Le parc n’a rien d’innocent

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Summary

Yanis, mec de quartier qui joue les durs, passe ses nuits au Parc Royal, un lieu où les hommes viennent chercher ce qu’ils ne montrent jamais en plein jour. Sous les lampadaires, il découvre les codes, les profils, les habitudes, mais aussi tout ce que ces nuits peuvent avoir de sombre et de dangereux. Entre anonymat, pulsions, rencontres imprévisibles et situations qui tournent mal, il raconte ce que beaucoup ne voient pas : la vraie face du cruising. Au fil des épisodes, on suit ses soirées, ses choix, ses prises de risques, et tout ce que ça réveille en lui. Une histoire de 149 pages en 5 épisodes, réaliste et inspirée de faits réels. Réservée à un public adulte (+18). du fait du langage et de certaines scènes qui peuvent heurter la sensibilité.

Genre
Lgbtq
Author
seb
Status
Complete
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1


Moi, c’est Yanis, 27 ans, 1m80, sportif, légère barbe, cheveux rasés, torse imberbe, juste quelques poils au niveau du nombril et aux jambes, cul, bite et couilles complètement rasés, la raie et la rondelle aussi, j’préfère. J’suis un mec de cité, un gars qu’on voit direct : capuche, regard qui te dit “bouge”, toujours prêt à jouer les durs. Là où j’ai grandi, c’est comme ça. Faut être fort, montrer aucune faille, sinon t’es dans la merde. Ici, tout est dans l’apparence, tu parles pas de tes émotions. Les doutes, les faiblesses? Laisse tomber, ça n’existe pas. Enfin, pas officiellement.

Mais la vérité, c’est que je me bats avec moi-même. Y’a un truc en moi qui colle pas. J’sais pas trop ce que c’est, mais je le sens, tout le temps. Alors, la nuit, je traine au Parc Royal. Pas pour fuir, non. Plutôt pour chercher. Chercher quoi, tu vas me dire ? J’en sais rien exactement. Des réponses, m’faire un p’tit plan cul rapide, une bonne baise pour m’vider les couilles.

Ici, sous les lampadaires, dans l’ombre, j’me permets d’être quelqu’un d’autre. Ou peut-être juste moi, enfin, pas longtemps, juste le temps de baiser et gicler. Mais c’est pas simple. Parce qu’entre le masque que je porte tous les jours et ce que je ressens vraiment… y’a un putain de fossé. Et moi, j’suis là, coincé au milieu, à essayer de comprendre où je vais, même si j’sais ce que je viens chercher.

Je vais pas te mentir, je suis pas à l’aise avec tout ça. C’est comme si j’étais coincé entre deux mondes. Celui où je fais genre, je contrôle tout, et celui où je laisse les trucs que je ressens, prendre le dessus. Mais ça, je le dis à personne, jamais. Sinon j’suis mort.

Alors ouais, je suis Yanis. Un mec comme les autres, mais pas vraiment. Un mec qui traîne, qui fume, qui parle pas trop. Mais si tu veux savoir pourquoi je suis vraiment là… t’as qu’à attendre, comme moi. Sûrement cette nuit, on va trouver la réponse et ca sera d’office le froc abaissé, une bonne queue en main, dans un buisson.


Parc Royal, Bruxelles. En plein centre-ville, posé là comme un décor de carte postale. Mais sérieux, royal mon cul. En journée, c’est plus ou moins clean, assez fréquenté. Touristes qui mitraillent les statues avec leur téléphone, les familles qui traînent leurs gosses, les chiens qui marquent leur territoire tous les dix mètres. Y’a ceux qui viennent pour bronzer, d’autres pour vider des canettes, et bien sûr, les joggeurs. Ceux qui courent vraiment, et ceux qui… disons, finissent leur course dans un buisson, en pratiquant un tout autre sport. Mais la nuit… c’est un autre délire.

Dès que le soleil disparaît, le décor change. Ça devient un terrain de chasse. La lumière des lampadaires balance une lueur jaune pisseuse, les ombres s’allongent, les allées se vident des passants lambda. Ceux qui restent ? Ils savent pourquoi ils sont là.

Ce soir, l’air est lourd, chargé d’un truc différent. J’le sens. Ça bouge pas comme d’habitude. Ça sent le neuf, le fragile, les mecs qui découvrent, qui hésitent. Ça respire, ça vibre, et moi… ça m’donne faim.

Y’a un putain de calme qui te fout mal à l’aise. Le genre de silence qui te met en alerte. Chaque bruit, chaque craquement, te fait lever la tête. Une branche qui pète, un frottement sur le gravier… ça réveille tes sens, ça t’excite autant que ça t’met sur tes gardes.

J’suis bien ici. Posé, en mode veille. Pas trop de lumière, pas trop d’emmerdes. J’suis pas venu pour me balader, ni pour cogiter sur ma vie. J’suis là pour observer. Pour tester. Pour prendre mon pied. C’est ici que les mecs viennent quand ils veulent tout lâcher, s’évader de leur routine de merde, mettre leur cerveau sur off.

Ici, personne vient pour faire la causette. Ceux qui traînent savent déjà pourquoi ils sont là. Et si t’sais pas, t’apprends vite. C’est simple, efficace. Pas de présentation, pas de conneries. Tout passe dans les regards, les gestes, la façon dont un mec t’observe, dont il bouge. Un pas en avant, un regard trop intense… et t’as capté. Ici, les mots sont inutiles. Et moi ? J’suis là pour capter ce qui se joue.

J’sais, ça peut paraître chelou. Glauque, même. Mais bizarrement, ça me calme. Ça m’apaise comme rien d’autre. Pourquoi ? J’en sais rien. Mais c’est comme ça.


Les meilleurs moments, c’est quand tu sens qu’un truc va arriver. Tu sais pas encore quoi, mais c’est dans l’air. Une tension. Un putain d’équilibre fragile avant que ça bascule.

Mes yeux fouillent tout. Les silhouettes qui se glissent dans l’ombre. Les petits bruits, les souffles, les pas hésitants. J’capte chaque mouvement, chaque regard, chaque hésitation. Mais j’bouge pas.

J’attends.

Parce que la nuit finit toujours par te donner ce que j’veux.

Ici, y’a pas d’loi écrite, mais tout l’monde sait c’qui s’passe. Les règles, elles sont dans les regards, dans les gestes. Tu captes ou tu captes pas.

T’as les mecs qui viennent pour mater, qui traînent mais ils socialisent, ils se cherchent des excuses pour rester. Genre, ‘Ouais, j’viens juste voir, pour discuter’. Lol c’est des conneries tout ça. Ils zonent, ils tournent en rond comme des chiens perdus., ils font semblant d’attendre un pote qui viendra jamais. Mais on sait tous qu’au bout d’un moment, ça baisse son froc.

Ensuite, t’as les petits nouveaux. Les fragiles. Ceux qui ont encore les jambes qui tremblent, qui savent pas trop c’qu’ils foutent ici mais qui peuvent pas s’empêcher d’rester. Ça regarde en douce, ça check son tel, ça hésite. ils observent de loin, et apprennent très vite les codes. Mais ouais, on sait tous que ces mecs-là, ils reviennent toujours.

Et puis, y’a les indécis. Ceux qui viennent “tester”, voir si ça les fait bander ou si ça les fait flipper. Les mecs qui marchent vite mais sans destination, qui passent et repassent, qui s’prennent la tête avec leur propre queue.

Et y’à ceux qui veulent un truc rapide, qui traînent pas, qui savent déjà où ils vont, qui checkent deux secondes, qui croisent un regard et hop, passent à la casserole. Un coin sombre, une ruelle, un passage éclair et c’est fini. Pas d’perte de temps, pas d’blabla. C’est la baise express.


Et pour finir, t’as les vrais, les chasseurs, les mecs qui savent ce qu’ils veulent., les crèves la dalle du cul. Ils peuvent passer la nuit à niquer, à enchainer les mecs. Pas de détour, pas de chichi. Ils sont là pour une bonne bite à pomper, un cul à niquer, ou s’faire exploser la rondelle dans un buisson. Ils viennent pour baiser, pour s’oublier, pour se lâcher, être quelqu’un d’autre pendant une nuit.

Ici, tout est permis, Tant que tu taffes bien, y’a pas d’jugement, pas de morale. Juste l’instinct.

Moi, j’suis dans l’entre-deux. Ni voyeur, ni gros chien affamé. J’suis là pour prendre mon pied, point barre.

Je marche seul dans l’allée, capuche bien tirée, les mains calées dans mes poches de survêt, il me va comme un gant, je suis frais, j’suis prêt. j’laisse mes pompes trainer sur le gravier, juste c’qu’il faut pour qu’tu captes qu’j’suis là, mais pas assez pour m’faire griller.. J’me sors une clope d’un paquet éclaté, la cale entre mes lèvres et je l’allume avec mon briquet Lidl. Ouais, cheap, mais efficace.. J’tire une grosse taffe, mes joues se creusent, j’souffle lentement la fumée. Elle s’fond dans l’air, comme tout ici, tout disparaît vite.

J’scanne tout.

Les bruits, les silhouettes qui filent entre les arbres, les mouvements louches, les mecs qui hésitent.

Là-bas, y’en a un qui s’croit discret, appuyé contre un arbre, clope au bec, l’air ailleurs. C’est du fake. Il attend, il check, il guette. Il veut qu’on vienne à lui.

Plus loin, un autre qui traîne, il marche lentement, les mains dans les poches, le regard en mode radar, il repère qui fait quoi.

La chasse commence.


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