Chapter 1
Mariage de l’ombre
Dans la ville étincelante de Séoul vivait Mona, une jeune fille de vingt ans au regard trop doux pour un monde aussi cruel. Elle habitait avec ses parents et sa grande sœur, Nara, dans une maison où l’abondance matérielle contrastait violemment avec la pauvreté des sentiments.
Ses parents étaient des figures respectées, prospères, connues dans tout le pays. Pourtant, derrière les murs de leur demeure, régnait une injustice silencieuse. Nara était leur fierté. Belle, ambitieuse, destinée selon eux à un mariage avantageux qui leur rapporterait encore plus de pouvoir et d’argent. Mona, elle, n’était qu’une ombre. Trop discrète. Trop innocente. À leurs yeux, elle ne deviendrait jamais rien.
Depuis toujours, Mona subissait le favoritisme sans protester. Les ordres, les humiliations, les silences méprisants… même sa propre sœur la traitait comme une servante. Et Mona se taisait. Elle avait appris très jeune que parler ne servait à rien.
Mais tout bascula le jour où l’empire familial commença à s’effondrer.
Acculés par la faillite, ses parents n’avaient plus qu’une seule issue : demander l’aide d’un homme dont le nom faisait trembler tout le continent. Martin. Un mafieux aussi riche que dangereux, connu pour ne jamais rien offrir sans exiger un prix dévastateur en retour.
Ce soir-là, en rentrant des cours, Mona trouva le salon occupé par plusieurs hommes en costume sombre. L’air était lourd, étouffant. L’un d’eux était assis, immobile, dominant la pièce sans un mot. Lorsqu’elle salua poliment, son regard glacial se posa sur elle. Mona se figea instantanément, comme si le temps s’était arrêté.
Sa mère lui lança un regard dur.
— Incline-toi devant Martin, ordonna-t-elle froidement.
Puis l’homme parla. Sa voix était calme, presque douce, mais chaque mot résonnait comme une condamnation. S’ils voulaient son aide, ils devraient lui donner l’une de leurs filles.
Les parents savaient. Tous savaient. Devenir l’épouse de Martin signifiait entrer dans un monde sombre, brutal, sans retour possible. Pourtant, le choix fut rapide.
Ce ne serait pas Nara.
Ce serait Mona.
La peur la submergea. Ses jambes tremblaient, sa gorge se nouait, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle n’eut même pas la force de pleurer. Pendant qu’on l’emmenait, ses parents et sa sœur affichaient un soulagement presque indécent.
Arrivée chez Martin, dans une demeure aussi froide que majestueuse, il lui posa une seule question :
— Pourquoi n’as-tu pas protesté ?
Mona baissa les yeux et répondit d’une voix brisée :
— Parce que, quoi que je dise, ça ne change rien. Mes parents font toujours ce que veut ma sœur. Moi… je ne suis rien. Juste l’esclave de cette famille.
Et ainsi commença son mariage forcé.
Un pacte scellé dans l’ombre.
Une union née du sacrifice.