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Abandonnée

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Summary

À 21 ans, Laure croit avoir trouvé l’amour de sa vie en Éric, trois ans son aîné. Mais un jour, sans un mot, il disparaît, laissant derrière lui un vide et une promesse brisée. Enceinte et seule, Laure décide de fuir son passé, de tout quitter pour reconstruire sa vie ailleurs. Errant de ville en ville, elle finit par trouver refuge dans une petite pâtisserie où la propriétaire lui offre un emploi… et un toit. Quatre ans plus tard, entourée d’une famille choisie, chaleureuse et loyale, Laure a enfin bâti un foyer sûr pour son fils Léon. Jusqu’au jour où une silhouette familière franchit la porte de sa boutique. Gwen, la sœur d’Éric, apporte avec elle des souvenirs du passé… et l’écho d’un secret qui pourrait tout bouleverser. Dans ce monde où le cœur et le destin se mêlent, Laure devra affronter ce qu’elle croyait enterré pour protéger sa nouvelle vie… et celle de son fils. .

Genre
Fantasy
Author
angelique
Status
Complete
Chapters
74
Rating
4.6 (17 reviews)
Age Rating
18+

Chapitre 1

Le réveil vibre doucement sur la table de chevet, mais elle est déjà éveillée.

Elle aime ce moment juste avant qu’il ouvre les yeux, quand la lumière filtre à travers les rideaux et que son souffle régulier effleure sa nuque.

Chaque matin, c’est pareil : elle reste immobile quelques secondes, savourant la chaleur de son corps contre le sien, comme si ce simple contact suffisait à lui rappeler qu’elle est exactement là où elle doit être.

Pourtant, ce matin-là, elle remarque un léger froncement de sourcils sur son visage encore endormi, un geste presque imperceptible. Elle se dit que ce n’est rien. Il sourit bientôt, et le monde reprend sa douceur.

Elle se lève la première, enfile son gilet et rejoint la cuisine encore endormie.

La bouilloire, le cliquetis des tasses, le parfum du café… tout fait partie d’un rituel qu’elle chérit.

Sur la table, deux bols, un pot de confiture entamé, et le paquet de biscottes qu’il oublie toujours de refermer. Elle y glisse un petit mot, juste pour rire : “Pense à refermer le paquet avant qu’il ne devienne une épopée.”

Quand il entre, les cheveux en bataille et ce sourire encore brouillé de sommeil, elle sent ce léger frisson familier lui traverser la poitrine.

Il l’embrasse sur le front avant même de parler, un geste simple, mais qu’elle attend toujours.

Elle l’aime dans ces silences du matin, quand leurs regards suffisent à se dire bonjour.

« T’as encore mis trop de sucre, » rit-il en goûtant son café.

« Et toi, t’as encore oublié de ranger ta chemise, » répond-elle en montrant du menton le dossier de la chaise.

Ils rient doucement, sans éclats, dans une complicité tranquille.

Pourtant, Camille note un instant qu’il a hésité avant de répondre, comme s’il portait quelque chose qu’il ne voulait pas partager. Elle secoue la tête, sourit, et oublie aussitôt. Rien ne peut ternir ce moment.

Quand il part au travail, elle reste un instant sur le pas de la porte, observant sa silhouette s’éloigner sur le trottoir. Chaque matin, elle se fait la même promesse : ne jamais s’habituer à sa présence, ne jamais croire que tout cela va de soi.

Aujourd’hui, elle remarque à peine le léger tremblement de sa main lorsqu’il referme la porte. Elle croit que c’est la fatigue.

Le silence retombe. Elle reste immobile, la main encore posée sur la poignée, puis soupire doucement.

C’est un silence qu’elle aime : celui de la maison qui s’éveille lentement, rempli de leurs traces, sa tasse, sa veste jetée sur le dossier de la chaise, le parfum de son café.

Elle se dit qu’il faudra qu’elle pense à acheter du pain en rentrant ce soir. Des choses simples. Des pensées tranquilles.

Elle travaille dans une petite agence de communication, à dix minutes à pied.

Chaque matin, elle longe la même rue, croise les mêmes visages, et se sent étrangement protégée par cette routine.

Et souvent, elle sourit seule en repensant à lui, à ses remarques maladroites, à sa façon de râler contre le café trop chaud ou les dossiers en retard.

Elle imagine déjà son message de midi : “Pause déjeuner ? T’as pensé à moi ?”

Et elle lui répondra, comme toujours : “Toujours.”

Au bureau, la journée s’étire, monotone.

Les collègues parlent fort, les mails s’accumulent, et elle se réfugie parfois dans la photo qu’elle garde sur son bureau : eux deux, un soir d’été, sur la plage, éclatant de rire.

Elle se dit qu’elle a de la chance. Que c’est rare, cette évidence entre deux êtres.

Un bref frisson lui traverse l’échine lorsqu’elle aperçoit le reflet d’Adrien dans ses souvenirs, un souvenir parfait, mais déjà un peu lointain.

Vers dix-sept heures, son téléphone vibre.

Un message de lui : “Je passe prendre du vin, tu t’occupes du dîner ?”

Elle sourit, tape une réponse rapide. Le simple fait de savoir qu’ils vont se retrouver lui donne de l’énergie pour finir la journée.

Quand elle rentre, la lumière dorée du crépuscule traverse le salon.

Elle ouvre les fenêtres, fait tourner un peu de musique, enfile son tablier.

Elle aime cuisiner pour lui, même si elle sait qu’il prétendra toujours que c’est trop salé.

Pendant qu’elle coupe les légumes, elle fredonne, légère.

Elle ne se doute pas qu’un jour, ce même geste deviendra douloureux, vide.

Il arrive un peu après, un sourire dans les yeux et une bouteille à la main.

Il pose ses clés sur le buffet, l’enlace par derrière et murmure :

« Ça sent bon, ici. »

Elle rit, se retourne, se hisse sur la pointe des pieds pour l’embrasser. Son odeur, sa chaleur, tout en lui la rassure.

Pourtant, elle remarque à peine un instant d’hésitation dans son regard, qu’elle interprète comme un simple reflet de lumière.

Ils dînent en parlant de tout et de rien : les voisins, leurs projets, le film qu’ils veulent voir.

Elle rit souvent, sans même s’en rendre compte.

Leur complicité est naturelle, fluide, évidente.

Après le repas, ils s’installent sur le canapé, leurs jambes entremêlées, un vieux film en fond.

Il lui caresse distraitement les cheveux, et elle ferme les yeux. Elle pense qu’il n’existe rien de plus parfait que ce moment-là.

Avant de s’endormir, blottie contre lui, elle murmure :

« Promets-moi qu’on restera comme ça, toujours. »

Il ne répond pas tout de suite.

Elle croit entendre un sourire dans sa respiration, un murmure à peine audible :

« Toujours. »

Et dans l’obscurité, elle le croit.

Pourtant, un tout petit frisson passe dans son cœur, imperceptible mais réel, comme si quelque chose, quelque part, ne dépendait pas d’eux.

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Good Writing

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