Brûlure

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Summary

Elle n’est pas venue au club pour qu’on la voie. Elle est venue pour disparaître. Priscilla connaît le silence. Elle le porte comme un parfum — invisible, mais lourd. C’est la fille qui ne parle que si ça tranche. Celle qui danse seule, boit lentement, et ne reste jamais assez longtemps pour qu’on se souvienne d’elle. Jusqu’à lui. Il ne lui demande pas son nom. Il ne la touche pas. Il la regarde. De l’autre côté de la pièce, son regard est une question à laquelle elle ne sait pas répondre. Costume sombre. Corps immobile. Yeux qui ne cillent pas. Il sent quelque chose de rare. D’interdit. De dangereux. Quelque chose qu’elle voudrait oublier. Elle le dit avant de pouvoir se retenir : — Je crois que vous bandez monsieur parfum Il sourit. Et la nuit bascule. Désormais, elle est prise dans un jeu auquel elle n’a jamais consenti. Il est partout — dans ses pensées, sur sa peau, dans le parfum qui persiste longtemps après son départ. Il ne poursuit pas. Il attend. Il ne parle pas. Il observe. Et quand il bouge, c’est toujours vers elle. Priscilla ne croit pas en l’amour. Elle croit en la distance. En le contrôle. En la survie. Mais Monsieur Parfum ne demande pas l’amour. Il exige l’abandon. Et quand le désir sent la mémoire, Quand le silence devient un langage, Quand le danger ressemble à un refuge — Comment fuir un homme qui brûlé sur votre âme ?

Genre
Erotica
Author
Kole
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

Un Verre de trop

Priscilla Martines

Je ne devrais pas dire oui. Mais Brenda commande déjà les shots, Cynthia danse sur place, et moi… moi, je veux juste oublier.

Le club vibre sous mes talons. Trop de monde. Trop de bruit. Mais à cette table, avec elles, je respire. Un peu.

— À nos vies pourries ! crie Brenda.

— Et à nos cœurs en grève, ajoute Cynthia.

On trinque. L’alcool brûle. Quand je repose mon verre, leurs regards sont déjà braqués sur moi.

— Et toi, Prisci ? Tu maudis quoi ce soir ?Je hausse les épaules.

— Ma mère. Comme toujours.

Brenda soupire. Cynthia grimace. Je continue.

— Ce matin, elle fouille dans mes affaires. Elle cherche de l’argent. Elle en prend. Puis elle boit.

Pause.

— Et elle me dit que je devrais la remercier de ne pas m’avoir avortée. Silence.

Pas dans le club — en moi. Brenda pose sa main sur la mienne.

— Tu devrais partir.

— Et aller où ? Ma voix ne monte pas. Elle s’affaisse. Cynthia avale un autre shot.

— Ce soir, on oublie. Ce soir, on est belles, on est libres, et on s’en fout

Je souris — pour elles. Mais au fond, je sais : je ne suis ni belle, ni libre. Juste là. En sursis. On prend un shot. Puis un autre.

Brenda râle sur son dernier date — un mec qui pense que “féministe” veut dire “anti-hommes.”

Cynthia jure qu’elle quittera son job avant la fin du mois. Moi, j’écoute. Je ris. Un peu. Et je bois. Un peu trop. Le troisième shot ralentit tout. Pas de vertige — juste une suspension.

Et puis je le sens. Un regard. Fixé. Sur moi. Je me tourne. Il est là. Appuyé contre le bar, verre à la main, les yeux rivés aux miens.

Il ne sourit pas. Il lève son verre. Pour moi. Puis — un clin d’œil. Je me fige.

Pas parce qu’il est beau — même s’il l’est. Mais à cause de ce regard. Il ne dit pas “je t’aime bien.” Il dit “je te vois.”

Brenda suit mon regard. Puis Cynthia. Elles explosent.

— Oooooohhh !

— Oh mon dieu, Prisci !— On dirait que t’as ferré un gros poisson !

Je ris. Mais mon cœur s’emballe. Et je ne peux pas détourner les yeux. Il ne bouge pas. Juste là, verre à la main, regard inébranlable.

Ce clin d’œil — ni moqueur, ni séducteur. Juste… sûr. Brenda glousse. Cynthia me donne un coup de coude.

— Regarde-le, Prisci. Il est canon.

— Et il te regarde comme s’il avait déjà décidé. Je veux rire encore. Mais mes paumes sont moites. Il quitte le bar. Ni pressé. Ni hésitant. Juste… fluide.

Chaque pas tombe comme un poids. Pas sur le sol. Sur moi. Il s’arrête devant moi. Pas trop près — juste assez pour que son parfum m’atteigne. Boisé. Froid. Intrusif.

— Vous dansez ?Sa voix est grave. Ni douce. Ni dure. Juste… posée. Je cligne des yeux. Brenda me regarde comme si j’étais folle. Cynthia me pousse déjà hors de la banquette.

Je me lève. Sans mots. Sans pensées. Il tend la main. Je ne la prends pas. Mais je marche à ses côtés. Et le reste du monde s’efface.

La piste est bondée. Lumières clignotantes. Basses grondantes. Corps partout. Mais je ne sens que lui. Comme une chaleur qui n’est pas la mienne.

Il s’arrête au centre. Pas de mots. Juste un regard. Puis il bouge.Pas comme les autres. Pas pour impressionner. Juste… pour moi.Je le suis. Mes hanches trouvent le rythme. Mes bras glissent le long de mon corps.

Et lui — il ne détourne jamais les yeux. Il ne me touche pas. Pas encore. Mais chaque mouvement dit “je peux.” Et chaque battement répond “je sais.”

Brenda, Cynthia, la foule, la musique — disparus. Juste lui. Juste moi. Et ce fil invisible entre nous

Il s’approche. Juste assez pour que son souffle effleure ma joue.

— Tu danses bien. Sa voix est basse. Presque trop proche.

— Je cours bien. Les mots glissent. Je crois qu’ils nous surprennent tous les deux. Il sourit. Pas pour séduire. Juste… parce qu’il sait.

Puis sa main trouve ma hanche. Légère. Présente. Et je cesse de penser. Ni timide. Ni brutale. Juste… comme si elle avait toujours été là.

Nos corps se rapprochent. Le rythme reste lent. Mon souffle ne s’échappe pas. Son torse frôle le mien. Son bassin presse mon ventre. Et cette chaleur — pas celle du club. La sienne .

Je sens tout. Le tissu. La tension. Et ce que son corps ne cherche plus à cacher.

Je me penche. Mes lèvres effleurent son oreille. Je murmure ce que je ne devrais jamais dire

— Je crois que vous bandez , Monsieur Parfum. Il s’arrête. Juste un battement. Puis ce sourire — lent, délibéré. Comme si je venais de gagner quelque chose de dangereux.

Sa main glisse plus bas. Et je continue à danser. Comme si je n’avais rien dit. Comme si je n’avais rien senti. Comme si je n’étais pas déjà en train de perdre le contrôle.

Il reste près de moi. Son corps contre le mien. Cette chaleur impossible à ignorer. Puis il s’arrête. Les yeux dans les miens.

— On finit la nuit chez moi ?

Je ne réponds pas tout de suite. Je le regarde. Pas pour jauger. Pour sentir. Le poids de cette question. La chaleur derrière. Et la part de moi qui a déjà dit oui.Je penche la tête. Juste assez pour que mes cheveux glissent sur mon épaule.

— Tu essaies de m’acheter ? Ma voix est douce. Tranchante. Il ne bronche pas. Il ne sourit pas. Il attend. Alors j’attends aussi. Puis je souris. Pas pour séduire. Pour prévenir.

— D’accord. Mais je choisis la musique. Il ne demande pas si je suis sûre. Il tend la main. Et cette fois, je la prends. Brenda me lance un regard. Cynthia lève les sourcils. Mais aucune de nous ne dit un mot.

On traverse la foule. Lentement. Comme si le monde ne nous concernait plus. À la sortie, il s’arrête. Se tourne vers moi. Ses

doigts effleurent les miens.

— Si tu changes d’avis, c’est maintenant.Je le regarde. Longtemps. Puis je franchis la porte. Sans un mot. Sans me retourner. Et derrière moi, le club continue de pulser.

Comme un cœur que je viens d’abandonner.