L'encre et la sueur Tome 2

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Summary

Les cicatrices racontent l’histoire. L’encre, elle, révèle la vérité. Après les événements qui ont brisé son équilibre, Ava pensait avoir trouvé un souffle de paix. Mais le répit n’était qu’un mirage. Dans ce deuxième tome, la jeune étudiante découvre que les marques qu’elle a sur la peau ne sont pas que des œuvres d’art : c’est la prémonition d’un retour. De son retour. Tôt ou tard. Entre trahisons, sueur, nuits brûlantes et révélations, Ava devra choisir : laisser son ignorance la consumer… ou maîtriser le roi du jeux avant qu’il ne la détruise.

Status
Ongoing
Chapters
15
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 — La lumière qui fait mal

La lumière pénétrait à travers les stores mi-clos, crue, implacable. Chaque rayon frappait Ava comme un rappel brutal qu’elle n’était plus dans l’obscurité rassurante de l’inconscience, mais dans la réalité aseptisée et impitoyable de l’hôpital. La pièce était silencieuse, sauf pour le bip régulier des machines qui surveillaient son corps et le murmure lointain des couloirs. Elle cligna des yeux, essayant de se souvenir… mais tout était confus. Des bribes d’images, des sons, des sensations, rien de cohérent.

Puis elle le vit.

Léo. Assis près de son lit, le visage marqué par la fatigue et l’angoisse. Il avait les yeux rouges, les traits tendus, mais il ne bougeait pas. Comme s’il craignait qu’un geste brusque puisse la faire sombrer à nouveau. La simple présence de Léo provoqua un frisson dans le corps d’Ava, mélange d’apaisement et de panique.

Elle tenta de parler, mais la gorge sèche et douloureuse ne produisit qu’un souffle rauque. Ses mains tremblaient et se crispèrent instinctivement sur le drap, ses doigts cherchant un appui. Léo, remarquant ce tremblement, lui saisit la main avec une précaution infinie. Le contact fut un ancrage, un fil fragile mais réel qui la rattachait au monde.

« Ava… tu es réveillée… » murmura-t-il, la voix tremblante, brisée par l’émotion.

Elle inspira difficilement, essayant de rassembler les fragments de mémoire qui se disputaient dans sa tête. Julien. La colère dans ses yeux, sa force, la brutalité, le choc, la douleur… et le blanc. La dernière image qu’elle conservait était celle de ses vêtements déchirés, de la peur qui l’avait paralysée, et puis le silence. Les sirènes au loin, et Julien qui disparaissait. Rien de plus.

Ava sentit une douleur sourde derrière ses yeux, et la nausée monta. Son corps était un champ de bataille silencieux : chaque muscle, chaque articulation, semblait hurler qu’ils avaient été malmenés. Elle porta une main à sa tête et sentit le bandage autour de son crâne. Traumatisme crânien. Elle devait rester immobile, respirer lentement, mais son corps refusait de se calmer.

Léo s’inclina vers elle, posant doucement son front contre le sien. « Je suis là… je suis là… » murmura-t-il. Sa voix tremblait, et Ava sentit la sincérité et la peur dans chaque syllabe.

Elle ferma les yeux un instant, laissant les souvenirs surgir malgré elle. Le visage de Julien, ses mains, la rage, le chaos. Puis la fuite, les sirènes. Sa peur. Sa vulnérabilité. Et le sentiment de violation, même si rien ne s’était produit, juste l’humiliation, la terreur et le déchirement de ses vêtements. Elle sentit son estomac se nouer, son cœur battre trop vite.

Léo serra sa main avec force. « Je suis désolé… je… je suis celui qui aurait dû être là… » La culpabilité pesait dans sa voix, palpable, presque physique. Elle sentit sa propre colère envers lui, mais elle sut qu’il ne se le pardonnerait jamais. Léo était rongé par l’idée de l’avoir laissée seule, et par celle que Julien ait pu lui faire du mal.

« Ne dis pas ça… » souffla-t-elle, sa voix fragile. « Tu es là maintenant… c’est tout ce qui compte… »

Il la regarda, les yeux brillants de larmes qu’il refusait de laisser couler. La rage, la culpabilité, le désespoir se mélangeaient dans son regard. Chaque détail de ce qu’elle avait subi le remplissait de colère, mais aussi de peur. Peur de la perdre, peur de ce que le monde pouvait encore lui faire, peur qu’elle se ferme à jamais.

Il s’agenouilla à ses côtés, rapprochant son visage du sien. « Ava… je t’aime… je t’ai toujours aimée… » Les mots étaient simples, mais portaient un poids qui fit trembler Ava. « Je ne peux pas supporter l’idée de te perdre… plus jamais… je te le promets… je ne te laisserai jamais seule. Jamais. »

Les larmes vinrent. Silencieuses, brûlantes, mais salvatrices. Ava se laissa aller contre lui, sentant la chaleur de son corps, la force de sa présence. La pièce, la douleur, les souvenirs confus, tout disparut un instant. Il y avait seulement eux, leur souffle, le rythme de leurs cœurs, et ce fil invisible mais réel qui les reliait.

Elle posa une main sur la joue de Léo, la caressant doucement. La douceur du geste contrastait avec l’intensité de l’émotion. Il répondit par un frisson, serrant ses mains plus fort. « Je ne t’ai jamais laissé tomber… pas maintenant, pas jamais… »

Ils restèrent ainsi longtemps, immobiles, respirant ensemble, parlant peu, laissant le silence et le contact exprimer ce que les mots ne pouvaient contenir. Ava sentit sa peur reculer légèrement, remplacée par un mélange fragile de sécurité et de désir de guérison. Léo était là. Il ne partirait pas.

À travers les éclats de souvenirs, elle se rappela des détails : la brutalité de Julien, le choc, le goût métallique du sang, la peur de ce qui aurait pu arriver. Mais chaque pensée douloureuse était adoucie par la présence de Léo. Il la maintenait dans un équilibre précaire, un sanctuaire fragile dans lequel elle pouvait respirer.

Les heures passèrent, ponctuées par les bruits de l’hôpital, les machines, les pas des infirmières. Léo resta à ses côtés, silencieux, attentif à chaque respiration, chaque mouvement. Il ajustait son coussin, rapprochait ses couvertures, murmuraient des mots doux, des promesses répétées, des aveux de culpabilité et d’amour.

Ava finit par fermer les yeux, son front contre son épaule, et laissa les larmes s’écouler librement. Le monde extérieur n’existait plus. Il n’y avait que Léo, et cette certitude fragile mais puissante qu’ils traverseraient cette épreuve ensemble. Elle se sentait vulnérable, mais en sécurité, soutenue par quelqu’un qui ne la laisserait jamais tomber.

Et alors que la nuit enveloppait la chambre, Ava comprit que ce lien, cette présence, était plus fort que la peur, plus fort que la douleur, plus fort que le chaos qui avait envahi sa vie. Avec Léo, elle pouvait commencer à se reconstruire, morceau par morceau, respirer, ressentir, survivre.

Parce que parfois, savoir qu’on est aimé assez pour que quelqu’un reste, même quand tout s’écroule, suffit à tenir debout.