de même. Tu es conviée à la discussion. Elle se retira ensuite, le bas de sa robe pourpre à l’image de sa famille d’origine traînant sur le sol.

Je me levais du canapé et suivis mon père qui toujours voûté comme s’il portait le poids du monde sur ses épaules, me guidant à travers les longs couloirs. Je ne dis rien. Je n’avais rien à lui dire.

Pour cette deuxième discussion, je ne savais pas à quoi m’attendre.

— Judith…

Mon grand-père me salua, assis à même le sol devant la petite table sur le tapis de ce petit salon qui était le sien. Le cadre avait changé, plus de grande salle de réunion mais cette pièce de confort qui lui appartenait à lui seul. Je le saluais en retour avant de jeter un coup d’œil autour de moi. Seuls les plus hauts membres du clan étaient présents. À savoir notre patriarche, sa femme, ses sœurs et son frère. Mon père s’assit à sa place habituelle, le regard figé sur le sol, à genoux comme s’apprêtant à s’incliner ou à lécher les bottes du premier qui oserait faire un commentaire.

—Bien, commençons, dit ma grand-tante Amaryllis en ouvrant la discussion.

Le bruit d’une porte qui s’ouvre se fit entendre dans au fond de la pièce suivit d’un gémissement, aussi, je tournais la tête. Elle était là, mon arrière-grand-mère, sa chaise roulante amenée par mon oncle.

— Que nous vaut cette visite mère ? demanda Amaryllis, la vieille femme ne lui répondit pas. À vrai dire, elle semblait morte de l’intérieur. Ses yeux sans aucun doute aveugles étaient délavés et son visage affreusement ridé. Je n’avais jamais entendu le son de sa voix, alors il me semblait bien improbable qu’elle ait formulé une demande. Elle ne sortait jamais de ses quartiers.

— Nabal, tu n’as pas été convié à la discussion, dit mon grand-père en dirigeant son attention vers son fils qui était entré sans permission.

— Je le sais bien père, je ne faisais qu’exaucer la demande de votre mère. Il s’inclina, non sans jeter un dernier regard haineux en coin à son frère aujourd’hui jugé avant de quitter la pièce.

La discussion reprit sous le regard vide de la vieille femme tandis que je priais la déesse de m’emporter avant que je ne puisse finir dans un tel état.

Mon grand-père, assis en tailleur, fixait mon père avec un mélange d’émotions indéchiffrables. Il semblait à la fois accablé par la trahison de son fils et résolu à faire respecter la loi de la famille pour restaurer l’honneur de celle-ci.

Mon père, qui avait écouté en silence, se leva lentement, ses épaules affaissées sous le poids du fardeau de sa culpabilité et de sa honte.

Ma tante Dorca se leva à son tour, son regard dur et déterminé. Elle s’avança vers mon père, ses pas résonnant dans la pièce silencieuse. Son visage ne trahissait aucun sentiment.

— Connais-tu tous les détails de cette affaire ? Me demanda-t-elle. Elle avait changé de coiffure, et de plus gros colliers ornaient désormais son cou. Je hochais la tête tout en lui répondant.

— Uniquement les faits les plus importants, ma tante.

Sa sœur jumelle Diane continua.

— Alors tu sais sans aucun doute que ton père a rompu notre lien de loyauté avec la famille royale en participant à un rituel impie.

Mon père continua de se raidir peu à peu. Je hochais la tête une nouvelle fois.

— En sais-tu plus que cela ?

— Non, ma tante. Si ce ne sont les rumeurs qui circulent actuellement.

Elle soupira et sa jumelle secoua la tête. Les deux sœurs étaient les aînées de la fratrie de mon grand-père. La place de celui-ci leur revenait, mais elles y avaient renoncé à leur majorité, comme leur sœur, Amaryllis.

— Le Baron Gris foule cette terre en ce moment même, libéré par ce même rituel auquel ton père a participé, commenta Joppé, le seul frère encore vivant de mon grand-père.

Le choc me saisit intérieurement, et je dus maintenir toute ma concentration pour ne pas le laisser paraître.

— Je ne souhaite en aucun cas remettre votre parole en doute, grand-oncle, mais cette information me semble difficile à croire. J’articulais, calme et posée alors qu’intérieurement, je bouillonnais.

Je lançais un regard furieux à celui que j’avais toujours appelé mon père mais qui peu à peu perdait mon affection et son titre. Notre patriarche toisait la scène depuis sa place. Son costume noir le faisait paraître plus en deuil que jamais. Derrière lui, les photos de ses frères et de son père décédés trônaient sur un autel en leur honneur. Tous nos ancêtres devaient être dépassés et honteux de cette descendance sans honneur et imbécile. Mon grand-oncle reprit la parole.

— Et pourtant, un cort officiel vient d’arriver avec cette nouvelle. L’ennemi de notre Dame Sombre, notre honorable faucheuse a été libéré. Pire encore, des pactes ont été passés avec celui-ci.

Le cort qui reposait sur son perchoir remua ses ailes avant de me toiser de sa tête en forme de pièce. L’écusson de notre famille imprimé sur celui-ci me semblait bien sombre. Aussi, je priais intérieurement pour que mon géniteur n’ait pas été de ceux à commettre cette erreur.

— Ton père a brisé notre serment le plus sacré avec la couronne en participant à ce rituel… déclara Dorca.

— Et pour empirer encore son cas, c’est teinté d’une ambition inconsidérée qu’il a conclu un marché avec cet ennemi fraîchement libéré, continua sa jumelle Diane.

—Et au-dessus de tout cela, il n’a pas tenu sa parole, conclu le grand-oncle Joppé.

De ma vie, je n’avais jamais été aussi à court de mots que dans ce cas, à ce moment précis.

Mon esprit tourbillonnait, tentant de digérer les révélations choquantes qui venaient d’être faites. Mon père, celui que j’avais toujours considéré comme un exemple à suivre, avait participé à des actes impies et avait trahi notre famille de la pire des façons. La gravité de la situation m’écrasait, et je me sentais comme un navire dérivant au milieu d’une tempête dévastatrice.

Je me retrouvais à fixer cet homme que j’avais cru connaître.

— Vous nous avez tous condamnés… Je lui lançais anéantie.

Mon grand-père semblait à la fois accablé et résolu. Son regard fixe ne laissait transparaître aucune émotion, mais je pouvais sentir la tension palpable qui imprégnait l’atmosphère. Les murmures des autres membres de la famille résonnaient dans la pièce, emplissant mes oreilles d’une cacophonie étouffante.

Je cherchais en vain des réponses dans les visages de mes proches, mais tous semblaient aussi déconcertés que moi. Mon père, assis à mes côtés, baissait la tête, incapable de soutenir le regard accusateur de sa propre famille. Je sentais une boule de colère monter en moi à l’égard de celui qui avait causé tant de tension et désordre.

Les paroles de mon grand-oncle Joppé résonnaient dans ma tête, révélant l’ampleur des conséquences de ses actes impardonnables. L’ennemi de notre pays avait été libéré, et mon père avait conclu un marché avec lui, trahissant ainsi tout ce en quoi nous croyions.

Je sentais le poids de la culpabilité peser sur mes épaules alors que je réalisais que je faisais partie de cette lignée désormais maudite. Pour la première fois de ma vie, je ressentais un profond sentiment de honte, réalisant que notre destin était scellé par les actions de mon propre sang.

Je respirais profondément tentant de garder mon calme. Jusqu’au bout, il avait été trop lâche pour nous avouer l’entièreté de ses actions et de ses désastreux résultats.

— Pourquoi faire appel à moi ? Demandais-je. Pourquoi révéler à moi seule la vérité en premier lieu et non pas à ma belle-mère ou ma sœur aînée ?

— Nous avons un premier jugement à rendre, bien que le choix final ne nous ait évidemment pas été laissé. Il est purement symbolique pour symboliser à tous notre désaccord avec cet acte. Avoua mon grand-père d’une voix ferme. L’avis de Sapphira ne peut donc être reçu dans un tel contexte. Quant à ta sœur, il est évident pour tous qu’elle est bien trop fragile pour porter une telle décision.

J’inclinais la tête, écoutant calmement.

— Aucune fin heureuse ne peut plus attendre ton père. Au prix de ses fautes, le Baron Gris veut sa fin pour son mensonge, la famille royale pour sa trahison et nous-même pour avoir entaché notre honneur et nous avoir tous condamné.

— Le sang, réclame le sang. Ton père est donc banni et recevra sa sentence en temps voulu par des pouvoirs bien au-delà des nôtres, conclut Amaryllis.

— Ainsi ta sœur et toi ainsi que ton demi-frère, vous retrouvez désormais hors de sa responsabilité. Le jeune Holo, restera avec ta belle-mère, sa mère, mais tu es désormais en tête de la ligne de succession, puisque ta sœur y a renoncé à sa majorité. Ajouta tout de même ma grand-mère.

Je restais sans voix. Mes grands-tantes avaient renoncé, tout comme ma sœur et mon oncle avait été écarté il y a longtemps. Si mon grand-père venait à mourir, je monterais à la tête du clan.