Prologue "Phénix"
Prologue :
« Phénix »
« Il restera de toi ce que tu as donné »,
Simone Veil.
12 ans auparavant…
SUNNY & CALE
— Un échec n’a de la valeur que si tu en fais une réussite par la suite. Ce qui fait de toi quelqu’un de fort, c’est ta capacité à apprendre de tes erreurs. C’est en se relevant et en surmontant les épreuves que l’on devient un phénix. Que l’on est un phénix. Abandonner est interdit, mes enfants.
Il y avait des discours qui changeaient le cours de votre vie. Qui s’insinuaient en vous si profondément qu’ils vous transformaient. Faisaient de vous quelqu’un d’autre, annihilaient votre nature profonde. Ce discours en faisait partie. Il nous conditionnait depuis notre plus tendre enfance et faisait de nous des marionnettes. Il était impossible d’y échapper. Il nous avait été impossible de faire autrement que de nous y soumettre. Nous n’étions que des enfants à l’époque. Et quel enfant se rebellait contre ses parents, à même pas 7 ans ? Certainement pas nous.
Mais peut-être aurions-nous dû.
— J’ai confiance en vous, mes amours, disait notre mère avec un grand sourire. Je sais que vous en serez capables. Vous êtes déjà si forts. Ta rapidité et ton agilité sont impressionnantes, Sunny, et ton intelligence et ta détermination feront de toi un adversaire redoutable sur le terrain, Cale.
— Vous brillerez mes enfants, enchainait mon père.
Et quel enfant ne rêvait pas de briller ?
— Vous serez invincibles. Ne craignez pas le feu que vous sentez sommeiller en vous. Il ne vous brûlera pas. Vous apprendrez à le dominer, à en faire une flamme qui vous mènera à la victoire. L’âme du basket coule dans votre sang, elle vous aidera à déployer vos ailes. Vous verrez, mes enfants, bientôt, vous serez les joueurs les plus dangereux de votre génération.
Comme vous avant nous, papa ?
— Vous nous rendrez fiers, mes amours. Tellement que vous serez notre plus belle victoire.
Et quel enfant ne voulait pas rendre fiers ses parents ?
À ce moment-là, nous sentions arriver l’instant qui bouleverserait nos vies. Inconsciemment, nous savions que ce qui allait suivre signerait à la fois le début de notre existence.
Et l’annonce de notre mort.
Et nous étions là, face à ceux que nous aimions plus que tout, à ceux qui nous avaient donné la vie, et nous l’attendions avec impatience.
— Vous serez des phénix, mes enfants, déclama alors notre père, tandis que nous restions scotchés à ses lèvres, et ce fut alors le début et la fin de tout. Vous brillerez d’une lumière si intense, que vous éclipserez quiconque ose vous défier. Vous brûlerez d’un feu si chaud, qu’il deviendra la rage qui vous donnera l’énergie de continuer. Vous raflerez chaque victoire, vous remporterez chaque compétition. Vous serez applaudis pour les trophées que vous brandirez. Et nous, comme le reste du monde, nous serons à vos genoux, et nous vous vénérerons.
— Voyez-vous, mes amours, comme votre vie sera belle ?
Oh oui, nous le voyions, maman…
— Le chemin sera certes parsemé d’embuches, et vous devrez surmonté de nombreuses épreuves pour y parvenir, mais nous serons là pour vous épauler. Chaque fois que vous voudrez abandonner, nous serons là pour vous intimer à continuer.
— Et à chaque fois que vous tomberez, nous serons là pour vous aider à vous relever.
— Nous ne vous tendrons pas la main, car c’est à vous seuls d’apprendre à vous relever, mais nous resterons face à vous, à attendre que vous vous remettiez debout. Et vous y parviendrez, vous y parviendrez toujours, car c’est ce que font les phénix. Ils renaissent de leurs cendres à l’infinie. Sur le terrain, comme dans la vie, vous serez immortels, mes enfants. Personne ne pourra vous abattre. Personne. Vous serez plus forts que tout.
— Je sais que cela peut paraître un petit peu difficile à concevoir à votre âge…
Ou peut-être que c’était trop facile à concevoir, au contraire…Au plus profond de nous, nous visualisions parfaitement de quoi serait faire notre avenir, maintenant que vous en étiez les maîtres.
Un avenir fait de flammes dorées.
Et de cendres noires.
— Mais n’oubliez pas que nous serons toujours là pour vous et que vous ne serez jamais seuls. Nous voulons le meilleur pour vous, comme tous les parents, parce vous comptez plus que tout pour nous, vous comprenez ?
Bien évidemment, maman.
— Vous êtes la chair de notre chair. Nous brûlerions le monde pour vous. Alors, mes chers enfants, il est temps pour vous de vous tenir face à face avec votre destin.
-Et surtout, ne nous décevez pas, mes grands phénix. Ne cessez jamais de briller.
Présent…
SUNNY
J’avais cessé de briller aux yeux de mes parents dès le moment où j’avais choisi le volley et non le basket.
CALE
J’avais cessé de briller aux yeux de mes parents dès le moment où j’étais tombé amoureux d’un garçon.