La Souffrance de Laïla

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Summary

PROLOGUE La nuit tombait sur Conakry, enveloppant la ville d’un voile de silence troublé par les cris lointains des âmes perdues. Dans une maison aux murs fissurés par le temps et la cruauté, la, une jeune fille serrait ses genoux contre sa poitrine, luttant contre les larmes qui menaçaient de couler. Elle s’appelait Laïla. Jadis, elle avait une famille, une maison où l’amour régnait. Jadis, elle riait sans craindre le lendemain. Mais tout cela n’était plus qu’un mirage, un souvenir lointain effacé par la douleur. Ses parents, arrachés à la vie trop tôt, l’avaient laissée à la merci d’un oncle aux mains souillées par la violence et d’une tante dont le cœur était aussi froid qu’une pierre sous la pluie Chaque jour, chaque nuit, Laïla subissait l’inimaginable. Les murs de sa prison résonnaient de ses pleurs étouffés, de ses prières murmurées dans l’obscurité. Pourtant, malgré la douleur, une lueur persistait dans son regard : l’espoir. L’espoir qu’un jour, elle briserait ses chaînes. L’espoir qu’un jour, elle s’enfuirait loin de cette souffrance. L’espoir qu’un jour, elle serait libre. Mais en Guinée, une orpheline sans protection n’est qu’une proie. Et Laïla allait bientôt découvrir que la liberté avait un prix bien plus lourd que ce qu’elle avait imaginé. Jusqu’où peut-on aller pour survivre quand tout semble perdu ?

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1: Les jours heureux

Laïla était née sous une bonne étoile, du moins, c’est ce que tout le monde disait autrefois. Son père, Mamadou Diallo, un homme d’affaires respecté, et sa mère, Aïssata, une femme élégante et aimante, lui avaient offert une enfance dorée. Leur villa, située dans un quartier huppé de Conakry, était toujours animée : des éclats de rire résonnaient dans les couloirs, la musique flottait dans l’air, et les effluves des plats raffinés que préparait leur cuisinière enveloppaient la maison d’une chaleur rassurante.

— Laïla, viens vite ! Le dîner est prêt ! lançait souvent Fatou, la cuisinière, dont la voix chaleureuse résonnait depuis la cuisine.

— J’arrive ! répondait la fillette en courant à travers le long couloir, ses petites sandales claquant contre le marbre froid.

Chaque matin, Laïla se réveillait au doux murmure du café que sa mère préparait dans la cuisine et aux discussions animées de son père au téléphone. Assise au bord de son lit, elle écoutait les bruits familiers qui rythmaient ses journées. Un rire étouffé, le froissement des journaux, le tintement des tasses en porcelaine… Tous ces sons composaient la mélodie réconfortante de son enfance.

— Mamie, tu me racontes encore l’histoire de la princesse du fleuve Niger ? demandait Laïla les soirs où sa grand-mère venait leur rendre visite.

— Bien sûr, ma chérie, répondait l’aïeule en s’installant dans le grand fauteuil du salon, son pagne coloré soigneusement noué autour de sa taille. Écoute bien…

Et la voix douce de la vieille femme s’élevait sous la lueur tamisée des lampes, tandis que Laïla, blottie contre sa mère, s’imprégnait de ces contes ancestraux qui nourrissaient son imagination.

Son père, lui, préférait les histoires du monde des affaires et des voyages. Le soir, après le dîner, il aimait s’asseoir sur la terrasse, une tasse de thé à la main, et partager avec sa fille ses souvenirs de jeunesse.

— Tu sais, Laïla, le monde est grand, très grand. Un jour, toi aussi, tu voyageras loin d’ici, disait-il en pointant les étoiles du doigt.

— Loin, comme en Europe ?

— Oui, peut-être. Ou même en Amérique. Mais n’oublie jamais d’où tu viens. La Guinée, c’est ta terre, ton héritage.

Ces moments privilégiés entre père et fille restaient gravés dans la mémoire de Laïla. Elle admirait son père, cet homme dont la prestance et la sagesse imposaient le respect. Quant à sa mère, elle incarnait la douceur et la tendresse, toujours prête à couvrir sa fille de baisers et de conseils bienveillants.

— Laïla, ma princesse, ne cours pas si vite ! Tu vas encore déchirer ta robe, s’amusait Aïssata en rattrapant sa fille dans le jardin.

— Mais maman, je veux attraper le papillon bleu ! Il est parti par là !

— Viens ici, petite aventurière, riait sa mère en l’attrapant dans ses bras pour l’embrasser sur la joue.

Leur jardin, luxuriant et coloré, était le royaume de Laïla. Sous l’ombre des manguiers et des flamboyants, elle passait des heures à courir après les papillons, à grimper aux arbres et à inventer des histoires peuplées de princesses et de héros courageux.

Mais la vie, capricieuse et cruelle, arracha brutalement ce bonheur. Une nuit, alors que la maison dormait paisiblement, la sonnerie du téléphone brisa le silence. Laïla, réveillée en sursaut, entendit les pas précipités de sa mère descendant l’escalier.

— Allô ? Qui est-ce ? demanda Aïssata d’une voix inquiète.

Un silence. Puis un cri déchirant.

— Non ! Non, ce n’est pas possible ! Mamadou ! Mon Dieu, Mamadou !

Laïla descendit à son tour, pieds nus, son cœur battant à tout rompre. En bas, elle vit sa mère agenouillée, le téléphone serré contre sa poitrine, le visage baigné de larmes.

— Maman ? Qu’est-ce qui se passe ? Où est papa ?

Aïssata releva la tête, ses yeux noyés de chagrin.

— Ma chérie… ton papa… il a eu un accident. Il ne reviendra plus…

A suivre...