GAIA EXPRESS

All Rights Reserved ©

Summary

Le soleil a commencé son expansion, la Terre va brûler. Vincent, un astrophysicien propose de l'arracher au système solaire en créant un trou noir piloté. Malgré les doutes de la sublime Saana, les catastrophes, les mutineries et les coups bas de la dictature mondiale, l'éthique du contact se posera à l'humanité.

Genre
Scifi
Author
YVES FAREY
Status
Complete
Chapters
21
Rating
n/a
Age Rating
16+

1

Année 2098, le 12 Juin.

« Mais bon sang ! Où m’emmenez vous ? »

« S’il vous plaît Professeur, gardez le silence, patientez, vous n’avez rien à craindre ! Je viens de vous retirer votre bâillon mais je dois vous maintenir menotté et cagoulé »

« Pour quelles obscures raisons persistez vous à m’entraver ainsi ?»

« Parce que vous auriez fui ou pourriez chercher à nous quitter, ce à quoi notre commanditaire ne tient absolument pas. Désormais, s’il vous plaît Professeur, restez calme ! Je ne vous répondrai plus jusqu’à notre arrivée où toutes les explications utiles vous serons fournies »

« Peut-être, mais avoir provoqué mon évasion va me rendre encore plus suspect et dangereux aux yeux du pouvoir et nous aurons tous les limiers de la planète à nos trousses... Une fois repris, je serai condamné à une incarcération plus lourde au prétexte de ma complicité qu’ils sauront démontrer ! »

Comme il l’avait annoncé, l’homme assis à l’avant, aux côtés d’un complice dont il perçoit le souffle court, ne répond plus. Vincent se résout à cesser son questionnement, préférant récapituler les événements de ces derniers mois, tentant de comprendre pourquoi on l’exfiltre de sa geôle.

Depuis 3 mois il est détenu dans un hôpital psychiatrique ultra-sécurisé en périphérie de Lausanne, attendant un simulacre de traitement psychiatrique ou un hypothétique procès qui, s’il a lieu, mettra des années à se mettre en place.

Au moins bénéficie-t-il d’un traitement VIP puisqu’il est isolé des malades dangereux qui constituent une part importante des patients de cet établissement malgré l’usage détourné auquel il est fréquemment affecté pour mettre à l’écart les gêneurs sans les supprimer.

L’astrophysicien, d’une notoriété récente mais importante, a lancé une idée d’un impact énorme sur l’avenir de la planète et sa déclaration a surpris, ou plutôt embarrassé, la gouvernance mondiale.

Cette gouvernance, issue depuis une trentaine d’année d’un Great Reset, officiellement nommée Coordination Mondiale, habilement mise en place dès les années 70 voire 50 du XXème siècle, est désormais effective. Le résultat en est une dictature mondiale informelle concentrant le pouvoir et les profits sous la houlette de la Main, aboutissement logique et prévisible du sommet mondial de Davos également initié dès la seconde moitié du XXème siècle.

Les gouvernements sont officiellement restés en place mais ne sont que les exécutants zélés des ordres de cette organisation qui ne se donne plus la peine de rester occulte.

La mise en place de cette dictature a été habilement conduite en manipulant les mouvements et les associations de défense des minorités, les partis politiques de tous bords, aux intérêts contradictoires, qui par un terrorisme intellectuel aussi constant qu’inconscient, relayé par des médias pervertis par leurs idéologies, ont peu à peu propulsé la Main au pouvoir.

La conclusion ainsi obtenue est à l’inverse de ce qu’ils cherchaient : s’approprier eux-mêmes les rênes du pouvoir pour les mettre prétendument au service des peuples.

La Main regroupe une centaine de milliers d’ultra-privilégiés qui désignent un Board, réplique du Politburo des dictatures communistes, lequel nomme également un Président qui n’est concrètement que son visage et sa voix.

Tout ce joli monde met l’ensemble de la population mondiale sous sa coupe, surveillée par une technologie devenue à chaque instant si oppressante que celui qui n’est pas politiquement correct, dans le sens de la doxa, se trouve vite voué aux gémonies des idées bien pensantes véhiculées par les médias aux ordres et si cela ne suffit pas aux services spéciaux du pouvoir.

Assisté par une technologie efficace, le monde orwellien de ‘1984’ s’est mis en place.

Quelques esprits éclairés devant rester assez discrets et d’ordinaire non complotistes soupçonnent ce pouvoir d’être à l’initiative des épidémies apparues dès le début du XXIème siècle. Il est patent, mais mieux vaut ne pas le déclamer, que plusieurs virus puis les vaccins devant les réguler ont ramené la population mondiale actuelle à cinq milliards d’habitants, bien trop opportunément pour ce pouvoir, dont l’un des objectifs est une planète réduite à cinq cents millions d’âmes, niveau défini officiellement et arbitrairement acceptable pour pérenniser l’espèce humaine et le vivant sur Terre.

Si l’on peut penser qu’il s’agit d’un bénéfice pour la planète, on peut s’interroger sur la méthode car une gestion plus humaine -évidemment financière- du planning familial aurait obtenu les mêmes effets dans des temps identiques.

La production en général n’a pas été affectée par cette baisse de population puisqu’elle a largement été relayée par la robotique, l’informatique, les exosquelettes, l’IA qui ont fait disparaître des centaines de métiers dont certains à forte valeur ajoutée dont on imaginait pourtant qu’ils allaient remplacer les métiers industriels perdus.

Les deux tiers de la population mondiale vivent avec le revenu universel minimum qui procure une garantie de survie à défaut d’un confort de classe moyenne désormais rangée au catalogue des souvenirs.

La contrepartie est une durée moyenne hebdomadaire du travail d’une vingtaine d’heures enrichie d’une dizaine de semaines de congés pour celles et ceux qui ont le privilège d’avoir un emploi. Mais que faire de tout ce temps libre avec juste le nécessaire pour se nourrir ? Alors la plupart passe son temps devant les médias, ingérant les messages subliminaux de propagande instillant la bien-pensance, la doxa, l’hubris des dirigeants qui infeste les feuilletons, les jeux, les actualités, les publicités.

Une strate intermédiaire, informelle, donne un statut plus favorable, plus confortable aux scientifiques, aux ingénieurs, aux artistes, aux créateurs d’entreprises.

L’accès à la Main est extrêmement limité, opaque, coopté évidemment. Le turn-over y pourvoit exclusivement au remplacement des décès.

Bien entendu, la file d’attente est longue pour les postulants.

En cette fin de XXIème siècle, la vie sur Terre n’est plus que noirceur pour l’essentiel de la population.

L’humanité a maîtrisé ses erreurs de l’ère industrielle. L’éradication en bonne voie de l’excès de CO2 dans l’atmosphère a été rendue possible par une invention géniale. Des pompes géantes fixent ce gaz dans un substrat biologique naturel réutilisable dans les routes, dans les travaux publics.

L’utilisation généralisée de la fusion nucléaire comme source d’énergie non carbonée, inépuisable et sans déchets, ont permis de soustraire les effets des activités humaines des causes d’un réchauffement climatique qui perdure. Cette accélération provoquée auparavant par le CO2 est désormais due aux émissions de méthane du permafrost qui dégèle massivement dans les steppes russes et le nord canadien. Là également, des solutions techniques se mettent en place progressivement.

Mais le réchauffement progresse : inexorablement.