PROLOGUE : LE PRIX DU SILENCE
Le ciel au-dessus de Tokyo est d'un gris administratif. Le genre de couleur qui ne promet ni pluie, ni soleil. Juste une stagnation.
Dans un appartement de 9m², un homme regarde son grille-pain. Il ne pense à rien. Il attend juste que le voyant passe au vert. S'il passe au vert, il pourra manger. S'il reste rouge, c'est que son compte d'électricité a été prélevé d'une pénalité de retard qu'il n'avait pas prévue.
Le voyant devient rouge.
L'homme ne crie pas. Il ne pleure pas.
Il remet sa veste, ajuste sa cravate et sort.
Dans l'ascenseur, il croise une affiche du Ministère : « Votre dette est un lien. Prenez-en soin. »
C’est ça, le Japon. On ne meurt pas de faim, on s’éteint par procédure.