Forsaken Némésis, héros malgré lui

All Rights Reserved ©

Summary

Dans un monde où la magie est aussi naturelle que respirer, Orias est une anomalie. Né sans pouvoir dans un village de chasseurs, rejeté, accusé, puis abandonné, il survit là où personne ne l’attendait. Marqué par une tragédie et porteur d’un œil démoniaque qui défie les lois du monde, Orias refuse le rôle qu’on lui a imposé. Sans don inné, mais armé d’intelligence, de volonté et d’un entraînement hors norme, il trace sa propre voie entre artefacts, arts martiaux et magie brute. Alors que les démons réapparaissent, que les royaumes cachent leurs mensonges et que son passé refuse de rester enterré, Orias avance — non pas pour devenir un héros… mais pour prouver qu’il n’est pas une erreur. Forsaken Némésis est une dark fantasy mêlant action, progression, mythologie et destin brisé, où la survie est déjà une victoire

Genre
Fantasy
Author
Avengard
Status
Ongoing
Chapters
1
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1

Je m’appelle Orias. J’ai six ans. Et dans ce monde, c’est déjà un miracle que je sois encore en vie.

Je vis à Nimrod, un petit village de chasseurs perdu dans les montagnes. Ici, on apprend à viser juste avant même de savoir écrire. Et tout le monde peut faire de la magie… sauf moi.

Amon, mon frère jumeau, lui, il est doué. Il contrôle l’ark comme s’il était né pour ça. Il brille, il parle bien, les adultes l’adorent. Et moi… je suis juste là. L’autre. Celui qui fait tache. Nos parents sont morts en combattant des démons.

C’est ce qu’on raconte. Mais le jour où s’est arrivé, c’est Amon qui était avec eux. C’est lui qui est revenu vivant. Et c’est moi qu’on a accusé. Il a juste dit que c’était ma faute, et tout le monde l’a cru.

Depuis, je suis devenu le garçon que personne ne veut regarder. Le garçon bizarre, qui ne sert à rien. Celui qui n’a pas de magie. C’est censé être normal, la magie. Tout le monde y a droit. C’est dans l’air, dans l’eau, dans notre cœur. L’ark, c’est comme l’eau, mais ça ne s’évapore pas, et que ça donne la magie.

Mais moi, rien. Pas une étincelle. Certains disent que mon cœur est cassé. Que j’ai une sorte de malformation. Peut-être… Mais je ne suis pas inutile. Les adultes le disent : je suis malin. Je comprends les trucs vite. Surtout l’alchimie.

J’arrive à fabriquer des potions de soin tout seul. Je prends l’ark de la vieille fontaine en cachette, personne n’a capté qu’il pouvait encore servir à ça. Les plantes autour du village sont d’excellent produit, même si j’ai dû les tester moi-même.

Et je sais que personne ne veut l’admettre, mais mes potions ont déjà sauvé la peau de ceux qui me traitaient de monstre la veille ce qui m’a permis de mieux m’intégrer. Je me suis aussi habitué à me battre.

Quand on me pousse, je réponds. J’ai pris des coups, j’en ai donné. Amon est peut-être plus fort en magie, mais si on se bat à la main, c’est moi qui gagne.

Et puis, y a eu ce jour.

Deux adultes sont venus à l’orphelinat. Ils cherchaient un enfant à adopter. Évidemment, Amon leur a fait son numéro de petit ange. Moi, j’ai à peine eu le temps de les regarder que déjà, ils se mettaient à chuchoter entre eux.

J’étais un problème d’après certain. La directrice l’a compris. Et elle m’a souri d’un air faux. Elle m’a fait monter à l’étage. Une pièce vide. Une fenêtre ouverte. Et sans un mot… elle m’a poussé. J’suis passé à travers la fenêtre sans que je ne puisse réagir.

Je suis tombé. Je ne sens que le vide et le vent. Le sol me parait loin, mais soudainement. Je me suis empalé sur une pointe de roche. Une stalagmite qui m’a transpercé de part en part.

Je n’ai pas eu le temps de crier. Juste un bruit sourd. Puis la douleur. Immense. Trop grande. Comme si tout mon corps s’était brisé en même temps. Je ne pouvais pas respirer.

Ma vue tournait. Mon sang coulait, chaud et gluant, le long de la pierre. J’étais coincé. Et je me disais… Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi vivre dans un endroit où tout le monde me hait ? Même les adultes veulent ma mort. Est-ce que ça vaut encore le coup de se battre ? Puis, une odeur. De fumée. J’ai levé la tête, difficilement.

Le ciel était gris, plein de cendres. Le village brûle ? C’est qui l’idiot qui a jeté du bois chaud dans les réserves. Des cris au loin. Des toits en feu. J’ai soufflé, à peine un murmure :

-« Bien fait pour eux… »

C’est là que je l’ai vu. Un homme, debout sur la falaise. Il avait des yeux bizarres : un bleu, un orange. Il portait des habits comme dans les vieux livres, classe, mais trop propres pour ici. Il me regardait avec un air… dégoûté :

-« Qu’est-ce que tu fous, gamin ? »

-« Tu es qui ? »

-« Ce n’est pas important. C’est moi qui parle. Toi, tu réponds. »

-« …Okay. »

-« Pourquoi tu restes planté là ? Tu veux crever comme un déchet ? »

-« Qu’est-ce que ça changerait si je me bats ? Je n’ai personne. Tout le monde me déteste. »

-« Et alors ? Tu vas leur faire plaisir ? Tu vas leur montrer qu’ils avaient raison ? Bouge toi. Bats toi pour toi. Tu me saoules avec ta tête d’abandon. »

Et il a disparu. Comme ça. En un clignement d’œil. Peut-être que j’ai rêvé. Peut-être pas. C’était bizarre quand même. Mais ses mots sont restés. Il avait raison. Je ne veux pas mourir. Pas comme ça. Pas sans me battre. J’ai crié. J’ai hurlé. Et j’ai bougé. Lentement.

Mon corps me hurlait de m’arrêter, mais j’ai tiré. J’ai glissé. Je me suis arraché de la roche, centimètre par centimètre. Mon sac… une potion. Je l’ai bue. J’ai senti mes plaies se refermer, mal, mais assez pour me faire bouger. J’suis pas un expert, mais mes potions sont assez efficaces pour guérir ce genre de blessure.

Je suis monté. J’ai grimpé la falaise, les doigts en sang, buvant des potions comme un ivrogne pour atténuer la douleur et les blessures. Déjà vu l’odeur, ça ne vient pas de la réserve donc ma théorie est erronée. Et quand j’ai atteint le haut… Nimrod n’était plus qu’un cimetière brûlé.

Des corps partout. Des flammes. Une odeur horrible. Et les corbeaux… déjà là. Je suis allé à la forge. J’ai trouvé une épée. Vieille. Lame fendue. Mais c’était mieux que rien. Et je ne voulais pas mourir sans me défendre. J’ai entendu des voix. Deux gars. L’un parlait grave, l’autre comme un fou. Ils s’approchaient. Je me suis caché. Puis j’ai écouté.

-« Hey Soromun ! Tu es sûr qu’on les a tous eus ? »

-« Attends Razath… tu sens ? Y en a un qui n’a pas fui. »

-« Un qui veut se battre ? Sérieux ? »

-« Ouais. Un mioche sûrement. Mais faut saluer le courage. »

J’ai plus attendu. Je suis sorti. L’épée en avant. Mes jambes tremblaient, mais j’ai parlé :

-« Vous me cherchiez ? »

Et je les vis Je les ai vues dans les livres, des goules, mais de base les goules sont dans les donjons et pas aussi grande, des hybrides ? Merde, j’suis mal. L’un d’eux a applaudi. Grand. Avec une peau gris sombre. Des cornes. Et un sourire dégueulasse. Il dit tout souriant :

-« Hé ben… pour un petit, tu as du cran. Comment tu t’appelles ? »

-« Orias. » (J’ai aucune chance. Mais je n’ai plus rien à perdre.)

J’ai couru. J’ai crié. J’ai frappé. Je me suis pris un coup de pied. Direct dans le ventre. J’ai volé, littéralement. Mon dos a explosé contre un mur. L’orphelinat. Je me suis relevé, en titubant. L’autre goule, à la peau rouge sombre et une corne, s’est avancé Et m’a dit :

-« Pas mal, le petit. Tu tiens debout après un coup de mon frère. C’est rare. Tiens, voilà ta récompense. »

Il m’a attrapé. M’a plaqué au sol. Et il m’a énucléé l’œil gauche. À main nue. J’ai hurlé. Tellement que ma gorge a lâché. Plus un son. Et dans l’orbite vide, il a mis… un autre œil. Un truc froid. Qui brûlait de l’intérieur. Je le sentis bougé de l’intérieur, ce connectant à mon cerveau sans intervention de qui que ce soit. Et après… plus rien.

[Point de vue de Razath]

-« Soromun. Ce gosse. Y a deux trucs bizarres chez lui. Primo, il n’a pas utilisé de magie. Du tout. Et deuxio… il ressemble à la nana que j’ai bouffée y a trois ans. Une vraie beauté. »

-« C’était sûrement son gosse. Mais ouais. Pas de magie ? C’est chelou. »

-« Peut-être qu’il ne sait pas comment faire ? »

-« Nan. Son coup d’épée, ce n’était pas du hasard. Il a appris. Il sait réfléchir. »

-« Alors peut-être qu’il ne peut juste pas. »

-« C’est impossible. Tous les gamins humains le peuvent. C’est comme ça depuis toujours. »

-« Peut-être que lui, il n’est pas comme les autres. »

-« Hm. Ça ne me plaît pas. Mais… ça m’intrigue. On va le laisser vivre. On verra bien s’il évolue. »

Je l’ai soigné. Pas de marque magique. Pas de suivi. On le reverra un jour. Et ce jour-là, j’ai envie d’être surpris.

[Retour point de vue d’Orias]

Je me réveille à Nimrod. C’est plus un village, juste des cendres. Des squelettes partout. Même les corps… ils ont été dévorés jusqu’à l’os. Pourtant, j’ai plus mal. Ma blessure a disparu. Guérie. Mais mon œil… non, y a un truc bizarre.

J’ai toujours eu les yeux violets, comme signe de malheur ici. Mais maintenant, y en a un qui a changé. Avant il était bleu, maintenant il est noir. Et la pupille, elle est bleue. Tout s’est inversé.