Thread of thoughts

All Rights Reserved ©

Summary

Thread of Thoughts c'est une flopée de bulles d'idées qui ne connaissent jamais de fin, qui n'éclatent pas. Parce que moi les fins, j'aime pas ça. Mais pour construire une belle histoire, il faut savoir y mettre un terme. Alors à bas les romans d'amour, ici tu ne trouveras que des textes, écrits pour mettre des mots sur les maux, pour redonner des couleurs à la beauté, toucher les âmes sensibles qui, comme moi, ne se sont jamais senties ni comprises, ni vraiment à leur place. Cet ouvrage, il n'a pas de fil conducteur. Choisis un chapitre dont le titre éveille ton esprit, qui met le feu à ton âme : lis le. Si mes mots trouvent l'œil pour lesquels ils ont été écris, alors ma mission sera réussie. Bonne lecture à toi :)

Genre
Poetry
Author
Marie 🧿
Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
16+

Est-on ce qu’on lit ?

« Est-on ce qu’on lit ? Le cœur à gauche parce qu’on vénère Albert Camus, révolutionnaire parce qu’on lit Karl Marx ou humaniste parce qu’on aime Romain Gary ? » se demandait Marc Levy.

Si je suis ce que je lis, si mes lectures vivent en moi, que chaque mot mit en surbrillance est le miroir de mon âme, si la littérature est ma représentation première : alors ce que je suis de ma forme la plus simple n’est rien d’autre qu’une âme en perdition.

Il y’a, selon moi, une certaine beauté à se sentir perdue. Se sentir mais ne pas l’être, car bien souvent lorsqu’on se pense perdue, l’âme, elle, connaît exactement le chemin à emprunter.

Si je suis ce que je lis, la singularité de mon âme résulte de la nécessité d’un ici et là sans frontières dans lequel elle se baladerait à son gré. Une sorte de « voyage de l’âme » pour connaitre tout ce que je ne sais pas encore, m’encrer dans des réalités inconnues, les ressentir.

Car le but est là : ressentir. On lit pour ressentir, on écrit pour ressentir, certains peignent, d’autres s’enivrent de musique simplement pour extasier leurs cerveaux, leurs cœurs. On se lance dans de nouvelles relations pour ressentir, on se challenge, souvent.

Et moi, lorsque je lis, je ressens tout. Chaque mot prend sens, s’éveille au travers de mes yeux et m’éveille avec lui. Je danse frénétiquement avec les pages, je reprends vie, une phrase par une phrase.

Si je suis ce que je lis, mes journées sont parsemées de fleurs multicolores, mes idées sont dérangeantes et la vie, elle, n’a plus à avoir de sens.

Alors je peux contempler les astres, me suffire du soleil s’étalant à travers l’horizon, se découvrant de nuances chaudes illuminées par les reflets des eaux apaisées. Je peux peindre grossièrement les fleurs dont les pétales restent humides de la rosée du matin – sentir cette rosée sur mon visage – ou me laisser voguer, suivre le vent jusqu’à son dernier souffle.

Si je suis ce que je lis, je suis Le Révolté, je suis La Nausée, L’étranger et L’alchimiste. Je suis l’âme perdue que décrit Dostoïevsky, cette madame dans En attendant Bojangles, qui voyait la vie sous tant de couleurs qu’on put penser que sa raison avait pris la fuite – et elle avec – mais je la comprends moi, celle qui ne cherchait qu’à donner du sens à un monde enclin à la folie.

La folie de l’un se pète la gueule là où commence celle d’une société malade. Et celle-ci est assiégée par bien des virus. En prenant conscience de cela, ce qui constitue ma raison est pour l’autre une folie – anormale – puisqu’hors des normes sociétales. Comme un fou qui, insurgé, dirait à un autre fou : « N’as-tu pas honte d’être toi ? »

Non Madame, non Monsieur, je ne peux ressentir de honte quant à ce besoin vital d’apprivoiser le monde qui m’entoure. Et si cela fait de moi un fou, je préfère alors en devenir leur reine, fonder notre royaume, dont chaque pierre porterait nos pensées : bâtir l’empire de la folie.

Des cendres d’une société ternie par le mauvais de tout un chacun, nous ferons renaître l’humain, le vrai.

Alors si je suis ce que je lis, je suis ce monde qui dérange, qui pousse à voir plus loin que le bout de son nez. Je suis la réflexion qui empêche de dormir à la nuit tombée, le tumulte que fait le cœur quand l’âme est ébranlée. Je suis l’avant, l’après et le pendant. Je suis la vie, mais aussi la mort, le tout, le rien. Je suis « moi », je suis « eux », je suis le monde. Et toi, qui l’observe des mêmes yeux, tu l’es aussi.