Éclipse des Titans: Tome 5 Les Chaines du Tartare

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Summary

Le monde semble enfin en paix. Mais le temps recommence à se briser. Élion sent l'équilibre vaciller, les dieux se taisent, et au fond du Tartare, les chaînes qui retiennent Kronos s'affaiblissent. Dareth est revenu, mais chaque instant passé à manipuler le temps le rapproche d'un danger qu'il ne maîtrise pas encore. Alors que les dieux reculent et que les ombres s'étirent, une vérité s'impose : la guerre n'a jamais vraiment pris fin. Et lorsque les chaînes tomberont, le monde ne sera plus jamais le même.

Genre
Fantasy
Author
Quentin
Status
Complete
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
16+

PROLOGUE - QUAND LES DIEUX SE TAISENT

Depuis la nuit où le monde avait cessé de trembler, le temps s'était mis à mentir.

Le ciel n'avait pas toujours tremblé ainsi.

Il fut un temps où les dieux parlaient encore au monde, où les Titans veillaient sans imposer leur loi, et où le fil du temps s'écoulait sans résistance, sans crainte d'être brisé. À cette époque, le monde avançait sans se regarder vieillir.

Mais ces jours appartenaient désormais aux légendes; celles que l'on murmure quand la nuit devient trop vaste, quand le silence semble écouter.

Ce soir-là, l'éclipse ne devait pas avoir lieu.

Les astres n'étaient pas alignés.

Les calculs étaient formels.

Le ciel aurait dû rester intact.

Pourtant, la lune avançait.

Lente.

Inexorable.

Elle mordit le soleil comme une promesse trahie, et dans cet entre-deux fragile où la lumière hésite à mourir, les anciens sceaux frémirent. Des runes oubliées s'illuminèrent sous la terre. Des temples se fissurèrent sans bruit. Et dans l'Olympe, des voix se turent.

Dans l'Olympe

Des trônes restèrent vides.

Les oracles se brisèrent sans voix. Les flammes sacrées vacillèrent, puis s'éteignirent d'elles-mêmes. Athéna ne parla pas. Apollon détourna le regard de ses propres visions. Zeus ne convoqua personne.

Pour la première fois depuis l'âge des Titans, les dieux n'organisaient pas la guerre.

Ils se préparaient à survivre.

Au-delà du voile des mondes, dans les profondeurs où même Hadès ne posait plus les yeux, un Titan ouvrit les siens.

Kronos.

Le temps hésita.

Les secondes se plièrent, se superposèrent, se répétèrent une fraction d'instant trop longtemps. Puis le flux reprit, comme si rien n'avait existé entre ces battements.

Dans le Tartare, Kronos sentit la fracture — fine, presque élégante — se propager dans le continuum. Quelqu'un avait osé. Quelqu'un avait restauré un équilibre qui n'aurait jamais dû exister.

Un fils marchait hors de son ombre.

Et cette fois, le monde ne pourrait plus l'ignorer.

Loin des sphères divines, dans un village que personne n'aurait su placer sur une carte céleste, deux forces contraires partageaient un même souffle.

Élion se tenait pieds nus sur la terre froide. La lumière traversait sa poitrine comme un cœur battant à ciel ouvert. Elle ne lui obéissait pas : elle répondait. À son calme. À sa peur. À son amour.

À ses côtés, Dareth observait l'horizon, immobile une fraction de seconde trop longue.

Le temps murmurait son nom. Pas comme un appel — comme une tentation. Il suffisait d'un réflexe, d'une pensée mal contenue, pour que tout s'arrête.

Ils le savaient.

Ils le sentaient.

Quelque chose approchait.

Pas une armée.

Pas encore.

Mais une volonté ancienne, patiente, prête à éprouver ce lien qui osait défier les Titans :

l'amour, l'équilibre, le choix.

Lorsque Élion posa sa main sur celle de Dareth, le monde reprit son souffle.

L'éclipse poursuivit sa course.

Et nul ne savait encore combien de temps cet instant leur serait accordé.