The Cat Vampire

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Summary

Un rendez-vous. Un cauchemar. Une prophétie. Adama ne croyait pas aux vampires... jusqu'à ce qu'elle en devienne une. Tout commence par un simple coup monté : sa meilleure amie Débo l'abandonne sur un rendez-vous aléatoire via l'app matchCutGuys. Agaçant, mais pas dramatique. Sauf que cette nuit-là, Adama fait un rêve terrifiant : elle se voit au restaurant avec un inconnu nommé Idrissa Diallo, qui boit du sang humain sous ses yeux horrifiés. Un cauchemar hyperréaliste qui la laisse tremblante. Le lendemain, Débo lui montre fièrement le profil de son nouveau match. Idrissa Diallo. 20 ans. Étudiant en informatique. Même nom. Même visage. Mêmes yeux hypnotiques. Coïncidence ? Vision prémonitoire ? Adama n'a pas le temps de se poser la question : elle accepte le rendez-vous. Parce que parfois, la curiosité est plus forte que la peur. Ce qu'elle ignore, c'est qu'Idrissa cache un secret mortel : il se transforme en chat vampire la nuit venue. Et elle ? Elle vient de franchir la ligne entre le monde des humains et celui des créatures de l'ombre. Une morsure. Une transformation. Une soif de sang qu'elle ne peut plus ignorer. Entre Idrissa qui la fascine autant qu'il l'effraie, Débo qui cache ses propres secrets, et Sidi, l'oncle vampire qui sème le chaos, Adama doit faire un choix : Préserver son humanité... ou embrasser le monstre qu'elle est devenue ? Parce que dans le monde des vampires chats, tomber amoureux peut être fatal.

Status
Ongoing
Chapters
8
Rating
4.0 1 review
Age Rating
16+

Le gars dans mon cauchemar


Adama

Débo m’a encore lâchée, cette pétasse.

Je suis là, à devoir passer son propre date. J’ai toujours su que cette idée était totalement stupide. Cependant, vu qu’aucun garçon ne me regarde au lycée, j’ai trouvé en matchCutGuys un tremplin.

Je me suis inscrite sans oser demander de date, mais Débo l’a fait. Elle a payé 5000 francs pour un rancard aléatoire et m’a demandé de l’accompagner. Mais une fois installée, elle feint une envie pressante d’aller aux toilettes... pour ne plus revenir.

Je suis restée là comme une idiote à boire du vent, jusqu’à ce que le fameux mec apparaisse et me prenne pour son rendez-vous.

Il est pas mal. Bien bâti, regard hypnotique. Le seul petit bémol, c’est qu’il est très clair de peau. Moi, je préfère les gars bien musclés et noirs.

Eh ouais, c’est mon fantasme et vous n’avez pas le droit de me juger pour ça.

Bref, il s’était pointé avec un grand sourire et s’est joint à moi en me tendant la main. Je remarque qu’il est écrit sur son bracelet en argent : ID.

— Idrissa Diallo, se présente-t-il alors que je lui serre la main.

Ah, je vois : ID, c’est ses initiales.

— Adama Thioy, je réponds à mon tour avec un bref sourire.

Il s’assoit en face de moi, l’air un peu nerveux.Je m’attarde sur ses boucles ; il doit sûrement être un produit mixte, vu la texture de ses cheveux et sa couleur de peau café au lait.

— Hum, on commande quelque chose ? demande-t-il en prenant le menu dispo sur la table.

Je ne sais pas trop quoi lui dire. En venant, je me suis goinfrée d’un grand bol de thieb.Les plats au resto ne sont jamais assez copieux à mon goût.

— Un verre d’eau, ça suffira, dis-je.

— Tu penses que les gens viennent au resto juste pour boire un simple verre d’eau ? déclare-t-il avec un petit rire amusé.

Je souris à mon tour.Il n’a pas tort. Le souci, c’est que je n’ai pas de grand besoin gastrique puisque j’avais déjà étanché ma soif et ma faim.

— Tu as l’air bien terre à terre, loin de la photo de profil que je voyais sur l’app. Ah oui, ton autre main avec 6 doigts. C’était sûrement retouché avec l’IA.

J’éclate de rire, même si au fond j’avais envie de me téléporter direct chez Débo et de l’étrangler. Elle est derrière cette piètre farce, j’en suis certaine.

— Hum... je... oui, comment dire...

Mince, je ne sais même pas quelle excuse je dois pondre.

— Est-ce que ça va ? s’inquiète Idrissa.

— ...Oui, donne-moi une seconde. Je me lève brusquement, faisant tomber mon téléphone que j’avais posé sur mes cuisses.

J’avais même oublié que je l’avais mis là.

Zut alors.

Idrissa s’empresse de se baisser pour le ramasser, je fais de même et là... on se rentre dedans.

— Aïe, désolé...

— Non, c’est moi qui m’excuse.

Le regard attendri, Idrissa se redresse en premier, mais se prend la table en pleine tête. Il hurle de douleur pendant que je m’approche pour lui masser la nuque, tout en me retenant de pouffer.

— Ça va mieux ? je l’interroge en retirant ma main.

— Oui, merci beaucoup.

Cette fois, je l’aide à se dégager du dessus de la table, mais à peine assis, le serveur apparaît avec un grand bocal en argent et une petite louche qu’il dépose sur notre table.

Il remplit une louche d’une liqueur rouge qui, je ne sais pas pourquoi, me semble être... du sang.

Mon cœur fait un bond dans ma poitrine quand je me rends compte que tous les autres convives boivent la même liqueur écarlate et affichent soudain des sales têtes. Toutes les fenêtres sont fermées, et des rideaux — qui n’étaient pas là avant — les recouvrent.

Je dois sûrement être en train d’halluciner. Je frotte mes mains sur mes yeux mais rien ne change. La scène reste toujours aussi irréelle.

Encore plus flippant : Idrissa buvait goulûment avec la louche et en redemandait à chaque fois.Sa soif, à ce moment-là, paraissait inétanchable.

Mais qu’est-ce qu’on boit comme ça ?

Ça n’a pas la texture du vin rouge...

— Encore ! lance Idrissa, ivre de je ne sais quoi. Sur le coin de ses lèvres coulent des traces rouges.

— Désolé Monsieur, il n’y en a plus...

— J’ai toujours soif, moi. Approchez qu’on en discute.

Son regard était vide et sa peau était soudain devenue plus claire, au point que ses veines rouges, chargées de sang, étaient visibles.

Là, j’étais convaincue que je participais à quelque chose de pas très net.

J’en tremblais au point de ne plus pouvoir rester zen.

Sur les autres tables, des yeux avides me lorgnaient. Le temps de ramener mon regard vers lui, Idrissa était déjà devenu un monstre, avec de gros yeux globuleux et des membres allongés.

Le serveur, à côté de lui, avait l’oreille collée à sa bouche. Son regard horrifié restait figé dans le vide. Il n’était plus qu’une carcasse. Le bol qui s’était rempli miraculeusement à ras confirmait mes pensées.

— Que... que se passe-t-il ici ? eus-je enfin le courage de demander.

— On boit de la boisson , comme dans tous les restos, répondit-il tranquillement en se servant.

— Et vous buvez quoi ?

— Du jus de bissap... humain. Tu sais, c’est riche en nutriments et c’est bon pour notre santé.

Il a suffi qu’il reprenne une gorgée pour que je me mette à gerber.Le fait de savoir qu’il buvait du sang changeait totalement la manière dont je percevais sa libation.

Je sentais déjà que j’étais la prochaine à passer au pressoir . Je cherchais désespérément une issue... mais rien.

— Toi, nous te réservons pour le souper du soir. chérie, peux-tu venir la mettre dans la chambre chaude afin que son sang soit bien bouillant ?

Il claqua des doigts, et de l’ombre surgit Débo en mini-jupe et hauts talons noirs.

Elle avait le même sourire débile d’hyène que tous les autres.

— Oui, bébé, ce sera avec plaisir...

Elle s’approcha aussitôt de moi traînant un immense entonnoir tandis que je poussais un lugubre cri d’épouvante...



Break

Je papillonne des yeux et me rends compte que tout n’était que dans ma tête. J’étais face à Débo et son petit ami. Un serveur remplissait nos verres de bissap.

Je saisis le mien et hésite avant de le porter à mes lèvres.

— Regarde qui j’ai trouvé en payant un matching pour toi. Il est canon, non ?

Débo me montre le profil d’un gars qui ressemble trait pour trait au vampire de mon rêve.

— Idrissa Diallo, 20 ans, étudiant en informatique, la classe, lit Débo en scrollant sur le profil. Je pense qu’il pourrait t’intéresser.

J’eus instantanément des sueurs froides.

Même dégaine. Même nom. Ça ne peut pas juste être une coïncidence.

Et si j’avais eu une vision prémonitoire ?

— Eh oh, ici la Terre ! Débo agite ses mains devant mon visage pour me reconnecter.

Je sors un peu brusquement de mes pensées.

— Alors, tu y vas à ce rencard ? insiste mon amie, au moment où son petit ami nous regarde tour à tour en riant.

— Je...

— Tu y vas et c’est tout ! me coupe-t-elle.

J’ai eu envie de lui raconter ma vision, mais au final je me ravise.

Peut-être que ce n’était que mon imagination.De toute façon, les vampires, ce n’est qu’une hystérie collective... ils ne peuvent tout simplement pas exister...

— D’accord. Tu me donneras plus de détails quand t’en auras. Je réplique avec un bref sourire, plus ou moins convaincu...

À suivre...