Mon petit secret
Plusieurs personnes adorent la romance, et j’en fais partie. Le problème, c’est que mon style de lecture peut être parfois douteux, ce qui me met mal à l’aise d’en parler ou d’en lire en public.
Le mensonge que je dis aux autres pour les convaincre que je n’aime pas ce genre de lecture est, je cite :
<< La romance est une perte de temps. Elle nous fait croire ou idéalise un homme presque parfait, avec des défauts qui rendent le personnage encore plus sexy. Mais dans la réalité, très peu d’hommes ressemblent aux livres, donc on s’imagine notre homme idéal basé sur une histoire qui n’existera jamais. Donc j’ai pas envie de lire un livre qui me rendra accro à un homme qui n’existera jamais. Et en plus, la plupart des histoires sont soit prévisibles, clichés et surtout très peu originales. >>
La plupart des gens m’arrêtent souvent à “perte de temps”.
En réalité, j’adore ce type d’histoire. Certes, elles nous font imaginer un homme qui n’existera jamais et des scènes palpitantes qu’on voudrait que ça arrive en vrai… j’aime juste me perdre dans l’histoire et rêvasser sur à quel point la romance, c’est formidable, et ça me donne envie de créer ma propre romance.
Mais premièrement, ma seule relation a été quand j’avais 7 ans, et mon premier baiser par un mec qui avait reçu un gage. Conclusion : mes circonstances amoureuses sont de 0,0005 pour écrire une histoire d’amour réaliste.
Mon frère, qui a la morve qui sort des narines, a plus d’histoires d’amour que moi. Enfin, normal, quand on regarde du porno… peu importe.
Je referme mon cahier d’écriture, ennuyée. Je n’ai aucune idée pour mon roman d’amour que je veux écrire .
Je m’allonge sur mon lit, et je ne vais pas demander à Edmund (mon meilleur ami) de me donner des idées. Je devrais peut-être un jour lui parler de ma passion pour la romance, mais pour l’instant, hors de question. Il est tellement immature qu’il ne gardera pas le secret.
Après plusieurs moments de réflexion, j’imaginais dans ma tête une romance :
Le mec le plus riche de l’école s’approchait de moi pour me dire :
— Salut beauté, je voulais te demander si tu voudrais sortir avec moi.
Son regard de braise me fixait avec intensité et un sourire arrogant sur les lèvres. Sa mâchoire carrée lui donnait un air d’homme viril, avec ses pectoraux en acier qui ont l’air tellement agréables au toucher. Miam, je croquerais bien dedans.
Je le regarde dans les yeux, les joues rouges et des papillons dans le ventre.
— Bien sûr, mon corps t’appartient.
Il s’approche de moi, me plaque contre son torse ferme et m’embrasse avec toutes ses émotions.
Mhm.
BAM !
— T’es en train de penser à quoi, sale limace ? Tu baves comme un porc devant sa bouffe !
Je m’essuie rapidement la bouche du revers de ma main et je regarde mon frère, frustrée. Mes pensées étaient putain d’agréables, pourquoi il arrive toujours au mauvais moment ? Et en plus sans frapper à la porte !
— Pas tes affaires, espèce de couille molle.
Je lui lance mon oreiller au visage et il le reçoit en pleine tête. Je me mets à rigoler comme une mouette asthmatique. Il grogne, frustré.
— Maman fait dire qu’Edmund va vivre avec nous pendant un petit moment à la maison.
J’arrête de rire et je le regarde, curieuse.
Comment ça, il va vivre avec nous un moment ? Pourquoi il me l’avait pas dit ?
— Ah bon ? Pourquoi ?
Mon frère croise les bras sur sa poitrine et soupire.
— D’après ce que j’ai entendu de nos parents, sa mère est malade, donc ils doivent trouver une solution. Pour l’instant, il vivra avec nous, sûrement tout le restant de l’année scolaire.
Il me fait un doigt d’honneur et s’en va. Je roule des yeux, agacée de son comportement. Et comme d’habitude, il ferme pas la porte. Je sais qu’il adore m’agacer, mais il peut pas faire un effort ? Il est censé être plus vieux que moi, et j’ai l’impression d’être sa grande sœur.
Je me lève de mon lit et je ferme la porte, mes pensées concentrées maintenant sur mon meilleur ami.
De retour dans mon lit douillet, je lui écris :
— Hey ! Pourquoi tu m’avais pas dit pour ta mère ?
Je mets mon téléphone à côté de moi et j’attends tranquillement qu’il me réponde.
Après quelques minutes, j’entends le bruit de notification et me jette sur mon téléphone. Mon cœur battait à la chamade. Ouais, c’est lui, et non une application qui me fait “coucou, viens m’utiliser espèce de grosse vache”. Je soupire et lis le message d’Edmund
•Pardon… je voulais pas t’inquiéter pour mes problèmes et tu me connais, j’aime pas en parler tant que je suis pas sûr de ma situation. Et puis j’étais également occupé à préparer mes affaires pour chez toi. J’espère que t’es pas trop fâchée.
Je regarde son message avec compréhension et tristesse de sa situation. Je sais bien qu’il aime affronter plutôt que parler de ses problèmes, déjà qu’il est un peu trop jeune pour décider où aller. Je lui réponds :
Je ne serai jamais en colère pour ça. J’étais juste inquiète, mais de toute façon on aurait eu cette conversation demain, alors je te souhaite une bonne soirée et à demain ! Bisou
Nous terminons notre conversation. Mes yeux s’alourdissent de fatigue. Je suis sincèrement navrée pour lui, je ne m’imagine pas dans sa situation. Lui, il se plaint jamais, et moi je me plains seulement car j’ai raté mon réveil et que c’est mon frère qui me réveille en me jetant un verre d’eau au visage, ou quand je me plains de mon frère, et bien sûr quand j’ai mes menstruations. Je ferme mes yeux et peu à peu je m’engouffre dans un sommeil profond