Tueur de dragon/竜の討伐者

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Summary

Dans un monde ravagé par les dragons depuis plus d’un siècle, l’humanité a presque disparu. Privés de magie, les hommes ont développé une nouvelle force : l’énergie mentale, née de leurs émotions. Grâce à elle, ils ont fondé les Brigades Anti-Dragons, une organisation mondiale dédiée à l’extermination de ces créatures. Parmi eux, un nom résonne comme une légende — Joe Ng-Kak, le Tueur de Dragons le plus redouté du monde. Mais derrière sa gloire se cache une haine infinie, forgée par le sang de sa famille massacrée. Des années plus tard, un jeune orphelin nommé Rashford rejoint l’Académie des Tueurs. Sauvé autrefois par Joe sans même que ce dernier ne le sache, Rashford s’entraîne sans relâche pour devenir un chasseur digne de ce nom. Cependant, il découvrira bientôt que les dragons ne sont pas les seuls ennemis de l’humanité… et que la vérité derrière leur existence dépasse tout ce que les hommes croyaient savoir. C’est l’histoire d’un monde où chaque combat est un pas vers la folie — et où même les héros peuvent devenir des monstres.

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1: la Balade Nocturne


La nuit était rouge sang.

Des villes entières brûlaient sous les flammes.

Des silhouettes couraient dans les rues en ruine, cherchant désespérément à rejoindre les bunkers.

Ce n’était plus une nuit ordinaire.

C’était une nuit de chasse.

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> Je m'appelle Rashford.

Un simple orphelin, perdu dans ce monde détruit.

Aujourd’hui, c’est le premier janvier…

Le jour où les dragons descendent du ciel pour tout ravager.

On appelle ce cauchemar : « La Balade Nocturne ».

Depuis l’apparition des dragons, quatre-vingt-onze Balades ont déjà eu lieu.

Et aucune ne s’est terminée sans cadavres.

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— Hé, les gars ! Venez, on passe par ce chemin ! cria le guide.

— C’est sûrement la voie la plus sûre vers la huitième porte du bunker !

— On te suit ! répondit quelqu’un derrière moi.

— De toute façon, c’est toi le guide !

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On courait.

Les flammes dévoraient les maisons autour de nous.

L’air empestait la chair brûlée.

Partout, des corps déchiquetés.

Je m’étais promis de ne plus pleurer, mais même habitué à la mort…

mon cœur se serrait.

Mes mains tremblaient.

Ma respiration saccadée me trahissait.

> C’était la peur.

La peur de mourir ici, seul, sans laisser de trace.

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Puis, un rugissement déchira la nuit.

Une ombre gigantesque tomba du ciel, brisant la route devant nous.

Un dragon.

Son corps scintillait d’écailles rouges, et l’air autour vibrait d’une aura écrasante.

Un dragon de rang province.

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— Qu’est-ce que t’as foutu, le guide ?! hurla un homme.

— Tu veux qu’on meure ici ou quoi ?!

— On aurait dû rester cachés !

— Trouve une solution ! JE NE VEUX PAS MOURIR ! TU M’ENTENDS ?!

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Personne ne bougeait.

L’aura du dragon paralysait nos corps.

On ne pouvait ni parler, ni respirer, ni espérer.

> C’est la fin…

C’est ce que je me suis dit.

J’ai fermé les yeux.

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— Ils sont là !

Cette voix… quelqu’un venait de crier.

Quand j’ai rouvert les yeux, le dragon était au sol.

Son corps écrasé.

Son noyau, brisé net.

Je ne comprenais rien.

Mais quand je l’ai vu, tout devint clair.

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Un homme s’avançait dans les flammes, calme, sans peur.

Ses yeux reflétaient la mort elle-même.

Joe Ng-Kak.

Le capitaine de la Première Brigade anti-dragons.

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— C’est lui ! s’écria le guide, ébahi.

— Le Tueur le plus fort de l’humanité !

— Le capitaine Joe Ng-Kak !

Je restais figé.

Il était jeune. Trop jeune pour être si puissant.

Mais son aura… c’était comme s’il était né pour combattre les dragons.

Chaque battement de ses pas faisait trembler le sol.

Chaque dragon qui approchait tombait instantanément.

Je n’avais jamais rien vu d’aussi… magnifique.

> J’aimerais tellement lui ressembler…

J’aimerais être comme lui.

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— Hé, petit.

Une voix derrière moi.

Je me retournais. Un homme se tenait là, souriant.

Son manteau noir portait l’emblème argenté de la Brigade.

— Désolé de te décevoir, dit-il calmement, mais ton souhait est impossible.

— Même si tu donnes tout ce que t’as, tu ne seras jamais lui.

— Si tu veux devenir quelqu’un, commence par être toi-même.

— Je comprends…, répondis-je.

— Mais quand on admire quelqu’un, c’est normal de vouloir lui ressembler, non ?

L’homme haussa les épaules, amusé.

— Pas dans le cas de Joe.

— Ah, au fait, je m’appelle Caster, vice-capitaine de la Première Brigade.

— Continue par ce chemin, tu atteindras le bunker.

— Et si t’as encore des questions, viens à l’Académie.

Puis il partit, sans un mot de plus.

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Quelques heures plus tard, dans l’hélicoptère de la Première Brigade…

— Tu sais quoi, Joe ? lança Caster.

— Aujourd’hui, j’ai rencontré un gamin assez marrant.

— Qu’est-ce que j’en ai à foutre de tes histoires débiles ? répondit Joe, sans même tourner la tête.

— Il voulait te ressembler. Il voulait devenir toi.

Joe marqua une pause, puis lâcha un souffle presque amusé.

— Quelle idée stupide.

— Tu penses qu’il y arrivera ? demanda Caster, un léger sourire au coin des lèvres.

— Non. Aucune chance.

— Capitaine, annonça le pilote, on approche du bunker. Préparez-vous à atterrir.

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Dans le bunker.

Grâce à Joe, on avait survécu.

Trois jours de calme, de nourriture gratuite, de sécurité.

Puis retour à la merde quotidienne.

Mais cette fois, j’avais une idée claire.

> Je veux comprendre pourquoi je vis.

Et la seule façon de le savoir… c’est d’aller à l’Académie.

Là-bas, j’aurai un toit, à manger, et qui sait… peut-être même une meuf.

> Prochaine destination : l’Académie.

Deuxième partie

Je me tiens devant la fenêtre du bureau, le regard perdu dans les lumières rouges de la ville.

Moi, Joe Ng-Kak. Dix-neuf ans. Capitaine de la Première Brigade anti-dragons.

Demain, comme chaque année, c’est la Balade Nocturne. Demain, les créatures sans loi déferleront sur l’Empire de Pocina. En tant que capitaine, je n’ai pas le droit d’hésiter. Ils n’en valent pas la peine. Ils n’ont pas de nom, pas d’âme. Ils méritent d’être effacés.

Quelqu’un ouvre la porte en claquant des dossiers.

— Toujours en train de mater cette photo ? lance une voix familière.

Je ne me retourne pas. Caster entre, des piles de papiers serrées sous le bras. Vingt-sept ans. Vice-capitaine. Toujours bruyant, toujours trop enjoué pour mon goût.

— Mélange pas tes affaires avec les miennes, grogne-je.

Il pose les dossiers sur le bureau en soupirant.

— Peu importe. On a tout ça à signer. Tu peux pas le faire toi-même ?

Je râle. Sa réponse est automatique.

— Je te rappelle que c’est toi le capitaine. Ta signature compte.

— Ça me soule, dis-je simplement.

Il s’énerve à moitié, me taquine à moitié, comme toujours.

— Fais gaffe aux dégâts collatéraux, Joe. C’est à cause de toi qu’on a tout ce boulot. Tu es un sauveur, qu’on le veuille ou non.

— Je ne suis pas un sauveur. Je suis un tueur de dragons.

Il me lance un regard où se mêlent admiration et inquiétude.

— Demain, 1er janvier, tu sais ce que ça veut dire ?

— Je sais, dis-je. Et je dors mal depuis trois nuits.

Après les signatures, la matinée se passe à l’entraînement. La salle résonne du choc des lames et des ordres. Mon escouade d’élite se rassemble : Berry, Lunin, Nice — et Caster à côté. Chaque brigade est divisée en escouades ; la nôtre compte cinq éléments — les plus affûtés. Ensemble, nous exécutons un entraînement de simulation : un dragon continental se dresse, rugit, et nous l’abattons en manœuvres coordonnées. Rien d’exceptionnel. Rien d’humain non plus.

Plus tard, je retourne à mon appartement blindé. Quelques heures de sommeil, puis l’alarme.

À cinq heures, le QG s’éveille comme un organisme en alerte. Les sirènes hurlent, les hommes s’armant, les ordres claquent. Caster passe dans la salle de préparation et me voit déjà prêt — je n’attends jamais le dernier moment.

Berry, Lunin et Nice me rejoignent. Nice croise mes yeux et sourit, bref et sec, sans aucune chaleur. Le pilote annonce : « Hélicoptère prêt. »

Nous décollons. Le monde sous nos pieds n’est plus qu’un plateau en flammes.

Je repère un dragon à l’horizon — provincial, massif, la hideur incarnée. Une sensation sourde se réveille en moi ; une envie que je ne contrôle pas, une envie d’arracher ses yeux, sa tête, son noyau. Inutile de lutter. Quand l’impulsion me prend, je ne la réprime pas.

Avant même d’y penser, je me lève. Je saute hors de l’hélico en vol.

Le vent me broie. L’air me crache au visage. La masse de la bête fond sous mes pieds quand j’atterris sur son dos. Les écailles chauffent sous mes paumes, l’odeur brutale de son noyau m’atteint comme une promesse.

Je laisse mon énergie mentale affluer. Elle répond. Toujours. Obéit. Cinq minutes — c’est la limite. Je sens la membrane du monde plier entre mes doigts.

Alors je commande l’arrêt.

Pour moi, le monde se ralentit, s’éclaircit. Le feu devient une photo, le vent un souffle suspendu, les cendres des grains de poussière en suspens. Les battements de cœur, les clameurs, la panique — tout s’étire comme un élastique tendu à son maximum. Dans ma zone, je vois clairement chaque mouvement interrompu, chaque muscle figé. Les secondes s’étirent, lourdes et nettes. Je peux penser. Agir.

Je ne parle pas, je n’hésite pas. Une lame mentale se matérialise, aiguë comme une coupure dans le réel. J’approche, je tranche. Le noyau cède sous mon mouvement précis, net comme un couperet. J’aspire la chaleur, écrase la pulsation, et le centre se brise.

Cinq minutes. Suffisantes.

Puis je relâche la pression. Le monde reprend son cours comme si on avait effacé une image : un instant inexpliqué, une bête qui s’effondre sans que personne n’ait vu le meurtre. Les cris recommencent, le vent hurle, et l’horizon s’embrase à nouveau. À l’extérieur de ma bulle, on ne trouve aucun indice de ce qui vient de se passer. Juste un cadavre, un trou, la stupeur.

Pendant que je retombe et que je me redresse, je vois, de loin, un petit groupe de civils — un gamin parmi eux. Ses yeux brillent d’un mélange d’effroi et d’admiration quand il me voit. Je n’ai pas l’ombre d’un désir de faire le héros. Je le sais incapable de comprendre ce qu’il a vu.

L’hélicoptère atterrit plus tard. Caster, déjà à terre, me cherche. Il écoute quelques chuchotements d’un groupe de survivants.

— J’aimerais tellement lui ressembler, murmure l’un d’eux.

Caster tourne la tête, croise le gamin. Il se penche, poli, faussement détaché.

— Hé, petit… je crois que ton souhait est malheureusement impossible à réaliser. Même si tu donnes tout ce que tu as, tu ne seras jamais comme lui. Si tu veux être quelqu’un, commence par être toi-même.

Le gosse — Rashford, si je ne m’abuse — répond, la voix tremblante :

— Je comprends… mais quand on admire quelqu’un, n’est-ce pas normal de vouloir lui ressembler ?

Caster sourit, dur et bref.

— Pas dans le cas de Joe.

Il fait une pause, puis se présente.

— Au fait, je m’appelle Caster. Vice-capitaine de la Première Brigade. Continue dans ce chemin et tu atteindras le bunker. Si tu as d’autres questions, viens à l’Académie.

Caster s’éclipse ensuite, traquant et éliminant les dragons restants. Nous nous rejoignons, faisons tomber les derniers assaillants, puis montons dans l’hélico de récupération. À l’intérieur, Caster relance la conversation, narquois.

— Tu sais quoi, Joe ? Aujourd’hui, j’ai rencontré un gamin assez marrant.

Je reste muet.

— Il voulait te ressembler. Il voulait devenir toi.

Je souffle, sans émotion.

— Quelle idée stupide.

— Tu penses qu’il y arrivera ? demande-t-il, un sourire aux lèvres.

— Aucune chance, dis-je.

Le pilote annonce : « Approche du QG. Préparez-vous à atterrir. »

Je plonge mon regard dans le vide, et laisse la nuit revenir à sa place — toujours affamée, toujours prête. Mon travail ne s’achève jamais. Et demain, encore, il faudra tuer.