Chapitre 1
Ma tasse à café claque doucement sur le bureau et je secoue la tête en souriant, retenant mal un rire :
— Attends, quoi ?
Elle ricane déjà, les yeux pétillants et chuchote d’un air conspirateur :
— Je dis juste que… l’un des avocats avec qui on collabore souvent, aurait, à ce qu’on dit… Des habitudes particulières avec ses conquêtes.
J’éclate d’un rire discret, on est censé avoir commencé la semaine depuis cinq minutes, mais je ne peux pas me retenir avec elle :
— Ah oui ? Du genre ?
Camille hausse les épaules, malicieusement :
— Je ne sais pas tout, mais ça a l’air assez codifié. Tu sais, genre… règles, codes, cordes, tout ça quoi. Comme dans Cinquante nuances de Grey !
Je souris, amusée, et pas surprise. Je me doutais qu’elle faisait référence à quelque chose du genre.
— Oh ça n’a rien à voir avec Cinquante nuances de Grey.
— Et qu’est-ce que tu en sais ? me fait-elle avec de grands yeux curieux.
Je ne peux m’empêcher de ricaner de plus belle en consultant la boîte mail pleine à craquer en ce lundi matin.
— Parce que, je le sais, c’est tout.
— Tu ne m’as jamais dit que tu étais une experte dans le domaine, continue-t-elle sans me lâcher du regard, attentive au moindre de mes gestes.
Je roule des yeux :
— Je ne le suis pas.
— Hinhin, tu me caches des choses, Vee ? Dis-moi tout !
Je soupire, faussement embêté, quoi qu’un peu gênée, il faut bien l’avouer. Déjà parce que c’est privé, ensuite parce que c’est difficile à expliquer, et enfin parce que, malheureusement pour moi, je n’ai aucune réelle expérience digne de ce nom, dans le domaine.
— Eh bien, je peux te dire que certains rituels demandent juste d’être attentif, respecter les limites, et comprendre les signes. Rien de dramatique.
Je hausse les épaules an ajoutant :
— Enfin… certains y voient un petit jeu, d’autres un art.
Le claquement d’une porte et des pas dans le couloir interrompt notre conversation. Nous relevons immédiatement la tête en guettant qui arrive.
Maître Dorian Moreau : costume sombre, allure calme, le regard d’un bleu polair, cheveux et barbe rasés très courts. Seules choses qui dénotent sur ce tableau parfaitement stéréotypé, se sont les écarteurs à ses oreilles. Une curiosité, surtout quand son tempérament est à son image : sérieux, droit. Il nous salue d’un léger signe de tête, le sourire aux lèvres, avant de se diriger vers le bureau de Maître Montclaire.
On reprend en chuchotant :
— Enfin bref, quoi qu’il en soit, en plus d’avoir une réputation de queutard, il semblerait que ça soit un sacré dominant ! me fait-elle en triant ses dossiers.
— C’est bien de Maître Vignier que tu parles ? Ou de Maître Moreau ?
Elle hausse les sourcils d’un air coquin :
— Les deux, qui sait ?
Je pouffe et le téléphone nous interromps. Je décroche :
— Cabinet ABM, Violette, j’écoute. e