AM I CHASING A GHOST ?

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Summary

Aiden n'a plus aucun intérêt pour rien. Il suit des séances de psy dans le cadre de son lycée, qui ne l'avancent en aucun cas. Jusqu'au jour où, cette même psychologue lui impose des séances groupées. Il y rencontrera là bas Hilay. Mais, c'est bizarre, ils se sont pourtant déjà rencontrés auparavant ? Que se passe-t-il quand deux âmes brisés entre en collision ? - J'aurai aimer te rencontrer avant toute cette noirceur, Aid'. - Tu es pourtant la lueur de mes ténèbres, Hilay.

Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1

PROLOGUE ★


— C’est quoi le problème ?

Mhh. Je veux rentrer dormir.

— C’est quoi ton problème ?

Je ne veux pas avoir cette conversation.

Je ne veux pas être ici

Je ne veux être nul part.

1

Aiden

Observation #1 : Je me sens si vide.



– Bonjour

– Bonjour Madame. Je m’assois en face d’elle, et je remarque

la tonne de papier sur son bureau, qu’elle range à la seconde où je les vois, on aurait dit qu’ elle se cachait d’enquêter sur un vieux truc des années 90. C’est notre septième séance, et j’ai l’impression que cette psy me rajoute encore plus de troubles que j’en ai déjà. Enfin, bon, elle s’installe sur sa chaise.

– Alors, ta semaine ? Elle sort son carnet habituel (je pense honnêtement qu’il doit y avoir une biographie entière sur moi dans ce cahier)

– Vous savez pertinemment que je ne suis pas du genre à changer mes habitudes. Je ri.

– Qu’ est-ce que ça veut dire ça, Aiden ?

Je soupire tout en me remettant correctement sur la chaise. Je la déteste. La phrase qu’elle vient de me sortir justifie parfaitement le surnom que je lui ai donné, soit Madame Toujours-Pourquoi (c’est surtout que je ne me rappelle plus de son nom, en fait)

– Prenez le comme vous voulez.

Elle me fixe un moment en plissant les yeux, puis elle baisse la tête afin d’écrire et finit par poser son carnet.

– Qu’est-ce qu’il se passe Aiden ?

Je fronce les sourcils et regarde par la fenêtre.

– Vous aimez bien répéter mon prénom.

Elle ne répond pas.

Pff.

– Je n’aime pas nos séances, madame. Je n’aime pas grand chose vous me répondrez, et dans ce cas, vous auriez probablement raison.

– Développe cette réflexion, on touche quelque chose.

Je m’arrêta net, le regard dans le vide. Après deux semaines de séances à lui répéter sans cesse qu’il n’y avait rien qui clochait chez moi, et recevoir comme réponse qu’elle ne sous-entendait cela en aucun cas, elle commencait vraiment à creuser dans ma personne.

Elle commencait à en savoir beaucoup.

– J’aimerai arrêter la séance ici.

– Aucun souci. Simplement, je voulais te dire que le lycée organisera des séances de groupes à caractère thérapeutique.

— Vous voulez que j’y assiste ? demandai-je d’un ton étrangement bienveillant.

– Oui. Tu es malheureusement dans l’obligation d’ailleurs, puisque tu refuses de parler avec moi. Et ce n’est pas moi qui prend cette décision, tu le sais.

Une minute de silence s’installa. Des gars comme moi qui refusent de parler de leur état et qui en veulent à la terre entière, elle devait sûrement en avoir croiser des tonnes.

– Mon cas est grave, madame ?

– Je veux simplement que tu arrêtes de me prendre comme ton ennemi. Que tu sois guérie ou non, je suis payée de la même manière. C’est pour toi que tu dois guérir, et le fait que ton état s’aggrave ne m’apporte pas du plaisir. Je ne sais pas si pour toi, ne pas aller mieux est une manière de narguer les autres, mais sache que nous, ça nous change rien. C’est ta vie, pas la mienne, Aiden.

Une fois son monologue terminé, je la fixe un instant, je soupire et je laisse ma tête se pencher sur le côté.

– La séance est demain à la fin de ta journée de cours.

Je hoche la tête, perplexe, tout en haussant les sourcils. Je me lève et lui adresse un sourire abusif.

D’accord. OK. Je dois encore rester en vie jusqu’à demain.

Je m’apprête à sortir quand elle m’affirme :

– Réfléchi à ce que je t’ai dis. Être dans un état de stress constant amène à des soucis de santé. Mais je pense que tu le sais déjà.

– Je ne ressens aucun stress, alors parfait !

Dis-je d'un ton rempli de sarcasme, parce que sinon, je pense sérieusement que je vais frapper tout ce qu'il y a dans cet endroit.

Elle rentre dans mon jeu (étrange qu’elle le fasse d’ailleurs)

– D’accord. Parfait alors.

Mhh.

– Mais n’y pense pas tr-

Je claque la porte. J’en ai assez entendu. Elle ne comprend pas, et elle ne comprendra sûrement jamais. Personne ne comprendra jamais. Et c’est ça qui me rend le plus désesperé.

Je veux tout dire, donc je ne dis rien, mais seulement s'ils savaient à quel point j’ai essayé. Et j’ai peur que ce soit tout ce dont je ressens, à jamais. J’ai peur que ce soit la personne que je sois pour toujours.

Je ne serai plus jamais moi à nouveau.

Quand je sors du cabinet, je tombe sur une fille blonde aux mèches châtains, la tête baissée, dans une sorte de salle d’attente. Elle était assise par terre, contre le mur, avec les genoux contre sa poitrine et sa joue posée dessus. Je remarqua une incohérence : Pourquoi était-elle par terre si des tonnes de chaises figuraient dans la pièce ? Avant de chercher la réponse à cette réflexion, je l'entends alors sangloter et étouffer un soupir. Je l’observa un instant sans trop savoir quoi faire. Elle porte un t-shirt noir oversize, ce qu'il fait qu'on aperçoit son épaule, ainsi qu'un large jean bleu marine. Je revins à la réalité, car elle sanglote une seconde fois et craque en pleurant. Je m’approche d’elle.

– Hé, tu.. tu vas bien ? dis-je timidement en m’asseyant à ses côtés.

Elle relève la tête et je me retrouve face à ses magnifiques yeux verts remplis de larmes et son visage rempli de tâches de rousseur. Elle mit les mains dans ses cheveux tout en étant essouflé, et avale sa salive.

– Je t’en supplie, sors moi d’ici.

Je prends son bras et je le mets autour de mes épaules dans le but de la porter. Je traverse le couloir pendant qu’elle hyperventile et je m’arrête devant l’infirmerie.

– Tu veux y aller ?

– Enmène moi où tu veux. Mais pas ici, je t’en prie.

Je la comprends. Quand je faisais des crises d’angoisse avant (c'est-à-dire l'année dernière), on m’avait forcé à aller à l’infirmerie lors d’une d’entre elles, et l'infirmière s’était avérée être horrible, et tout sauf rassurante. Je sentais que je devais l'emmener dehors, sa crise était déjà bien entamée, et elle ne pouvait pas la refouler. Je lui murmure alors :

– Je vais t’amener dehors, je te laisserai pas seule, promis.

Elle ferme les yeux. Je sors par une des issues de secours, parce que si il y a bien une chose que ce lycée a et que je rêverai d’avoir dans ma tête, c’est bien ses sorties, moi je rêverai de fuir mes pensées.

Je la pose sur un banc et m’assois à côté d’elle. Elle inspire.

– OK. Je sais ce que tu ressens. Tu vas inspirer avec moi lentement. Elle s'exécute. D'accord, maintenant expire tout l'air de tes poumons. On n'est pas en danger, il n'y a que toi et moi.

Une fois sa respiration calmée, je commence à lui parler tranquillement, pour ne pas que ça reparte.

– Tu t’appelles comment ?

– Hilay. Je m’appelle Hilay.

– C’est quoi ta couleur préferéé ? Il faut qu’elle soit distraite, je ne veux pas que sa crise recommence.

– Le rouge.

Je continue à lui poser des questions dans ce genre en lui disant que rien ne va arriver, et elle paraît très reconnaissante et m'incite à continuer ; je voyais qu'elle était gênée et terrorisée que cela recommence. À la fin de ma série de questions, elle demanda :

– Toi, tu t’appelles comment ?

– Aiden.

– Oh. J'aime bien.

Elle sort une plaquette d’anxiolytique et en prend trois. Je reconnais instantanément que ce sont des anxiolytiques, parce qu’il y a un an j’étais aller voir un psychiatre et j'avais trouver le juste milieu pour qu’il me prescrive des médicaments, mais sans que ce soit assez inquiétant pour me faire interner (appelez ça de la folie, moi j’appelle ça du talent). Après avoir eu l’ordonnance, je ne lui ai plus jamais envoyé de message, je voulais juste des médicaments pour rester tranquille au moins un temps. Je trouve donc le même médicament que celui qui m’avait été prescrit dans les mains d’Hilay.

– Ceux-là ne font pas assez effet, hein ?

– Ils ne font même aucun effet, répond-t-elle en riant. J’en prendrai encore un dans dix minutes même pas je suppose. C’est juste histoire de tenir la journée.

– Je vois parfaitement ce que tu veux dire.

Elle avait beau parler clairement, on voyait que son symptome de dissociation était encore présent. Elle savait que je l’avais vu.Tu as encore cours ?

— Ouais, je vais y retourner.

Elle laissa aller sa tête en arrière et soupire

— Merci, euh.. Aiden. Elle rougit.

— Pas de quoi, je sais ce que c'est.

Je la raccompagna à son cours d'après. Devant la porte, elle me dit qu'elle aurait aimer continuer notre discussion, mais qu’elle a déjà assez d’absence.

— T'inquiète. On se recroisera de toute façon.

Je ne retourne pas en cours. Je rentre chez moi en courant pour ne pas avoir le temps de trop penser. Et je m’allonge sur mon lit. C'est tout ce que je voulais. Être anesthésié d'émotions ne m'empêchait pas d'être fatigué. En fait, je suis anesthésié de sentiments mais je ressens tellement tout si fort en même temps. Je me sens tellement en décalage des autres. Je ne supporte plus ça. Autant dormir. Dormir. Oui. Dormir. Je ne demande que ça après trois jours sans avoir fermé un œil.