La reine borgne T1. Le choix de la doublure.

All Rights Reserved ©

Summary

Ma vie était toute tracée. Mon destin choisi. Je n'ai jamais eu à faire mes propres choix. Et ça m'allait très bien ! Mais ils m'ont trahis, ils m'ont volé. Mes rêves, mon existences, mes espoirs. ils se sont même approprier mes peurs. Ils m'ont emmené en enfer. Et j'en deviendrai la reine. Je les brûlerais. Tous.

Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Chapitre 1. Descente aux enfers

L’air du dehors était froid, humide, pénétrant, de celui qui pénétrait dans les os et vous paralysait sur place présageant d’un mois de givresol particulièrement froid. Mème si on prenais en compte que nous étions dans le cycle de givre, les températures étaient incroyablement basse en comparaison des normales de saisons. Je marchais d’un pas rapide, tenant contre moi le précieux sac contenant un important contrat de vente de marchandises, dont des vivantes, que ma mère souhaitait par dessus tout, il était la clé qui nous ouvrirait la porte du marché royale. Ma mère, Marcia Béharia, était l’image même de la femme forte. Je l’admirais pour cela. Elle avait toujours le contrôle, quelque soit la situation. Le code des femmes incarnée. Jamais un mots de trop, toujours tirée à quatre épingles, et malgré les difficultés qu’impliquait de gérer à elle seule « l’empire marchand Béharia » elle avait su m’éduquer, s’occuper de moi, afin qu’un jour, je reprenne les rennes du commerce. Cependant j’en était encore loin. J’avais beau avoir atteint l’âge de me marier, j’étais encore naïve, impulsive, faible. Mais aujourd’hui, jour de mon seizième anniversaire, je me faisais le serment de ne plus flancher, de respecter le code à la lettre, comme ma mère. Il le fallait. Je deviendrais la fille idéale, sa réplique parfaite.

Une sonnette me sortit de ma rêverie. Le tramway était arriver, et j’étais encore loin de l’arrêt. Quelle idiote ! Je m’étais encore attardée et maintenant j’allais rater le seul train qui me ramènerais chez moi à l’heure. Agrippant fermement mon sac, je pressais le pas, sans toutefois aller jusqu’à courir, aucune femmes ne s’abaisserais à cela sur la voie publique. Je dus toutefois jouer des coudes, ce qui ne passa pas inaperçus, et j’entendis quelque fois des commentaires outrés concernant mon comportement, mais je m’en fichais, je ne devais en aucun cas être en retard. Alors qu’un deuxième coup de sonnette avertissait de la fermeture des portes, je réussi à me faufiler dans le wagon déjà surpeuplé. Ignorant les quelque regards curieux, je me tournais vers la vitre afin de remettre de l’ordre dans ma tenue. Etre impeccable, en toute circonstance.

Mes jupes étaient un peu en désordre, et ma coiffure avaient lourdement payé les conséquences de ma course. Je m’empressais de remettre mes jupes en ordre et replaçais les flamboyantes mèches folles dans mon chignon et réajustais mon bibi sur ma tête. Derrière moi, beaucoup de regards m’observais, je soupirais, un peu gênée, malgré le fait que le code nous oblige à la plus grande discrétion, j’étais loin de l’être. Ma chevelure rousse, presque rouge, contrastait avec ma tenue mauve. J’aurais sans doute été jolie en vert ou en jaune, mais ces couleurs étaient réservé aux agriculteurs et la deuxième aux soignants. Nous étions des marchand, et les marchand sont représentés par le violet. Plus clair était la teinte, plus noble était le statut, et je pouvais m’enorgueillir de ne porté que du lilas ou du mauve. Bientôt, dès que mère aurait signé les contrats que je tenais contre ma poitrine, je pourrais même aller au grand palais, on racontait même que la place du ministre du quartier marchand serrait bientôt vacante et cela n’était un secret pour personne que mère la convoitait. Derrière la vitre, je voyais les grande tours de métal et de verre briller des derniers rayons du soleil, dans peu de temps, la nuit engloutirait la ville, et les derniers passants se pressaient, luttant contre le froid mordant afin de rentrer chez eux au plus vite. Je les regardais avec un certain mépris, dans peu de temps, je ne serrais plus obliger de supporter tout cette plèbe, je vivrais près du palais, dans un appartement privé, avec force de domestique à mes ordres, partageant mes journées entre mon empire marchand et les bals royaux. Peut-être aurais-je même le droit d’accompagner mère à quelque unes de ses réunions de ministres.

Soudain, je sentit un frôlement sur ma hanche. Dans la vitre, je vis un homme qui se tenait dos à la vitre, faisant mine de regarder sa montre à gousset mais dont la main droite caressait malencontreusement mes jupons, consciente de la promiscuité que nous imposait le wagon bondé, je fis cependant quelque pas sur le coté afin de m’éloigner autant que possible, sans toutefois donné l’impression que je fuyais, mon voisin à la main baladeuse. Quelle ne fut pas ma stupeur quand, quelque instant plus tard, je le vis se rapprocher de moi, faisant fi de la discrétion, et que cette fois, sa main caressa ouvertement ma hanche. Outrée, je me crispais aussitôt, et me tourna vers lui,espérant que mon seul regard le ferrais cesser son pelotage honteux, mais l’homme tint mon regard, un sourire en coin aux lèvres. L’ignoble, il me touchait ouvertement et ne s’en cachait même pas. Pire, cela semblait le faire rire. Sa main trouva le chemin jusqu’à ma cuisse et la pinça violemment, assez pour me faire tressaillir. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne pouvais rien faire. Il était inconvenant de réagir en publique, et cela ne serrait venu à l’esprit de personne de faire une scène dans un wagon de tramway en heure de pointe. D’autant plus pour une femme. Une femme ne s’abaisse jamais à montré ce qu’elle ressens. Etre froide, en toute circonstance. Ne pas ressentir, ne pas réagir, être au-dessus. Car plus que tout, j’avais peur d’attraper l’hystérie, ce fléau qui avait transformé tant d’honnête femme en loque tout juste bonne à être enfermée dans des maison spécialisée, les fameuses « maison d’hystériques », et si cela se savait, c’était la disgrâce de toute la famille. Je ne pouvais me le permettre, pas alors que j’étais si près du but. Pas pour une chose aussi futile. Oui c’était cela. Futile. Un malotru qui vous tripotais, pas de quoi en faire toute une histoire, cela était arriver à toute les femmes, et bon nombres d’entre elles y survivais très bien. Ce serrais mon cas également.

Juste un mauvais moment à passé. Me répétais-je comme un mantra alors que je sentais la main du porc qui m’avoisinait remonter sur mon ventre. Même à travers le tissus, je sentais sa saleté, comme si il laissait à travers les couches de vêtement, une pellicule crasse, visqueuse, qui me donnait la nausée. Derrière nous, je vis un homme nous regarder, mais dès que nos regards se croisèrent dans la vitre, il détourna le regard, honteux. Plus loin, un groupe de trois dames, avoisinant la cinquantaine, chuchotaient entre elles, tout en me lançant de furtifs regards, mi outrés mi moqueurs qui ne laissait pas beaucoup de doute tant au sujet de leurs discussions animées. Je ne comprenais pas. Personne n’allait donc réagir ? Je savais bien que le code n’encourageait pas ce genre d’initiative, mais, je n’étais qu’une jeune fille ! Ils ne pouvaient pas me laisser me faire violenter de la sorte ! Terrorisée, désespérée, mon corps refusais de bouger, j’étais là, seule, paralysée par la peur et l’horreur de la situation. C’est alors qu’une larme solitaire s’échappa de mes yeux, alors que mon bas-ventre souffrait des infâmes traitement que mon voisin lui faisait subir. J’avais peur, mais je ne pouvais rien faire, et personne ne viendrait m’aider. Alors je me laissai faire, espérant, priant, pour que quelque chose, n’importe quoi, vienne la libéré de cet enfer. Mais rien ne vint. Ils savaient, tout le monde ici savaient, mais ils avaient peur. Tous. De l’hystérie ou bien de la réaction de mon harceleur face à une supposé action de sauvetage. Alors tout le monde se taisaient, et personne n’agissais. Alors je pris mon mal en patience, et, dès que les portes du wagon s’ouvrirent, je me jetais littéralement au dehors, sans prendre réellement conscience que j’ignorait ou je me trouvais. Seule comptais la distance que je mettrais entre moi et l’ignoble personnage dont je ressentais encore les mains moite me souillé le corps de ces caresse abjectes. Parcourue d’un mauvais pressentiment, je jetais un regard par dessus mon épaules et le vis, lui, qui discutait aimablement avec un passant tout en me gratifiant d’un regard plus que lubrique. Un sourire carnassier lui traversa le visage quand il compris que je l’avait reconnus. Pressant le pas, je m’engouffrai dans les ruelles au hasard, espérant retomber sur une rue que je connaitrait, mais l’obscurité de plus en plus forte, doublée de la terreur qui me gelait le cerveau, me rendaient la tâche impossible. Petit à petit, je m’enfonçais de plus en plus entre les maisons crasseuses, je remarquais alors les volets et portes aux diverses nuances rose. Je me stoppais net. Je savais où j’étais, le quartier rose. A Séalta, chaque corps de métier correspondait à une couleurs, ainsi on pouvait facilement reconnaître une personne du même métier que nous, les marchand tel que ma mère et moi étions en violet, le rouge était réservé aux soldats, quant au rose...le rose était la couleur du quartier des plaisirs. Je pris alors conscience de toutes les femmes, fort peu vêtue, qui me lorgnaient, mécontente de trouver une nouvelle concurrente sur leurs territoire. L’air désertait mes poumons, et le monde tournoyait autour de moi, la panique. Elle m’envahissais comme une vague poisseuse et me collait à la peau comme du goudron. Je m’efforçai alors de citer trois choses violettes autour de moi. Une fleur dans un parterre, le mouchoir, que qu’un monsieur portait à sa bouche comme pour l’empêcher de respirer les vapeurs du quartier alors même qu’il suivait de bonne grâce une rondelette au décolleté obscène. Et en dernier… mon sac. Oui mon sac, celui que contenais une petite fortune, celui qui procurerait à mère la gloire qu’elle attendais de pieds ferme, celui qui allait clore l’un des plus gros contrats avec la couronne, celui qui nous donnerais enfin, le monopole du marché royale. Reprenant mes esprit, je me dirigeais vers la grosse avenue la plus proche, avec un peu de chance, j’y trouverais une indication pour la gare de tramway la plus proche. Alors je pourrai reprendre mon chemin, et arriver, certes en retard mais en bonne santé, et surtout avec la marchandise intacte, à la maison. Peut-être qu’en écoutant mon récit mère me pardonnera-t-elle mon heure tardive. Mais je n’en étais pas certaine.

« - Hey ma jolie, tu t’es perdue ou bien ça fait bander les noblos de ce taper les jeunes marchandes ? »

Je me tournais vers l’homme qui m’avais interpelé, car oui sa réplique m’était destinée, sans aucun doute, personne d’autre ici, parmi la gente féminine s’entend, ne portait de robes violettes, de plus ma tenue était lilas, témoin de mon rang assez élevé. Les filles de joie elles, étaient en rose, et les criminels en noir. Autant dire, les deux couleurs les plus fréquentes en ce lieu de débauche.

L’inconnu n’était pas seul, il était accompagné de deux autres hommes, et leurs habits bordeaux m’apprirent que c’étaient des militaires de rang assez bas, cependant ils serraient suffisant pour m’escorter jusqu’à chez moi. Peut être que, enfin, la chance me souriait. Rassurée, je m’approchais d’eux d’un pas rapide, serrant ma précieuse cargaison contre moi.

« - Messieurs, m’expliquais-je, je…je ne sais comment vous faire part de mon soulagement de vous trouver en ce lieu. Voyez-vous, j’ai été poursuivi jusqu’ici par un malotru aux mains baladeuse alors que je prenais le tramway 4. Par peur, je suis sortie précipitamment sans même prendre la peine de savoir où j’allais, c’était idiot de ma part, et comprenez comme j’en ai honte maintenant d’avoir perdue mon calme, mais pourriez-vous, je vous prie, me donnez la direction de la gare la plus proche ?

Les trois hommes se jetèrent des regards, tour à tour, puis l’un deux demanda en ricannant :

- Hey Joe tu raccompagne la donzelle chez elle ?

- Pas moyen, répondit celui-ci, je reconnus la voix de celui qui m’avait héler. C’est l’un des seuls quartiers libres que j’ai dans l’année, et je compte le passer à prendre du bon temps avec des gonzesses qui ne rechignent pas à écarter les cuisses. T’as qu’à le faire toi.

- Ah non ! réplique l’autre, j’ai déjà passer mon tour la dernière fois. Eh le Pit ! ça te tente du babysitting ? fait-il en direction du troisième homme, à l’uniforme légèrement plus clair, ce qui prouvait son grade plus élevé, et qui depuis le début nous regardait en silence, adossé à un mur d’un des bordels.

- Tu m’as pris pour quoi conaud. J’ai une gueule de nounou ? Quoique… au vu de la marchandise, ça mérite qu’on y réfléchisse. Ajouta-t-il en me déshabillant du regard, un odieux sourire aux lèvres.

Je sentais la panique revenir au galop. Ce regard ne pouvais signifier qu’une seule chose. Que ces hommes étaient bien loin de vouloir me venir en aide. Au contraire. Apeurée, je fis un pas en arrière, puis deux, je sentais que mes jambes menaçaient de céder à tout moment, tant elles tremblaient. Mais à force de reculer je me pris les pieds dans mon jupon long, et tomba à la renverse, une fois de plus, décidément, qu’elle idiote je faisais, cependant, j’avais, involontairement, réussi à avoir l’attention des autres personnes de la rues, peut être qu’enfin, quelqu’un me viendrais en aide, je crus voir l’homme au mouchoir me jeter un œil et crus qu’il viendrai voir moi mais une main aguicheuse le retint et il se détourna, en me jetant un sourire attristé, et disparu dans la maison à la devanture extravagante où avait disparu sa partenaire.

- Bienvenue dans le vrai monde trésor… entendis-je alors l’homme que les autres avait appelé le Pit. Personne ne te viendra en aide, nous sommes des soldats, nous avons tout les droit dans cette ville. Et nous prenons ce droit.

A ses mots, le dénommé Joe annonça à la cantonade ;

« - Mesdames, Messieurs, je vous demanderais de quittez la voie, et de laissez les soldats de Séalta faire leurs travail, cette jeune fille est suspecter de vol de robes et d’usurpation d’identité. Je vous demanderais de nous laisser le champs libre afin de garantir la sécurité de tous.

Comme par magie, la rue se vida en un instant. Sonnée j’eus tout le mal du monde à comprendre ce qu’il avait dit. Mais le Pit me releva brusquement et me mis les mains dans le dos puis me plaça les bracelets de rétentions, m’empêchant tout mouvement de mes membres supérieurs. Bien sur je protestais, mais me calmais aussitôt à la vue des maisons d’hystérie au bout de la rue. Le choc s’abattit sur moi comme une masse, me laissant hagarde, et je laissais alors les trois hommes m’entrainer à travers des rues et ruelles que je ne connaissais pas, comme un porc se fait amener à l’abattoir. Car si cela n’était un cauchemar, cela finirait bien par se finir, non ? Ils me firent entré dans un sinistre bâtiment, qui jurait dans ce quartier aux bâtisse si tape-à-l’œil, sur le dessus de la porte nous pouvions y lire : « caserne militaire QR R-5 » Caserne militaire quartier rose région 5. Sans ménagement, mes gardes m’emmenèrent par des escaliers étroit et des couloirs interminable dans un sous sol lugubre à l’éclairage violent. Je ne voyais plus rien, je n’y arrivais plus, mon cerveau refusait tout en bloc, et mon corps suivais, lui, bien docile. Puis, ils m’amenèrent dans une salle étroite, et avec force, me jetèrent sur une chaise branlante et inconfortable, et attachèrent les bracelets à la table et partirent tout trois. Me laissant là, seule, sans pouvoir comprendre quoi que ce soit. Peu à peu, mon esprit recommença à fonctionner, j’était dans une petite salle, mon sac posé devant moi sur la table. La lumière tressautait, si bien qu’il était impossible de s’assoupir. Combien de temps je fut laisser seule, je n’en avais aucune idée, j’avais bien tenté à plusieurs reprise de compter les secondes, afin d’avoir une idée, même vague, du temps qui passait, mais à chaque fois je perdais le fil, alors, en désespoir de cause, je fermai les yeux et m’efforçai à m’assoupir quelque temps.

L’univers carcéral ne m’avait pas montré le pire de son visage pour autant, dès que je commençais à sombrer, mes bracelets m’envoyais une légère décharge qui me faisait sursauter. Si bien que quand les soldats revinrent, j’étais à demi consciente, exténuée par toutes ces émotions, mais cependant laisser éveillée par les électrochocs. J’étais hagarde, pantelante, à point. Ils me relevèrent une fois encore, puis m’amenèrent dans une cellule crasseuse, qui puait tellement qu’aussitôt entrée, un haut le cœur me vint et je vomi sur mes chaussures. J’entendis vaguement des cris de protestations derrière moi, mais la pièce tournait tellement que je fini par lâcher prise, et je sombrais dans une inconscience libératrice.



Next Chapter