L’appel de l’âme

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Summary

La mort n’a jamais été aussi séduisante…

Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

La croisée des chemins


Le Garden Parc est vide. J’aime m’y promener le soir, à la fraîcheur de la nuit et sous la lumière des réverbères. De nature introvertie et timide, j’évite au mieux les interactions sociales.

Le craquement des feuilles mortes sous mes pas brise le silence. Je décide de m’asseoir sur le banc métallique près du vieux chêne, où j’ai l’habitude de me reposer.

Je ferme les yeux un instant pour réfléchir à ma journée et planifier celle de demain. Comment pourrais-je ajouter des... {couleurs ?}

Je me redresse brusquement. Qu’est-ce que c’était ?

« Qui... qui a parlé ?! » dis-je d’une voix tremblante.

Rien. Pas de réponse.

Je me rassois et referme les yeux. C’est mon imagination. À force de rester seul, mon esprit divague sûrement...

Des mains me saisissent à la gorge, et je manque de m’étouffer.

C’est assez ! Je me relève et scrute le banc, puis le parc. Toujours rien.

L’angoisse me gagne peu à peu. Je crois qu’il vaut mieux que je rentre, hein ? C’est mieux, oui.

Mes jambes tremblent. J’avance avec difficulté. Mon pouls s’accélère lorsque je crois entendre ce qui ressemble à un rire d’enfant, non, un rire de femme, mais alcalin, comme venant... d’outre-tombe.

Nul doute maintenant, je ne suis pas seul. Une présence est ici, mais où, bon sang !

{Trouve moi si tu peux.}

Ce murmure froid à mon oreille me terrifie. Qui est cette femme ?

Pris de panique, je me mets à courir en direction de la sortie du parc et trébuche maladroitement sur une ombre. Je me retourne, haletant. Est-ce un piège ?

{Aimerais-tu etre ma proie ?}

Encore cette voix. Je regrette même d’être sorti aujourd’hui...

{Tu es si pathétique, mais c’est si mignon , hahaha!}

« V-Vous trouvez ça drôle ?! » criais-je, d’une voix mal assurée.

{Assez ,oui}

Je n’eus pas le temps de répliquer que des ongles acérés me lacèrent le torse. Je hurle de douleur de toutes mes tripes, mais le son de ma voix semble étouffé, comme si je me noyais.

Mon T-shirt est couvert de sang. Que dois-je faire ?!

{Tu veux fuir ?} devine-t-elle, la voix. {Tu n’as pas a le faire mon ange , c’est ton heure .}

« Je... » hésitais-je. « Écoutez, qui êtes-vous ? Montrez-vous ! »

{Tu as peur ?}

Oui.

{Ou que tu ailles je te retrouverais .}

Je me relève et prends l’énergie qu’il me reste pour courir jusqu’à l’autre bout du parc, jetant des coups d’œil derrière moi.

Je me heurte à une ombre sur le pont. Accablé, mes genoux cèdent, et me voilà suppliant de se montrer.

« Montre-toi ! » ordonnais -je en criant d’effroi.

Telle fut ma stupéfaction lorsque, sous mes yeux, elle se matérialise enfin.

Je suis fasciné par la créature qui se tient devant moi. Elle n’a absolument rien d’effrayant. Elle est tellement... envoûtante.

{Sais tu ou nous sommes , trésor ?} murmure-t-elle, satisfaite.

Je fais non de la tête, bouche bée devant cette merveille..

{Nous sommes sur le pont,a la croisée des chemins . A toi de choisir, ou tu deviens mien pour l’éternité, ou tu plonge dans le néant de l’oubli des mortels .}

Un sourire aux lèvres, elle me caresse la joue et pose un tendre baiser sur mes lèvres. Les siennes sont froides et douces. Personne ne m’avait jamais vraiment aimé ici. Partir avec elle, cette femme magnifique et mystérieuse, serait une délivrance à ma vie de fuyard.

J’hoche la tête en guise d’acquiescement.

« Mais avant, je voudrais connaître ton nom ! » chuchotai-je, subjugué par son charme mystique.

{Ophélia.}

Elle se penche sur moi et m’embrasse une seconde fois, la dernière. Je sens mes membres s’engourdir et me lâcher peu à peu. Une douleur brutale se propage dans mon torse. Elle aspire mon âme. C’est douloureux. Je hurle. Elle rit. C’est terrifiant, mais c’est ainsi. Mes yeux se révulsent et mon corps tombe inerte sur le sol dans un craquement, tel un pantin. Désormais, je vois le monde de ses yeux. Je ne ressens rien à part le froid et un léger soupçon d’amour, mais pas celui qu’on envie : le plaisir de faire souffrir pour se sentir vivant.

Tel est le paradoxe de la mort.

La mort n’as jamais été aussi séduisante…