Les Amants Maudits Tome 1 : L'Adieu Des Amants

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Summary

Dans un monde fracturé par les dieux et gangrené par les pactes anciens, Julian marche depuis des siècles avec le poids de l’immortalité. Vampire ancestral, il a survécu aux royaumes qui se sont effondrés, aux guerres oubliées et aux trahisons gravées dans le sang. Mais lorsque l’équilibre fragile entre les races surnaturelles commence à se fissurer, même son éternité vacille. Une présence surgit alors dans sa nuit — interdite, dérangeante, inévitable. Une âme liée à la sienne par une malédiction que les dieux eux-mêmes ont scellée. Leur rencontre réveille des forces anciennes, attire l’attention des faes, des démons… et des puissances divines qui observent, jugent et manipulent dans l’ombre. Pris entre désir et damnation, Julian devra affronter ce qu’il a toujours fui : la vérité sur son origine, le prix réel de l’immortalité, et l’amour comme arme de destruction. Car certains liens ne sont pas faits pour sauver le monde. Ils sont faits pour le condamner. Les Amants Maudits – Tome 1 est une dark Romance Fantasy MxM où le sang, la magie et les sentiments s’entrelacent, ouvrant la voie à une tragédie annoncée… et à une passion que même les dieux craignent.

Status
Ongoing
Chapters
8
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

Il existe des morts qui ferment des vies… Et puis il y a celles qui ouvrent des abîmes…

Je me souviens du moment précis où le monde a vacillé. Pas d’explosion. Pas de cri. Pas même un signe céleste pour prévenir les dieux. Juste une rupture silencieuse, nette, comme une veine tranchée dans le cœur du réel. Noah est mort ainsi. Sans témoin digne de ce nom. Sans justice. Sans gloire. Et pourtant, tout a commencé là.

Noah n’était pas faible. Ceux qui le diront mentiront — ou n’auront jamais croisé son regard. Il portait en lui une lumière ancienne, indocile, une de celles que les dieux tolèrent sans jamais les aimer. Une lumière qui ne suppliait pas. Qui ne se prosternait pas. Une lumière dangereuse.

Je l’aimais. Pas comme on aime les mortels, avec condescendance ou nostalgie. Je l’ai aimé comme on aime une vérité trop vive pour être regardée en face. La nuit de sa mort, le ciel n’a pas tonné. La forêt n’a pas hurlé. Les faes n’ont pas chanté de requiem. Même la magie a retenu son souffle, comme si elle espérait encore se tromper.

Noah était à genoux lorsque je l’ai trouvé. Le sol était noir de sang, le sien, mêlé à une énergie plus ancienne, plus corrosive. Une blessure impossible, infligée par une volonté qui ne devait pas exister. Ses mains tremblaient, non de peur, mais d’effort. Il essayait encore de contenir ce qui fuyait hors de lui. De protéger le monde jusqu’au bout.

— Julian…

Il a prononcé mon nom comme on confie un secret trop lourd à porter seul.

Je me suis approché trop lentement. Erreur fatale. Même un immortel peut arriver trop tard. Ses yeux… ces yeux qui avaient défié des rois et fait taire des démons étaient déjà voilés. Pas par la mort. Par la compréhension. Noah savait. Il avait toujours su. Sa mort n’était pas une conséquence. C’était une clé.

— Ils ne devaient pas…Sa voix s’est brisée. Pas physiquement. Spirituellement. Les dieux ont peur.

Cette phrase a fissuré quelque chose en moi. Quand Noah est mort, ce n’est pas son cœur qui s’est arrêté en premier. C’est le lien. Celui qui l’ancre à l’équilibre fragile entre les royaumes. Celui qui empêchait certaines portes de s’ouvrir. Certaines vérités remontent à la surface.

J’ai senti son âme se déchirer. Non pas partir, mais être arrachée, fragmentée, dispersée dans les strates du réel. Une mort contre nature. Une mort orchestrée. Alors la Mort elle-même est venue.

Pas comme les mortels l’imaginent. Pas une silhouette encapuchonnée. Pas une faux. La Mort était là comme une présence absolue, glaciale et infiniment lasse. Elle n’a pas touché Noah. Elle l’a regardé, avec quelque chose qui ressemblait à du regret.

— Il ne devait pas mourir ainsi, a-t-elle murmuré.

C’est à ce moment-là que j’ai compris : cette mort n’était pas prévue. Elle n’était écrite nulle part. Quelqu’un avait réécrit une ligne du destin.

Quand le dernier souffle de Noah s’est éteint, le monde a continué de tourner. Les mortels ont dormi. Les dieux ont détourné le regard. Mais dans les couches profondes de l’existence, quelque chose s’est mis en marche.

Les équilibres ont craqué. Les serments anciens tremblaient. Et les dieux ont senti la peur ; une peur froide, primitive, indigne de leur éternité.

Moi, je suis resté agenouillé dans le sang, incapable de pleurer. Les vampires ne pleurent pas facilement. Mais ce soir-là, quelque chose en moi est mort aussi. Pas une faiblesse. Une illusion.

L’illusion que nous pouvions encore coexister sans payer le prix. La mort de Noah n’était pas une fin. C’était une convocation. Et désormais, chaque battement de mon cœur immortel me le rappelle : le monde réclamera des comptes. Et je serai là pour les faire payer.