White Ash MC T2 : Mandy

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Summary

Ni Canadienne, ni sœur. Mandy est l’amie américaine qui ose. La complice de fac qui met en œuvre sa vision d'un garage de rêve pour charmer le Québec. Tout semble cousu de fil blanc, simple, évident. Et pourtant… ce qui la distingue pourrait bien être la faille capable de les faire tous tomber.

Status
Complete
Chapters
44
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

Ch 01 - Mandy aux USA


— Mandy, Mandy ! Appelle sa maman tandis que sa fille d’à peine huit ans joue à cache-cache avec elle.

Rires enfantins.

— Mandy, montre-toi, tu dois encore t’apprêter pour la fête.

Et là, un feu follet auburn sort une tête pleine de cambouis de son tas de doudous où elle se cachait.

— Tu peux me faire de belles boucles en tire-bouchon avec des paillettes ?

Sourire amusé.

— Si tu te dépêches. Allez, à la douche !


A douze ans, Mandy annonce à ses parents qu’elle veut réparer tous les moteurs de la terre avec son papa pour le faire connaître partout. Son père, touché plus profondément que par n’importe quelle déclaration, la fait tournoyer autour de lui.

— Je te donnerai le monde ma chérie.


Le jour de ses dix-huit ans, Mandy entre à l’université pour devenir ingénieure en mécanique. Elle est sur un nuage. Elle flotte parmi les élèves, happée par la diversité des styles, des silhouettes, des énergies.

Puis son regard s’accroche. Une singularité, presque une customisation hors classement. Grande, racée, sombre… et pourtant rayonnante. Cette fille tient debout sans chercher à plaire.

Mandy s’approche, portée par son enthousiasme naturel.

— Je suis Mandy. Nous allons être inséparables.

Les yeux de Mandy sont dignes du chat dans Shrek. Cyrille éclate de rire, prise au dépourvu. Mandy lui serre la main pour sceller leur pacte.

— Dans ce cas, appelle-moi Sissi.


Laisser partir ma meilleure amie à la fin de nos études a été un réel déchirement. Elle retrouve sa vie au Canada, tandis que je dois prouver à mon père que j’ai l’envergure nécessaire pour gérer l’affaire familiale.

Je sens pourtant que notre lien ne s’étiolera jamais. Notre séparation n’a rien d’un adieu.


D’un côté, je perfectionne mon don pour la réparation, les réglages en puissance. Je fais presque partie des meubles à l’atelier. Je passe de la voiture à la moto, et inversément, sans aucune latence. Dire que c’est un travail autant qu’un hobby explique pourquoi j’y consacre presque tout mon temps libre.

De l’autre, je rencontre les partenaires financiers et commerciaux du Groupe Cooper, l’empire familial. Je me plonge dans l’analyse des bilans, les projections, les études d’implantation.

Après plusieurs mois, mon père me juge prête. Il me confie, simplement :

— Mandy, tu mérites l’héritage que je vais te laisser. Maintenant, éblouis-moi avec ta vision pour une expansion hors des États-Unis.


Mes échanges à distance avec Sissi placent naturellement le Canada en tête de ma liste de pays prospectés pour une implantation à l’étranger.

Cela dit, je reste prudente. Je ne promets rien. J’ai un engagement moral envers ma famille, et faire un choix pour de mauvaises raisons serait une insulte à tout ce qu’ils m’ont appris.

Heureusement pour moi, le Canada recherche une main-d’œuvre jeune et qualifiée. Les conditions offertes aux investisseurs étrangers y sont particulièrement attractives.

Du coup, tout change. Ma carte se redessine, et mon focus se resserre. Il n’y a plus que le Canada comme objectif.

Le Québec, malgré la difficulté de la langue, devient mon point d’orgue. La région de Rivière-du-Loup attire rapidement mon attention. Plaque tournante sous-exploitée, elle offre une couverture efficace du territoire grâce à l’accès au Saint-Laurent, à la traversée en bac, et à la navigation vers l’intérieur du pays.

Multiplier les voies d’accès, c’est la clé. Pour les livraisons. Pour les clients de l’autre rive.

J’ai le lieu. Un terrain sur plusieurs hectares. Les permis. Et un engagement éthique clair : respect de la zone verte, redynamisation progressive du territoire.

Je peux laisser parler ma vision.

Un complexe intégré, entouré de la zone boisée préservée du Bic. Un poumon pour la région, soutenu par des technologies pensées pour limiter drastiquement les émissions de CO₂.

Un centre tous services. De l’atelier au showroom, jusqu’à un circuit de test. Un lieu vivant, fonctionnel, ancré.

Et, cerise sur le gâteau, deux marques américaines prestigieuses, adaptées à la réalité du territoire.

DMC pour les pick-ups et les véhicules tout-terrain.

Harley-Davidson pour les bikers d’ici… et ceux de passage.

Les plans sont validés. La construction débute.

En mars, les fondations prendront place dès que le sol dégèlera. Fin avril, je serai sur site pour ouvrir l’atelier en premier. Au début de l’été, j’ouvre officiellement le site en grandes pompes.

Ça va déchirer.

J’appelle mon amie pour lui annoncer la nouvelle.

— Sissi ? J’arrive. Dans trois mois, je serai à Rivière-du-Loup.

Pour y rester.