I. ARCHÉOLOGIES DE L’IPSÉITÉ
I. ARCHÉOLOGIES DE L’IPSÉITÉ
(Poèmes de l’identité, des racines et du devenir)
LABARUM
Contemplez mes dix-huit villosités hirsutes,
À l’instar d’un crépuscule imparfaitement essarté.
Mon stome, aaah !
Exaspéré de quelques fragments d’éburnie
Méphitiques.
Mon globe oculaire inaltérable,
Épanoui parmi les acanthes
Des périmètres proscrits.
Mes extrémités enduites de dactyles et d’obole.
Mon rachis d’onagre lesté de l’âpre iniquité
Des griefs inéquitablement assignés,
Mon incarnat de pigment et de séditieux,
Ourdi de lacrimations belliqueuses et de nuances équivoques.
Mon tégument de terre échue, cuprique et disloqué
En myriades de parcelles auprès des essences des turpitudes fugaces ;
Ma prestance tapie aux lisières
De l'anthropique et de la monade,
Fulminant d’une déambulation de foudre,
Mes myriapodes de harde fantasmagorique
Sillonnant avec paroxysme les lueurs
Graminées des plaines de lasciveté.
Contemplez mes velléités auliques
Dans le décret de mes cirres Gbéhanzines.
Contemplez, passereaux, mes quelques appendices ankylosés
Épars sur les scapulas altières
De ma dépouille de guerre ténue.
INURBANE
Quelle est mon essence ?
J'advins orphelin
de ma procréatrice,
Privé de l'ingénuité éthérée d'une mélopée diaphane,
Sans limpidité sous l'aurore chatoyante des cycles irisés.
Je parus sans génitrice, sans sapience, sans intégrité...
Je surgis sans sagacité, sans quiddité existentielle,
Sur la mense en cénotaphe des discordances de l'humanité,
Entre mes vagissements cataleptiques
Et l'insigne inanité des artificiers.
Je parus, Messie, sans astre, sans parénèse,
Sans monarque, sans thaumaturge,
Sans l'aquilon vaticinateur d'un index zodiacal,
Entre le sago tramé de toisons d'effroi
Et le Madras moiré d'une aube fuligineuse.
Quelle est mon essence ?
Advenu sans sapidité d'existence, sans bénignité, sans grâce,
sans exculpation infamante,
Extirpation visqueuse d'une sylve de cacophonies abdominales,
Extraite de la géode claustrale d'une matrice de haute sûreté.
J'advins un jour au sein d'un guéret d'abjection,
Ponctué de bémols, imprégné de spiritueux adultérés
dans un lupanar oublié.
Je surgis en lisière,
Entre mon front malien, ma pilosité tzigane,
Et ma phonation ferrée
Avec les hilarités hyper-cathodiques de mon onirisme californien.
VAGABONDAGE ONTOLOGIQUE
Je suis fourvoyé.
De quel patronyme m'exaltait ma procréatrice ?
Sous quelle oraison le membranophone me notifiait-il ?
Épigraphe de la femme, l'onde trépidante
Que mon psychisme circumambule en une chorégraphie éperdue.
Où se sont évanouis les émoluments de la succession ?
Les legs onéreux, les pesants attributs
Des liturgies désormais proscrites, frappées d'interdiction,
Les rythmes distendus, la frénésie des somas
Percutés,
Subjugués, puis propulsés avec impétuosité
Contre ces morphologies, ces simulacres chimériques ?
Je suis transi,
Le stome replet d'un onirisme maléficié et corrompu,
La physionomie, défaite et hébétée,
L'osculation acérée tel un toreute de faciès,
L'effroi mué en un larvaire de lignine brute,
Ciselé au cœur des fibres ligneuses
De mon rictus aux linéaments nubiens.
Je suis en déroute,
Égaré sans mon Auguste au sceau inaliénable,
Cette Charlotte dévoyée, l'astre oblitéré,
Qui a pris son essor vers d'autres confins,
Sans ma Charlotte dévoyée, mon unique étambot,
Exilée en d'autres lieux susurrer ses vaines inanités ténébreuses
Aux abîmes rutilants et auréolés
Du tabernacle sacré des chérubins.
Je suis à la vau-l'eau.
Ô toi !
Concède-moi de contempler par tes propres globes
Les effigies les plus périlleuses, les visions funèbres
Que tes iris cinéraires recèlent en leur mémoriel,
Tes chimères d'une thaumaturgie ourdie de palpitations de chamade,
Limbées de la résonance des guitares et de la prolixité du scolopendre.
Incarcère-moi sans intermission
De tes attraits fascinateurs de Néréide,
Suffoque-moi des effluves vénéneux de targuia,
Octroie-moi enfin mon hallali primordial, ma contingence immémoriale :
Iliaques d'Orient, immaculés et pudiques,
Préservés d'un byssus candide et d'une dévotion farouche,
Empreinte du Tibet.
Par quel moyen...
Comment me désignais-tu donc, à l'aurore des cycles ?...
Je suis perdu.
STÈLE D'AMBRE SOUS L'ARDESCENCE DE L’HARMATTAN
Conjecturez un estran d’ivoire pour mon essence,
Conjecturez des arecacées hiératiques pour ma grève ;
Conjecturez une onction de mousson pour mon être,
Graphiez des amplexes de baobab pour ma corporéité ;
Conjecturez ma complexion exsangue de toute ardescence,
Ma carcasse dénuée de tout embrasement d’harmattan,
Soustrait à la conflagration d’un éros homicide ?
Qui saurait s’avérer aussi melliflu que mon être ?
Aussi axiomatique que moi ?
Aussi solliciteux tel un griot du silence,
Mais aussi anachorète que mon âme ?
Conjecturez un habitacle charnel pour ma psyché,
Conjecturez un havre d’ébène pour mon affliction,
Un déterminisme pour mes effusions lacrymales,
Un cuirassé léviathan pour mes belligérances.
Qui saurait s’avérer aussi insigne que ma stature ?
Aussi voluptueusement tellurique que moi ?
Aussi adamantin que moi,
Mais aussi esseulé dans la savane du monde ?
Conjecturez un viscère cardinal pour ma chair,
Cette chair prise dans une luctation primale,
Une anatomie saturée d'iniquités,
Ces griefs qui m'ostracisent des rades salvatrices ;
Diadémé de fulgurances et de résipiscence,
moi chou si lénifiant et dépourvu de solace.
Qui saurait s’avérer aussi melliflu que moi,
Inclination pure tel que moi,
Amplexe protecteur tel que moi,
Mais aussi monacal dans sa solitude ?
L’OBSERVATEUR
Je suis le vigile des aurores en péril,
Spéculaire aux prunelles trop occultées,
Appareillé d'un fustibale d’oraisons de gneiss glanées
dans le thalweg limpide des ondes de « Si je conjecturais ».
Je suis le vigile, le scrutateur d’affres tues,
Perché sur une échauguette édifiée de l’essence sylvestre exiguë,
Des Chênes de la componction.
Je suis le vigile, le custode aux orbites agrypnes,
Halés de vigie et d’expectative.
Je déchiffre et calligraphie l’idiome des sèmes et des strigidés,
Constitué des phratries de belligérance, de complément impersonnel
et de ludismes prédateurs.
Je suis le vigile :
Martyr aux Métropoles des numina,
Inculpé aux bourgades des mortels.
Trop inquisiteur aux regards de l’aube.
J’agrée
Les suppliques des fidèles velléitaires.
Je contemple l’intercession des preux qui rudoyent les parloirs
Dans le val des athanates.
Je révère les éons des candides et des néonates
Vêtus de véhémence et de sacralité hiérosolymitaine.
Je suis le vigile, tuteur des cogitations cryptiques
Des souffles et des organes ;
Esculape,
Pasteur,
Cénobite,
Hiérophante,
Scrutateur de contingences élémentaires.
Je discerne le tréfonds des faillis humecté de turpitudes
et de méphitisme diadémé de superbe et de maléfices.
Je contemple la dextre ignée des rogations
Lacérer d’une fulgurance
Les entraves des décrets et des rescrits.
Je vois des existences juvéniles affranchies
Déambulant avec eurythmie
Vêtues des limousines de l’opalescence des matines.
Je discerne les antagonistes de la géhenne
À l’inverse,
Adjurer le Démiurge de leur octroyer une rémission itérative,
Tourmentés par leurs agissements félons.
Je vois les empuses conserver la fides occulte des marranes.
Je discerne le valétudinaire cheminer,
Je vois le nautonier, exfiltré de l’opacité,
Réintégrer sa manse
Traqué par l’astre diurne
Et les sylviidés mélodieux.
Je suis le vigile
Qui perçoit,
Qui conserve,
Qui appréhende ;
Qui se poste à l’orée des biographies,
Pour tutoyer le psychopompe des fatums.








