Chapitre 1 – L’Élu des Champs Élyséens
Le Paradis brillait d’une lumière douce, presque irréelle. Les Champs Élyséens s’étendaient à perte de vue, parsemés de fleurs cristallines et de rivières de lumière. Des centaines d’âmes humaines s’y promenaient, certaines en silence, d’autres en prière, d’autres encore perdues dans une contemplation éternelle. C’était un lieu de paix… en apparence.
Parmi elles, un homme avançait à contre-courant. Il se nommait Astral. Ancien humain mort dans des circonstances troubles, il n’avait jamais vraiment cru mériter le Paradis. Son long manteau noir, parcouru de lignes bleues lumineuses, tranchait avec la blancheur ambiante. Il marchait droit vers le Panthéon des Dieux, un temple suspendu entre ciel et lumière, dont les colonnes semblaient sculptées dans l’aube elle-même.
À l’entrée du Panthéon, il croisa une femme. Sa chevelure blanche flottait comme un voile de lumière solidifiée. Elle portait une armure d’argent et de nacre, gravée de runes anciennes, évoquant à la fois la pureté et la guerre. Elle s’arrêta devant lui, le regarda longuement
— Bonjour. Puis-je savoir ce que tu fais ici, mon jeune enfant ? demanda-t-elle d’une voix douce mais autoritaire.
— “Enfant” ? Tu rigoles ? Personne n’appelle les gens comme ça, répondit Astral, un sourcil levé.
À peine avait-il fini sa phrase qu’une lame effleura sa gorge. Un chevalier à l’armure osseuse, aux ailes rouges et au visage marqué de cicatrices d’après-guerre, le menaçait sans un mot.
— Malrakh, baisse ton épée, ordonna la femme sans hausser le ton.
— Pardon, ma reine, grogna-t-il en reculant à contrecœur.
Elle soupira.
— Excuse-le. Il est à vif depuis que son frère a été tué par un être non vaillant en Enfer. Pour le calmer, le roi et la reine l’ont nommé Overlord. Mais… disons que la paix ne lui réussit pas.
Astral jeta un regard au chevalier, puis à la femme.
— Ouais… j’crois que c’était pas la meilleure idée pour le calmer. Et sinon, pourquoi vous venez me voir ?
— Nous sommes en train de créer l’Ordre des Overlords. Pour l’instant, il est seul. Et moi… je suis leur cheffe.
— Très bien, désolé si je te coupe, mais… t’es qui ?
Avant qu’elle ne réponde, Malrakh gronda :
— Comment oses-tu ne pas reconnaître l’une des filles du roi et de la reine du Paradis !?
Il lança un regard noir à Astral, puis un autre à Sera. Il n’aimait pas la façon dont elle le regardait. Il n’aimait pas ce sourire qu’elle lui adressait. Il n’aimait pas non plus ce frisson étrange qui lui remontait l’échine. Ce type allait lui voler sa place. Et peut-être plus.
— Appelle-moi Sera, dit-elle en ignorant Malrakh. C’est plus court. Je suis Seraphiel, princesse du Paradis. Et je suis venue te rencontrer… pour te proposer de devenir Overlord. Cela t’intéresse ?
Astral croisa les bras
— Euh… désolé d’être chiant, mais… j’y gagne quoi dans l’histoire ?
— Du pouvoir. Une place tout en haut du Paradis. Et… une chance de comprendre pourquoi tu es ici.
Astral resta silencieux un instant. Il regarda autour de lui : les âmes, les chants, la lumière parfaite. Il se sentait étranger à tout cela. Puis il planta ses yeux dans ceux de Sera.
— Hum… d’accord. J’accepte.
— Très bien. Alors serrons-nous la main.
Ils se serrèrent la main. Une lumière douce les entoura un instant. Malrakh détourna le regard, mâchoires crispées, le cœur serré par une jalousie qu’il refusait d’admettre.
Fin du chapitre 1