Avant-propos
L’idée de cette histoire m’est venue au bureau, un jour comme les autres. Une de ces longues journées de chiffres, de mails et de dossiers où tout se ressemble : les mêmes phrases, les mêmes signatures.
J’ai envoyé un message. Un mail simple, banal. Quelques heures plus tard, il avait disparu de ma boîte d’envoi. J’ai cherché, fouillé, actualisé — rien.
Puis le lendemain, il était revenu, à sa place, sans explication. Un détail. Un simple bug, sans importance. Mais ce petit décalage a continué de tourner dans ma tête, comme une question sans fin.
Au travail, tout repose sur la traçabilité : chaque action laisse une marque, une empreinte, une donnée. Et pourtant, ce jour-là, quelque chose s’était effacé.
J’ai gardé cette impression étrange, persistante : celle qu’une personne, un mot, un souvenir pouvaient disparaître du monde sans que personne ne s’en aperçoive.
Pas de bruit, pas de drame.
Juste un vide minuscule, et le réel qui continue, imperturbable.
C’est de là qu’est né "Le Bureau des Absents". D’une idée simple, presque administrative : et si, un jour, l’absence n’était plus un oubli, mais une procédure ordinaire ?
Peut-être que tout commence par un silence. Pas un silence pesant, juste un silence qui s’installe dans les interstices du quotidien, entre deux clics, entre deux respirations.
Ceci est une fiction, bien sûr.
Du moins, je crois.