Prologue
Qu’est ce qui permet de faire
la distinction entre le rêve et le réel ? Existe-t-il
véritablement une frontière entre eux ? Si oui laquelle ?
La perspective ? La volonté ? La vérité ? Les sentiments ?
L’amour ? La conscience ? Le réel relève-t-il de la
froideur du monde et le rêve à la chaleur de l’amour, de
l’imagination ? Mais aussi bien que la lumière ne peut
exister dans l’ombre, les rêves ne peuvent exister sans les
cauchemars…
Au commencement, le monde n’était qu’une toile. Une toile vierge attendant d’être repeinte par les couleurs du Rêve.
Les habitants de Possibliarium vivaient heureux et en paix. Les rires des enfants se mêlaient au chant des créatures magiques. Chaque jour apportait son lot de surprises et d’émerveillement. La magie du Rêve pulsait dans chaque brin d’herbe, chaque goutte de rosée, chaque rayon de soleil.
Mais dans les profondeurs de ce monde à l’apparence parfait. Quelque part, à la fois très loin et très proche d’ici, quelque chose prit peu à peu forme.
C’est alors que naquit…Verum, le Cauchemar Originel. Là où le Rêve créait la vie et l’espoir, Verum façonnait le doute et la mort. De ses ténèbres émergèrent les Cauquemaires, créatures torturées qui se nourrissaient des espoirs brisés et des peurs inavouées. Leurs formes changeantes hantaient les nuits, transformant les plus doux songes en profonds cauchemars.
Les Cauquemaires déferlèrent sur Possibliarium comme une marée noire de goudron de désolation sur un océan de vie et d’espoir.
C’est alors que des Élus émergèrent. On les appelait : les Rêveurs. Sept héros au cœur pur, capables de puiser dans la magie même qui avait façonné leur monde…La magie du Rêve… prenant la suite du Merveilleux, le Tout Premier Rêveur, mais aussi le plus puissant. Parmi eux, une personne devint une véritable légende. Il s’agissait de la Rêveuse Écarlate, une puissante, mais sage guerrière dont le courage illuminait les ténèbres comme une flamme inextinguible. Elle était considérée comme l’une des plus puissantes Rêveuses que le monde ait jamais connu après le Merveilleux, facilement reconnaissable par ses yeux et sa chevelure rouge ainsi que sa magnifique combinaison de combat de même couleur.
Mais la volonté ne suffit pas toujours, aussi sincère, soit-elle. Les Cauquemaires étaient bien trop nombreux… Verum…bien trop puissant. Dans un dernier acte d’amour pour son prochain, le Merveilleux fit l’impensable : Concentrant toute son énergie en une explosion de lumière et d’espoir pure, une puissante déflagration balaya les ténèbres de désolation emportant avec elle Verum et ses Cauquemaires… mais aussi le Merveilleux lui-même ainsi que tous les Rêveurs ici présents.
Possibliarium fut alors sauvé, mais fut changé à jamais. La magie du Rêve devint plus subtile, devenue un doux murmure plutôt qu’un cri. Les habitants apprirent à vivre dans ce Nouveau Monde, gardant précieusement le souvenir des Rêveurs dans leurs cœurs.
Certains disent que quelque part, cachée aux yeux de tous, l’essence du Merveilleux attend son heure. Que les Rêveurs reviendront un jour, quand Possibliarium en aura le plus besoin.
Car, dans ce monde né du Rêve, chaque nouvelle aube porte en elle une promesse : celle que la magie n’est jamais vraiment perdue… Tant qu’il reste encore des cœurs pour y croire…