La SECONDE VIE DE HYUNA tome1
# Chapitre 1 : Renaissance
Le froid. C’est tout ce dont je me souviens.
Le froid mordant du carrelage de la cave contre ma joue…La soif qui brûlait ma gorge comme du verre pilé , La faim qui tordait mes entrailles. Et cette douleur lancinante , dans mes membres engourdis , qui ne voulaient plus m’obéir. Combien de jours ? Trois ? Quatre ? Cinq ? Je ne savais plus…
“Papa…” Ma voix …n’était qu’un murmure rauque, pathétique. “S’il te plaît… j’ai soif…”
Silence.
Toujours ce silence pesant, écrasant . Le silence d’une maison qui m’avait autrefois bercée des rires de ma mère. Avant qu’elle ne meure. Avant que cette femme ne prenne sa place , et ne pourrisse tout ce qui restait de notre famille.
L’héritage de maman,C’était pour ça qu’ils me tuaient. Pour l’argent. Pour que ma demi-sœur chérie puisse vivre dans le luxe que ma mère avait voulu pour moi.
Un rire amer s’échappa de mes lèvres gercées, se transformant aussitôt en toux douloureuse.
Vingt-deux ans. J’avais vingt-deux ans et j’allais mourir dans cette cave humide, abandonnée par l’homme qui m’avait donné la vie.
“Maman…” soufflai-je dans le vide. “Si tu pouvais me sauver… juste une fois…”
Mes paupières devinrent si lourdes. Mon corps tout entier semblait se dissoudre, perdre sa substance. Même la douleur s’estompait, remplacée par un engourdissement étrange, presque doux.
C’est donc ça, mourir ?
Je ne sentais plus rien. Ni le froid, ni la faim, ni la soif. Juste… le vide.
Et puis, la lumière.
De la chaleur sur ma peau.
C’était la première sensation qui me revint. Une chaleur douce, presque liquide, qui caressait mon visage. Puis des sons. Le chant mélodieux d’oiseaux que je n’avais jamais entendus. Le murmure d’une brise légère dans des feuillages. Le gargouillis lointain d’un ruisseau.
J’ouvris lentement les yeux.
Un ciel d’un bleu éclatant s’étendait au-dessus de moi, si pur qu’il en était presque irréel. Des branches couvertes de feuilles d’un vert lumineux dansaient doucement, créant des motifs de lumière et d’ombre sur mon visage.
Où… où étais-je ?
Je clignai des yeux, désorientée. Sous mon dos, quelque chose de doux et moelleux. Je tournai légèrement la tête. De la mousse. De la mousse épaisse et du gazon tendre, parsemés de petites fleurs blanches délicates. L’air embaumait un parfum floral entêtant que je ne connaissais pas, mélangé à l’odeur fraîche de la terre humide.
Mon cœur se mit à battre plus vite.
*Le paradis ?*
Je me redressai brusquement, portant instinctivement ma main à ma gorge. Plus de douleur. Plus de soif brûlante. Mon corps se sentait… léger. Reposé. Plein d’énergie.
Je suis… morte ?
Ma voix résonna clairement dans l’air, forte et saine. Je baissai les yeux sur moi-même. Je portais toujours ma chemise de nuit blanche, celle dans laquelle j’étais quand ils m’avaient enfermée. Mais elle était immaculée, comme neuve, sans la moindre trace de saleté ou de sang.
Mes pieds nus reposaient sur la mousse douce. Ma peau était propre, rosée, vivante.
Vivante.
Je me levai d’un bond, le cœur battant à tout rompre. Autour de moi s’étendait une forêt… non, une *jungle* luxuriante comme je n’en avais jamais vu. Les arbres étaient titanesques, leurs troncs aussi larges que des maisons, leurs branches formant une voûte majestueuse au-dessus de ma tête. Des lianes ornées de fleurs exotiques pendaient gracieusement, dans des teintes impossibles de pourpre, d’or et d’azur iridescent.
Des papillons aux ailes scintillantes voletaient entre les rayons de soleil, laissant des traînées de lumière colorée dans leur sillage.
C’est… magnifique…
Un bruit d’eau attira mon attention. À quelques mètres, un ruisseau cristallin serpentait entre les racines des arbres géants. Son eau était si claire qu’elle semblait faite de lumière liquide.
Mes jambes me portèrent vers le ruisseau avant même que mon cerveau ne donne l’ordre. Je m’agenouillai sur la berge moussue et me penchai pour boire…
Et je me figeai.
Mon reflet.
Ce n’était pas moi.
Enfin, si, mais… différent. Mes cheveux étaient plus longs, d’un noir de jais profond et brillant qui semblait absorber la lumière. Ma peau rayonnait d’une lueur saine et douce. Mes traits étaient les mêmes, mais plus… nets. Plus parfaits.
Et mes yeux.
Mes yeux n’étaient plus bruns.
Ils étaient *turquoise.
D’un turquoise éclatant, lumineux, avec des reflets verts et bleus qui dansaient dans l’iris comme des flammes liquides.
Qu’est-ce que…” Je portai ma main tremblante à mon visage, touchant ma joue, mes lèvres, mes paupières. “Qu’est-ce qui m’arrive ?
Et c’est à cet instant que je le vis.Dans le reflet de l’eau, juste derrière moi.
Une créature colossale.Mon sang se glaça dans mes veines.
Un serpent. Non. Un « dragon ». Une bête titanesque qui ondulait dans l’air derrière moi, son corps immense recouvert d’écailles blanc-argenté qui captaient la lumière comme des milliers de diamants. Des cornes majestueuses encadraient une tête triangulaire aux traits à la fois terrifiants et magnifiques. Sa gueule aurait pu m’avaler entière sans effort.Et ses yeux.
Ces yeux bleus électriques qui me fixaient avec une intensité dévorante, presque hypnotique.
Un cri étranglé s’échappa de ma gorge. Je me retournai si violemment que je tombai en arrière, atterrissant durement sur les fesses. Rien,Personne.
Juste la forêt paisible, le bruissement des feuilles, le chant des oiseaux.
Mon souffle était erratique, mon cœur cognait si fort dans ma poitrine que j’avais l’impression qu’il allait exploser. Je scrutai frénétiquement les alentours, cherchant la créature monstrueuse.
J’ai halluciné. C’est ça. Je suis morte et c’est… je ne sais pas. Le purgatoire ? Un rêve ?
Un mouvement attira mon regard vers le sol.
À quelques mètres de moi, enroulé sur une pierre plate baignée de soleil, un serpent m’observait.
Un serpent… magnifique. Avec des écailles d’un blanc immaculé strié de reflets argentés et bleus qui miroitaient à chaque respiration. De bonne taille, peut-être un mètre cinquante, mais rien de comparable à la monstruosité que j’avais vue dans le reflet.Ses yeux étaient d’un bleu clair et perçant.
Et il ne me quittait pas du regard.
Nous nous fixâmes pendant ce qui me parut une éternité. Mon cœur commençait à peine à se calmer.
Le serpent ne bougea pas. Ne siffla pas. Se contenta de m’observer avec une immobilité troublante.
Puis, lentement, il glissa de sa pierre et disparut dans les fourrés sans un bruit.
Je restai là, tremblante, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Qu’était cette créature dans le reflet ? Pourquoi mes yeux avaient-ils changé ? Où étais-je ?calme-toi, Léna. Réfléchis.
Je me relevai sur des jambes chancelantes et regardai autour de moi. La forêt s’étendait dans toutes les directions, infinie et impénétrable. Pas de chemin. Pas de signe de civilisation. J’étais seule.Complètement seule.
Un frisson me parcourut l’échine malgré la chaleur. Je devais trouver… quelque chose. N’importe quoi. De l’aide. Des réponses.
Je choisis une direction au hasard et commençai à marcher, mes pieds nus effleurant la mousse douce. C’était étrange. Je ne sentais presque pas le sol, comme si mon corps pesait moins qu’avant.
Le temps semblait figé. Le soleil restait haut, baignant la forêt d’une lumière dorée perpétuelle. Les fleurs s’ouvraient sur mon passage, les papillons dansaient autour de moi. C’était beau,Presque trop beau,Trop irréel.
Je marchais depuis combien de temps ? Dix minutes ? Une heure ? Je ne savais plus.
Et puis je l’entendis.
Un bruissement.
Je m’arrêtai net, le cœur battant. Quelque chose bougeait dans les fourrés sur ma droite. Quelque chose de gros.
il y a quelqu’un ? appelai-je d’une voix tremblante.
Silence.
Puis un craquement de branche.
Et soudain, il apparut.
Un homme.
Non. Pas un homme.
Il était “immense”facilement un mètre quatre-vingt-dix ou plus. Ses cheveux blanc-argenté cascadaient jusqu’à ses hanches en vagues soyeuses qui brillaient dans la lumière filtrée. Sa peau était d’une pâleur presque translucide, comme sculptée dans du marbre. Son physique était celui d’un guerrier, tout en muscles définis et en puissance brute à peine contenue.
Il portait un vêtement simple fait de peaux de bête qui laissait une grande partie de son torse musclé à découvert.
Et son visage…
Des traits anguleux, d’une beauté presque douloureuse. Aristocratiques. Inhumains.
Sur son cou, remontant jusqu’à sa mâchoire, des petites écailles à peine visibles . De fines écailles blanc-argenté.
Et ses yeux.
Ces yeux bleus électriques.
*Le serpent.*
”Toi…toi …Ma voix était à peine un souffle.
Il inclina la tête, me regardant avec une intensité qui me glaça le sang. Puis un sourire étira ses lèvres pâles. Pas rassurant. Prédateur.
“Je t’ai vue tomber,” dit-il d’une voix calme et grave. “Du ciel.”
Quoi ? Je n’ai pas…
Oiseau t’a enlevé . Et tu es tombée.”
Un oiseau ? Qu’est-ce qu’il racontait ?
Je ne comprends pas. Je veux juste savoir où…”
Toi tu es ma femelle mnt .
Ces mots résonnèrent comme un coup de tonnerre. QUOI ?!”
Mais je n’eus pas le temps de réagir.
En un éclair, il bondit vers moi. Son bras s’enroula autour de ma taille comme un serpent, me soulevant du sol sans le moindre effort.
“NON !” hurlai-je. “LÂCHE-MOI !”Et il courut.
Non. Il vole presque.
Le monde devint un chaos de vert et de lumière autour de nous. Il bondissait d’arbre en arbre, de pierre en pierre, avec une vitesse et une agilité terrifiantes. Les branches fouettaient l’air autour de nous, le vent sifflait à mes oreilles.
“ARRÊTE ! POSE-MOI !” Je me débattis violemment, frappant son torse de mes poings, griffant ses bras de mes ongles. “LÂCHE-MOI ESPÈCE DE FOU !”
Il ne ralentit même pas. Comme si mes coups n’étaient que des caresses de papillon.
La rage explosa en moi. Une rage dévorante qui submergea même ma peur.
*Pas encore, PAS ENCORE !*
Ils m’avaient enfermée, Affamée, Tuée.
Et maintenant, dans cette nouvelle vie, quelqu’un voulait déjà me kidnapper ? Me *posséder* ?
“NON !” Je plantai mes dents dans son bras de toutes mes forces, assez fort pour que du sang perle sous mes doigts. “JE NE SUIS À PERSONNE ! TU M’ENTENDS ?! À PERSONNE !”
Pour la première fois, il réagit. Ses yeux bleus se baissèrent vers moi, et quelque chose qui ressemblait à de la surprise passa sur son visage.
“Toi…tu es très forte,” murmura-t-il, presque avec… admiration ?
“JE VAIS TE MONTRER C’EST QUOI ÊTRE FORTE !” Je lui envoyai un coup de genou dans les côtes avec toute la force dont j’étais capable.
En vain. C’était comme frapper du granit.
Il resserra légèrement son étreinte, juste assez pour m’immobiliser sans me blesser. Ses bras étaient comme des barres d’acier autour de moi.
“Ne pas peur . Calme toi .Moi je te protège.”
“JE N’AI PAS BESOIN DE TA PROTECTION ! LAISSE-MOI PARTIR !”
Mais il m’ignora et continua sa course folle à travers la jungle. Les larmes de rage me montaient aux yeux. Je me débattais toujours, refusant d’abandonner même si je savais que c’était inutile.
Je ne serai pas une victime. Plus jamais. Je vais me battre. Je vais…
Après ce qui me parut une éternité, il commença à ralentir. Nous émergions dans une clairière dominée par une formation rocheuse massive. L’entrée d’une grotte béante s’ouvrait au pied de la falaise, sombre et menaçante.
“Non,” soufflai-je, la panique remplaçant la rage. “Non, non, non…”
Il entra sans hésitation dans la grotte, et l’obscurité nous engloutit.
Des cristaux lumineux incrustés dans les parois diffusaient une lumière douce et bleutée. La grotte était immense, bien plus grande qu’elle n’en avait l’air de l’extérieur. Le sol était lisse et étrangement chaud.
Au fond, une plate-forme naturelle recouverte de peaux de bêtes.
Il me déposa enfin sur le sol.
Je m’éloignai immédiatement de lui, reculant jusqu’à ce que mon dos heurte la paroi rocheuse. Mes jambes tremblaient, mon cœur cognait follement.
Toi rester ici,” dit-il fermement en pointant le lit de pierre . Pas sortir c’est dangereux dehors.
Dangereux ?!” crachai-je. “C’est TOI qui es dangereux ! Tu m’as kidnappée ! TU…
Pas kidnappée.Il fronça les sourcils, cherchant ses mots. “Sauvée. Oiseau vole femelles. Toi tu es tombée. Moi te trouvé. Moi te gardé.”
Je ne veux pas être ‘gardée’ ! Je veux…
Et c’est à cet instant que ça arriva.
Une voix résonna dans ma tête. Froide. Mécanique. Complètement désincarnée.
**“SYSTÈME ACTIVÉ.”**
Je sursautai violemment, portant mes mains à mes tempes. “Quoi ?! Qu’est-ce que…”
L’homme me regardait avec confusion. “Toi… tu parles seule ?”
Je l’ignorai, le cœur battant à tout rompre. La voix continuait, implacable et glaciale :
**“BIENVENUE, ÉLUE DU SANCTUAIRE. VOUS ÊTES DANS LE MONDE DES BÊTES.”**
“Le monde des bêtes ?” murmurai-je, incrédule.
**“MISSION DIVINE ASSIGNÉE : SAUVER LES HUIT RACES ALPHA DE L’EXTINCTION.”**
“Quoi ? Je… je ne comprends pas…”
**“STATUT ACTUEL : LÉNA - NIVEAU 1. RACE : BÊTE SACRÉE, AFFINITÉ NATURE. POUVOIRS INITIAUX : COMMUNION FORESTIÈRE.”**
Des mots apparurent devant mes yeux, flottant dans l’air comme des hologrammes translucides. L’homme ne semblait pas les voir. Il me regardait avec inquiétude, la tête penchée.
**“PREMIÈRE MISSION : ÉTABLIR UN CONTACT PHYSIQUE AVEC L’ALPHA SERPENT DEVANT VOUS. RÉCOMPENSE : +50 POINTS DE SURVIE, NIVEAU 2.”**
Mon sang se glaça.
“Non,” dis-je fermement. “Non, je refuse. Je ne vais pas…”
**“REFUS DÉTECTÉ. CORRECTION EN COURS.”**
Et la douleur explosa.
Une décharge électrique fulgurante me traversa de part en part, comme si mes veines étaient remplies de lave en fusion. Je m’effondrai sur le sol de la grotte, un cri déchirant s’échappant de mes lèvres.
“ARRÊTE ! ARRÊTE ÇA !”
**“ACCOMPLISSEZ LA MISSION OU LA CORRECTION CONTINUERA.”**
“JE REFUSE !” Les larmes coulaient sur mes joues. La douleur était insoutenable, chaque nerf de mon corps hurlant à l’agonie.
L’homme s’approcha précipitamment, ses yeux bleus écarquillés. “Toi ! Qu’est-ce que… Toi malade ?!”
**“ACCOMPLISSEZ LA MISSION. MAINTENANT.”**
La douleur redoubla d’intensité. Et soudain, mes poumons se comprimèrent. Je ne pouvais plus respirer. L’air refusait d’entrer, comme si une main invisible écrasait ma poitrine de l’intérieur.
“Toi… toi respirer !” L’homme tomba à genoux près de moi, la panique évidente sur son visage. Ses mains encadrèrent mon visage. “Qu’est-ce qui…”
Je suffoquais, mes mains griffant le sol de pierre, ma bouche ouvrant et fermant désespérément. Des points noirs dansaient devant mes yeux. Le monde commençait à s’assombrir.
*Je vais mourir. À nouveau. Si vite…*
**“DERNIÈRE CHANCE. ACCOMPLISSEZ LA MISSION OU VOUS MOURREZ.”**
Non. NON.
Je ne pouvais pas mourir. Pas maintenant. Pas après avoir eu une seconde chance.
Mes mains agrippèrent désespérément les avant-bras de l’homme, cherchant n’importe quoi pour m’ancrer à la vie. Le contact de sa peau tiède et ferme contre la mienne.
**“CONTACT PHYSIQUE ÉTABLI. MISSION ACCOMPLIE.”**
Instantanément, la douleur cessa. L’air afflua dans mes poumons en une grande goulée tremblante. Je haletai, m’accrochant toujours à ses bras, des sanglots violents secouant mon corps.
**“RÉCOMPENSE ACCORDÉE : +50 POINTS DE SURVIE. NIVEAU 2 DÉBLOQUÉ. POUVOIR ‘COMMUNION FORESTIÈRE’ NIVEAU 1 ACTIVÉ. LIEN AVEC ALPHA SERPENT ÉTABLI : SORAN.”**
“Toi… ça va maintenant ?” La voix de l’homme était douce, inquiète. Ses grandes mains soutenaient mon dos avec une douceur surprenante. “Toi malade ?”
Je ne pouvais pas répondre. Je tremblais de tout mon corps, les larmes continuant de couler.
*Qu’est-ce que c’était ? Ce système… cette voix qui m’a torturée…*
“Je…” Ma voix n’était qu’un murmure brisé. “Qui… qui es-tu ?”
“Soren,” répondit-il simplement, ses yeux bleus plongés dans les miens. “Moi Soren. Et toi ?”
“Hyuna,” soufflai-je. “Hyuna…”
“Hyuna.” Il prononça mon nom lentement, avec une douceur inattendue. “Joli nom. Toi… toi vas bien maintenant ?”
Mes mains lâchèrent enfin ses avant-bras et je m’écartai vivement, me recroquevillant contre la paroi de la grotte. Je l’avais touché. Le système m’avait *forcée* à le toucher en me torturant.
“Ne me touche pas,” murmurai-je, la voix tremblante.
Il inclina la tête, visiblement confus, mais recula pour me donner de l’espace.
Je me recroquevillai sur moi-même, enroulant mes bras autour de mes genoux. Mon esprit tournait à toute vitesse.
*Un système. Des missions. Sauver des races alpha. Ce Soran… un Alpha Serpent. Et cette chose peut me torturer pour me forcer à obéir.*
J’étais sortie d’une prison pour en retrouver une autre.
Mais quelque chose avait changé. Je le sentais. Une connexion subtile, comme un fil invisible qui me liait maintenant à Soran. Une chaleur étrange au creux de ma poitrine.
Dans le fond de mon esprit, la voix froide du système murmura :
**“BIENVENUE DANS VOTRE NOUVELLE VIE, ÉLUE. LES VÉRITABLES ÉPREUVES NE FONT QUE COMMENCER.”**
Je levai les yeux vers Soran. Il s’était assis à quelques mètres de moi, les jambes croisées, et m’observait avec une expression indéchiffrable.
”femelle dit-il doucement. “repos toi maintenant. Demain, moi expliquer. Demain mieux.”
Je ne répondis pas. Je me contentai de le fixer, ma méfiance et ma rage toujours brûlantes malgré l’épuisement.
Dans la lumière bleutée des cristaux, je fis un serment silencieux.
Peu importe ce système tyrannique. Peu importe les missions. Peu importe les épreuves.
Je ne serais plus jamais une victime passive.
Je me battrais.
Je survivrais.
Et je trouverais un moyen de me libérer.
*Cette fois, c’est moi qui contrôlerai ma vie.*
Plus jamais je ne laisserais quelqu’un - homme, système ou dieu - décider de mon destin.
