Vertige.

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Summary

Après cinq ans de manipulation et de douleur, Iris tente de se reconstruire. Entre ASher, protecteur et troublant, et les fantômes de son passé…, saura-t-elle retrouver confiance et aimer de nouveau ?

Genre
Romance
Author
Oceane
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
18+

Chapitre 1


- Tu m’expliques ?

Je venais à peine de fermer la porte d’entrée, les pieds en compote dans mes escarpins après une journée entière au bureau. Je restais silencieuse le temps de retirer ces horreurs et de sentir la fraîcheur du carrelage contre mes pieds nus.

Je pris une profonde inspiration, comme pour me préparer au combat qui allait commencer.

- Ne joue pas à ça avec moi, Iris.

- Laisse-moi le temps de poser mes affaires, Dan… soufflais-je.

Je fis un pas, tentant de rentrer dans le salon, mais le corps de mon fiancé barra la route, m’obligeant à reculer. Mon cœur s’accéléra lentement.

Sa mâchoire était si crispée qu’elle faisait ressortir une veine qui semblait battre sur son front.

- Je n’ai pas la patience d’attendre, figure-toi !

Son haleine empestait l’alcool. Au vu de ses cheveux ébouriffés et de sa cravate desserrée, il avait commencé à boire depuis un petit moment.

- Tu as bu ?

- J’ai eu une soudaine envie de bière quand j’ai appris que tu flirtes avec un mec au boulot.

Un rire incontrôlable m’échappa, un rire qui sembla le mettre encore plus en colère. Ses sourcils se froncèrent encore plus.

- Ça te fait rire ?

- Tu t’entends ?

Je tentais de pousser Dan pour aller dans le salon, mais j’échouais lamentablement et mon rire se mua en impatience.

- Putain, laisse-moi passer, Dan.

- Explique-toi avant ! M’ordonna-t-il d’un ton grave et strict.

J’abandonnais mon geste et plantai mon regard dans le sien. D’aussi loin que je m’en souvenais, Dan avait toujours été très jaloux et possessif. Cette crise de jalousie n’était pas la première et ne serait sans doute pas la dernière. Mais ce soir-là, j’étais épuisée par le boulot.

- Va te faire foutre ! Tu m’emmerdes avec tes crises à deux balles.

Cette fois-ci c’est lui qui ria. Un rire bas et rauque, un rire qui me donna un million de frissons, hérissant mes poils jusqu’à la nuque.

- Va te coucher, on parlera quand tu seras sobre.

Il resserra son corps contre l’encadrement de la porte, me laissant encore moins de visibilité vers le salon.

Tentative échouée.

Cette soirée s’annonçait catastrophique.

- J’attends, Iris.

Je croisais les bras sous ma poitrine, mettant encore plus de distance entre nous. Je détestais ces situations. Avoir cette mauvaise impression d’être comme une fragile adolescente devant expliquer le moindre geste à ses parents.

Je soufflais.

Si je voulais avoir la paix et pouvoir simplement prendre un bon bain chaud et me glisser sous la couette, il suffisait que j’obéisse.

- J’imagine que tu fais référence à Greg ?

- Je m’en bats les couilles de son nom.

- Greg est nouveau, je le forme.

Nouveau rire.

- Tu le formes à quoi ? À te baiser quand je ne serai pas là.

- Tu vas trop loin, Dan ! M’énervais-je.

- Tu crois que tu peux te permettre de rire de moi ?

- Rire de toi ? C’est toi qui m’étouffes avec ta parano à deux balles.

- Parano ?! Tu te fous de ma gueule ?! Ils t’ont vue te pavaner avec ce mec dans les couloirs, la prochaine fois fais-toi prendre directement sur le bureau du directeur… si ça tu ne l’as pas déjà fait aussi.

- Va te faire voir.

Je reculais pour essayer de me camoufler dans la cuisine, seule porte qu’il ne bloquait pas dans la maison. Mais la main de Dan se referma sur mon bras, me serrant assez fort pour ressentir la chaleur de sa main brûler ma peau.

- Lâche-moi, tu me fais mal !

- J’en ai ras-le-bol de me taper l’air con devant les collègues pour ta gueule, Iris.

Je tentais de me défaire de son emprise, mais il resserra sa prise.

- Tu n’imagines pas tout ce que j’entends sur toi à longueur de journée…

Dan me lança, littéralement, contre le meuble de l’entrée où reposait une photo de nous… quand tout ça n’existait pas encore.

Mon cœur battait si rapidement, j’avais peur qu’il ne saute de ma poitrine et ne m’abandonne face à cet homme rempli de rage.

Le regard de Dan était… noir, je ne le reconnaissais pas. Mes mains étaient moites et mon bras me faisait atrocement souffrir.

- Tu sais combien de mecs te matent par jour ? Alors que tu te ramènes dans tes petites jupes couvrant à peine ton cul de traînée.

- Tu es complètement malade, va te faire soigner, mon pauvre.

Son bras se leva d’un coup. La gifle claqua sur ma joue avant que je ne puisse reculer. Mon cœur se figea, comme mon corps. La chaleur de sa main brûlait encore ma peau, et mon souffle se bloqua.

Comme si mon corps ne comprenait pas ce qui était pourtant évident pour mon cœur. Mon regard passa de la main de Dan à ses yeux, ma main se souleva lentement jusqu’à ma joue, touchant la zone sensible qu’il venait de frapper.

Le regard de Dan ne changea pas, il ne sembla pas regretter son geste, ni ne le réalisa-t-il simplement ?

Pourtant pour moi, c’était la goutte de trop.

Mes larmes étaient sur le point de s’échapper, mais je ne voulais certainement pas pleurer devant lui. Je ne voulais pas passer pour une misérable, pas encore une fois.

Je poussai Dan de toutes mes forces, réussissant, par miracle, à le faire reculer de quelques pas. Juste assez pour récupérer mon sac.

Tu crois aller où ? Gronda-t-il.

Va te faire foutre, Dan…

J’ouvris la porte et me mis à courir, ignorant la pluie que j’avais évitée quelques minutes plus tôt. Les pieds nus sous les hurlements de Dan.

Je courais à en perdre haleine, me repassant la scène de cette gifle en boucle.

Dan n’avait jamais levé la main sur moi, il m’avait hurlé dessus, insultée, rabaissée plus d’une fois et je pouvais passer à chaque fois au-dessus, car entre deux il était parfait. Mais ce geste était la goutte de trop, la règle que j’avais fixée à moi-même dès l’âge où je pouvais fréquenter des hommes.

Je m’arrêtai de courir, à bout de souffle. Les rues étaient désertes. J’étais trempée jusqu’aux os. Je me laissai tomber sur un banc public, le corps tremblant ne pouvant plus me tenir sur mes jambes.

Et c’est à ce moment que je laissai les larmes se déverser, ressassant cette scène en boucle dans ma tête.

Je restais assise là, sous un lampadaire éclairant à peine la route face à moi. Je pleurais jusqu’à n’en plus pouvoir.

Je sortis mon téléphone portable et composai le seul numéro que je connaissais par cœur mais qui ne faisait plus partie de mes contacts depuis près de cinq ans.

Je m’arrêtai un instant sur les chiffres.

Je n’avais plus de contact avec Dave après une énième crise de jalousie de Dan. J’avais fini par doucement couper les ponts avec lui, jusqu’à ne plus avoir de nouvelles du tout. La dernière fois que j’avais entendu sa voix, j’avais à peine vingt-deux ans et nous étions en train de nous disputer au sujet de Dan.

Pourtant ce soir-là, la seule personne dont j’avais besoin, c’était Dave.

Je tombai une première fois sur sa messagerie, hésitante à le rappeler une seconde fois.

Il ne voulait peut-être plus entendre parler de moi, avait-il oublié mon numéro ?

J’allais ranger mon téléphone dans ma poche quand la vibration me fit légèrement sursauter.

Sur l’écran ? Le numéro de Dave. Je décrochai et portai l’appareil à mon oreille, laissant un silence.

- Iris ?

Cette voix…

Cette voix n’était pas celle de Dave. Non, cette voix était plus grave que dans mes souvenirs et pourtant j’arrivais à reconnaître son propriétaire.

- Asher…

Je tentais de camoufler le tremblement de ma voix et la pression dans ma gorge qui me prévenait que mes sanglots n’étaient pas terminés.

- C’est qui ? Hurla une voix à l’arrière.

C’était bien la voix de mon frère qui sembla plus qu’heureux. J’étais heureuse qu’il le soit… lui.

Mais entendre la voix de Dave arracha les derniers murs que j’avais construits pour ne plus pleurer et mes larmes reprirent de plus belle.

- Tu pleures ?… Dave, c’est Iris.

Je plaquai une main sur ma bouche, tentant de cacher mes émotions au téléphone. Mon frère finit par prendre le téléphone.

- Qu’est-ce que ce fils de pute t’a fait ?