Au revoir
Cela m'apparaitrait comme un adieu.
Me languirais-je de ne plus te voir ?
Je ne pourrais partir à mille lieues
De tes yeux que j'ai élus mon miroir.
À voir de mes yeux mes propres erreurs,
Ou bien à tomber dans un piètre ennui,
Serait-il mieux, jusqu'à la dernière heure,
Que dans la froide obscurité des nuits,
Je touche aux huit lueurs* si éphémères,
Sans même penser à nos ferveurs d'antan
Et m'abandonne à mes instincts primaires ?
Hélas, je m'en voudrais honteusement.
Honte de m'être laissée stupéfaire,
Honte là de penser à nos ivresses,
Ma fierté est morte, je dois m'y faire.
Je serais fort en manque de ta tendresse.
S'agirait-il de ne plus se revoir ?
Ces mots côte à côte sont un adieu.
Le reste de ma vie sans te voir.
Je te verrai, peut-être auprès de Dieu.
*huit lueurs : fulgurances charnelles, éclats de désir sans lendemain. Huit, car elles épuisent leurs couleurs avant l’aube — huit nuances de l’ardeur qui s’éteint en laissant à peine une trace sur la peau.