Au premier regard

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Summary

Nara a connu sa première rupture comme une déchirure. Depuis, le mot amour n’a plus sa place dans sa vie. Blessée, désabusée, elle a fait une promesse à son cœur brisé, ne plus jamais croire en quelqu’un. Elle a fermé son cœur. Pour se reconstruire, elle décide de transformer son rêve en réalité et ouvre sa propre mercerie. Entre pelotes de laine, créations faites main et journées trop remplies, Nara se consacre entièrement à son travail. Réparer sa vie est devenu sa seule priorité. Mais certaines rencontres imprévues vont changer certaines choses chez Nara. Un regard échangé, un instant figé, et tout ce qu’elle croyait avoir enterré au plus profond d’elle refait surface. Entre blessures encore ouvertes et émotions incontrôlables, Nara va faire face à ce qu’elle fuit depuis toujours, à ce qu’elle a refusé de laisser faire partie de sa vie. Nara fuit cet amour, convaincue qu’il ne laisse derrière lui que blessures et cicatrices.

Genre
Romance
Author
Tyfanie
Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1

Je me regarde dans le miroir pendant un moment, je remets les trois mèches rebelles dans ma chevelure blonde, puis, je met du mascara sur mes cils ainsi le gris intenses de mes yeux ressort encore plus.

Ma mère m'appelle soudainement, alors je sors de ma chambre, le sourire aux lèvres mais la boule au ventre. C’est enfin aujourd’hui que j’ouvre ma boutique, ma mercerie, je suis tellement stressée…

— Hé Nara ! Dépêche toi de descendre, je t’attends pour l’ouverture, dit ma mère, presque plus nerveuse que moi malgré sa joie.

— J’arrive, j’arrive ! dis-je en me dépêchant. Me voilà.

— Te voilà enfin, tu en as mis du temps, dis donc, rétorque-t-elle. Bon, maintenant suis moi jusqu’à la voiture, c'est moi qui conduis.

Nous prenons la route toutes les deux pour rejoindre ma boutique. Quand nous arrivons devant l’ancienne bijouterie que j’ai transformée en mercerie, je reste un moment figée devant, fière et anxieuse à la fois.

Nous entrons à l’intérieur pour faire un peu de ménage avant l’ouverture.

L’heure passa et nous allons bientôt ouvrir les portes. Je suis tellement stressée… J’ai peur que personne ne vienne. J’espère vraiment que tout se passera bien.

Une heure passa… puis deux… puis trois. Toujours personne.

Je commençais à désespérer, à me dire que j’avais peut-être fait une erreur, que je devrais abandonner… que mon rêve était peut-être déjà en train de s’effondrer.

Mais soudain, la sonnette de la porte retentit.

Je me tourne vers l’entrée, soulagée de voir ma toute première cliente entrer, une vieille femme dégageant une incroyable joie de vivre. Ho oui je suis trop contente!

Je m’avance vers elle.

— Bonjour madame, avez-vous besoin d’un renseignement ?

— Ah, bonjour mademoiselle. Je passais devant et j’ai vu que la boutique était nouvelle. Elle est splendide ! J’aimerais trouver la laine idéale pour un projet, répondit-elle d’une voix enjouée.

— Super, suivez moi, nous allons voir ça.

J’étais tellement heureuse d’avoir ma première cliente. Je regardai ma mère au loin, elle était soulagée et tellement fière.

Avant la fin de la journée, Shana arriva dans ma boutique.

— Salut ! Comment allez-vous ? Alors, ta boutique, ça marche bien ? s’exclama-t-elle, rayonnante.

— Oui, on va bien, et toi ? Et oui, ça marche super. J’avais peur que ça ne fonctionne pas, mais finalement si, dis-je en laissant éclater ma joie.

— C’est super ! J’avais vraiment peur pour toi, m'avoue-t-elle.

La fin de la journée approchait. Nous fermons la mercerie. La journée s’était terminée avec trois clientes. Une bonne première journée pour une débutante.

Nous sommes rentrées toutes les trois chez nous.

Le lendemain matin, avec ma meilleure amie, nous décidons d’aller nous amuser ensemble.

Nous nous rejoignons pour notre petit week-end, dès 10 h du matin nous sommes parties.

— Alors, on commence par quoi aujourd’hui ?

— C’est à toi de voir, Nara, c’est ta journée, s’exclama Shana.

— Hé bien, commençons par du shopping alors.

— Super, alors allons-y, rétorqua-t-elle, toute contente de notre journée.

Cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait de sortie comme ça, elle et moi. Nous finissons cette belle matinée avec trois sacs pleins chacune. Nous sommes parties déjeuner dans un bistrot pour le midi, Shana a pris un coq au vin et moi une salade niçoise, c’était délicieux.

L’après-midi, on est parties pour trois bonnes heures de spa, massage, jacuzzi, plus une manucure pour la route.

L’après-midi se termina, nous sommes tellement relaxées. On a fini par manger des petits sandwichs triangles dans la voiture de Shana pour ne pas avoir le ventre trop plein pour notre dernière étape de la soirée, aller en boîte.

Nous arrivons devant la boîte, on entre puis on passe la soirée à rire, danser, boire et à se faire draguer. Shana se moque bien de moi, car elle sait que cela me dérange.

Un mec commence à s’approcher de nous quand nous dansons, il se penche vers moi et me dit :

— Salut, je te trouve mignonne, tu veux danser avec moi ? dit-il sûr de lui.

— Non merci, je ne suis pas intéressée. Dis-je en criant pour me faire entendre a cause de la musique, Toujours sur mon opinion que l’amour n’existe pas.

Le mec part en m’insultant et en disant qu’il ne voulait même pas danser avec moi, Shana et moi avons bien ri.

La soirée se termina et puis nous allons nous coucher dans l’hôtel que nous avons réservé la veille. Nous avons discuté et ri toute la nuit, nous avons fini par nous endormir à sept heures du matin.

Shana se réveille avant moi, elle décide donc de faire le petit déjeuner, café, croissants, confiture, pâte à tartiner et plein d’autres choses délicieuses. Je finis à mon tour par me réveiller, nous prenons notre déjeuner ensemble en riant et en parlant de notre soirée d’hier soir. Pour le reste du week-end, nous avons décidé de nous reposer en allant bronzer à la plage. À la fin de la journée, nous rentrons chez nous et nous nous enlacons pour nous dire au revoir. Ce week-end était en peu plus agréable, j’ai adoré.

Après notre petit week-end, je suis repartie travailler plus dur sur ma boutique.

Le temps est passé si vite que je n’ai même pas fait gaffe que ma boutique s’est agrandie, et maintenant j’ai de plus en plus de clients. Je commence à être très débordée toute seule dans cette boutique devenue immense. Immense, j’exagère un peu, oui elle est devenue grande, mais ce n’est pas un temple non plus. Je pense que je vais commencer à chercher du monde pour être mes employés.

Pendant la semaine, j’ai eu trois entretiens d’embauche. La première est une jeune femme célibataire avec une bonne situation familiale, le deuxième un jeune homme beau et célibataire, mais avec un casier judiciaire, puis la troisième était une vieille femme veuve et très gentille.

J’ai donc décidé d’embaucher les deux femmes, l’une s’occupera de la caisse et l’autre des livraisons, car j’ai décidé d’ouvrir une boutique en ligne et elle marche super bien. Et puis l’homme, j’ai préféré ne pas l’embaucher pour éviter les emmerdes. De mon côté, je m’occupe du stock, de tous les trucs bien chiants, mais aussi de ma partie préférée, celle de ranger les rayons le long des murs. Il y a toutes les pelotes qui sont triées par type et par couleur. Ensuite, au centre de ma boutique, il y a plusieurs caisses où est rangé tout le matériel nécessaire pour faire du crochet, du tricot ou même de la couture. J’ai même ajouté un distributeur de mini peluches faites au crochet par moi-même.

À la fin de la journée. Quand je rentre chez moi, je jette un coup d’œil à mon calendrier et je vois que l’on est le 22 décembre, donc Noël est dans trois jours. Il faut que je me prépare pour notre repas. Encore un jour de travail et je serai en repos pour Noël.

Pour ma dernière journée de travail, je vais faire des réductions pour faire plaisir aux clients, car c’est bientôt Noël. Toute la journée, ces réductions ont apporté énormément de nouveaux clients, cela a été ma meilleure affaire. J’ai aussi décidé d’offrir un petit cadeau fait main à chacun de mes clients de la journée. Cela m’a pris énormément de temps et d’énergie, mais je suis contente de moi. À la fin de la journée, j’ai fermé ma boutique et je suis repartie avec trois cadeaux de mes clients les plus fidèles. J’ai reçu des chocolats, des fleurs et des bougies. Je suis super heureuse de ces petites attentions, cela me touche vraiment.

Quand je suis rentrée chez moi, j’ai commencé à préparer mes affaires pour partir chez mes parents pour ces deux jours. Je suis ravie, car ma meilleure amie est de la partie pour Noël. Mes parents la considèrent comme leur fille et moi, je la considère comme une sœur. Shana et moi allons nous préparer ensemble demain. Je suis déjà super excitée à l’idée de la voir.

Je commence à avoir faim, je vais me faire livrer un petit truc à manger, des sushis. Miam, j’ai déjà l’eau à la bouche, plus qu’à attendre leur arrivée.

Soudain, le livreur sonne à la porte. Je me lève pour aller ouvrir, le ventre vide, avec l’impression de ne pas avoir mangé depuis trois jours.

— Bonjour, une livraison de sushis pour mademoiselle Nara Anderson, je suis bien dans son appartement ?

— Bonjour, oui, c’est bien moi, je vous dois combien ? Ma conscience me retient de sauter sur le livreur pour avoir mes sushis. Nara, calme-toi, tu paies et tu pourras manger.

— Cela vous fera un total de 20 euros, s’il vous plaît. Vous allez manger ça toute seule ? M’interroge-t-il par la quantité de sushis.

— Oui, j’ai super faim, tenez et bonne soirée.

— Merci, bonne soirée à vous aussi.

Je pars vers mon canapé douillet après avoir fermé la porte au livreur. Je lance ma série et commence à manger seule, comme à mon habitude. J’aimerais bien avoir un peu de compagnie. Je me sens seule, cela me déprime.

Après avoir fini de manger, j’éteins ma télévision et pars me coucher. Je m’allonge sous mes draps tout doux et chauds qui m’ont attendue toute la journée. Enfin, je me pose. Quand j’essaie de m’endormir, la fatigue ne vient pas. Je me tourne dans un sens puis dans l’autre, encore et encore. Je finis par me redresser. Pourquoi je me sens vide comme ça et je n’arrive pas à dormir.

Au bout d’une bonne heure de lutte contre le sommeil, je finis par perdre et m’endormir.

— Hé Nara, tu es là ? Tu dors ? Je suis arrivée, ouvre-moi. Shana tente de me réveiller en hurlant derrière la porte. Je prie pour que mes voisins ne me tuent pas après ça.

— Mm… j’arrive, laisse-moi deux minutes, dis-je en somnolant.

J’ouvre à Shana et je la vois toujours aussi rayonnante, comme à son habitude. Elle est si belle, habillée dans une robe en soie noire et longue, avec une fente au niveau du genou. Ses cheveux blonds et brillants sont attachés en un chignon coiffé-décoiffé, ce qui la rend sublime. Alors que moi, j’ai les cheveux en pétard après ma nuit très agitée, vêtue d’un long t-shirt noir et d’un short.

— Entre, je t’en prie. Tu veux un café ? dis-je en bâillant.

— Je n’allais pas me gêner, et volontiers. Alors, on commence par quoi aujourd’hui ?

— Déjà, je me réveille et je vais prendre une douche. Tiens, ton café est servi.

— Merci, et dépêche-toi, on doit prendre la route à 11h pour rejoindre tes parents.

— Oui, je me dépêche, ne t’inquiète pas.

Une fois ma douche terminée, je me sèche les cheveux et décide de les laisser lâchés. Puis je pars m’habiller. J’ai décidé de mettre une robe noire longue, très chic pour un repas de famille. J’enfile mes escarpins noirs avec un talon assez épais.

— C’est bon, je suis prête.

— Waouh Nara, que tu es belle, s’exclama Shana.

— Merci, alors on y va ? Tu conduis ou je conduis ?

— Je conduis. Allons-y avant d’être en retard.

Nous sommes parties pour rejoindre mes parents. Quand nous arrivons, mes parents sont déjà dehors pour nous accueillir. Ma mère me serre dans ses bras de toute sa force. Cela fait aujourd’hui trois mois que je ne les ai pas vus, ils m’ont tellement manqué. Mon père arrive vers moi et, comme à son habitude, me porte et tourne sur lui-même pour me faire voler, comme si j’étais toujours sa petite fille de quatre ans. Ils finissent par prendre Shana dans leurs bras pour lui dire bonjour.

— Alors, vous avez fait bonne route ? dit ma mère, heureuse de nous voir.

— Oui, ça s’est super bien passé. Alors, il reste quoi à préparer pour ce soir ?

— Super, alors rentrez. Il reste à mettre la table et à attendre les invités.

— D’accord, alors commençons.

Nous sommes parties préparer la table à manger. Quand nous avons fini, c’est l’heure de manger. Nous mangeons quelque chose de rapide pour ne pas trop avoir le ventre plein pour ce soir.

La nuit commence à tomber et nous recevons les premiers invités, mes cousins. Une heure après, tous les invités sont arrivés, mes tantes, mes oncles, mes grands-parents et pour finir les parents de Shana. Les parents de Shana n’allaient pas fêter Noël sans leur fille unique.

Le repas commence et le brouhaha aussi, des conversations politiques, des commérages et plein d’autres discussions. Puis, soudainement, le calme s’installe.

— Alors Nara, comment ça se passe du côté des amours ?

Et voilà qu’ils m’ont posé cette fameuse question, comme tous les ans.

— Eh bien toujours seule, mais ne vous inquiétez pas, c’est un choix de ma part.

— Ah mais pourquoi, tu sais Nara, tu as vingt-six ans, il faudrait peut-être que tu envisages de trouver quelqu’un pour ton futur.

— J’aime être seule et vous savez, je ne veux pas d’enfant. Je ne veux pas me marier non plus. Finir seule auprès de ma meilleure amie me convient très bien. Et puis cela ne regarde que moi, c’est ma vie privée. J’aimerais que vous arrêtiez de me poser cette question, merci. Je reviens.

Je pars me calmer un peu car ils ne peuvent pas me comprendre et je ne veux pas m’expliquer davantage. Ma mère arrive soudainement et me dit

— Nara, ne t’énerve pas, ce n’est pas méchant, ils veulent ton bien, c’est tout. Mais ne t’inquiète pas, je te comprends ma fille. Viens dans mes bras et retournons à table.

Je serre ma mère dans mes bras et soudain je me sens apaisée. Je me sens prête à retourner à ce repas un peu chaotique.

Toujours aussi chahutant qu’au départ. Il est déjà minuit passé et nous n’en sommes qu’au dessert. Avec Shana, nous avons passé le reste de la soirée à rire et à juger comment nos invités étaient habillés. À la fin de la soirée, nous disons au revoir à ceux qui partent, et les autres, nous devons les coucher car ils ont trop bu.

Avec Shana, nous partageons mon ancienne chambre et nous nous endormons directement.

Le lendemain matin, nous nous réveillons tôt pour ouvrir nos cadeaux avec la famille qui est restée. Tout le monde ouvre ses cadeaux. Ma mère a eu un superbe collier et une paire de boucles d’oreilles. Ce sont de jolies perles avec une lune. Elle a aussi eu un week-end en amoureux avec mon père. Mon père, lui, a eu un vinyle et une platine à vinyles.

Shana a eu un livre de sa collection préférée, le seul qui lui manquait. Bien entendu, le livre est en version anglaise, sa langue préférée. Elle a aussi reçu un joli collier en or fin, tout simple, avec un mini pendentif plat et rond. À l’intérieur, une gravure où il est écrit nous t’aimons fort.

Et puis moi, j’ai eu de la laine de qualité pour faire un pull oversize et un DIY book nook. Je suis super heureuse de ce que j’ai reçu. C’est tout ce que j’aime. Ils me connaissent vraiment par cœur.

À la fin de la journée, Shana et moi disons au revoir à nos parents et nous rentrons chez moi.

— Nara ? Ça te dit qu’on se prenne des vacances pour le Nouvel An et qu’on aille aux Bahamas ? me dit-elle sur un coup de tête, comme si elle avait eu un flash.

— Oh oui, ça me tente bien, mais on part quand ?

— Demain.

— Non, demain c’est trop précipité, il faut qu’on organise tout avant.

— Eh bien, on part avant le Nouvel An comme ça on s’éclate.

— D’accord, au moins on a le temps de se préparer.

Avec Shana, nous cherchons des billets d’avion aller-retour. On cherche un Airbnb près des plages, puis des activités à faire dans le coin.

Shana et moi partons souvent en vacances ou en week-end comme ça, à l’improviste. Et vu qu’elle parle super bien anglais pour communiquer, cela nous rend un grand service.

Mmm, que vais-je me mettre quand nous partirons ?

— C’est bon, j’ai réservé les billets et un Airbnb. On part pour une semaine, prends tes vacances Nara.

Waouh, elle a déjà tout réservé, elle est vraiment super douée.

— Shana, tu restes manger et dormir ici ce soir ?

— Oui si tu le veux, je vais juste prévenir Eliot que je ne rentrerai pas ce soir.

Ah oui, c’est vrai, elle a un copain.

— Mais d’ailleurs, en parlant d’Eliot, il ne va pas vouloir venir avec nous pour les vacances ?

— Non t’inquiète pas, il avait prévu de faire un truc avec ses potes, si j’étais d’accord bien sûr. Du coup, il va pouvoir y aller, il va être super content. Bon, je l’appelle pour lui dire ces deux choses, ça va prendre dix minutes.

— Ok, en attendant je commande à manger, ça te va du poké bowl ?

— Oui, ça me va.

Shana a fini son appel et la nourriture est déjà arrivée.

— Miam, bon appétit, ça a l’air délicieux ! s’exclame Shana en bavant devant son plat.

— Je peux te garantir que c’est délicieux, tu ne seras pas déçue.

Shana et moi nous jetons sur nos plats et les finissons plus vite que le film n’a eu le temps de commencer.

Je vois que ma meilleure amie commence à s’endormir, alors je lui prépare la chambre d’ami pour qu’elle aille dormir quand le film se terminera.

— Nara… Naraa ! me chuchote-t-elle à l’oreille pour me réveiller.

— Hein ? Qu’est-ce qu’il y a ?

— Tu t’es endormie devant le film, on est déjà le matin, alors je te réveille… j’ai préparé le déjeuner.

— Merci Shana, t’es un amour !

— Déjà de une, je le sais, et de deux, j’avais faim, alors j’ai préparé le déjeuner.

Shana me taquine souvent comme ça, parfois je me demande si elle ne rigole pas. Des fois, je me dis que Shana est la seule personne qui peut partager ma vie sans me faire de mal.

— Hé, d’ailleurs, Nara, ta mère m’a envoyé un message, je lui ai dit qu’on partait en vacances et elle veut qu’on dîne chez elle la veille. Il y aura aussi ta tante, s’écria Shana.

Elle est si proche de ma mère qu’elle communique autant avec elle qu’avec moi.

— Ok, dis-lui que c’est bon pour nous.

— Déjà fait.

— Ah donc tu t’es concertée toute seule ?

— Exactement. Allez, viens déjeuner avant que ça refroidisse, rétorque-t-elle.

Nous déjeunons ensemble et décidons que pour le reste de la journée, on allait se faire un marathon de films en mangeant des cochonneries.

Le jour suivant, ma complice et moi nous préparons pour un nouveau repas avec mes parents.

— Je ne sais pas quoi mettre, dis-je, désespérée.

— Bah, tu n’as qu’à mettre ta super belle chemise marron, ton pantalon noir chic et ta veste en cuir marron. Moi, je vais mettre un jean bleu, mon pull en laine crème, la même veste que toi et une petite écharpe.

— Merci, heureusement que je t’ai dans ma vie.

Nous entamons la route pour rendre visite à mes parents. Quand nous arrivons, ma tante est déjà là.

— Bonjour tatie, comment vas‑tu ?

— Super bien. Il paraît que vous partez demain aux Bahamas ?

— Oui, c’est exact.

Nous disons bonjour à tout le monde, puis entrons dans la maison pour commencer à dîner.

— Alors pour ce soir, ce sera du saumon, des épinards et du blé, rétorque Marc, mon père.

— Miam, on va bien manger ! Tu n’as pas perdu la main, papa.

— Eh bien non, allez, bon appétit à tous !

— Alors les filles, vous avez prévu de faire quoi ? demande Claire, ma mère.

Ma complice commence à raconter tout ce qu’on a prévu de faire pendant que moi, je suis perdue dans mes pensées, me demandant ce que je vais emmener avec moi.

— Et d’ailleurs, Nara, tu ne m’as jamais expliqué pourquoi ça s’est terminé entre toi et Leandro.

Aïe… elle a touché un point sensible, se dit ma conscience.

— Bah, je ne ressentais plus rien, donc je les ai quittés, c’est tout. Je leur mens comme toujours, juste pour ne pas avoir à repenser à la vraie version de l’histoire. La seule personne qui sait tout, c’est ma meilleure amie, et ma mère connaît une partie de l’histoire. Je ne veux pas lui briser le cœur.

Si je pouvais supprimer cet épisode de ma vie, je le ferais immédiatement.

— Ah bon ? Seulement ça ? Mais ça faisait un an que tu étais avec lui, c’est bizarre.

Bien sûr que c’est bizarre, puisque je leur mens. Bien sûr qu’ils ne savent pas que c’est lui qui a fini la relation en réalité.

— Eh bien tatie, c’est la vie… Les goûts et les couleurs changent en grandissant. Pouvons-nous parler d’autre chose maintenant, merci ?

Quand ma tante a prononcé son nom, j’ai ressenti un pincement au cœur et mes mains ont tremblé tout le reste de la soirée. À cause de cette question, je suis restée plongée dans mes pensées jusqu’à la fin du dîner.

— Eh bien, c’était délicieux. Merci de nous avoir invités à cette soirée. Nous allons partir, Nara et moi. Bisous à vous, on vous enverra un message quand on sera arrivées.

—Nara, ça va ? J’ai vu que la question de ta tante t’a un peu perturbée.

—Oui, t’inquiète pas, j’ai l’habitude, elle fait tout le temps ce genre de choses.

—Ok, bon, on prépare nos affaires.

—Oui.

Une fois nos affaires terminées, nous sommes parties nous coucher pour aller à l’aéroport demain. À vrai dire, on a organisé ça sur un coup de tête, mais heureusement nous économisons beaucoup, donc on se fait souvent un voyage chaque année avec nos économies. Cette fois, c’était le plus gros voyage que nous avons organisé.

Le jour suivant, nous nous sommes retrouvées à l'aéroport.

— Prête ! me dit Shana, super excitée.

— Prête.

J’ai peur de l’avion, c’est la première fois que je monte dedans. Avant, nous avons toujours voyagé en

voiture, car nous ne partions jamais très loin.

Une fois dans l’avion, Shana me tient la main tout le long du vol pour me rassurer.

À notre arrivée, la femme de l’Airbnb était là pour nous accueillir, nous emmener et nous faire découvrir le coin.

— Ça y est, Nara, on est en vacances !! On va s’amuser comme des folles.

— Oui, c’est trop bien.

Pendant nos vacances, nous avons principalement été à la plage. Nous avons même fait de la plongée, c’était une première pour Shana et moi. Ensuite, quand nous nous reposions sur la plage, nous avons vu des soirées et nous les avons rejointes.

Tous les matins, nous avions des petits déjeuners servis avec l’Airbnb. Nous sommes rentrées crevées, mais détendues de nos vacances.

En rentrant, nous avons toutes les deux eu le même réflexe, appeler nos mères.

— Coucou maman, on est bien rentrées, et d’ailleurs on a pris des couleurs.

J’ai raconté tout ce que nous avons fait à ma mère, je suis restée une heure au téléphone avec elle.

— Nara, je vais y aller, j’ai passé de super vacances à tes côtés, me dit-elle avec beaucoup de sincérité.

Nous nous serrons dans les bras avant de nous quitter, et voilà que je me retrouve de nouveau seule. Moi et ma solitude partons nous coucher sans manger, trop fatiguées pour dîner.

Au lever du soleil, je m’habille pour aller travailler.

Tout au long de la journée, je me sens vide, perturbée et anxieuse, comme si quelque chose d’étrange allait arriver.

Le soir, je vais boire un café chez ma meilleure amie pour lui faire part de mon ressenti. Elle me soutient et me réconforte, comme à son habitude, et j’aime ça. Je me sens toujours mieux après.

Ces derniers temps, j’ai l’impression d’être observée. Cela me met mal à l’aise.

Plusieurs semaines passent et j’en viens à oublier ce ressenti vraiment étrange.

La journée a été longue et épuisante.

En arrivant chez moi, je remarque un colis devant ma porte. Je n’avais pourtant rien commandé. Je le prends et le pose sur ma table à manger. Mon esprit revient immédiatement à ces moments où je me sentais bizarre et je commence à faire des liens. Une peur sourde m’envahit, la boule au ventre, les mains qui tremblent, la tête qui tourne.

J’hésite un long moment à l’ouvrir. Je me dis que ça pourrait être un cadeau de Shana ou de ma mère.

Je l’ouvre et découvre une lettre.

« Félicitations pour ta boutique. Je vois que ça marche bien. Bisous à toi. Signé Leandro. »

Au fond du colis, un bijou… avec inscrit

« Pardonne-moi… je n’aurais pas dû. »

Tellement choquée et déstabilisée que je ne sais même plus où me mettre. Je pose le colis, immobile.

Devrais-je en parler à Shana ? Oui… c’est sûrement une bonne idée.

Je prends mon portable et je l’appelle.

— Allô ? Il se passe quelque chose, Nara ? Tu ne m’appelles jamais comme ça d’habitude, me dit-elle, inquiète.

— Allô… oui, il se passe quelque chose d’étrange. C’est Leandro. Il m’a envoyé un colis. Il y a une lettre pour me féliciter pour ma boutique et un bijou pour me demander pardon. J’ai l’impression qu’il me surveille… j’ai peur, Shana.

— Ne t’inquiète pas, je pense que c’est juste une mauvaise blague de sa part, tente-t-elle, même si sa voix trahit le doute.

— J’espère… parce que ça me fait vraiment peur.

— Tu veux que je vienne passer la nuit chez toi ? Ça te rassurera ? dit-elle d’une voix douce et réconfortante.

Je me calme presque instantanément grâce à ses paroles.

— Oui, je veux bien. Je t’attends, j’ai une chambre d’ami pour toi.

En attendant Shana, je mets le colis de côté pour le lui montrer à son arrivée. Quelques minutes plus tard, elle arrive enfin. Nous inspectons le colis ensemble avant d’aller dormir. Tout cela est vraiment étrange, mais nous décidons de laisser ça de côté pour la nuit.

Pendant la nuit, je me posais des tas de questions.

Depuis quand connaissait-il ma nouvelle adresse ? Je ne lui avais jamais parlé de ma boutique… comment pouvait-il le savoir ?

J’ai cogité à tout ça toute la nuit, ce qui m’a empêchée de dormir profondément.

Depuis quand me suit-il ?

Est-ce qu’il est aussi au courant pour notre voyage, les repas, la boutique ?

Mon crâne me faisait mal à force de me poser toutes ces questions.

Ce soir-là,

j’ai compris que ce que je croyais derrière moi ne l’était peut-être pas autant que je le pensais…et pour la première fois depuis longtemps,

je n’avais plus l’impression d’être seule, mais observée.