Beyond the Darkness

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Summary

Pour Marnie, c'est un nouveau départ. Oublier le lycée, les humiliations, et ce passé qu'elle préfère taire. Mais à l'école d'art, tout vacille dès le premier cours de Shade Evans - un artiste reconnu, devenu professeur le temps d'une année. Aussi brillant que déroutant, il est réputé pour son exigence... et sa froideur. Son manque de confiance en elle, cette façon qu'elle a de s'excuser d'exister, l'exaspère. Il la pousse, la provoque, la met face à ce qu'elle fuit depuis trop longtemps - sans savoir qu'il finira, lui aussi, par se perdre à son propre jeu. Car derrière ses yeux sombres et sa rigueur se cachent des blessures qu'il tente d'enfouir. Et quand la frontière entre l'admiration et le désir commence à se fissurer, Marnie comprend que certaines rencontres ne se vivent pas sans danger.

Genre
Romance
Author
Ashelyne
Status
Ongoing
Chapters
9
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1 - Elle

CHAPITRE 1 - E

Marnie. Fin août 2025.

En insérant la clé dans la serrure de mon tout nouvel appartement, une pensée me vient soudainement à l’esprit : fait un vœu, me souffle ma petite voix intérieure. Je ferme les yeux, tâchant de me concentrer afin de ne pas gâcher mon souhait inutilement. Je repense alors à ces deux dernières années, avec leurs hauts et surtout leurs bas.

Concentre-toi Marnie.

Je chasse les mauvais souvenirs de ma tête pour ne garder que le positif.

Oui enfin, plus facile à dire qu’à faire.

Je m’apprête enfin à formuler mon vœu lorsque Nathan me bouscule, faisant tomber mon sac à dos, posé tant bien que mal en équilibre sur mon épaule. Un vacarme assourdissant retentit dans la cage d’escalier, suivi d’un silence de plomb. Je lui jette un regard noir avant d’observer l’étendu des dégâts. Le contenu de mon sac est dispersé au sol et je ne parviens pas à retenir un soupir d’agacement face à tout ce bazar.

Je déteste quand il fait ça.

— Nathan, tu fais chier ! Je lui dis sèchement, ne parvenant pas à cacher mon agacement tout en me baissant pour ramasser mes affaires.

— Oh ça va Marnie, détends-toi un peu.

Accroupie, affairée à remettre mes livres et autres babioles dans mon sac, je le vois tourner la clé dans la serrure. Il entre sans se poser de questions dans ce qui sera mon nouveau chez-moi pour les trois prochaines années à venir. À condition que tu passes la première année. Et la deuxième.

Je lève les yeux au ciel, soupirant, résigné à faire de cet instant un souvenir mémorable. Tant pis, c’était un vœu à la con de toute façon.

— Il est plutôt chouette cet appart. Dit-il, sifflant. T’es sûr qu’il n’y a pas assez de place pour nous deux ? Il se rapproche et m’attrape par la taille pour me tirer vers lui avant de glisser sa tête dans mon cou et d’y déposer quelques baisers.

— Certaine. Un léger rire m’échappe, laissant vite place au malaise. Et puis je ne suis pas sûre que mon père apprécierait d’apprendre qu’il paye pour nous deux… Je le repousse gentiment, ne sachant que trop bien là où il veut en venir. Je n’ai pas la tête à ça aujourd’hui.

— C’est qu’un détail ça, il n’est pas obligé de le savoir si tu ne lui dis rien. Il tente un ultime rapprochement et je le repousse un peu plus vivement cette fois.

— Nate, arrête s’il te plait. J’ai pas envie. Pas maintenant.

— OK Mademoiselle Woods. Il lève les mains en l’air en signe d’abandon. Il recule, prend un air vexé et s’adosse au plan de travail de la cuisine, faisant mine de regarder les alentours, comme si je n’étais pas là. Je me racle la gorge avant de reprendre.

— Je pensais te donner le double des clés, si tu es d’accord ? Au cas où… tu sais… Lui dis-je, essayant de détendre un peu l’atmosphère après l’avoir repoussé. Un sourire satisfait s’affiche désormais sur son visage.

— Avec grand plaisir.

Il dépose un baiser sur mon front, se saisit du double que je lui tends, victorieux, avant de s’écarter pour jeter un œil à son téléphone. Je comprends vite, à la vue de sa mine déconfite, ce qu’il va m’annoncer. Il doit partir dans 3,2,1...

— Je suis vraiment désolée Marne, je dois te laisser.

Zéro.

— Laisse-moi deviner. Andy ?

— Andy. Me confirme-t-il d’un air coupable, pointant son index, le pouce levé dans ma direction.

— Est-ce utopique d’espérer qu’un jour, il finira par apprendre à placer un pied devant l’autre sans que tu aies besoin de lui rappeler chaque jour qui passe comment il doit faire ?

Bien que j’apprécie beaucoup Andy, il a toujours été un peu comme la troisième roue du carrosse de notre relation. Nous allons bientôt fêter nos deux ans avec Nate et je pourrai presque en dire autant d’Andy. Comme ils se connaissent depuis toujours, je n’ai jamais trop eu mon mot à dire sur leur amitié. Mais je dois bien avouer que parfois, il m’arrive de me demander si un jour, on venait à se marier, est-ce qu’il fera partie du contrat de mariage ?

— Je me rattraperai, promis. Je t’aime Marne ; dit-il, déposant furtivement un baiser sur mes lèvres. Il fait sauter le trousseau de clés en l’air avant de le rattraper, me gratifie d’un clin d’œil et claque la porte sur ces entrefaites.

Enfin seule.

Je peux souffler et prendre le temps de me familiariser avec mon nouveauchez-moi.

Je commençais sérieusement à me sentir à l’étroit dans ma chambre d’ado. J’habitais avec ma mère dans une petite maison faite de briques rouges à Richmond, typique de l’Angleterre.

Nous avons toujours eu une relation mère fille en dent de scie. Parfois tout allait bien entre nous, on était presque complice tandis qu’à d’autres périodes de ma vie, beaucoup moins. Elle n’est pas le genre de mère à qui l’on peut réellement se confier. Elle trouve toujours le mot qu’il faut pour vous faire regretter de vous être un peu trop ouverte à elle. Cela dit, je n’étais pas du genre à trop m’épancher non plus sur mes déboirs. J’ai toujours préféré les écrire ou les dessiner. Mais ces derniers mois, l’ambiance était plus tendue à la maison.

Elle n’accepte pas particulièrement ma relation avec Nate, me reprochant de m’enfermer dans cetteamourette de jeunesseet que je risque de m’y perdre. Elle ne souhaitait pas qu’il vienne à la maison, ce qui, par la force des choses, me poussait à rester chez lui sûr de plus ou moins longues périodes. Ses parents étant très souvent en voyage d’affaires, cela ne semblait pas les déranger.Étaient-ils seulement au courant ?Au moins, grâce à cela, je n’avais plus à entendre ses critiques et ses reproches incessants sur à peu près tous les aspects de ma vie. Néanmoins, cette situation ne lui plaisait guère plus et elle trouvait toujours quelque chose à redire lorsque je venais passer quelques jours à la maison.

Lorsque j’ai reçu ma réponse d’admission dans ma future école, la Royale College of Art, il m’est apparu évident que prendre mon indépendance serait la meilleure des solutions. Pour elle, pour moi, pournous.Au moins, ici, je n’aurai de compte à rendre à personne.Bien quemes parents n’aient jamais vraiment compris mon attrait pour l’art, c’est aussi grâce à eux que je vais pouvoir y étudier et faire de ma passion mon avenir.

Mon appartement est plutôt grand pour une étudiante, surtout à Londres. Ces quelque 35 m² m’offrent un salon/salle à manger/cuisine tout-en-un avec une chambre et une petite salle de bain séparées pour mon plus grand bonheur. Une large fenêtre en bois typique de l’Angleterre, avec son petit renforcement, éclaire la pièce, laissant entrer les rayons du soleil qui se reflètent sur le mur, là où se situera mon futur canapé. C’est l’endroit parfait !

Je n’aurais jamais pensé pouvoir trouver un petit bijou comme celui-là en plein cœur du quartier de Fitzrovia, à deux pas seulement de SOHO. Moi qui adorais y venir pour arpenter ses ruelles et m’y perdre, y découvrir un véritable musée à ciel ouvert quand je n’y habitais pas encore, voilà que je peux désormais m’y rendre quand bon me semble.

Le loyer est assez conséquent, mais je peux au moins remercier mon père de chercher à combler son absence par son soutien financier. Grâce à lui, je peux entamer cette nouvelle période de ma vie loin de la négativité de ma mère.

Il faudra que je pense à l’appeler pour lui dire que je suis bien installée.

Je m’aventure ensuite dans ma chambre et m’assoit sur mon lit qui, heureusement, est l’un des premierset seulmeuble avec quelques cartons à avoir été livré et monté avant que je n’emménage. Le reste de mes affaires devraient arriver dans les jours qui suivent.

Je sors mon téléphone de ma poche et regarde l’heure : 16 h 15. Le stress de ces derniers jours m’a empêché de dormir correctement et je sens enfin la pression retombée. Je m’allonge sur mon lit, fixant le plafond tandis que je me perds dans le fil de mes pensées.

Les cours vont commencer dans à peine une semaine. Je ne connais personne dans ma future école. Ce n’est pas plus mal. Après tout ce qui s’est passé au lycée, j’ai bien cru ne jamais réussir à obtenir mon BAC.Ni même finir l’année en vie.J’espère pouvoir faire table rase du passé. Une nouvelle vie, pour une nouvelle moi. Voilà mon nouveau crédo.

Aujourd’hui marque le début d’un nouveau départ.

Petit à petit, mes pensées s’enchaînent et perdent peu à peu leur sens. Je sens mes paupières s’alourdir et le sommeil s’emparer de moi. Je me laisse aller, perdant peu à peu contact avec la réalité.