Chapter 1
🌱 : La première rencontre
Shintaro n'avait pas qu'une méfiance d'orphelin ; il avait une blessure plus profonde. Son dernier foyer d'accueil l'avait livré à des criminels pour de l'argent. Il avait appris, à la dure, que le mot "famille" était un piège, une faiblesse exploitée. C'est pour ça qu'il évitait les autres, vivant sur le qui-vive, son poing toujours prêt.
Mais au détour d'un combat de rue, il rencontra Jonas, Malik et Aya. Ils n'étaient pas des héros, juste des âmes perdues comme lui.
* Jonas : le charismatique, celui qui riait pour couvrir ses failles, un boxeur qui se battait pour payer ses dettes.
* Malik : le protecteur silencieux, un grand gaillard doux qui rêvait d'ouvrir une librairie pour s'échapper du monde qu'il connaissait.
* Aya : la vive, l'ironique, elle cachait une peur bleue sous son arrogance. Elle voulait s'envoler, mais ne savait pas comment.
Ils ne le forcèrent pas à les suivre. Ils se contentèrent d'être là. Ils le virent se battre, le virent saigner, et au lieu de le fuir, ils attendaient qu'il se relève.
C'est Jonas qui, un soir, alors qu'ils se partageaient une cigarette, brisa la glace :
— On est peut-être des paumés, mais si on se serre les coudes, on devient une famille.
Shintaro n'a pas répondu. Il s'est juste levé et est parti. Mais le lendemain, il est revenu. Et le jour suivant aussi. Pour la première fois depuis des années, la méfiance a cédé la place à une hésitation, à un espoir fragile.
🌸 La construction
Leur quotidien était tissé de petits riens, mais qui avaient une valeur immense. Ils partageaient leurs dernières pièces pour un repas, traînaient dans des squats abandonnés et transformaient la survie en une aventure.
Malik lui montrait les livres qu'il volait, parlant d'histoires et de mondes meilleurs. Aya lui apprenait à lire l'expression des gens, à déchiffrer ce qui se cache sous la surface. Jonas, lui, le forçait à sourire, à baisser sa garde.
Un soir, Shintaro les regarda rire autour d'un feu de fortune. Aya posa son regard sur lui et dit doucement :
— Tu souris, Shintaro. Tu devrais sourire plus souvent. Ça veut dire qu'il y a encore de la lumière en toi.
Il détourna le regard, gêné, mais un sentiment de chaleur, d'appartenance, s'ancra en lui. Il n'était plus seul. Il avait une famille.
🔥 Le drame
Leanne ne les a pas simplement capturés. Il les a manipulés. Il a orchestré une traque dans la ville, laissant des indices et des fausses pistes pour les attirer dans son piège. Il a fait croire à Shintaro qu'il était assez malin, assez fort, pour les sauver. Le groupe a suivi les pistes, a lutté, a cru qu'il allait s'en sortir.
La victoire était à portée de main quand Léanne est apparu, sortant de l'ombre d'un entrepôt abandonné. Il avait l'air d'un prédateur qui vient de laisser sa proie se fatiguer avant de la dévorer.
🩸 La cruauté perverse de Léanne
Leanne ne cria pas. Il sourit, un sourire froid, dénué de la moindre once d'humanité.
Il s'approcha de Jonas, l'homme qui avait tout donné pour sa survie. Il sortit un couteau et, au lieu de le tuer, il le posa sur son cou.
— Jonas, je sais que tu as promis à ton petit frère, là, de le protéger. Mais en vérité, tu n'as jamais été qu'un lâche. Ton grand idéal n'était qu'un mensonge pour te donner l'impression d'être fort. Tu vas mourir en sachant que tout ce que tu as construit est un mensonge.
Puis, il trancha la gorge de Jonas. Lentement. Le sang gicla sur le visage de Shintaro. Léanne ricana en regardant le corps de Jonas s'affaisser :
— Voilà la vérité sur ta famille, Shintaro. Il était le fondement de tes mensonges. Et maintenant, il est juste une tache sur le sol.
Il se tourna vers Malik, le protecteur silencieux.
— Tu penses que l'amour est un bouclier ? Que tu as le pouvoir de protéger ton petit frère ? C'est faux. L'amour n'est qu'un poids. Je vais te le prouver.
Léanne sortit un marteau et frappa, non pas pour tuer, mais pour briser. Il frappa chaque os de son corps, un par un, en veillant à ne pas toucher d'organes vitaux. Malik, les larmes aux yeux, ne criait pas de douleur, mais de honte. De rage d'être si impuissant. Chaque coup était une leçon pour Shintaro : la force ne sert à rien face à la cruauté.
— Regarde bien, Shintaro. Tu as cru que son amour pouvait te protéger. Mais son amour n'a fait que le rendre faible. Et son seul legs, c'est cette douleur. Tu la porteras. Toujours.
Enfin, il s'approcha d'Aya. La plus fragile, la plus lumineuse. Shintaro pensait qu'il la laisserait tranquille, qu'il épargnerait au moins une âme. Mais Léanne sourit.
— Tu as raison, Shintaro. Je ne la tuerai pas. Je suis bien plus cruel que ça.
Il la prit, la traîna vers le milieu de l'entrepôt, et là, sous les yeux horrifiés de Shintaro, il ne la mutila pas physiquement. Il se contenta de lui murmurer à l'oreille, pendant de longues, longues minutes. Ses mots étaient des lames invisibles. Aya, d'abord résignée, commença à trembler, les larmes coulaient sur ses joues. Son regard devint vitreux, absent. Son corps cessa de bouger. Elle était vivante, mais son esprit était parti.
Léanne se releva, un sourire de pur triomphe aux lèvres.
— Voilà sa torture, Shintaro. Je viens de lui révéler tout ce que tu penses d'elle, de votre amitié, de ta haine cachée. Ses illusions sont mortes. Elle est vivante pour te le rappeler : tu es le seul à l'avoir tuée de l'intérieur.
🎭 Le monologue de Léanne
Après l'horreur, Léanne s'approcha de Shintaro, attaché, impuissant. Il s'agenouilla devant lui, une expression de fausse pitié sur le visage.
— Tu veux savoir pourquoi je fais ça ?
Shintaro le fixa, l'expression vidée de toute émotion.
— Parce qu'il y a une vérité que tu ignores. Il y a un homme, quelque part, qui a fui ce que tu cherches à devenir. L'amour, l'amitié... il les a abandonnés car il savait qu'ils sont une faiblesse, un fardeau. Il a peur de ce que tu pourrais devenir, alors il m'a envoyé te détruire. Je te prépare. Je t'arrache ton humanité, pour que tu n'oublies jamais. Tu dois haïr. Sinon, tu deviens une menace pour lui et pour tout ce qu'il a bâti.
Puis, avec un rictus, il brisa l'os de la jambe de Shintaro, le relâcha et le laissa, seul, dans l'entrepôt avec les cadavres de ses amis et le fantôme vivant d'Aya.
🌑 La descente
La haine n'est pas venue immédiatement. Ce fut la douleur, la honte, le désespoir. Shintaro errait, traînant sa jambe brisée. Il pensait aux mots de Léanne. C'était sa faute. La honte le consumait, il se voyait comme un poison pour ceux qu'il aimait. La mort de ses amis était une délivrance pour eux, un fardeau qu'il aurait dû porter seul. Il a pensé au suicide, s'est retrouvé plusieurs fois au bord du toit, l'idée de sauter était une porte de sortie plus que tentante.
🌟 Laura : la lueur
Il l'a trouvée un jour. Ou plutôt, il l'a vue. Elle était assise sur les marches d'une vieille bibliothèque, en train de lire, sa lumière douce contrastant avec le chaos de la rue. Shintaro, dans son errance, lui a crié qu'elle était une folle, qu'elle devrait fuir avant que sa lumière n'attire les ténèbres.
Elle ne bougea pas. Elle leva les yeux et le regarda, sans peur, sans pitié.
— Tu te crois un monstre, Shintaro. Mais tu n'es qu'un homme brisé. Et un homme brisé a le droit d'avoir une lumière. Ce n'est pas à toi de décider qui je suis, et ce que ma vie vaut.
Et il resta là, sur le trottoir. Pour la première fois depuis longtemps, il n'était pas le prédateur, mais la proie. Elle ne cherchait pas à le sauver, elle lui offrait une vérité simple : la haine ne te rend pas fort, elle te dévore. C'est le choix de vivre, malgré la douleur, qui te rend libre.