Les Couloirs d’Alma

Summary

À 23 ans, Alma, étudiante en médecine, se bat pour construire la stabilité qu’elle n’a jamais eue. Ballotée de foyers en familles d’accueil, elle s’est juré que sa vie serait différente : rangée, solide, maîtrisée. Mais en emménageant dans un petit studio d’un immeuble ancien, elle découvre un couloir que les résidents évitent, et surtout, une pièce du fond que personne n’approche. Une porte fermée, ordinaire en apparence, autour de laquelle flotte un silence chargé — presque conscient. Au début, Alma pense à des bruits de canalisation. Puis aux troubles du sommeil liés au stress. Pourtant, chaque nuit, les sons deviennent plus précis : des toc-toc, des murmures étouffés, parfois même son propre nom, comme si quelque chose derrière les murs connaissait ses failles les plus profondes. Alors que son année universitaire dérape et que son passé remonte, Alma commence à douter : Est-ce l’immeuble qui la hante… ou sa mémoire ? Les frontières se brouillent. La pièce du fond s’impose dans sa vie comme un rappel constant de ce qu’elle a tenté de refouler. Dans cette chronique feuilleton, le lecteur suit Alma dans une descente progressive, où chaque épisode révèle une couche supplémentaire : la peur, l’épuisement, les souvenirs tordus… et la vérité sur ce qui se cache vraiment derrière la porte. Une histoire où l’horreur n’est pas toujours surnaturelle — parfois, elle porte notre nom.

Status
Ongoing
Chapters
4
Rating
n/a
Age Rating
13+

Épisode 1 : La pièce du fond.

Alma avait 23 ans, et depuis la rentrée de septembre elle avait l’impression de courir derrière quelque chose qu’elle ne rattraperait jamais. Son inscription en médecine avait été acceptée, mais elle avait déjà perdu des semaines de cours à cause d’un dossier administratif égaré entre deux bureaux. Une erreur, un “désolé madame”, et tout ce retard à avaler seule.

Elle avait grandi dans les foyers et les familles d’accueil, et cette incapacité à compter sur quelqu’un lui collait encore à la peau. Alors, comme toujours, elle s’était promis de tenir. De rattraper. De ne pas lâcher.

Les autres parlaient d’intégration, de soirées étudiantes, de groupes de travail. Alma parlait de survie.

Le soir, elle révisait dans son petit studio au cinquième étage, une chambre à peine plus grande que les box qu’elle occupait jadis. Les murs étaient fins, mais il y avait surtout cette chose… cette pièce du fond, au bout du couloir, dont personne ne voulait jamais s’approcher.

Au début, elle n’avait pas compris pourquoi.

Juste une porte fermée comme les autres.

Mais les voisins glissaient toujours devant en accélérant le pas, sans jamais tourner la tête. Comme si regarder trop longtemps pouvait attirer quelque chose.

Ce soir-là, alors qu’elle revenait de la fac, les bras chargés de polycopiés, elle entendit un bruit. Un toc… toc… toc, étouffé, venant de la pièce du fond.

C’était la première fois qu’elle entendait quelque chose de précis.

Elle s’arrêta.

Le couloir était vide.

L’éclairage clignotait légèrement comme d’habitude.

Mais le bruit continua, irrégulier, comme si quelqu’un tapait faiblement… ou grattait.

Alma sentit sa gorge se serrer.

Ce n’était pas la peur qui la traversa en premier.

C’était cette vieille sensation familière : on a besoin de toi.

La même qu’elle ressentait enfant quand un autre gamin pleurait dans le dortoir et qu’elle allait le couvrir avec sa propre couverture.

Elle fit un pas. Puis un autre.

Arrivée à quelques centimètres de la porte, elle retint son souffle.

Le bruit s’arrêta net.

Et dans le silence, quelque chose changea.

Une impression, impossible à décrire.

Comme si quelqu’un derrière la porte venait de coller son oreille contre le bois, exactement au même moment qu’elle.

Alma recula d’un pas brusque.

Une seconde plus tard, le toc… toc… reprit.

Mais cette fois, de l’intérieur de son propre studio.

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