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La Nymphe

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Summary

⚠️❌🔞 Scènes clés illustrées 🔞❌⚠️ Alma Jensen, 26 ans, se noie dans le sexe et addictions depuis l’adolescence pour étouffer les souvenirs d’abus commis par l’oncle qui l’élevait. backrooms, GHB, applications de rencontre : elle ne cherche pas le plaisir, mais l’effacement. Au milieu des rechutes brutales, Alma rencontre Andrew, peintre de nus qui la contacte pour la dessiner. Pour la première fois, quelqu’un regarde pour ce qu’elle est avant son corps. Entre l’addiction qui la dévore et cet amour naissant qui la terrifie, Alma va devoir choisir : continuer à se détruire ou apprendre à aimer .

Status
7d ago
Chapters
54
Rating
4.8 (13 reviews)
Age Rating
18+

Georgetown


La musique cognait si fort que le béton vibrait sous ses genoux nus.

Alma ne savait plus depuis combien de temps elle était là, à quatre pattes sur le plastique noir du Velvet Abyss, le club libertin le plus crade du quartier de Georgetown. Les basses faisaient trembler ses côtes, se mêlaient au bruit mouillé des corps qui la prenaient. Quelqu’un tirait ses cheveux en arrière, un autre lui écartait les cuisses plus grand. Elle n’entendait plus leurs voix, juste des grognements, des souffles rauques, le claquement de la peau contre la peau.

Elle avait avalé deux cachetons de GHB avec une gorgée de vodka tiède en descendant l’escalier. Maintenant tout était doux et lointain, comme si elle regardait son propre corps depuis le plafond. Une bite épaisse la remplissait par derrière, une autre cognait au fond de sa gorge. Des mains partout. Des doigts qui pinçaient, griffaient, écartaient. Elle ne sentait presque plus la douleur, juste une chaleur lourde qui montait et descendait en vagues.

Elle voulait disparaître.

C’était toujours le but.

Un flash : elle avait huit ans, la chambre sentait la bière éventée et la sueur d’homme. L’oncle Rick disait « c’est notre secret, ma puce » en glissant sa grosse main entre ses jambes. Elle fixait la fissure au plafond en forme de serpent et comptait jusqu’à cent pour ne plus être là. Dix-huit ans plus tard, elle faisait la même chose, sauf qu’aujourd’hui elle payait des inconnus pour la faire disparaître plus vite.

Un des types la retourna brutalement. Elle retomba sur le dos, les seins écrasés sous le poids d’un torse poilu. Il la pénétra d’un coup sec, sans capote (elle avait arrêté de demander depuis longtemps). Elle croisa son regard deux secondes : il la regardait comme on regarde un trou. Parfait. Elle ferma les yeux, ouvrit la bouche pour un autre. Le goût de latex et de sperme. Elle avala sans réfléchir.

« T’es une vraie salope », souffla quelqu’un.

Elle sourit. Oui. Exactement. Une salope, pas Alma. Pas la petite fille qui pleurait sous la couette. Une salope, ça ne ressent rien.

Ils étaient cinq ce soir. Elle les avait choisis sur une appli de kink, un groupe qui cherchait une « chienne docile pour usage intensif ». Elle avait répondu en une phrase : « Je veux plus me souvenir de mon prénom. » Ils avaient compris.

Le temps se disloquait. Elle était parfois à genoux, parfois plaquée contre le mur, parfois suspendue entre deux corps. On lui écartait les fesses, on crachait dedans, on la remplissait des deux côtés en même temps. Elle gémissait, mais ce n’était pas du plaisir, c’était une sirène de détresse que personne n’entendait. Quand le premier jouit sur son visage, elle sentit les larmes couler en même temps que le sperme. Elle ne savait plus faire la différence.

Un autre la prit par les cheveux, la força à regarder la caméra du téléphone. « Souris, on va t’envoyer la vidéo. »

Elle sourit. Un sourire mécanique, de poupée cassée.

À un moment, elle perdit vraiment connaissance quelques secondes. Quand elle revint, elle était allongée sur le dos, les jambes en l’air, un type la tenait par les chevilles pendant qu’un autre la pilonnait si fort que ses dents claquaient. Elle sentit quelque chose se déchirer à l’intérieur, une brûlure vive, mais le GHB transforma la douleur en coton.

Après, il y eut le vide.

Ils partirent un à un, lui tapotant la cuisse ou la joue comme on félicite un bon chien. Un dernier lui glissa un billet de vingt dans la main « pour le taxi, pute ». Elle le prit. Elle ne savait plus dire non.


Elle resta allongée sur le plastique collant, nue, couverte de sueur, de sperme, de traces rouges. Le plafond tournait lentement. Elle fixait une tache d’humidité qui ressemblait à la fissure de son enfance. Elle compta jusqu’à cent.

Quand elle se releva enfin, ses jambes tremblaient si fort qu’elle dut s’appuyer au mur. Ses cuisses étaient striées de bleus naissants, son sexe gonflé et douloureux. Elle retrouva ses vêtements en boule dans un coin : une mini-jupe en cuir, un string rouge déchiré, un crop top taché. Pas de soutif. Elle n’en mettait jamais.

Dans les toilettes crasseuses, elle se regarda dans le miroir fêlé.

Ses yeux étaient injectés de sang, son mascara avait coulé en longues traînées noires. Le rouge à lèvres bordeaux formait une auréole autour de sa bouche comme une plaie. Elle avait du sperme séché dans les cheveux. Elle passa ses doigts sur ses lèvres tuméfiées, appuya fort jusqu’à sentir le goût du sang.

« T’es dégueulasse », se dit-elle à voix haute.

Sa voix trembla. Elle frappa le miroir du plat de la main. Le verre vibra mais ne cassa pas.

Elle se lava comme elle put avec le savon liquide qui puait le citron chimique. L’eau glacée coula sur son corps, emportant des traînées blanches et roses. Entre ses jambes, ça brûlait. Elle écarta les lèvres avec deux doigts, regarda le sang dilué couler le long de sa cuisse. Elle resta comme ça longtemps, à regarder le rouge se mêler à l’eau.

Dans le taxi qui la ramenait à Capitol Hill, elle posa la tête contre la vitre froide. Seattle défilait, gris et trempé. Les néons des sex-shops, les sans-abri sous les auvents, les bars encore ouverts à 4 h 17. Le chauffeur la regardait dans le rétroviseur. Il avait dû sentir l’odeur. Elle croisa son regard et sourit. Il détourna les yeux.

Dans son petit studio au troisième étage sans ascenseur, elle verrouilla la porte à double tour, laissa tomber son sac par terre. Elle se déshabilla complètement, marcha nue jusqu’à la salle de bain. La douche brûlante. Toujours la même : elle montait le thermostat au maximum, jusqu’à ce que la peau devienne rouge écrevisse. Elle frotta avec le gant de crin jusqu’à s’arracher des lambeaux de peau. Elle voulait enlever l’odeur, la sensation, la mémoire.

Mais ça ne partait jamais vraiment.

Elle s’assit en tailleur sous le jet, les bras autour des genoux. L’eau martelait son crâne. Les larmes vinrent enfin, silencieuses, brûlantes. Elle pleurait comme une enfant, la bouche grande ouverte sans bruit.

Dans sa tête, la petite voix habituelle :

Tu mérites ça.

Tu n’es bonne qu’à ça.

Si tu arrêtes, il ne restera rien de toi.

Elle resta sous l’eau jusqu’à ce que le ballon soit vide et que l’eau devienne glacée. Alors seulement elle se leva, s’enroula dans une serviette rêche, et alla s’allonger sur son lit sans draps.

Son téléphone vibra. Une notification Feeld.

« Merci pour ce soir, chienne. T’es dispo demain ? »

Elle fixa l’écran longtemps.

Puis elle tapa :

« Oui. Même heure. »

Elle posa le téléphone, éteignit la lumière.

Dans le noir, elle glissa la main entre ses jambes douloureuses, trouva son clitoris à vif, et se branla lentement, mécaniquement, jusqu’à l’orgasme. Un orgasme sec, presque douloureux, qui ne soulagea rien.

Après, elle fixa le plafond.

Dehors, la pluie tombait sans discontinuer sur Seattle.

Demain, elle se lèverait à 5 h 30 pour prendre son service au Comet Diner.

Demain, elle sourirait aux clients, servirait des pancakes et du café brûlé.

Demain soir, elle recommencerait.

Elle ferma les yeux. Dans sa tête, la fissure en forme de serpent était toujours là.

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Good Writing

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Good Writing

Compelling Plot

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Great Character

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Strong Dialog

1

Strong Dialog

View 1 previous comment…
author

J’ai hâte de lire ce livre. Il semble très intéressant. Merci

8 months
author

je trouve que c'est brutale comme commencement...

4 months
1
author

originale comme trame

3 months

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