The Boy & Girl Friendship

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Summary

Ils se sont rencontrés par accident. Un livre tombé, un sourire échangé, et cette sensation étrange que quelque chose venait de commencer. Liam et Flores. Ce qui n'était au départ qu'une amitié simple et naturelle est devenu plus profond, plus compliqué, et finalement plus douloureux. Elle l'a aimé en premier. Lui n'a rien vu. Et quand il a enfin compris, il était déjà trop tard. Ils ont quand même essayé, parce qu'ils s'aimaient vraiment. Mais parfois, l'amour ne suffit pas. Leurs différences les ont éloignés. Le timing était mauvais, et le cœur de Liam s'est brisé. Puis Matéo est arrivé. Parfait, charmant, sûr de lui. Tout ce que Liam n'était pas. Et Flores est tombée amoureuse. Liam a dû les regarder construire ce qu'il pensait être le sien. Il a souri, donné sa bénédiction, et appris à faire semblant d'aller bien alors qu'il se détruisait de l'intérieur. Mais le destin n'en avait pas fini avec lui. Une collision dans un couloir. Des yeux bleus. Un ordinateur sauvé in extremis. Lynthia. Cette fois, c'était différent. Plus simple, plus naturel, comme si tout s'emboîtait sans effort. Comme si l'univers lui murmurait « Lève les yeux, c'est elle. » Avec Lynthia, Liam découvre un autre amour. Un amour qui ne force rien, qui comprend sans expliquer, et qui arrive exactement au bon moment.

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
13+

Chapter 1: Un mardi non ordinaire

Si quelqu'un m'avait dit ce matin-là que ma vie allait changer, je l'aurais probablement regardé bizarrement avant de retourner à mes écouteurs. Mais voilà, c'est exactement ce qui s'est passé un mardi de novembre, au collège Jean Moulin de Belcrest.

J'étais en quatrième. Quatorze ans, les cheveux toujours un peu en bataille, mon éternel sweat bleu marine sur le dos. Pour tout le monde, j'étais juste Liam, le garçon calme et intelligent de la classe. Personne ne savait vraiment ce qui se passait dans ma tête. Personne ne savait que chaque jour, je jouais un rôle.

Le TSA, le trouble du spectre autistique. Voilà le truc que je cachais à tout le monde sauf à mes parents et au médecin scolaire. J'avais appris très tôt à observer les autres, à imiter leurs gestes, leurs expressions. Sourire quand il fallait sourire. Rire quand les autres riaient. Regarder dans les yeux juste assez longtemps pour paraître normal, mais pas trop pour ne pas me sentir mal à l'aise. C'était épuisant, mais ça marchait. Personne ne se doutait de rien.

Ce mardi-là, il était treize heures. La pause déjeuner touchait à sa fin et j'avais fait ce que je faisais souvent : me réfugier au CDI. Le calme de la bibliothèque du collège était mon sanctuaire. Moins de bruit, moins de monde, moins de stimulations qui me fatiguaient. Je m'installais toujours au même endroit, dans le coin près de la fenêtre, avec mon carnet bleu où je griffonnais des paroles de chansons que personne ne lirait jamais.

Ce jour-là, j'écrivais justement quelques lignes. Un truc sur la solitude au milieu de la foule, très original pour un ado de quatorze ans, je sais. Mais c'était ma façon à moi d'évacuer ce que je ressentais.

La sonnerie allait retentir dans dix minutes. J'étais concentré sur mes mots quand j'ai entendu des pas pressés. Puis une voix.

« Pardon, pardon, excusez-moi ! »

J'ai levé les yeux. Une fille que je n'avais jamais vraiment remarquée avant courait presque entre les rayons de la bibliothèque. Elle portait un sac à dos noir et ses cheveux bruns attachés en queue de cheval bougeaient au rythme de sa course. Madame Leroy, la documentaliste, lui a lancé un regard réprobateur.

« On ne court pas au CDI, mademoiselle ! »

« Désolée ! Je cherche juste un livre pour mon exposé d'histoire et... »

Elle s'est arrêtée net devant une étagère haute, les yeux levés vers un livre situé tout en haut. Trop haut pour elle. Elle a essayé de se mettre sur la pointe des pieds, puis a regardé autour d'elle, cherchant visiblement une chaise ou quelque chose pour grimper.

J'aurais pu rester dans mon coin. Normalement, c'est ce que j'aurais fait. Me mêler de ça, c'était prendre le risque d'une interaction sociale que je n'avais pas préparée. Mais quelque chose m'a poussé à me lever.

Je me suis approché sans vraiment réfléchir.

« Tu as besoin d'aide ? »

Elle s'est retournée, surprise. C'est là que je l'ai vraiment vue pour la première fois. Ses yeux noisette, son sourire un peu gêné. Elle était jolie, mais ce n'est pas ça qui m'a marqué. C'était son regard. Quelque chose de doux, de sincère.

« Oh, euh... oui ! C'est celui-là, tout en haut. "La Révolution française : les grandes dates". »

J'étais plus grand qu'elle. J'ai attrapé le livre sans difficulté et le lui ai tendu.

« Merci ! » dit-elle en le prenant. « Je suis Flores. Flores Martín. On est dans la même classe, je crois. »

Même classe ? J'ai réfléchi une seconde. C'est vrai que son visage me disait vaguement quelque chose, mais j'avais tendance à ne pas trop observer mes camarades de classe pour économiser mon énergie mentale.

« Ah, possible. Moi c'est Liam. »

« Je sais. » Elle a souri encore. « Tu es toujours premier en maths. C'est impressionnant. »

J'ai senti mes joues chauffer légèrement. Les compliments me mettaient toujours mal à l'aise. Je ne savais jamais comment réagir.

« Oh... merci. Toi aussi tu es bonne en classe, non ? »

« Je me débrouille. » Elle a regardé le livre dans ses mains. « Bon, je vais aller emprunter ça avant que la sonnerie... »

C'est à ce moment-là que c'est arrivé.

En se retournant pour partir, son sac mal fermé s'est ouvert. Tout son contenu s'est répandu par terre dans un bruit sourd qui a résonné dans le silence du CDI. Cahiers, trousse, stylos, et surtout... des dizaines de petits papiers colorés qui se sont éparpillés partout.

« Oh non ! » s'est-elle exclamée, les mains sur la tête.

Madame Leroy nous a fusillés du regard depuis son bureau. J'ai vu Flores rougir de gêne et se mettre à genoux pour tout ramasser. Sans réfléchir, je me suis accroupi aussi pour l'aider.

« Merci, c'est vraiment gentil... Je suis tellement maladroite des fois. »

En ramassant les papiers, j'ai remarqué que c'étaient des citations. Des phrases soigneusement recopiées à la main sur des post-it de couleur. Du Victor Hugo, du Albert Camus, du Antoine de Saint-Exupéry...

« Tu collectionnes les citations ? » ai-je demandé, curieux malgré moi.

« Ouais... » Elle semblait un peu embarrassée. « Quand je lis un truc qui me touche, je le note. Je sais, c'est bizarre. »

« Non, c'est cool. »

Nos regards se sont croisés pendant une seconde. Elle m'a souri, un vrai sourire cette fois. Pas celui qu'on fait par politesse, mais celui qui vient du cœur.

On a fini de tout ramasser ensemble. Quand on s'est relevés, la sonnerie a retenti.

« Bon, eh bien... merci encore, Liam. »

« De rien. »

Elle est partie en direction du bureau de prêt. Moi, je suis resté planté là quelques secondes, mon carnet bleu à la main, avec une sensation étrange dans la poitrine. Quelque chose que je n'avais jamais vraiment ressenti avant.

En rentrant en cours de sciences physiques, je n'arrivais pas à me concentrer. Mon cerveau, d'habitude si organisé, si rationnel, repassait en boucle cette scène. Son sourire. Ses citations. La façon dont elle m'avait remercié.

C'est idiot, me disais-je. C'était juste une interaction normale. Tu as aidé quelqu'un à attraper un livre. Rien de plus.

Mais quelque chose me disait que c'était bien plus que ça.

Que ce mardi ordinaire n'avait finalement rien d'ordinaire.

Et que Flores Martín venait d'entrer dans ma vie d'une façon que je ne comprenais pas encore.