Je te le promets

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Summary

Quand Leela, une jeune fille douce et lumineuse, quitte la grande ville pour s’installer à Mountain View, elle s’attend à une vie tranquille entre cours et amitiés nouvelles. Mais sa route croise celle de Liam, quarterback charismatique et rebelle, renvoyé de son ancien lycée pour bagarre. Il est feu. Elle est douceur. Dans ses bras, elle découvre l’amour pour la première fois, vrai, brut, bouleversant. Et lui, qui ne croyait plus en rien, trouve en elle sa lumière, la seule capable d’apaiser ses tempêtes. Leur lien devient vite une évidence, à la fois intense et déchirant. Entre passion, doutes et promesses, ils s’aiment, se perdent, puis se retrouvent encore et encore, comme si l’un ne savait plus exister sans l’autre. Et quand la vie les sépare pour de bon, elle croit tourner la page… jusqu’à ce qu’il revienne des années plus tard, réveillant tout ce qu’elle avait tenté d’oublier. Certains amours ne s’effacent pas. Ils attendent juste qu’on ose les regarder à la lumière.

Status
Ongoing
Chapters
118
Rating
5.0 4 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1 : Une nouvelle page

Leela

Après onze heures de route, quatre arrêts dans des stations-services plus ou moins suspectes et trois paquets de chips au paprika, nous étions enfin arrivés à Mountain View.

La vieille musique de mon père, complètement démodée, résonnait dans la voiture, créant un mélange étrange de nostalgie et de soulagement. Enfin, nous y étions.

Mountain View, le patelin où mon père avait grandi, avait cette odeur unique des petites villes américaines : un mélange de pins, de goudron chauffé par le soleil et de pâtisseries locales.

Papa avait accepté un poste de neurochirurgien à l’hôpital universitaire de la région pour se rapprocher de mes grands-parents paternels, qui commençaient à vieillir. Pour moi, ce déménagement n’était pas une mauvaise nouvelle.

Après tout, cela signifiait revoir Mia, ma cousine et amie de toujours, mes cousins, être en famille et retrouver les étés insouciants de mon enfance.

Nous venions ici chaque été. Je partageais mon temps entre mes grands-parents, Dadi et Dada, et mon oncle Dave, qui vivait juste à côté avec sa femme Reema, leur fille Mia et les jumeaux Ishan et Riaan. Avec mon frère Neil, fidèle à lui-même, qui ne ratait jamais une occasion de râler ou de me lancer des piques, nous formions un joyeux groupe. Nos étés étaient faits de vélo, de baignades interminables et de tournois de badminton improvisés dans le jardin.

Le lycée de Mountain View était réputé, offrant un éventail de sports et d’activités incroyables. Je savais que je m’y plairais. Chicago me manquerait un peu, surtout mes amies Nora et Shennah, mais nous avions prévu de garder contact.

-Te voilà enfin!

Je n’avais même pas eu le temps de me retourner que je me faisais engloutir par une masse de longs cheveux noirs et des bras toniques autour du cou. Mia. Elle était belle, drôle, authentique. Quand elle vous regardait avec ses yeux gris, on se sentait à la fois coupable et chanceux de l’avoir pour amie.

-Je suis trop contente que tu sois là! On va rentrer au lycée ensemble! C’est de loin la meilleure décision que tu as prise, tonton Kian. Putain Leela, Tu m’as trop manqué.

-Langage, jeune fille! Oncle Dave souriait, les yeux plissés.

-Vous avez fait bon voyage? Dadi a préparé le dîner.Laisse-moi vous aider avec vos valises.

Tonton Dave s’était empressé, comme toujours, de se montrer utile.

Le retour à la maison de mes grands-parents fut un chaos joyeux. Les rires se mêlaient aux exclamations, aux valises qui tombaient et aux câlins qui semblaient durer des heures. Dadi nous a accueilli avec son fameux biryani au poulet, parfumé et épicé. Dada, lui, cachait derrière son journal les quelques larmes que le retour de son fils aîné et de sa famille éveillait en lui. Ma mère, Kamila, l’enlaça avec douceur, comme pour combler le vide laissé par ses propres parents, décédés peu après la fin de ses études. Mes grands-parents paternels avaient pris le relais, offrant amour et stabilité.

Le dîner était un des plus chaleureux que j’aie connu : papa détendu, maman rayonnante, mon oncle et ma tante surexcités, mes cousins rieurs et mes grands-parents silencieux mais attentifs, nous observant tous avec un amour discret et profond. C’était comme si le temps avait suspendu son vol, et j’ai su à cet instant que notre déménagement avait été la bonne décision.

Le lendemain matin, je me suis réveillée avec la lumière dorée du soleil qui filtrait à travers les volets. Le parfum du café chaud et des toasts grillés montait déjà de la cuisine. J’entrouvris les yeux et aperçus Neil qui s’étirait bruyamment à l’autre bout de la chambre, un sourire malicieux sur le visage. Mia, fidèle à elle-même, dormait encore profondément, une couverture coincée sous le menton et ses cheveux noirs éparpillés sur l’oreiller.

-Allez, réveille-toi, marmotte ! chuchotais-je en essayant de ne pas réveiller mes cousins trop brutalement. Je n’avais qu’une hâte, me lever et profiter de cette première journée.

Mia ouvrit un œil, me lança un petit grognement plaintif avant de sourire et de se redresser.

- Le petit déj est déjà prêt ? demanda t’elle en baillant.

Nous sommes descendus aussitôt rejoindre la famille pour un petit-déjeuner rempli de rires et de discussions sur l’organisation de la journée. Nous attendions avec impatience le camion de déménagement.

Un grand véhicule blanc aux portes ouvertes, rempli de cartons étiquetés et de meubles emballés, se gara devant la maison. Papa et oncle Dave discutèrent avec les déménageurs tandis que nous, nous courions autour du camion, fascinés par le ballet des allées et venues.

-Hey Kian, c’est quoi cette montagne de cartons ? cria oncle Dave, effaré.

-La maison entière de ta belle-sœur, mon cher frère ! répondit mon père levant les bras exagérant son geste pour le faire rire.

Mia gloussa et me donna un petit coup de coude :

- On dirait que vous avez décidé d’emménager toute Chicago ici…

Les heures passèrent vite. Les déménageurs déposaient les meubles, nous transportions les cartons les plus légers, et chaque pièce de la maison se remplissait peu à peu de nos affaires.

J'ai gravi lentement les marches jusqu’à l’étage, un peu sonnée par l’agitation de la journée. Lorsque je poussais la porte de ma chambre, un souffle d’émerveillement me traversa.

Les murs, encore nus, étaient baignés d’une lumière dorée qui filtrait à travers les grandes fenêtres donnant sur le jardin. Le lit n’était qu’un simple matelas posé à même le sol pour l’instant, mais déjà, je pouvais m’imaginer les draps en lin blanc, les coussins, les guirlandes lumineuses que j’y accrocherais. Un coin lecture, comme promis par mon père, une étagère en bois brut, une coiffeuse ancienne dénichée en brocante… La pièce n’attendait plus que moi pour devenir mon petit sanctuaire douillet.

Je me dirigeais vers la fenêtre et ouvris les battants. La vue était imprenable. En contrebas, le jardin s’étendait comme un petit écrin de paradis. Une pelouse impeccablement verte, une piscine aux reflets turquoise, et, plus loin, une cabane en bois perchée dans un vieux chêne, visiblement rénovée, comme sortie d’un conte qu’on aurait un peu modernisé. On pouvait entendre le bruissement des feuilles, et parfois, des rires étouffés venant de la maison voisine.

Neil, de son côté, avait déjà investi sa chambre avec un enthousiasme débordant. Posters de groupes de rock punaisés à la va-vite, baskets jetées dans un coin, console branchée en priorité. Mais malgré le chaos apparent, il avait pris soin de poser un cadre photo sur sa table de chevet : une image de nous deux à Chicago, devant le lac gelé, souriants malgré le froid. J’en étais profondément touchée.

Ce qui rendait cette maison encore plus précieuse, c’était sa place au cœur même de la famille. À peine à quelques mètres de là vivaient mes grands-parents, dans une jolie maison de plain-pied aux volets bleus, et juste derrière, celle d’oncle Dave, toujours prête à accueillir le chaos joyeux des cousins. Mia s’approcha de moi, posant sa tête sur mon épaule :

-C’est pas mal, hein ? murmura-t-elle.

-Pas mal ? répondis-je, un sourire aux lèvres.

-C’est parfait.

Pendant ce temps, papa et maman supervisaient tout, échangeant des sourires complices et des instructions précises. Dada et Dadi venaient jeter un œil, offrant de petits conseils et des encouragements. Je me suis surprise à sourire, observant cette scène familiale où chacun trouvait sa place malgré le désordre.

Alors que le soleil avait commencé à descendre lentement derrière les arbres, je décidais de porter quelques cartons de livres jusqu’à ma chambre. Lire avait toujours été important pour moi, je pouvais m’y réfugier pendant des heures et m’évader au travers des récits de mes héros. Je longeais le perron, concentrée à ne pas tomber avec mon carton. Et c’est là que je levais les yeux au bruit du gravier...

Un vélo fendit l’air, venant de la rue latérale, un garçon. Plus âgé que moi. La peau dorée par le soleil, des cheveux bruns et lisses et des beaux yeux noisette. Son t-shirt blanc moulait une silhouette élancée, athlétique, sans effort. Il ralentit légèrement en passant devant la maison, jeta un coup d’œil rapide.

Et nos regards se croisèrent. Un éclair. Silencieux, presque irréel. J'ai senti mon cœur rater un battement, ou peut-être était-ce juste une coïncidence. Une seconde de trop, un battement de cils. Un frisson imperceptible glissa le long de ma nuque. J’aurais aimé détourner les yeux, mais quelque chose en moi refusa. Une tension douce, presque irréelle. Puis il détourna les yeux, accéléra un peu, et disparut au coin de la rue.

Je restais là, immobile, les bras chargés, la bouche à peine entrouverte.

Je ne savais pas qui il était. Ni d’où il venait. Mais ce regard… Il n’avait rien de banal. Et pendant une seconde, j’ai su que tout allait changer, même si je n’en avais encore aucune idée. Il m’a regardé comme personne ne l’avait jamais fait. Et moi… j’ai oublié de respirer…