Avec le temps

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Summary

Léa voit sa vie bouleversée un soir de juin en quittant une soirée étudiante. Elle part à Paris pour espérer se fondre dans l'anonymat de la capitale et s'éloigner de tout ce qui peut lui rappeler cette nuit-là. Elle finit par trouver du travail et lie de nouvelles amitiés. Elle pense réussir à surmonter ses démons. Mais peut-elle encore (s’)aimer ? 

Status
Ongoing
Chapters
13
Rating
3.0 1 review
Age Rating
16+

Distance

Distance

Je crois qu’c’est la nuit

Mes larmes cachent le jour

Je n’vois que la pluie

J’ai dû laisser passer mon tour

Je ne comprends plus

Je n’ai plus de repères

Au fond d’ma propre rue

Je sais plus je me perds

Vraiment je sais plus

Un fantôme est en moi

J’ai perdu la vue

J’ai dû cramer ma voix

Je ne vois plus rien

J’ai perdu mon passé

Je suis comme un chien

Aboyant sur le pavé

Je ne suis plus rien

Juste une épave à brader

Huber-Félix Thiéfaine, Distance, Amicalement blues


Le halo des réverbères se reflète sur l’asphalte parsemé de flaques. La nuit est trouble ou bien est-ce ton regard ? Des sanglots secs soulèvent ta poitrine. Tes pas, aveugles et précipités, rendent ta démarche hasardeuse.

Sept cents mètres, putain ! Tu devrais quand même y arriver. Il est tard. Ou tôt. On doit approcher les 4h00 du matin.

Mais, en cette nuit fiévreuse, presque tropicale, le quartier est encore bruyant. Des rires et des chants s’échappent des rues que tu traverses. Ces manifestations de joie viennent percuter ta déroute.

De grosses gouttes tombées des toits viennent s’échouer sur ta robe. C’est pire qu’une brûlure sur ta peau.

Tu rejoins ton studio. L’air y est suffocant. En serait-il autrement... ailleurs ?

Sans prendre la peine d’ôter tes vêtements, tu t’écroules sur le lit. Dès que tu fermes les yeux, des images insoutenables viennent se glisser sous tes paupières. Alors tu les gardes grands ouverts. Pour ne pas pleurer, pour ne pas sombrer. Les secondes s’égrènent au son du tic-tac régulier et inflexible de la pendule...

Ça y est, tu ne penses plus à rien, tu ne ressens plus rien.

L’obscurité est venue tisser sur ton opprobre un linceul invisible et inaliénable.