La Chambre Blanc

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Summary

On ne sait quand, le parti politique nommé Blanchisseur prit le pouvoir. Au fil des années, il fit disparaître, une par une, chaque couleur. Aujourd’hui, les rues sont Blanc, les maisons sont Blanc, le ciel est Blanc et les hommes aussi. Tout est Blanc. Avec la disparition des couleurs disparaissent la différence, la créativité, l’art et la liberté. Dans ce contexte, un couple met au monde un bébé… non-blanc.

Status
Complete
Chapters
17
Rating
n/a
Age Rating
18+

Introduction

« Rien ne nous échappera. »

Slogan du Commandant des renseignements, M. Fidzer

C’était le matin, en plein automne. Les rues étaient calmes, les gens au travail, et l’usine de conception des viandes tournait à plein régime. Le Parti, lui, commençait une toute nouvelle mission : il avait identifié un nouveau non-conforme, ils étaient les traîtres de la nation. Celui-ci travaillait dans l’usine. Les unités étaient postées, cachées autour du bâtiment, attendant le début de l’opération.

« Troupe 3, au rapport. Commandant, la cible est dans son bureau, au deuxième étage. »

« Troupe 2, au rapport. Commandant, nous confirmons la présence de la cible dans le bureau. »

« Ici votre Commandant, nous allons entrer dans le bâtiment avec la Troupe 1, restez en retrait en cas de fuite du non-conforme. »

Dans un cri général de tous les groupes :

« À vos ordres, Commandant ! »

La Troupe 1 de la division des renseignements entra alors par la grande porte Blanc du bâtiment de la Conception des viandes. Postée depuis plus d’une heure dans la grande rue Blanc, jonchée par les feuilles Blanc que le vent avait fait tomber toute la nuit. Tous étaient alors très calmes, la journée venait de commencer à la Conception des viandes, les employés devaient s’atteler à leurs tâches et rien ne laissait présager ce qui allait arriver. Toute la Troupe 1 n’attendait qu’une chose : entrer en action. Postée depuis plus de 30 minutes, elle analysait tout ce qui se passait autour du bâtiment, pour capter le moindre mouvement suspect de la cible. Le Commandant Fidzer était en première ligne, habillé dans son costume brillant, aux chaussures Blanc cirées de la veille, reflétant quasiment toute la lumière pure du soleil. Il avait toujours été dans le Parti, on disait même qu’il y était directement né et élevé pour une seule mission : traquer les non-conformes. Ces personnes qui avaient flanché, ne serait-ce qu’une fois, devenaient instantanément des ennemis à détruire et toute une partie du Parti était dédiée à leur traque. Le Commandant Fidzer, lui, aimait donner l’exemple en intervenant à la vue de tous, cela donnait l’image des représailles et signifiait directement : cela pourrait être vous ! Ici, c’était pour ******, chercheur depuis 15 ans pour le Régime. Le Commandant Fidzer aurait très bien pu intervenir en pleine nuit, attrapant ****** dans son sommeil et lui tranchant la gorge. Ou bien, on l’aurait déporté dans l’un des nombreux Alcams où l’on ne vous retrouvait plus ; en fait, vous y disparaissiez complètement. Mais non, ce n’était pas le style du Commandant Fidzer, lui aimait exprimer la puissance du Parti par ses interventions musclées et spectaculaires.

Lorsque le signal fut donné, il enfonça alors la porte d’entrée du bâtiment Blanc, avec la Troupe 1 juste derrière lui. Il venait de démolir la porte principale, ce n’était même pas nécessaire, car les gardes lui auraient très certainement ouvert, mais c’était pour marquer le coup. Il accourut, toujours suivi par la Troupe 1, traversant le grand hall puis prit les escaliers et monta directement au second étage. Tous les employés avaient entendu la porte sauter et commencèrent à chuchoter, supposant ce qui se passait. Certains comprirent rapidement que c’était une traque alors que pour d’autres, plus naïfs, c’était peut-être un contrôle ou un exercice. Une chose était sûre : tout le monde savait que c’était le Parti. Il était alors hors de question de s’agiter et de commencer à fuir, tous devaient rester en place, le moindre écart les aurait tout de suite condamnés, il fallait rester au travail. Les chuchotements étaient juste autorisés, car le Commandant Fidzer et sa troupe étaient occupés, mais à l’instant où tout serait fini : retour au silence et au travail. Devant la porte de son bureau, ***** savait que c’était fini pour lui, il savait qu’une fois devant lui, la Troupe 1 l’éliminerait sans même discuter.

Il commença alors à crier à tout-va des mots, le bras levé : « J’ai trouvé du Jea, du Jea sur un de mes cheveux, c’est la preuve… »

PAN ! PAN ! PAN !

Trois coups retentirent soudainement !

Poussé par son discours, ****** n’avait pas entendu la porte de son bureau sauter. Le Commandant Fidzer, en entendant le début des paroles insensées du concerné, avait explosé la porte à coups de pied-de-biche et dégainait instantanément son Beretta 93 R. Arme du Parti destinée aux Commandants seulement, elle était versatile autant par son coup par coup que sa rafale. Le Commandant Fidzer l’avait réglée pour tirer 3 coups d’un seul tir, les balles de 9 mm Parabellum avaient instantanément percuté la tête de ******. Il s’était alors écroulé, son discours coupé. Parmi les employés qui l’avaient entendu débiter ses paroles incompréhensibles, certains virent alors de la folie, tandis que d’autres des injures d’un autre temps, aujourd’hui disparues. Le Parti dira plus tard que ****** était un révolutionnaire prêt à faire un attentat et qu’il était arrivé à temps pour éviter ça, mettant en avant que le Parti sécurise la population.

Le corps du mort s’écroula instantanément, laissant couler son sang Blanc le long du sol, fusionnant quasiment avec le carrelage Blanc. Le Commandant Fidzer se rapprocha alors de la main de ****** et récupéra un cheveu. Puis partit sur le champ avec ses hommes, aussi vite qu’ils étaient arrivés, laissant le pauvre homme dans son propre sang.

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