DOLCE

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Summary

Il l'a sauvé Il l'aime

Genre
Romance
Author
Schella
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Premier pressentiment ?

PDV Jace

J'ajuste une dernière fois la veste de mon costume avant de descendre de la voiture. Ce foutu Donovan se donne le plaisir de me donner des rdv nocturnes juste pour une putain cargaison d'armes et j'en sûr pour me reproposer des filles que je ne voulais et ne voudrais pas. Pas dans mon genre. Et trop "illégal" pour moi. Je suis sûr que vous vous dites pourquoi un parrain mafieux comme moi ne voudrais des filles. Ce que j'ai à dire...c'est pas vos affaires...je vous jure qui si il me montre encore des filles, je ferais en sorte qu'il n'en voit plus jamais.

J'avance encore de quelques pas avant d'entrer dans le fameux entrepôt accompagnée de près par Elio mon bras droit. Dès que j'entre l'odeur du métal rouillé et celle de mégots de cigarettes trempés m'acceuille. Horrible. L'endroit est à peine éclairé. Je déteste les ruines. La lampe, au centre des contreplaqués en lambots qui lui servent de plafond, grésille et juste au centre assis nonchalamment sur une chaise près d'une ancienne table en bonne état malgré l'humanité, Donovan laisse échapper la fumée de son joint. Qu'il m'énerve ce type !

J'avance juste assez pour être près de la table. Je mets mes mains dans mon long manteau et ce connard ne m'a pas encore vu. Il a les yeux fermés ce idiot.

_ Bon...Pourquoi tu m'as appelé en pleine nuit. Tu sais très bien que je déteste être dérangé surtout par toi. Dis je ma voix fendant le calme.

Ce idiot sursaute en me remarquant enfin et dépose son joint avant de passer sa main dans sa barbe.

_ Raëlson...Bonsoir. Désolé pour le dérangement vraiment. Mais j'ai les armes que vous souhaitiez depuis la semaine dernière. Toute fraîche sortie du port. Me dit-il en me montrant son sourire jauni.

_ Elles sont où alors !?

Il se contente de secouer la tête et ascquisant. Il me montre du bras une stock posé plus loin composé de je pense bien une dizaine de caisses. Je lance un regard à Elio depuis ce temps silencieux derrière moi, pour lui signaler d'aller vérifier. Il avance vers les caisses, Donovan le suivant derrière. Il ouvre l'une des caisses d'un pied de biche pendant que Donovan fend le silence:

_ C'est de la première qualité. Kalachnikov et AK-47 toutes accompagnés de leur munition.

Je regarde Elio qui vérifie encore et me regarde en ascquisant. Il n'est pas très bavard ce soir. Je me retourne vers Donovan:

_ Tu auras ton argent quand mon expert balistique aura reverifier et pas avant…Bon Elio ! On n'y va dis je sans même attendre la réponse de Donovan.

Toujours avec la même nonchalance et les mains dans les poches, je me dirige vers la sortie. Il m'a fait déplacé juste pour une dizaine de caisses d'armes sérieusement. C'est n'importe quoi. Mais reconnaissons qu'il a une bonne marchandise. Une fois dans le véhicule, je me débarrasse de mon manteau en grogant de fatique.


_Quelle journée de merde ! Dis je en m'accoudant contre le dossier de tête du siège.

Elio à l'avant se contente de me regarder par le rétroviseur en souriant et finit par briser le silence en mettant le contact.

_ Ça t'apprendra à passer toute la journée au club à essayer de ne pas flinguer tes associés dit il en riant.

_ Ce sont tous des idiots de toute façon dis je en craquant mon cou.

_ Ouais c'est ça. Râle encore...Et si t'avais vu la tête de Van ce matin quand tu lui a dit d'aller nettoyer les armes devant les autres. C'était hilarant.

_ C'est un bon à rien. Juste passer son temps à draguer les jeunes servantes.

_ Il a 18 piges c'est normal Jace. C'est qu'un gamin.

Je me contente d'un "mouais" et commence à piannoter sur mon téléphone pendant qu'il se reconcentre sur la route. Direction: Le domaine. Je manque de sommeil et je suis très irritable dans ses moments comme dans tout les jours d'ailleurs.

PDV Mayley

Merde..je me suis encore endormie à même le sol. Même si le bout de bois qui me sert de couchette en est moins confortable. Je suis presque sûre que mon bourreau va encore rentrer et me perturber comme il a l'habitude de faire. Je me lève difficilement, encore les sequelles de la veille. J'ai juste à refuser de terminer mon verre de jus et...je deviens sa cible. Encore. Je grimace cette fois ci en essayant de me rasseoir. Je m'adosse contre le mur lézardé et en piteux état. Il a plu hier. Les nombreux recoins fissurés du sous sol ont goûtés. Résultats : plein de faques partout. J'y suis habituée de toute façon. Je ne me rappelle même pas le jour que je suis arrivée ici. Mes journées ici sont résumés à manger de ce qu'il me donne. Si on peut on appeler ça nourriture. Et à éviter de me faire mordre par un des nombreux rats et souris ici. J'ai froid.

Aah...désolé… J'en ai oublié les bonnes manières qui me reste. Moi c'est Mayley mais on m'appelle souvent May...on pourrait se saluer par la main mais bon. L'âge ? J'entre dans la vingtaine: 21 ans pour être précise. Et au pif...je suis metisse. Vous voyez le genre avec mes belles boucles du moins j'en avais. Maintenant elles sont toutes emmêlés avec des nœuds.

_ Alors toujours en train d'agoniser sur ton sort?...pourtant inévitable dit mon bourreau en entrant dans la pièce me faisant sortir de mes pensés


Je ne lui répond pas et me contente de garder la tête baissée et de jouer avec le bout de mes ongles. Il ne supporte pas qu'on le regarde dans les yeux. Il commence à faire les cents pas dans la pièce, main derrière le dos. Il sent encore l'alcool, le tabac mouillé et un soupçon de coke.

_ Tu peux sortir aujourd'hui…dit il tout d'un coup

Moi? Sortir? Tu parles ouais. Je veux juste être libre. Pas être maltraité depuis des années par mon bourreau. Mon père qui plus est. Juste parce qu'il me déteste pour je ne sais quelle raisons. Il me hait depuis la mort de ma mère. Il m'a juste enfermé ici il y'a trois jours juste parce que j'étais rentrée de l'Université une heure après le créneau. Enfin je peux sortir de ce endroit. Je me lève doucement et commence à le suivre en remontant les escaliers du sous sol. Une fois à l'extérieur, je me contente de me réfugier dans ma chambre presque qu'en courant. Et lui j'en suis sûre se retourne à ses occupations.

Ma chambre. Enfin. Mon refuge. Je m'affale sur mon lit qui me fait légèrement rebondir. J'ai presque tout dans ma chambre comme celle d'ado. Sur des tons belge, des posters un peu partout tous sur des groupes Kpop sud coréen. La pièce est assez éclairé à cause de mes lampes. J'ai des livres partout. Des tonnes de livres même. Encore augmenté par mes manuels de fac. Un vraie bazar que j'essaie de ranger souvent. Juste quand je suis pas assez fatigué par une journée intensive à la fac ou par les jérémiades de mon père. Sur ma table de chevet, j'ai encore quelques bouquins que j'avais prévu de ranger il y'a trois jours merde. C'est énervant à force. Je me tourne sur le lit en soufflant me mettant la tête face à la fenêtre. La vue est incroyable. Un petit réconfort dans un monde où tout est noir pour moi. Les petits points de lumière de la ville clignotent au loin créant des jeux de lumières et un festival pour mes yeux. La ville ne dort jamais. L'air du soir est frais et me frappe un peu au visage. J'ai sommeil et très faim. Mais je ne trouve pas nécessaire de descendre. A quoi bon ? Je finirai de toute façon avec des miettes. Je prendrai un déjeuner demain...à la fac.

Je met sert de toute ma force pour me relever du lit et enlever avec peine et grimace de douleur mon haut que je jette au sol. Je passe une main dans mes boucles. Je dois démêler ces merveilles. Je m'effrondre sur le lit de nouveau et même pas quelques minutes passent avant que je n'atterisse dans les bras de Morphé. Suite

Le lendemain

PDV Mayley

Le soleil s'est levé un peu trop tôt à mon goût. Je me retourne dans mon lit me couvrant de la couette pour masquer les rayons qui rentre dans ma chambre. Je râle en entendant le bruit de fond des moteurs de voitures qui viennent de la rue. Je me redresse doucement et me dirige vers la salle de bain en me frottant le visage pour me réveiller un peu plus. J'y pénètre et commence par laver mon visage et relève la tête vers le miroir cassé accroché là. Mes yeux verts sont fatigués et j'ai des poches sous les yeux comme une fêtarde. Je ne supporte pas de me voir dans un miroir ça me montre à quelle point...je suis faible et incapable. Je détourne le regard et m'affaire à me préparer. Il me reste que dix minutes pour me préparer merde.

PDV Jace

Je grogne en me rendant compte de l'heure qu'il ai.

Je me redresse, balaie du regard la chambre. Je lève finalement en réajustant mon jogging. Quoi! Vous n'avez jamais vu un homme dormir en jogging et torse nu.

Je me brosse les dents, me rase ma barbe de trois jours et enfile un tee-shirt. Je commence à descendre tranquillement les marches menant au grand salon et pénètre dans la cuisine. Catastrophe.

_ Alors grand frère. Bien dormi ? Me sort Jade dès qu'elle me voit.

Je me contente d'hocher la tête et me tourne vers Elio assis en train de tartiner lentement une tranche de pain grillé.

_ Toi. T'as pas du travail à faire dis moi

_ Laisse moi au moins terminer mon repas merde Jace.

_ Je m'en tape que tu manges. Tu dois juste finir de gérer une putain d'affaire de dette. C'est pas compliqué pourtant !

_ Je sais. Je sais. Mais attend j'y vais ce soir si tu veux. C'est bon ?

_Tu y vas ce soir...et tiens je t'y accompagnerai même.

Je s'assoie enfin en soufflant et c'est pile maintenant que Dalma, notre nourrice m'envoie mon assiette en me souriant. Une vraie douceur cette dame. Je la remercie et commence à picorer paresseusement dans mon assiette. Juste au moment où je soulève ma tasse de café et m'apprête à le porter à mes lèvres, Jade brise le silence:

_ Dis Jace. Ça te dirait de venir me récupérer à la fac ce aprem avance t elle en me regardant

_ T'as un chauffeur pour ça non ? rétorque je en arquant un sourcil

_ Ouais mais...juste pour que mes copines votent comment mon frère est beau gosse dit elle dans un ton ironique

_ Espèce de sale gamine dit je en ricanant

_ Alors tu viens ? S'il te plaît ! Jace lance t elle en se levant de sa chaise.

_ Je verrai.

_ Promis ?

_ Promis.

Elle vient vers moi en souriant et trottinant sur place. Elle me fait un bisou sur la joue en me murmurant un " t'es le meilleur". Elle prend son sac en vitesse et se dirige vers la porte. Toujours en retard cette gamine. Jade est ma petite soeur. Une vraie chipie mais aussi très adorable et sûre d'elle. Je fais de mon mieux pour ne pas la mêler à nos affaires de famille et heureusement elle ne me pause pas trop de questions dessus. Elle se contente d'aller à la fac internationale où je l'e8s inscrite et d'obtenir son diplôme. C'est en quelques part ma faiblesse , elle le sait et en profite.

Dès qu'elle est hors de mon champ de vision, je me lève tasse de café à la main et me dirige vers la porte fenêtre donnant sur le jardin. Le soleil s'est un peu dévoilé maintenant en compagnie des nuages. J'observe les roseraies plus loin, au fond du jardin celle qu'avait planté ma mère. Un à la naissance de ses deux enfants. Elle est morte il y'a trois ans et mon père juste après. Depuis l'Empire est entre mes mains. Difficile d'imaginer un gamin d'à peine vingt trois ans, sorti de l'école de commerce après des milliers de diplomes obtenus, dirigé un empire du jour au lendemain même si il a été entraîné à ça toute sa vie. Les alliés de la famille n'y croyait pas et ont même essayé de me convaincre de laisser une autre Dynastie de l'organisation dirigé. Mais j'adore dirigé et déteste par dessus tout le fait de me laisser faire. J'ai comment dire…tuer de sang froid celui qui m'a fait cette proposition. Lui et toute sa famille. Ce qui a servit de leçon aux autres je crois. Et voilà maintenant cinq après. J'ai accompli de nombreuses choses, développé les nombreuses entreprises que m'avait laissé mon père et affiné nos méthodes pour ainsi dire mettre notre famille au sommet du trafic. Mais ça ce sont des détails, le meilleur reste à venir.

PDV Mayley

Je franchis enfin le portail de mon Université. C'est apaisant. Ma robe se soulève légèrement au passage du vent. J'ajuste encore mon sac et replace au mieux mes lunettes de vue. Mes bouquins serrés contre moi, j'essaie d'ignorer les regards. Trois ans ici et ça continue. Que voulez vous ? Une métisse qui entre dans une école internationale réputé aux gosses de riches juste à cause d'une bourse d'État à 100% fournis ça fait parler. Je suis juste une fille très dévoué à ses études et qui essaie de faire tout pour s'en sortir. Les études, mes bouquins. Mon refuge.

J'avance encore de quelques mètres dans le couloir avant de tomber sur Jade qui me fait un signe de main très vif en souriant. Comme à son habitude, elle commence à presque courir pour venir vers moi. C'est la seule fille qui m'a parler à mon arrivé ici. Elle est très simple, amicale avec une petite touche de folie qui anime la galerie et d'après elle: Tu es trop sage meuf.

D'après ce que je sais d'elle, c'est une fille issue d'un très grande famille. Ils sont très riche et son frère Jace Raelson dirige leur patrimoine associé à plusieurs entreprises dans le monde allié dans différents domaines. Des riches ultra riches même je vous dit. Mais elle, est très simple. Ne parle presque pas de sa fortune, à part son chauffeur qui la dépose tout les matins et son garde de corps qui la suit un peu partout. Il paraît même que l'Université sera en partie à leur famille. Elle m'a apprécié dès le premier jour et moi aussi. Je me suis dit : enfin une fille qui ne se soucit pas de parler à une " pauvre". Je l'apprécie vraiment cette fille.

Dès qu'elle arrive à mon niveau, elle se jette dans mes bras en criant de joie. Pourquoi au fait ?

_ Tu m'as manqué meuf. Comment ça va? T'es pas malade j'espère dit elle en me scannant avant de toucher mon frère.

_ Non non non. Pourquoi tu me demandes ça Jade.

_ T'as un trou de mémoire ou quoi ?. Tu n'es pas venu ici depuis trois jours je te rappelle. Je t'es envoyé des tonnes de messages mais madame !ne m'a pas répondu

Aïe j'avais oublié cet détail, mon père m'avait enfermé. Merde

_ Je suis désolé vraiment. Mon téléphone avait un problème et j'étais aller voir une de mes tantes malade désolé. Tu m'en veux?

_ Mouais répondit elle peut convaincu.

C'est un vraie scan cette fille.

_ Mais la prochaine fois prévient moi au moins. J'ai failli appeler les flics vraiment May'.

_ Désolé. Mais c'est compris.

_ Alors où on va pour le cours dis je espérant briser la glace.

Elle se remet à sourire en me regardant. C'est fous la vitesse à laquelle elle change d'humeur. Elle me prend la main et commence à monologuer sur comment les profs l'ont énervés pendant les trois derniers jours en faisant des gestes exagérés. Est ce j'ai précisé qu'elle était bavarde?

Il est 16 heures. C'est la fin des cours. Jade est un peu plus pressée que d'habitude. D'après elle, son frère vient la chercher. Elle est enthousiaste et ça se voit à sa manière de parler de lui qu'elle l'admire à fond. Elle me devance en sortant la première alors que je suis derrière. Elle se retourne et vient se mettre dans mon dos pour me pousser me disant d'aller plus vite. Elle veut que je rencontre son frère. Moi ? Elle rigole. Je dois être à la maison dans moins d'une heure sinon cette fois-ci ça me coûtera plus qu'un séjour de trois jours dans le sous-sol. On arrive enfin sur le parking universitaire et je vois une McLaren grise garé là. Je devine déjà à qui elle appartient et devant juste adossé contre la portière un homme grand disons qu'il frôle les un mètre quatre vingt dix, vêtu d'un pantalon jeans gris dessus un t-shirt noir et un blazer noir lui aussi. Il est châtain comme Jade et avec de beaux yeux gris acier glaçants. Il a le regard froid...presque effrayant. Il ne nous a pas vu arriver pianotant sur le téléphone. Jade crie son prénom me brisant mon moment d'observation. Et nos regards s'accrochent juste une seconde. Il brise le contact en glissant son regard de mon visage vers ma silhouette. Juste ce geste et un frisson me traverse. C'est… gênant. Très gênant même.

PDV Jace

Je suis adossé à ma voiture sur le parking universitaire de Jade. Elle avait dit 16 heures donc en l'attendant, je me suis distrait en répondant à des mails sur mon téléphone. Je suis totalement absorbé que je n'entend pas Jade arrivé. Elle crie mon prénom comme à son habitude. Et je relève doucement la tête pour la voir courir dans mes bras. Mais elle n'est pas seule… elle est avec une amie.

Son amie est plus loin m'observe presque curieusement. Nos regards s'accrochent juste une seconde pendant qu'elle réajuste ses lunettes de vue. Mais je le romps quand je commence à la détailler. Elle a une belle silhouette. Fine, très fine même. Elle est métisse avec de belles boucles et des grands mais étrangement triste yeux verts. Charmant je dois avouer. Son visage est légèrement éclairé par la lueur d'un prévenant coucher de soleil, qui lui donne des airs angéliques. Ces lunettes cerclées accentuent son air d'intello et j'en suis sûr qu'elle l'est. La robe fleurie qu'elle porte lui arrive à mi cuisse laissant voir ses jambes longues et fines. Merde, elle est magnifique comme fille. Eeh mec, calme toi c'est une gamine en plus étudiante et amie de ta sœur. Mais elle a cette aura de peur constante associée à une...force endormie et à autre chose que je n'arrive pas à identifier. Je n'arrive pas à la cerner et je déteste ça.

Elle est toujours en train de me scanner et moi aussi alors je décide de remonter mon regard pour recroiser ses yeux. C'est déstabilisant.

Jade décide enfin de briser le silence après avoir passer de longues minutes dans mes bras

_ T'es venu ? Dit elle en sautillant sur place

_ J'avais promis et un Raelson tient toujours ses promesses. Rappelle toi rétorque je en rangeant mon téléphone dans la poche de mon blazer.

Jade sourit et fait un signe à son amie d'approcher. Elle avance en marchant doucement presque...craintivement mais une démarche envoûtante putain. Dès qu'elle arrive à notre niveau, elle réajuste encore ses lunettes. C'est un tic ou quoi ?

_ Jace je te présente Mayley ma meilleure amie et aussi l'intello de la fac et Mayley voici Jace mon grand frère ultra protecteur.

Je savais qu'elle était une intello et à cette lueur dans le regard.

_ Bonsoir me dit elle en me regardant enfin dans les yeux.

Oh merde elle a une de ses voix. C'est angélique sans le vouloir. Et elle a cette odeur. Elle est rosé avec une note de lavande et une trace de menthe. C'est presque addictif et….merde, elle m'a saluer et c'est maintenant que je me rend compte que depuis tout ce temps, je ne fais que la regardant pendant qu'elle attend une réponse.

_ Excuse moi. Bonsoir. Bon Jade on n'y va ?

_ Oui oui on n'y va mais...on pourrait déposer May en route.

_ Si elle est d'accord dis je m'engoufrant dans le véhicule.

_ Non non Jade c'est pas la peine. Je vais rentrer…à pied. C-c'est mieux et j'ai besoin d'air entend je venir de la fille.

_ Mais on te dépose en y allant s'il te plait May. Allez.

_ Merci. Vraiment mais c'est pas la peine. Vraiment.

J'ai l'impression qu'elle fait tout pour éviter qu'on la raccompagne. Elle cache quelques choses peut-être...mais c'est pas mes affaires. Jade finit par capituler, enlace son amie et entre dans la voiture en soufflant et lui fait un dernier signe de main. Mon regard penche sans le vouloir à travers le rétroviseur et merde...detourne ton putain de regard. Je me reconcentre sur la route et traverse les rues de New York.

Après de longues minutes, je souffle un coup et brise enfin le silence.

_ Ton amie...Mayley c'est ça tu l'a connais depuis quand ?

Jade parait un peu surprise par ma question et moi aussi d'ailleurs. Elle se tourne vers moi pour me répondre avec son éternel sourire en coin.

_ Depuis que je suis entrée à la fac. Dès le premier jour. Elle a reçu une bourse d'État à tout les frais inclus. Elle est très intelligente et très discrète. Elle venait d'arriver dans un monde universitaire qu'on réserve uniquement aux gosses de riches et c'était difficile. Le regard des autres était oppressant. Et un jour, je l'es surprise entrain de pleurer dans les toilettes des filles. C'est là que je l'es approché et qu'on est devenu proche. Elle est adorable comme fille et...c'est la seule qui s'en fiche de la prospérité de mon nom de famille. C'est cool non ? Mais...pourquoi tu me demande ça toi ?

_ Moi? Pour rien. C'était juste pour savoir. Parce que tes précédentes fréquentations amicales n'était pas très...comment dire ? Amicale.

_ Tu vas faire un dossier complet sur elle aussi. J'en suis sûre dit elle en roulant des yeux.

_ Alors pourquoi tu demandes dit je avec un sourire en coin.

Cette fille pour je ne sais quelle raison m'intrigue et faut que je voie mieux dans cette affaire.

Putain de merdier

PDV Mayley

Je suis encore sur le parking. Ça maintenant dix minutes que leur voiture est partie et je suis encore arrêté là fixant la route qu'ils ont pris tout à l'heure. Son frère est marquant je dois dire.

Je regarde l'heure sur mon téléphone et m'apercoit qu'il ne me reste que une vingtaine de minute pour rentrer.

_ Merde...marmonnais je en avançant vers la sortie principale. J'erre doucement l'air du soir jouant avec mes boucles. L'air est frais, affiné par un temps menaçant. Il faut que je me dépêche de rentrer. J'avance encore de quelques rues, songeant à cette rencontre. Il est magnétique, avec une petite touche d'arrogance. Il n'a même pas vu la délicatesse de bien répondre à ma salutation, juste resté là à me fixer pendant des secondes sans parler. Je dirais qu'il est presque insolent, pas su tout comme sa sœur, je dois dire. C'est énervant à quelle point son parfum est encore dans mes narines, ça m'a frappé et ça ne quitte plus depuis. Musc, bois de santal...et de menthe. C'est à la fois dangereux et envoûtant…mais tellement en accord avec son aura. C'est étrange à quelle point il m'a marqué. J'ai à peine échangé trois mots avec lui...et il est encore dans mes pensées. C'est passager…enfin j'espère.

Je continue de marcher encore un peu et j'arrive sur le perron de la maison. Maison? Vraiment. Une prison je dois dire?

Je prends une grande inspiration et y pénètre, avec un peu de chance, il sera entrain de dormir sur le canapé devant la télé après avoir picolé toute la journée. Je m'avance dans le salon, sous mes pieds le parquet grince. Je jette des regards un peu partout, le cherchant… ou plutôt prête à courir dans ma chambre si ça dégénère.

Mais où est ce qu'il est.

J'avance encore un peu, m'apprêtant à monter les escaliers mais retenant encore mon souffle, tout peut basculer en un battement de paupière.

_ Où est ce que tu étais ? dit une voix que je connais trop bien juste derrière moi.

Je me retourne vivement, rabaissant mon regard au sol et serrant comme si elle pouvait me sauver les lanières de mon sac.

_ A...à la fac pa-papa murmure je la voix cassante

_ Je t'es déjà prévenu de m'appeler Monsieur Bennett. Je ne suis pas ton putain de père !

Ironie du sort! Pourtant je porte ton putain de nom connard!

J'ai toujours la tête baisser et il se contente de tourner les talons après m'avoir analyser du regard. Je me fige un instant et m'apprête à monter les escaliers, quand il me parle à nouveau, sa voix rauque et cassé par la clope brisant l'air:

_ Apprêtes toi ce soir...il y aura des invités me lance t-il en me regardant un sourire en coin.

Des...des clients encore. Je ne réponds pas et me contente de monter les marches et de refermer doucement la porte de ma chambre après y être entré.

Le mot client. Ah le mot préféré de ce connard. Il s'y réfère quand il veut parler de sales porcs qui font deux fois mon âge et ressemblent à des retraités viennent ici pour… Je n'ai même pas la force de dire ce mot mais je vous laisse deviner. J'y suis habitué. C'est étrange de le dire comme ça mais à force, j'ai commencé à m'y faire. De toutes les façons ses sales porcs lui payent une fortune d'après lui pour ça et ils se fichent de ce que je ressens tant qu'ils y prennent du plaisir. Mon " rôle " peut aller de toucher à coucher ça dépend de la somme.

Ça fait mal dans le fond mais comment faire ?. Je n'ai nulle part où aller et essayer de fuir serait en vain. Il a contacter tous les membres de la famille de ma mère, leur disant que je suis devenu dépressive et suicidaire après la mort de maman et qu'il m'a fait interner. Le salaud !

Je me relève doucement et fait les cents pas dans ma chambre. Ce soir je n'en ai pas envie, je suis fatiguée, épuisée. Et si je saute par la fenêtre pour m'enfuir comme je l'ai fait comme la dernière fois la dernière fois, j’ai payé cher ce saut : des bleus, des côtes endolories, et une douleur que même la nuit ne calmait pas. Mais j'en peux plus, si je passe par cette fenêtre, je sais que demain je serai battu très sévèrement même. Mais il ne peut pas me tuer...je suis son " assurance vie ".

Je prends mon courage à deux mains et me dirige vers la fenêtre, que je remonte.

Allez May...tu m'as déjà fait non?

Je me mets sur le rebord de la fenêtre et jette un dernier regard sous la porte dans l'espoir de ne pas voir son ombre approchée. La voie est libre, je redescends un moment et attrape mon carnet, le dernier réconfort qu'il me reste.

Je reprends mon souffle et saute de la fenêtre, la distance entre le rebord de ma fenêtre et le bitume n'est pas considérable. Une fois sur à l'extérieur, je me mets à marcher vers la petite ruelle donnant sur la grande voie. L'air est frais, le klaxon des voitures sonne et fait entendre une musique typique de la ville de New-York, toujours animé doit on dire. J'habite un quartier peu recommandable mais le bon côté c'est qu'ici tant que tu marches tout droit, en baissant le regard c'est suffisant pour te garder loin des problèmes.

Je serre contre moi mon carnet tout en ajustant le pull de laine que je porte. Mes pas me mènent sur le grand axe. Voilà, pile l'endroit qui me signale que je suis sur la bonne voie. J'emprunte un petit chemin de forêt et chantonne comme pour me donner le courage de traverser ces bois dans ce noir.

Je marche encore quelques minutes, mes boucles volent au vent et le parfum légèrement mouillé du bois me parvient au nez. Les branches bruissent sous mes pas et les oiseaux nocturnes se joignent au bal en associant leurs cris à ma marche vers l'endroit où j'oublie mes tourments même si c'est pour un moment.

Je sors enfin du chemin, me projetant enfin à l'endroit où je ne suis pas venu depuis longtemps. Je m'avance dans l'herbe, laissant mon souffle se briser un moment.

Je m'assois à même le sol, regardant la ville s'étendre devant moi. C'est comme une pluie de lumière. Rare. Illimité.

D'ici on pourrait même dire que la ville est presque innocente. C'est des jeux de lumières que j'observe espérant qu'elle me fasse oublier même si c'est pour quelques heures.

Je délie mon carnet de mon étreinte. Je le place à ma vue, le feuilletant de mes doigts légèrement tremblant à cause du froid. Le lampadaire éclaire faiblement mais j'y arrive à voir les pages.

Des dizaines, puis des centaines de mots qui sont sortis à travers ces feuilles maintenant noircies par l'encre indélébile de mon calvaire. Je feuillette un moment avant de tomber sur la photo de ma mère et moi. Ici sur cette falaise. C'était son endroit préféré et c'est devenu le mien aussi, le jour où elle m'a emmené ici parce que j'étais en pleurs à cause d'un garçon qui m'harcelait à l'époque. Elle s'était arrêtée là pile où je suis assise et m'avait demandé de regarder la ville scintillée en me murmurant: Tu vois les lumières la bas.. C'est une bataille de plus gagnée. La tienne viendra. Un jour, ma belle.

Cette phrase résonne à chaque fois que je sens que je vais flancher. C'est comme un rappel du fait que malgré son départ, elle veille sur moi.


Sur cette photo, elle sourit. Rien à voir avec sa mine sèche et défraîchie de ses derniers instants. Je me rappelle encore de sa voix enrouée et de l'effort surhumain qu'elle faisait pour me parler chaque jour. Mais là, elle est joyeuse. Je me rappelle bien de cette scène. C'était incroyable. C'était le jour de mon bal de promo pour ma dernière année de lycée. Un moment incroyable. Ma robe, les compliments de ma mère, la manière dont elle me regardait comme son plus grand trésor. Enfin tout allait bien, jusqu'à ce qu'elle meurt et que je parte vivre chez mon " père ", je comprend maintenant pourquoi elle l'a quitté. Mon Dieu est ce vraiment comme ça que je vais finir ma vie ? Une larme solitaire coule sur ma joue droite que j'essuie avec mes doigts qui sont frigorifiés.

Je relève mon regard vers la ville toujours aussi vivante malgré l'heure mais j'ai une étrange sensation. Comme si on m'observait. Un regard très chargé. Lourd. Insistant. C'est absurde...je sais pour une personne qui est tout le temps observé et peut être constamment agressé je suis assez sur mes gardes. Je jette des regards rapides autour de moi...mais rien. C'est peut être juste mon imagination.

Reprends toi May. Tu recommences à devenir parano meuf.

PDV Jace

Elle est là. Juste à quelques mètres de moi. Elle observait quelque chose dans ses mains, avant d'essuyer une larme qui coulait sur sa joue. Mais au bout de longues minutes où je l'observe encore, elle commence à chercher quelque chose du regard. Peut-être à cause de mon regard. J'avais juste besoin de m'éloigner un moment de ces abrutis qui me servent d'hommes de main...et voilà sur qui je tombe. La meilleure amie de ma sœur. Au début, j'étais intrigué par son calme trop plat et j'ai fait des enquêtes sur elle. Oui une enquête complète en moins de vingt quatre heures. Je déteste être curieux. Encore plus avec une fille comme elle. C'est bizarre, elle m'intrigue même sans le vouloir. D'après le dossier que j'ai eu sur elle:

Nom: Mayley Bennett. Un nom assez original, je dois l'avouer.

Âge : 22 ans mais elle l'aura vraiment en Novembre prochain.

Elle a choisi de faire des études en psychologie et elle maîtrise plusieurs langue du département langues où elle était un plus tôt, parce qu'elle est aime lire à travers les gens. D'après ce que le directeur du département psycho dit sur elle, c'est une excellente étudiante mais elle manque souvent des jours. D'ailleurs j'en n'en connais pas la raison.

Je continue de l'observer et elle laisse ses cheveux jouer au vent, pendant qu'elle ferme distraitement les yeux. Elle ne porte pas ses lunettes de vues comme la dernière fois. Et c'est maintenant que je remarque qu'elle a les yeux verts. Brillant comme des éclats de vers. Vert et scintillants. Waouh.. Et merde qu'est ce que j'ai ? Pourquoi je retiens la couleur de ses yeux ? Et pourquoi j'ai remarqué qu'elle ne porte pas ses lunettes? C'est juste une fille putain..

Je souffle en passant une main sur mon visage essayant de faire passer l'image de ses jambes nues de cet après -midi. Merde pourquoi ça reste dans mon putain d'ancephale. Elle en a des magnifiques d'ailleurs… Mais sérieusement reprend toi merde! J'étais venu ici pour souffler et voilà que je me retrouve face à un autre.

L'air s'est encore rafraîchit signe qu'il va pleuvoir bientôt. Je la regarde encore et soudain, elle se relève en secouant frénétiquement sa robe et serrant encore plus son pull.

Elle prend un bon coup d'air avant de se retourner et moi...moi, je recule doucement dans les sous bois, me cachant encore plus dans la pénombre la regardant partir. Elle ne m'a pas vu et c'est tant mieux. Elle me prendrait pour une cinglée qui l'a suivi en pleine nuit. Même je suis vraiment cinglé mais bon. Je regarde sa silhouette s'effacer dans les bois, alors qu'elle marche prudemment dans les bois.

Je me retire dans l'ombre quand sol ombre s'efface au plus profond de la nuit. Je m'avance vers le rebord de la falaise, et observe la ville. Juste où elle était, comme si je voulais voir à travers ces yeux. Je m'allume une cigarette après l'avoir coincé entre mes lèvres. Je l'allume légèrement tremblant, ravivant le bout, qui brille maintenant dans la pénombre. La chaleur qui émane de la fumée qui remplit mes poumons, me réchauffe légèrement. Je laisse échapper la fumée à nouveau, la laissant danser doucement devant mes yeux avant de s'évaporer dans l'air du soir. On dit que c'est pas recommandable mais disons...que j'y peux rien si j'en ai envie. C'est à l'image de mon monde et j'y suis habitué.

J'observe un moment, les lumières de la ville insomniaque clignoter encore un peu avant de jeter un coup d'elle distrait à ma montre.

2h du mat. Le temps a carrément couru juste pendant le temps où je l'observais elle.

Merde...

Je tourne les talons après avoir écrasé mon mégot du soulier.

Je m'avance vers ma voiture garée un peu plus bas sur un chemin. Mes pas crissent contre le gravier comme un avertissement donnant une allure de domination que j'aime bien. L'environnement est paisible, juste rompu par les bruits étouffés des criquets dans les buissons. J'arrive enfin à ma voiture. J'ouvre la portière en râlant et me jette contre le siège conducteur, les mâchoires crispées de fatigue. L'odeur de cuir légèrement mélangée à celle du tabac et de mon parfum donne une aura lourde à l'habitacle. C'est insistant un peu comme moi. Je mets le contact, laissant le moteur rugir pendant quelques secondes, indécis avant de prendre la route.


PDV Mayley

_ Je vais te tuer sale effrontée ! crie- t- il en avançant alors que je suis déjà en train d'agoniser au sol des coups qu'il m'a donné dans le ventre...tu sors !? pourtant j'avais des clients ! Bordel! Tu m'as fait perdre cinq milles balles ce soir! Merde !

Je suis encore au sol, le visage collé au sol par des larmes chaudes qui se déversent. C'est l'accueil auquel j'ai eu droit dès que j'ai atterri dans ma chambre en montant par la fenêtre. La porte s'était ouverte en fracas. Lui, avec une ceinture et un regard noir qui disait tout. Je n'avais même pas supplié comme je le faisais avant. J'avais juste encaissé en étouffant mes cris. Coup de ceintures, coups de pied dans le ventre et insultes à l'appui. Rien de nouveau. Vous pensez que c'est normal que ne ressente même plus de douleur quand il fait ça ? Où que mes larmes coulent, vraiment sans que je ne m'avoue le fait que je n'en peux plus ? Est ce que c'est ça...perdre la tête ? Ou suis déjà folle.

Ça dure des minutes et juste avant de sortir, il me bafouille une insulte en me mettant un dernier coup dans le ventre.

J'agonise en silence et laisse enfin quelques vraies larmes de douleur coulées pendant que je sanglote doucement, étouffant mes pleurs dans le creux de ma main. Je me tords de douleur et redouble mes sanglots quand j'ose relever mon haut. Mon ventre est violacé, tuméfié et tout enflé.Je serre les dents en essayant de me lever et passe une main sur mon visage. Le seul endroit sain qu'il ne bat jamais. Il sait que s'il le fait, tout le monde le remarquera et que ça sera une preuve et selon lui mon visage se vend bien.

Je fais un dernier effort en m'allongeant sur mon lit, la légère odeur de lavande vieilli caressant mon nez. J'essaie de fermer les yeux et d'imaginer ma mère près de moi, me consolant comme avant en me murmurant que je suis son miracle et sa battante. Elle me caressait les boucles comme à sa tendre habitude. Je râlerai encore mais lui dirait de continuer.

J'en peux plus de cette vie.


Je souffle difficilement en tirant mon plaid sur moi. Demain, j'irai à la fac et je sourirai comme d'habitude et personne ne saura rien, même pas Jade.

Lendemain 7h17

J'ai l'impression d'avoir dormi que quelques minutes. Mon réveil portable sonne. Le son se diffuse dans la pièce, comme un rappel à l'ordre. Un ordre, que je dois reporter mon masque de fille sans problème. Je coupe le réveil après l'avoir chercher à tâtons les yeux encore fermés.

Je descends du lit, mes pieds touchent le parquet glacial qui grince sous mon poids. Je me lève avec difficultés, me déplaçant dans la pièce le dos voûté serrant les dents contre la douleur. Je m'appuie sur chaque surface que je trouve solide et j'arrive tant bien que mal à la porte de la salle de bain.

J'y pénètre et aère la pièce. Je me dirige vers le cabine de douche m'y engouffre comme un refuge. L'eau chaude glisse sur ma peau nue, laissant une brûlure continue au contact de mon ventre. Je passe une main dans mes cheveux en fermant les yeux et soufflant d'aise. L'air s'est réchauffé et la buée a formé contre la vitre de la cabine. Je m'amuse à y dessiner des motifs en continue.

La douleur lancinante et poignante qui se diffusait dans mon être s'est enfin apaisée. Enfin pour le moment. Je sors enfin de la salle de bain après m'être complètement préparé. Ma tenue est assez convenable selon le temps qu'il paraît faire aujourd'hui. Autour de moi, mon parfum discret de senteur rose danse dans l'air. Je me mets devant le miroir, m'assurant qu'aucun bleu n'a échappé à ma vigilance. Je récupère rapidement mon sac, l'accrochant à mon épaule et dévale les escaliers me retourner. Tout droit vers la sortie.

Une fois sur le perron, l'air doux et chaud me frappe le visage. L'odeur du pain frais et chaud venant de la boulangerie de Monsieur Smith juste au bout de la rue me donne des envies. J'accélère le pas, me mêlant à la horde de silhouette active dans la rue. Leurs murmures et conversations bloquent presque la symphonie agaçante que jouent les nombreux klaxons des chauffeurs. Je resserre légèrement des mains mon manteau contre moi, en me faufilant entre deux hommes marchant côte à côte. Je suis légèrement pressé que d'habitude.

Après de longues minutes à éviter de bousculer ou de me faire bousculer par les passants, j'arrive enfin à la rue de mon université. Je marche encore un peu tête baissée, vérifiant mon sac. Je relève la tête après quelques secondes et je me fige.

Il est encore là. Arrêté auprès de Jade, qui range son sac en discutant avec lui. Il parle avec elle, montrant parfois un sourire...trop parfait. Ses mèches brunes sont ébouriffées par la légère brise.

Comment on peut avoir une chevelure aussi parfaite.

Il passe sa main dedans et son regard dévie un instant vers moi. Ses yeux gris me scannent comme la dernière fois. Non. Il me dévisage complètement et sans gêne en plus. Et une étrange chaleur me traverse l'échine. Je frissonne.

Je commence à regretter d'avoir mis cette jupe en jeans qui m'arrive à la mi-cuisse. Je sens son regard s'attarder au niveau de mes jambes.

Pourquoi il est si instant du regard ? Il ne connaît pas les bonnes manières ou quoi ?

Quand il relève finalement le regard vers moi, il me regarde encore. Je remarque un instant un coin de ses lèvres se relever. Mais ça disparaît aussitôt. Son regard a viré d'une lueur presque imperceptible de joie avant de virer à un vide glacial. Il a une aura de mec dangereux que je sens flotter dans l'air. C'est comme une autorité naturelle et elle est très présente et colle très bien à son image.

PDV Jace

Elle est arrêtée. Juste là. Je me demande pourquoi cette jupe et ce haut manche longue me font tant d'effet. Ses boucles sont illuminées par les rayons du soleil. Mon regard descend sans même que je le contrôle, à ses jambes métissées et claires. Je remonte le regard et essaie de le dévier en vain.

Jade auprès de moi râle en refermant son sac. Elle me regarde et suis ce que je regarde des yeux. Quand elle voit Mayley qui marche vers nous, elle se met à lui faire un signe vif de la main. May arrive à notre niveau et se dirige vers Jade. Elles s'enlacent un moment et je remarque qu'elle grimace légèrement. Une grimace de douleur ? Pourquoi ?

_ Alors il était comment ton week-end May ? demande Jade en remontant son sac, tout souriante.

_ Comme si comme ça. Rien de vraiment spécial, lance- t- elle vaguement avant de se tourner vers moi.

Elle me soutient du regard un moment. La première fois que quelqu'un me regarde sans une once de peur. Son parfum subtile mais très présent de rose et de lavande vieilli m'est porté au nez par le vent. Incroyable. Et discret. Comme elle.

Pourquoi tu la complimente mec ?

Elle finit par me lancer un bonjour toujours en me regardant pendant que Jade passe sa main sous son bras.

_ Oui...Bonjour May... je réponds en essayant de soutenir son regard vert. J'arrive pas à détourner le regard de sa face. Comme clouer. Quelque chose dans son regard...me retient. Peut-être cette audace silencieuse dans le regard ?